
Une expédition pour écouter le monde de la pêche
Le projet s’intitule « À la rencontre des pêcheurs dans le sillage d’Anita Conti ». À bord de La Rêveuse, un voilier en acier de 40 pieds, 5 femmes embarqueront de mars à septembre 2026 pour remonter des côtes bretonnes jusqu’en Norvège. Leur objectif n’est pas de signer une simple navigation hommage, mais d’aller recueillir sur le terrain le point de vue des pêcheurs sur les transformations de leur métier, les équilibres économiques de plus en plus fragiles et l’état de la ressource.
L’équipage veut donner à voir une réalité souvent commentée de loin. En multipliant les escales et les échanges, il entend remettre au centre du récit celles et ceux qui vivent de la mer, tout en questionnant les enjeux sociaux et environnementaux qui traversent aujourd’hui la pêche.
Le sillage très actuel d’Anita Conti
Le choix d’Anita Conti donne immédiatement sa profondeur au projet. Surnommée la « Dame de la mer », la pionnière de l’océanographie française avait très tôt posé un regard lucide sur le travail des marins-pêcheurs et sur la nécessité de préserver les ressources halieutiques. En reprenant son héritage, l’expédition veut faire résonner une pensée ancienne avec des débats très contemporains.
L’ambition affichée est claire : porter un regard humble, empathique et aussi artistique sur les gens de mer, leurs savoir-faire et leur capacité à contribuer eux-mêmes à la bonne santé des écosystèmes marins. Cette approche évite les caricatures et redonne de l’épaisseur à un univers trop souvent résumé à quelques oppositions simplistes.
Un équipage féminin et un projet à plusieurs dimensions
L’expédition réunira Céline Vromandt, coordinatrice du projet, Pauline Regnier, skipper en charge du volet pédagogique, Émilie Petitbon, co skipper en charge des sciences participatives, May de Fougerolles, chargée de l’organisation des escales, et Mélanie de Groot, réalisatrice et reporter embarquée.
Au-delà de la navigation elle-même, le projet mêle donc témoignages, transmission et collecte de données, avec l’idée de partager au plus grand nombre une parole rarement entendue dans toute sa complexité. C’est sans doute là que cette expédition trouve sa vraie force : utiliser la mer non comme décor, mais comme terrain d’enquête, pour mieux raconter ceux qui la vivent chaque jour.
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