« A partir du 29 mai, la quasi totalité du réseau de VNF sera à disposition des plaisanciers »

Carnet de voyage
Samedi 9 mai 2020 à 16h20

Entretien avec Nicolas Delaporte, Responsable de la division Tourisme de la VNF (Voies Navigables de France), qui nous explique l'impact de la crise sur le tourisme fluvial mais aussi comment l'offre répond parfaitement aux enjeux actuels et au tourisme post-confinement.

Entretien avec Nicolas Delaporte, Responsable de la division Tourisme de la VNF (Voies Navigables de France), qui nous explique l'impact de la crise sur le tourisme fluvial mais aussi comment l'offre répond parfaitement aux enjeux actuels et au tourisme post-confinement.

Quels sont les impacts de la crise pour le tourisme fluvial ? « Toute l’activité a bien sûr été arrêtée, y compris la plaisance privée et les personnes confinées sur leur bateau. Ils sont donc restés dans leur port d’hivernage.

Côté tourisme, l’année s’annonçait magnifiquement bien avec des réservations à un bon niveau… après le choc, tout le monde s’est remis au travail petit à petit en essayant de voir ce qu’il était possible de faire, mais avec beaucoup d’inconnues sur la reprise de l’activité et les conditions. C’est le cas par exemple des bateaux promenade, que l’on appelle les « bateaux-mouches» à Paris, et qui ont une activité très importante en province en saison. Il faut savoir qu'un bateau promenade sur deux assure une activité de restauration et ces derniers se posent énormément de questions puisque leur sort est lié à la reprise de la restauration. Ils sont encore en attente de décisions, et a priori il n’y aura pas de communication là-dessus avant la dernière quinzaine de mai. Donc voilà globalement ce qui peine le tourisme fluvial : l’inconnue des autorisations qui vont être délivrées et l’éventuelle ouverture des frontières. Une part très importante de la clientèle est étrangère. Sur la partie croisière fluviale (paquebots fluviaux, péniches hôtels) ce sont souvent des clientèles de marché lointain. La bonne nouvelle, c’est que les réservations de 2020 ont été facilement reportées sur 2021. Mais ils sont très dépendants des liaisons aériennes… Les professionnels se demandent s’ils arriveront à faire une fin de saison correcte. La question se pose de peut-être transformer ces bateaux en des hébergements car certains bateaux sont superbement équipés, sans faire de croisière. Enfin, les plus offensifs aujourd’hui, car moins contraints par les consignes gouvernementales, sont les loueurs de bateaux habitables. »

Pour les loueurs, il y a une carte à jouer, celle du slow tourism et des vacances en petit comité ? « Nous partageons tout à fait la convictions des loueurs de bateaux habitables qui est qu’il y a un bon coup à jouer sur la saison été. Sur ces bateaux, très peu accueillent plus de 10 personnes à bord donc sur des groupes qui se connaissent comme des familles qui se sont confinées ensemble, on est tout à fait dans la contrainte du gouvernement. Concernant la limite des 100 km, on espère que cela s’assouplisse un peu… Mais c’est un produit qui est totalement inscrit dans les paysages français, loin d’une plage bondée ou de lieux subissant du « sur-tourisme ». La plupart des gens qui louent ce type de bateau font des activités à côté comme de la marche ou du vélo, et qui sont totalement conformes aux consignes de sécurité sanitaire. Ces dernières années, nous avons beaucoup développé cela avec les collectivités locales : 91% des voies navigables sont à moins de 5 km d’une route cyclable. »

Les différents acteurs du tourisme fluvial sont-ils prêts à reprendre leur activité ? « Avec tous les contacts que nous avons avec les loueurs, la FIN et tous les acteurs du tourisme fluvial, il y a tout un protocole qui est en cours de définition sur les mesures sanitaires, en particulier sur les bases nautiques. Au moment où la mise en main du bateau se fait, tout un protocole sanitaire est à mettre en œuvre. Une fois que cela sera réglé, nous pourrons rassurer le gouvernement sur le fait que cette activité est totalement conforme aux règles sanitaires.

Dans toute cette période de crise, la VNF a été quotidiennement en contact avec tous les opérateurs du tourisme que ce soit les péniches hôtels, loueurs de bateaux, bateaux promenade… Pour voir comment nous pouvions les accompagner et pas seulement pendant la crise, mais aussi pour la relance. »

Quel est le rôle de la VNF ? « La VNF est avant tout gestionnaire d’infrastructures et nous aidons à la constitution de l’écosystème. Nous veillons à ce que tout se passe bien sur les voies d’eau, à ce qu’il y ait de l’eau et qu’elle circule, que tous les utilisateurs potentiels puissent être alimentés (agriculteurs, pêcheurs, touristes…). Nous avons fait un travail pendant le confinement de continuité des travaux afin que tout soit prêt pour le début de saison : travaux sur des berges, des portes d’écluses… A partir du 29 mai, la quasi totalité du réseau de VNF sera à disposition des plaisanciers. La reprise de la plaisance à partir du 11 mai sera possible à partir du moment où cela ne demande pas de franchissement d’ouvrage. »

Comment voyez-vous la reprise ? « Comme toutes les activités touristiques, l’année s’annonce très compliquée pour beaucoup d’opérateurs. Nous regardons dans quelles mesures nous pouvons aider tous les professionnels à passer cette période compliquée mais cela ne nous fait pas douter du potentiel du tourisme fluvial, pour 2021. Le tourisme fluvial est encore saisonnier, même s’il l’est un peu moins pour les bateaux promenade dans les grandes métropoles, car ce sont des activités très inscrites dans l’évènementiel. Sinon, la vraie saison se fait d’avril à octobre. Nous sommes en train de travailler pour que la saison termine plus tard, aux vacances de la Toussaint pour rattraper le retard. Mais nous ne connaissons ni la faisabilité ni l’importance de la demande. Si la reprise est forte, cela aidera pour l’arrière saison. »

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Geoffroy Langlade
Geoffroy Langlade
Geoffroy Langlade est le directeur des contenus chez Figaro Nautisme. Il est également réalisateur et producteur de programmes tv & web dans le domaine du sport, de l'art de vivre et du nautisme. C’est également et surtout, un fan de motonautisme avec plus de 500 tests de bateaux à moteur ou yachts à son actif, à travers le monde, de Cannes à La Rochelle en passant par Istanbul ou Miami. Un métier passionnant qui lui permet de naviguer sur quelques unes des plus belles unités de la planète…
Nathalie Moreau
Nathalie Moreau
Nathalie Moreau est l'atout voyage et évasion de l'équipe, elle est passionnée de croisières et de destinations nautiques. En charge du planning rédactionnel du site figaronautisme.com et des réseaux sociaux, Nathalie suit de très près l'actualité et rédige chaque jour des news et des articles pour nous dépayser et nous faire rêver aux quatre coins du monde. Avide de découvertes, vous la croiserez sur tous les salons nautiques et de voyages en quête de nouveaux sujets.
Sophie Savant Ros
Sophie Savant Ros
Sophie Savant-Ros, architecte de formation et co-fondatrice de METEO CONSULT est entre autres, directrice de l'édition des « Bloc Marine » et du site Figaronautisme.com. Sophie est passionnée de photographie, elle ne se déplace jamais sans son appareil photo et privilégie les photos de paysages marins. Elle a publié deux ouvrages consacrés à l'Ile de Porquerolles et photographie les côtes pour enrichir les « Guides Escales » de Figaro Nautisme.
Norbert Conchin
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Norbert Conchin est originaire de Paris mais très vite il prend le large pour découvrir le monde. Un premier voyage aux Antilles sur un Ketch puis un tour du monde dans la Marine lui donne le goût de la navigation. Il prend le chemin des côtes normandes pour exercer sa passion de la voile et de la régate. Décidé à vivre de sa passion, il travaille à partir de 1996 pour différents supports de la presse nautique avant de collaborer au Figaro Nautisme depuis 2017.
Albert Brel
Albert Brel
Albert Brel, parallèlement à une carrière au CNRS, s'est toujours intéressé à l'équipement nautique. Depuis de nombreuses années, il collabore à des revues nautiques européennes dans lesquelles il écrit des articles techniques et rend compte des comparatifs effectués sur les divers équipements. De plus, il est l'auteur de nombreux ouvrages spécialisés qui vont de la cartographie électronique aux bateaux d'occasion et qui décrivent non seulement l'évolution des technologies, mais proposent aussi des solutions pour les mettre en application à bord des bateaux
François Tregouet
François Tregouet
Depuis toujours, François est passionné de voile en général et de multicoques en particulier. En croisière ou en course, de l’Europe à l’Australie, il ne les délaisse que lorsque le règlement l’exige : Mini-transat, Fastnet, Giraglia… Jamais rassasié de nouveautés, il a assisté à la plupart des salons sur les cinq continents. Depuis 2018 il se consacre entièrement à la rédaction et à l’information, notamment pour Figaro Nautisme.
Eric Mas
Eric Mas
Eric Mas est l'un des fondateur de METEO CONSULT – La Chaîne Météo. Éminent spécialiste de météo, Eric est également un marin passionné qui a routé les plus grands skippers sur toutes les eaux du globe : VDH lors du premier Vendée Globe, Philippe Jeantot, Jean Maurel, Michel Desjoyeaux, Francis Joyon, et tant d'autres. Actuellement il participe au projet de Lalou Roucayrol sur son multi 50.
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Après une carrière internationale d’ingénieur, Michel Ulrich navigue maintenant en plaisance sur son Targa 35+ le long de la côte atlantique. Par ailleurs, il ne rate pas une occasion d’embarquer sur des navires de charge, de travail ou de services maritimes. Il nous fait partager des expériences d’expédition maritime hors du commun.
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Passionné depuis son enfance par toutes les formes de glisse et par la mer, Thomas a longtemps vécu dans le nord de la Floride aux Etats-Unis. Une expérience qui lui a permis de découvrir l'univers du bateau à moteur et du catamaran à travers plusieurs essais et croisières notamment dans les Caraïbes. Il contribue régulièrement à la rédaction de Figaro Nautisme.