Réserve marine de Masía Blanca : les règles à connaître avant de naviguer au large de Coma-ruga

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Par Le Figaro Nautisme avec Bloc Marine

Au large de la Costa Dorada, la réserve marine de Masía Blanca protège un espace sous-marin discret mais riche, où se côtoient herbiers, fonds rocheux et nombreuses espèces méditerranéennes. Pour les plaisanciers qui naviguent dans le secteur, certaines règles sont essentielles à connaître : la pêche et la plongée autonome restent interdites jusqu’en 2029, tandis que la navigation et le mouillage nécessitent une attention particulière.

Depuis la plage de Coma-ruga, difficile d’imaginer qu’un espace naturel protégé se trouve à quelques encablures du rivage. Contrairement à certaines réserves méditerranéennes installées autour d’îles ou de caps remarquables, Masía Blanca protège un patrimoine beaucoup plus discret : celui des fonds marins.

Créée en 1999 par le ministère espagnol de l’Agriculture, de la Pêche et de l’Alimentation, cette réserve marine d’intérêt halieutique couvre environ 457 hectares au large d’El Vendrell, en Catalogne. Elle protège notamment le secteur appelé Grapissar d’El Vendrell, caractérisé par des formations rocheuses, des zones sableuses et des herbiers de posidonie et de cymodocée.

Ces habitats jouent un rôle essentiel dans l’équilibre de l’écosystème local. Ils servent de refuge et de zone de reproduction pour de nombreuses espèces comme les dorades, les bars, les rougets, les congres, les poulpes ou encore les seiches. L’objectif de la réserve est donc de permettre aux populations marines de se renouveler tout en maintenant une activité de pêche durable autour du secteur. Mais pour les plaisanciers de passage, une question revient souvent : quelles activités sont réellement autorisées dans cette zone protégée ?

 

Une réserve divisée entre zone intégrale et zone tampon

La réserve marine de Masía Blanca fonctionne selon un principe de zonage. Au centre du périmètre se trouve une zone intégrale bénéficiant du niveau de protection le plus élevé. Autour, une zone tampon complète le dispositif afin de limiter les pressions sur les habitats marins. Lors de sa création, certaines activités avaient été envisagées sous conditions dans cette zone périphérique, notamment pour la pêche professionnelle ou la plongée encadrée. Mais ces possibilités ne correspondent plus forcément aux usages actuels.

Dans son arrêté APA/600/2026 publié au Bulletin officiel de l’État espagnol (BOE), l’administration espagnole a prolongé jusqu’au 10 juillet 2029 les restrictions qui concernent notamment la pêche et la plongée autonome. Le texte précise que les conditions ayant motivé la fermeture restent réunies et que les évaluations scientifiques recommandent de poursuivre cette période de protection.

© Ministère espagnol de l’Agriculture, de la Pêche et de l’Alimentation

La pêche de loisir reste interdite dans toute la réserve

Pour les plaisanciers, la règle est claire : il n’est pas possible de pêcher dans la réserve marine de Masía Blanca. L’interdiction concerne toutes les pratiques de pêche de loisir, qu’il s’agisse de la pêche à la ligne depuis un bateau, de la pêche à la traîne, de la ligne à main ou encore de la chasse sous-marine. Les prélèvements d’espèces marines sont également interdits : il n’est pas autorisé de ramasser coquillages, crustacés, végétaux ou tout autre élément naturel présent dans la réserve.

Cette interdiction peut parfois surprendre les navigateurs disposant d’un permis de pêche espagnol ou catalan. Toutefois, comme le rappelle la réglementation spécifique de la réserve, ces autorisations générales ne permettent pas de déroger aux règles propres à cet espace protégé.

 

La plongée bouteille reste fermée jusqu’en juillet 2029

La plongée autonome fait également partie des activités suspendues dans la réserve. Lors de la création de Masía Blanca, l’arrêté fondateur prévoyait pourtant un système d’accès encadré avec des autorisations, des quotas et des conditions précises pour limiter l’impact des plongeurs sur les fonds marins. Ce dispositif n’est actuellement plus ouvert au public.

L’arrêté APA/600/2026 maintient ainsi la fermeture de la plongée autonome de loisir jusqu’au 10 juillet 2029. Seules les opérations scientifiques bénéficiant d’une autorisation administrative peuvent être réalisées dans la réserve. La baignade et l’observation en surface répondent à une logique différente. Les textes ne prévoient pas une interdiction générale du snorkeling, mais les visiteurs doivent respecter le milieu : ne pas toucher les fonds, ne rien prélever et ne pas perturber les espèces présentes.

 

Peut-on naviguer dans la réserve marine de Masía Blanca ?

La présence d’une réserve marine ne signifie pas que toute navigation est interdite. Les textes encadrant Masía Blanca ne prévoient pas d’interdiction générale de transit dans l’ensemble du périmètre. Un bateau peut donc traverser la zone, à condition de respecter les règles habituelles de navigation et de ne pas profiter du passage pour pratiquer une activité interdite.

La prudence reste toutefois recommandée dans la partie centrale de la réserve, qui bénéficie du niveau de protection maximal. Comme dans toute zone sensible, réduire sa vitesse, éviter les manœuvres inutiles et limiter les nuisances permet de préserver un secteur particulièrement fragile.

 

Le mouillage demande une attention particulière

Le mouillage est le point qui demande le plus de discernement pour les plaisanciers. Les textes réglementaires de Masía Blanca ne prévoient pas d’interdiction générale du mouillage dans toute la réserve. Cela ne signifie cependant pas que l’ancre peut être jetée librement partout. Dans la zone intégrale, le mouillage doit être évité afin de préserver les habitats protégés. Dans le reste du périmètre, les plaisanciers doivent impérativement vérifier la nature du fond avant de jeter l’ancre, notamment en raison de la présence d’herbiers de posidonie particulièrement sensibles.

Comme dans l’ensemble de la Méditerranée, une ancre posée sur un herbier peut provoquer des dégâts importants et durables. Le choix d’un fond sableux dégagé reste donc indispensable pour limiter son impact. Pour les navigateurs qui souhaitent simplement faire escale dans le secteur, le port de Coma-ruga constitue l’option la plus simple. Situé à proximité immédiate de la réserve, il permet de profiter du secteur tout en évitant les incertitudes liées au mouillage dans une zone protégée.

Les règles essentielles à retenir avant d’arriver dans le secteur

La réserve marine de Masía Blanca reste accessible aux plaisanciers, mais elle impose de respecter certaines limites. La pêche de loisir et la plongée bouteille sont interdites jusqu’au 10 juillet 2029, tandis que la navigation de transit reste possible. Le mouillage n’est pas interdit de manière générale par les textes de la réserve, mais il doit être réalisé avec une grande prudence afin de ne pas dégrader les habitats protégés. Dans cette petite réserve catalane, la meilleure attitude reste donc celle qui prévaut dans de nombreux espaces marins protégés : profiter du site sans laisser de trace.

 

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Nathalie Moreau
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Nathalie Moreau est l’atout voyage et évasion de l’équipe, elle est passionnée de croisières et de destinations nautiques. En charge du planning rédactionnel du site figaronautisme.com et des réseaux sociaux, Nathalie suit de très près l’actualité et rédige chaque jour des news et des articles pour nous dépayser et nous faire rêver aux quatre coins du monde. Avide de découvertes, vous la croiserez sur tous les salons nautiques et de voyages en quête de nouveaux sujets.
Gilles Chiorri
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Associant une formation d’officier C1 de la marine marchande et un MBA d’HEC, Gilles Chiorri a sillonné tous les océans lors de nombreuses courses au large ou records, dont une victoire à la Mini Transat, détenteur du Trophée Jules Verne en 2002 à bord d’Orange, et une 2ème place à La Solitaire du Figaro la même année. Il a ensuite contribué à l’organisation de nombreux évènements, comme la Coupe de l’America, les Extreme Sailing Series et des courses océaniques dont la Route du Rhum et la Solitaire du Figaro (directeur de course), la Volvo Ocean Race (team manager). Sa connaissance du monde maritime et son réseau à l’international lui donnent une bonne compréhension du milieu qui nous passionne.
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Sophie Savant-Ros
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Sophie Savant-Ros, architecte de formation et co-fondatrice de METEO CONSULT est entre autres, directrice de l’édition des « Bloc Marine » et du site Figaronautisme.com.
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Albert Brel
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Albert Brel, parallèlement à une carrière au CNRS, s’est toujours intéressé à l’équipement nautique. Depuis de nombreuses années, il collabore à des revues nautiques européennes dans lesquelles il écrit des articles techniques et rend compte des comparatifs effectués sur les divers équipements. De plus, il est l’auteur de nombreux ouvrages spécialisés qui vont de la cartographie électronique aux bateaux d’occasion et qui décrivent non seulement l’évolution des technologies, mais proposent aussi des solutions pour les mettre en application à bord des bateaux.
Jean-Christophe Guillaumin
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Journaliste, photographe et auteur spécialisé dans le nautisme et l’environnement, Jean-Christophe Guillaumin est passionné de voyages et de bateaux. Il a réussi à faire matcher ses passions en découvrant le monde en bateau et en le faisant découvrir à ses lecteurs. De ses nombreuses navigations il a ramené une certitude : les océans offrent un terrain de jeu fabuleux mais aussi très fragile et aujourd’hui en danger. Fort d’une carrière riche en reportages et articles techniques, il a su se distinguer par sa capacité à vulgariser des sujets complexes tout en offrant une expertise pointue. À travers ses contributions régulières à Figaro Nautisme, il éclaire les plaisanciers, amateurs ou aguerris, sur les dernières tendances, innovations technologiques, et défis liés à la navigation. Que ce soit pour analyser les performances d’un voilier, explorer l’histoire ou décortiquer les subtilités de la course au large, il aborde chaque sujet avec le souci du détail et un regard expert.
Charlotte Lacroix
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Charlotte est une véritable globe-trotteuse ! Très jeune, elle a vécu aux quatre coins du monde et a pris goût à la découverte du monde et à l'évasion. Tantôt à pied, en kayak, en paddle, à voile ou à moteur, elle aime partir à la découverte de paradis méconnus. Elle collabore avec Figaro Nautisme au fil de l'eau et de ses coups de cœur.
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Max est tombé dedans quand il était petit ! Il a beaucoup navigué avec ses parents, aussi bien en voilier qu'en bateau moteur le long des côtes européennes mais pas que ! Avec quelques transatlantiques à son actif, il se passionne pour le monde du nautisme sous toutes ses formes. Il aime analyser le monde qui l'entoure et collabore avec Figaro Nautisme régulièrement.
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Naviguant depuis son plus jeune âge que ce soit en croisière, en course, au large, en régate, des deux côtés de l’Atlantique, en Manche comme en Méditerranée, Denis, quittant la radiologie rochelaise en 2017, a effectué avec sa femme à bord de PretAixte leur 42 pieds une circumnavigation par Panama et Cape Town. Il ne lui déplait pas non plus de naviguer dans le temps avec une prédilection pour la marine d’Empire, celle de Trafalgar …
Michel Ulrich
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Après une carrière internationale d’ingénieur, Michel ULRICH a navigué en plaisance le long de la côte atlantique, et embarqué au long cours sur des navires de la marine marchande, accumulant une large expérience de nombreuses expéditions maritimes. Il est un bénévole engagé à la SNSM (canotier, ancien vice-président de la station de l’Herbaudière) depuis plus de dix ans. Capitaine 200 UMS, il est maintenant auteur et conférencier dans le domaine de l’histoire maritime, lauréat (mention 2024) de l’Académie de Marine, auditeur de l’Académie de Marine, membre associé de la Fédération Maritime (Maison de la Mer à Nantes).
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METEO CONSULT est un bureau d'études météorologiques opérationnel, qui assiste ses clients depuis plus de 30 ans. Les services de METEO CONSULT reposent sur une équipe scientifique de haut niveau et des moyens techniques de pointe. Son expertise en météo marine est reconnue et ses prévisionnistes accompagnent les plaisanciers, les capitaines de port et les organisateurs de courses au large depuis ses origines : Route du Rhum, Transat en double, Solitaire du Figaro…
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Titulaire d'un doctorat en Climatologie-Environnement, Cyrille est notre expert METEO CONSULT. Après avoir enseigné la climatologie et la géographie à l'université, il devient l'un des météorologues historiques de La Chaîne Météo en intégrant l'équipe en 2000. Spécialiste de la météo marine, il intervient également en tant qu'expert météo marine pour des courses de renommée mondiale, comme la Route du Rhum, la Solitaire du Figaro, la Transat Paprec...
Irwin Sonigo
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Irwin Sonigo
Capitaine 200 et ancien embarqué dans la Marine nationale, Irwin Sonigo a exploré toutes les facettes de la navigation. Des premiers bords sur un cotre aurique de 1932 à la grande plaisance sur la Côte d’Azur, en passant par les catamarans de Polynésie, les voiliers des Antilles ou plusieurs transatlantiques, il a tout expérimenté. Il participe à la construction d’Open 60 en Nouvelle-Zélande et embarque comme boat pilote lors de la 32e America’s Cup. Aujourd’hui, il met cette riche expérience au service de Figaro Nautisme, où il signe des essais et reportages ancrés dans le réel.