Le Royaume de Bahreïn, destination montante du Moyen-Orient
Alors que ses voisins du Golfe multiplient les projets spectaculaires, Bahreïn trace sa route avec plus de discrétion, mais aussi davantage d’authenticité. Le royaume, constitué d’un archipel de 33 îles, continue de miser sur sa tradition maritime pour bâtir une offre touristique à part, où la navigation occupe une place centrale.
Aujourd’hui, cet ADN maritime se traduit par un développement raisonné des activités nautiques. Les marinas modernes côtoient des villages de pêcheurs, les excursions en mer coexistent avec les régates locales, et les clubs de voile accueillent aussi bien des familles locales que des visiteurs étrangers.
Le royaume a investi dans plusieurs infrastructures portuaires pour accompagner cette dynamique. Amwaj Islands, au nord-est, abrite l’une des marinas les plus modernes du pays, avec des pontons bien équipés, des services pour les plaisanciers, et une vie nocturne animée autour de la lagune. Plus au sud, Durrat Al Bahrain, autre projet insulaire, mêle logements haut de gamme, marina et criques aménagées. Ces pôles permettent de rayonner facilement dans l’archipel, en voilier ou en bateau à moteur, pour rejoindre les îlots inhabités, les bancs de sable où mouiller en toute tranquillité, ou les spots de plongée encore confidentiels.
Plusieurs clubs locaux organisent aussi des sorties accompagnées, pour découvrir les mangroves, observer les dauphins ou plonger à la recherche des fameuses huîtres perlières – une pratique remise au goût du jour, en version loisir.
Plus à l’intérieur, le désert révèle ses propres mystères : l’Arbre de Vie, figuier solitaire vieux de 400 ans au milieu d’un paysage minéral, ou encore les tumulus d’A’ali, parmi les plus grandes nécropoles de l’âge du bronze dans le monde arabe. Le temple Barbar, quant à lui, intrigue les archéologues : il pourrait être l’un des plus anciens lieux de culte connus de la région.
Manama, capitale du royaume, s’étend le long du littoral. Si ses tours de verre rappellent celles de Dubaï, elle conserve une échelle plus humaine et un visage plus intime. Dans le vieux souk de Bab al-Bahrain, entre les échoppes de dattes, d'épices ou de tissus, les habitants prennent encore le temps de discuter, loin du tumulte des grandes métropoles voisines. En se promenant sur la corniche ou dans les galeries d’art du quartier culturel, on découvre une scène artistique émergente, soutenue notamment par la Bahrain Authority for Culture and Antiquities.
La baignade au Bahreïn reste souvent une expérience hôtelière. Les plages publiques, peu adaptées aux visiteurs, sont délaissées au profit des complexes balnéaires. Le Ritz-Carlton propose une large bande de sable blanc parfaitement entretenue, avec activités nautiques, paddle et même voiliers à la location. À Amwaj ou Bilaj Al Jazayer, d’autres plages s’ouvrent peu à peu aux plaisanciers, souvent avec des services de qualité.
Alors que plusieurs événements nautiques internationaux sont en préparation, que la plaisance se développe et que le royaume poursuit ses projets d’ouverture, Bahreïn pourrait bien devenir, dans les années à venir, l’un des nouveaux noms qui comptent sur la carte des croisières hivernales.
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