Vendée Globe : Dalin et Richomme en pleine relance, la concurrence se rapproche
Le Nordiste, qui a compté plus de 300 milles d’avance sur ses poursuivants, voit son avance fondre (170 milles). Derrière, un groupe de cinq skippers de Paul Meilhat (Biotherm, 5e) à Justine Mettraux (Teamwork-Team Snef, 10e) est confronté à une dépression. La plupart la contourne par l’Est, la Suissesse, elle, essaie de progresser au portant par l’Ouest. Surtout, ce front engendre des conditions très aléatoires, des coups de vent brutaux, une mer courte, ce qui oblige à être vigilant en permanence.
Paul Meilhat a pris le temps de détailler la situation lors des vacations, sans cacher la fatigue que cela engendre :
Le vent tourne dans tous les sens, il y a des orages, des grains… L’idée, c’est de progresser au maximum vers le Nord pour s’échapper du centre dépressionnaire. C’est compliqué, risqué et très nerveux, d’autant que les petits soucis qu’on a tous complexifient chaque manœuvre. Il faut faire attention à ne pas déchirer les voiles, à ne pas casser quelque chose… Ce qui est usant, c’est qu’on ne peut pas se projeter. Je n’ai pas dormi depuis 36 heures, je suis obligé d’être sur le pont et aux écoutes en permanence. Paul Meilhat, Biotherm.
Paul Meilhat a d’ailleurs dû mettre un terme précipitamment à la vacation afin de régler ses voiles alors qu’un grain venait de survenir. La progression s’annonce moins complexe pour Benjamin Dutreux (GUYOT environnement – Water Family, 11e) et Clarisse Crémer (L’Occitane en Provence, 12e) qui progressent le long de la ZEA.
Samantha Davies (Initiatives Cœur, 13e), elle, doit composer avec l’anticyclone qui pourrait la bloquer un temps avant de retoucher des vents portants dimanche. Invité au Vendée Live ce midi, la Franco-Britannique garde le sourire :
C’est dur, fatiguant, il y a beaucoup de manœuvres. J’ai profité d’une petite accalmie pour me reposer ce matin. C’est sûr qu’il y a eu beaucoup de frustration de ne pas être dans le groupe que je voulais. Mais on ne peut pas changer le passé, il faut positiver et la course n’est pas finie. J’essaie de mettre ma frustration de côté pour profiter au maximum de participer à cette course incroyable. Et je suis heureuse d’être sur mon bateau". Samantha
Davies, Initiatives-Cœur.
Pour les autres skippers, l’épisode des icebergs croisés en chemin est désormais de l’histoire ancienne. « Les marins concernés sont sortis de la zone de vigilance, il n’y a plus d’alerte ni de détection proche », précise Fabien Delahaye. Pour mémoire, trois concurrents ont en effet vu des icebergs mercredi dernier : Éric Bellion (Stand As One – Altavia, 22e), Sébastien Marsset (FOUSSIER, 23e) et Conrad Colman (MS Amlin, 28e). Désormais, tout ce groupe, mené par Tanguy Le Turquais (Lazare, 21e), progresse dans du vent fort au portant, dans le nord d’un système dépressionnaire.
De son côté, Oliver Heer (Tut Gut., 30e) est toujours bloqué dans un anticyclone. “Je suis forcément frustré d’avancer aussi peu, d’autant qu’il fait très froid, a-t-il confié au Vendée Live en anglais. Même si je suis Suisse, je souffre du froid, mes doigts sont vites gelés !” Denis Van Weynbergh (D’Ieteren Group, 35e), la lanterne rouge, s’est affairé à réparer son safran. Le Belge fait une route très Nord, une option prudente puisqu’une forte dépression va se creuser d’ici mardi sur son chemin.
Retrouvez chaque jour notre analyse météo de la course avec METEO CONSULT Marine dans notre dossier spécial Vendée Globe et suivez les skippers en direct grâce à la cartographie.