Cet été, attention aux courants de baïnes !

Carnet de voyage
Samedi 22 août 2020 à 14h30

Telles des piscines naturelles creusées sur la plage à marée basse, les baïnes, du gascon baya « petit bassin », avec leurs températures généralement plus élevées que la mer, attirent les enfants et baigneurs mal avertis, pensant pouvoir y barboter en toute tranquillité. Malheureusement, ces dépressions qui se forment entre la mer et la côte sont très dangereuses et causent chaque année de nombreux décès. Figaro Nautisme revient sur ce phénomène naturel et vous explique comment s’en protéger.

Plage de Biarritz ©Wikimedia
Telles des piscines naturelles creusées sur la plage à marée basse, les baïnes, du gascon baya « petit bassin », avec leurs températures généralement plus élevées que la mer, attirent les enfants et baigneurs mal avertis, pensant pouvoir y barboter en toute tranquillité. Malheureusement, ces dépressions qui se forment entre la mer et la côte sont très dangereuses et causent chaque année de nombreux décès. Figaro Nautisme revient sur ce phénomène naturel et vous explique comment s’en protéger.

Pour que se forme une baïne, 3 conditions doivent être remplies : une plage de sable, une forte houle et des courants de marée.

Le piège de la baïne se met en place en plusieurs étapes. A marée haute, le ressac de la mer emporte du sable formant un banc de sable sur le rivage. De l’eau s’accumule alors dans la dépression formée entre le banc de sable et la plage. Lorsque la marée redescend, l’eau retenue s’échappe en créant une ouverture dans la cuvette, un canal d’évacuation, appelé sortie de baïne. Avec les allers-retours de la mer provoqués par les marées, la dépression s’agrandit, jusqu’à former une cuvette de 4 à 5 mètres de profondeurs.

A marée basse, la cuvette est peu remplie. La température y est plus élevée, on y a pied, c’est donc l’endroit à priori parfait pour s’amuser pour les enfants. Mais lorsque la marée remonte, la cuvette se remplit davantage. La mer recouvre la baïne jusqu’à ce que l’eau accumulée s’évacue par « la sorties de baïne ». Cette sorte de canal d’évacuation est bien plus étroit que la baïne elle-même et l’eau en s’évacuant par celui-ci crée un fort courant appelé « courant de baïne » ou « courant d’arrachement » qui emporte le baigneur vers le large. La vitesse de ce courant est très rapide, même pour un nageur expérimenté, et retrouver le rivage en nageant à contre-courant est pratiquement impossible. La force et la vitesse du courant dépendent de la houle et de la force de la marée. En général, le danger est plus important entre les deux et trois premières heures de la marée montante et les 4ème et 5ème heures de la marée descendante. Il est donc nécessaire d’être très vigilant sur la plage et en mer, même si on est un bon nageur.

Les plages sujettes au phénomène des baïnes, les plages de la côte Atlantique notamment, doivent avertir les baigneurs par des panneaux. Evitez de vous baigner dans des plages sans surveillance et surtout gardez toujours un œil sur les enfants. Si malheureusement, vous vous retrouvez pris dans un courant de d’arrachement, il ne faut pas chercher à nager à contre-courant et à revenir à l’endroit d’où vous êtes parti, vous n’y arriverez pas. Vous risquez seulement de vous fatiguer. Au contraire, laissez-vous porter, en vous signalant aux CRS avec les bras, jusqu’à ce que le courant perde de sa force et que vous puissiez regagner la plage.

Un bon moyen mémo technique pour se rappeler du dange : BAINE = Bassin d'eaux apparemment inoffensif à noyade éventuelle !

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Nathalie Moreau
Nathalie Moreau
Nathalie Moreau est l'atout voyage et évasion de l'équipe, elle est passionnée de croisières et de destinations nautiques. En charge du planning rédactionnel du site figaronautisme.com et des réseaux sociaux, Nathalie suit de très près l'actualité et rédige chaque jour des news et des articles pour nous dépayser et nous faire rêver aux quatre coins du monde. Avide de découvertes, vous la croiserez sur tous les salons nautiques et de voyages en quête de nouveaux sujets.
Gilles Chiorri
Gilles Chiorri
Associant une formation d’officier C1 de la marine marchande et un MBA d’HEC, Gilles Chiorri a sillonné tous les océans lors de nombreuses courses au large ou records, dont une victoire à la Mini Transat, détenteur du Trophée Jules Verne en 2002 à bord d’Orange, et une 2ème place à La Solitaire du Figaro la même année. Il a ensuite contribué à l’organisation de nombreux évènements, comme la Coupe de l’America, les Extreme Sailing Series et des courses océaniques dont la Route du Rhum et la Solitaire du Figaro (directeur de course), la Volvo Ocean Race (team manager). Sa connaissance du monde maritime et son réseau à l’international lui donnent une bonne compréhension du milieu qui nous passionne. Il collabore avec les équipes de METEO CONSULT et Figaro Nautisme depuis plus de 20 ans.
Sophie Savant Ros
Sophie Savant Ros
Sophie Savant-Ros, architecte de formation et co-fondatrice de METEO CONSULT est entre autres, directrice de l'édition des « Bloc Marine » et du site Figaronautisme.com. Sophie est passionnée de photographie, elle ne se déplace jamais sans son appareil photo et privilégie les photos de paysages marins. Elle a publié deux ouvrages consacrés à l'Ile de Porquerolles et photographie les côtes pour enrichir les « Guides Escales » de Figaro Nautisme.
François Tregouet
François Tregouet
Depuis toujours, François est passionné de voile en général et de multicoques en particulier. En croisière ou en course, de l’Europe à l’Australie, il ne les délaisse que lorsque le règlement l’exige : Mini-transat, Fastnet, Giraglia… Jamais rassasié de nouveautés, il a assisté à la plupart des salons sur les cinq continents. Depuis 2018 il se consacre entièrement à la rédaction et à l’information, notamment pour Figaro Nautisme.
Albert Brel
Albert Brel
Albert Brel, parallèlement à une carrière au CNRS, s'est toujours intéressé à l'équipement nautique. Depuis de nombreuses années, il collabore à des revues nautiques européennes dans lesquelles il écrit des articles techniques et rend compte des comparatifs effectués sur les divers équipements. De plus, il est l'auteur de nombreux ouvrages spécialisés qui vont de la cartographie électronique aux bateaux d'occasion et qui décrivent non seulement l'évolution des technologies, mais proposent aussi des solutions pour les mettre en application à bord des bateaux
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Norbert Conchin est originaire de Paris mais très vite il prend le large pour découvrir le monde. Un premier voyage aux Antilles sur un Ketch puis un tour du monde dans la Marine lui donne le goût de la navigation. Il prend le chemin des côtes normandes pour exercer sa passion de la voile et de la régate. Décidé à vivre de sa passion, il travaille à partir de 1996 pour différents supports de la presse nautique avant de collaborer au Figaro Nautisme depuis 2017.
Michel Ulrich
Michel Ulrich
Après une carrière internationale d’ingénieur, Michel Ulrich navigue maintenant en plaisance sur son Targa 35+ le long de la côte atlantique. Par ailleurs, il ne rate pas une occasion d’embarquer sur des navires de charge, de travail ou de services maritimes. Il nous fait partager des expériences d’expédition maritime hors du commun.
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Eric Mas
Eric Mas est l'un des fondateur de METEO CONSULT – La Chaîne Météo. Éminent spécialiste de météo, Eric est également un marin passionné qui a routé les plus grands skippers sur toutes les eaux du globe : VDH lors du premier Vendée Globe, Philippe Jeantot, Jean Maurel, Michel Desjoyeaux, Francis Joyon, et tant d'autres. Actuellement il participe au projet de Lalou Roucayrol sur son multi 50.