L’ours blanc, ce mammifère marin qui dépend entièrement d’un monde de glace

Culture nautique
Le Figaro Nautisme
Par Le Figaro Nautisme

Il marche sur la banquise, nage sur de longues distances et chasse à l’affût au bord des trous de respiration des phoques. Derrière l’image familière de l’ours polaire se cache un animal hautement spécialisé, beaucoup moins à l’aise sur terre qu’on ne l’imagine.

Il marche sur la banquise, nage sur de longues distances et chasse à l’affût au bord des trous de respiration des phoques. Derrière l’image familière de l’ours polaire se cache un animal hautement spécialisé, beaucoup moins à l’aise sur terre qu’on ne l’imagine.

© AdobeStock - outdoorsman

Son nom scientifique, Ursus maritimus, dit l’essentiel : l’ours blanc est l’ours de la mer. Il ne vit pas sur un continent uniformément glacé, mais dans un paysage mobile où la banquise se forme, dérive, se fracture et disparaît en partie chaque été. Pour lui, la glace n’est pas un décor. C’est une plateforme de chasse, une voie de déplacement et, pour une grande partie de l’année, le centre de son territoire.
Cette précision permet déjà de corriger une erreur tenace : il n’existe pas d’ours polaires en Antarctique. L’espèce vit autour de l’océan Arctique, au Canada, en Alaska, au Groenland, au Svalbard et dans l’Arctique russe. Au pôle Sud, les manchots n’ont donc jamais à fuir un ours blanc. Les deux emblèmes des régions polaires vivent aux extrémités opposées du globe.


Blanc en apparence, noir sous la fourrure

La fourrure de l’ours n’est pas réellement blanche. Les poils, dépourvus de pigment blanc, diffusent et réfléchissent la lumière, ce qui donne au pelage sa couleur apparente. Sous cette couche isolante, la peau est sombre. Une épaisse couche de graisse complète la protection thermique, tandis que de petites oreilles et une queue courte limitent les pertes de chaleur.
Ses pattes sont de véritables outils polaires. Très larges, elles répartissent le poids sur la neige et servent de pagaies dans l’eau. Leur dessous porte des reliefs et des poils qui améliorent l’adhérence, et les griffes accrochent la glace comme la peau d’un phoque. Lorsqu’il nage, l’ours utilise surtout ses pattes avant pour se propulser et ses pattes arrière comme gouvernail. Il peut parcourir de grandes distances, mais ces traversées ont un coût énergétique élevé, surtout pour les jeunes.


Le phoque, une proie irremplaçable

Un ours blanc peut manger des oiseaux, des œufs, des carcasses, des végétaux ou des déchets lorsqu’il se trouve à terre. Ce menu de circonstance ne remplace pas les phoques riches en graisse dont dépend son équilibre énergétique. Sa stratégie la plus efficace consiste à attendre près d’un trou de respiration ou d’une zone où un phoque doit remonter. Son odorat lui permet de détecter une proie à grande distance et parfois sous la neige.
Le succès de la chasse se joue surtout au printemps et au début de l’été, lorsque l’ours doit constituer ses réserves. Sur la terre ferme, il dépense facilement davantage d’énergie à chercher de petites ressources qu’il n’en gagne. L’image d’un animal capable de s’adapter simplement en devenant terrestre est donc trompeuse. Il peut modifier son comportement, mais son organisme reste celui d’un prédateur spécialisé de la banquise.

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Une année qui ne se déroule pas de la même façon partout

La vie de l’ours varie selon la région. Dans certains secteurs, la glace persiste longtemps et permet de suivre les phoques au large. Ailleurs, la fonte estivale oblige les animaux à passer plusieurs mois sur la côte. Les femelles gestantes creusent une tanière dans la neige ou le sol gelé, souvent à terre, où elles donnent naissance pendant l’hiver à des petits minuscules au regard de leur future taille. Elles ressortent au printemps après un jeûne prolongé.
Les scientifiques suivent plusieurs sous-populations, qui ne connaissent pas toutes la même évolution. Certaines sont relativement stables, d’autres déclinent ou restent mal connues. Parler d’une seule population mondiale uniforme masque ces différences. L’espèce est classée vulnérable, mais l’incertitude des comptages dans un territoire immense ne doit être confondue ni avec une absence de menace ni avec une disparition immédiate.


Quand la banquise se retire, les distances s’allongent

Le réchauffement de l’Arctique réduit l’étendue de la glace de mer et avance sa rupture dans plusieurs régions. Pour l’ours, cela signifie une saison de chasse plus courte, des périodes de jeûne plus longues et parfois davantage de nage entre les plaques de glace et la côte. Les femelles peuvent avoir plus de difficulté à accumuler les réserves nécessaires à la reproduction et à l’allaitement.
Le recul de la banquise rapproche aussi certains ours des villages, des installations touristiques et des zones d’activité. La rencontre n’a rien d’une scène de documentaire. Un ours blanc est un grand prédateur, rapide et imprévisible. Dans les régions arctiques, les déplacements et débarquements doivent suivre les consignes locales, avec des guides formés et une gestion stricte des déchets. S’approcher pour obtenir une photographie met en danger les personnes, mais aussi l’animal, qui peut être abattu s’il devient menaçant.


L’icône ne doit pas faire oublier l’animal

L’ours blanc est devenu le visage universel du changement climatique. Cette puissance symbolique aide à comprendre la fragilité de l’Arctique, mais elle simplifie parfois son histoire. L’espèce affronte aussi les polluants accumulés dans la chaîne alimentaire, le développement industriel, le trafic maritime et les conflits avec les humains.
Le protéger ne consiste pas seulement à préserver quelques individus photographiés sur une plaque de glace. Il faut conserver les zones de chasse, les tanières et les corridors de déplacement, tout en réduisant les pressions climatiques et locales. L’ours polaire fascine parce qu’il semble régner sur le froid. En réalité, toute sa force dépend d’une surface temporaire, mouvante et de plus en plus imprévisible : quelques dizaines de centimètres de glace entre l’océan et l’air.

 

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Nathalie Moreau
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Nathalie Moreau est l’atout voyage et évasion de l’équipe, elle est passionnée de croisières et de destinations nautiques. En charge du planning rédactionnel du site figaronautisme.com et des réseaux sociaux, Nathalie suit de très près l’actualité et rédige chaque jour des news et des articles pour nous dépayser et nous faire rêver aux quatre coins du monde. Avide de découvertes, vous la croiserez sur tous les salons nautiques et de voyages en quête de nouveaux sujets.
Gilles Chiorri
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Associant une formation d’officier C1 de la marine marchande et un MBA d’HEC, Gilles Chiorri a sillonné tous les océans lors de nombreuses courses au large ou records, dont une victoire à la Mini Transat, détenteur du Trophée Jules Verne en 2002 à bord d’Orange, et une 2ème place à La Solitaire du Figaro la même année. Il a ensuite contribué à l’organisation de nombreux évènements, comme la Coupe de l’America, les Extreme Sailing Series et des courses océaniques dont la Route du Rhum et la Solitaire du Figaro (directeur de course), la Volvo Ocean Race (team manager). Sa connaissance du monde maritime et son réseau à l’international lui donnent une bonne compréhension du milieu qui nous passionne.
Il collabore avec les équipes de METEO CONSULT et Figaro Nautisme depuis plus de 20 ans.
Sophie Savant-Ros
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Sophie Savant-Ros, architecte de formation et co-fondatrice de METEO CONSULT est entre autres, directrice de l’édition des « Bloc Marine » et du site Figaronautisme.com.
Sophie est passionnée de photographie, elle ne se déplace jamais sans son appareil photo et privilégie les photos de paysages marins. Elle a publié deux ouvrages consacrés à l’Ile de Porquerolles et photographie les côtes pour enrichir les « Guides Escales » de Figaro Nautisme.
Albert Brel
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Albert Brel, parallèlement à une carrière au CNRS, s’est toujours intéressé à l’équipement nautique. Depuis de nombreuses années, il collabore à des revues nautiques européennes dans lesquelles il écrit des articles techniques et rend compte des comparatifs effectués sur les divers équipements. De plus, il est l’auteur de nombreux ouvrages spécialisés qui vont de la cartographie électronique aux bateaux d’occasion et qui décrivent non seulement l’évolution des technologies, mais proposent aussi des solutions pour les mettre en application à bord des bateaux.
Jean-Christophe Guillaumin
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Journaliste, photographe et auteur spécialisé dans le nautisme et l’environnement, Jean-Christophe Guillaumin est passionné de voyages et de bateaux. Il a réussi à faire matcher ses passions en découvrant le monde en bateau et en le faisant découvrir à ses lecteurs. De ses nombreuses navigations il a ramené une certitude : les océans offrent un terrain de jeu fabuleux mais aussi très fragile et aujourd’hui en danger. Fort d’une carrière riche en reportages et articles techniques, il a su se distinguer par sa capacité à vulgariser des sujets complexes tout en offrant une expertise pointue. À travers ses contributions régulières à Figaro Nautisme, il éclaire les plaisanciers, amateurs ou aguerris, sur les dernières tendances, innovations technologiques, et défis liés à la navigation. Que ce soit pour analyser les performances d’un voilier, explorer l’histoire ou décortiquer les subtilités de la course au large, il aborde chaque sujet avec le souci du détail et un regard expert.
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Charlotte est une véritable globe-trotteuse ! Très jeune, elle a vécu aux quatre coins du monde et a pris goût à la découverte du monde et à l'évasion. Tantôt à pied, en kayak, en paddle, à voile ou à moteur, elle aime partir à la découverte de paradis méconnus. Elle collabore avec Figaro Nautisme au fil de l'eau et de ses coups de cœur.
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Naviguant depuis son plus jeune âge que ce soit en croisière, en course, au large, en régate, des deux côtés de l’Atlantique, en Manche comme en Méditerranée, Denis, quittant la radiologie rochelaise en 2017, a effectué avec sa femme à bord de PretAixte leur 42 pieds une circumnavigation par Panama et Cape Town. Il ne lui déplait pas non plus de naviguer dans le temps avec une prédilection pour la marine d’Empire, celle de Trafalgar …
Michel Ulrich
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Après une carrière internationale d’ingénieur, Michel ULRICH a navigué en plaisance le long de la côte atlantique, et embarqué au long cours sur des navires de la marine marchande, accumulant une large expérience de nombreuses expéditions maritimes. Il est un bénévole engagé à la SNSM (canotier, ancien vice-président de la station de l’Herbaudière) depuis plus de dix ans. Capitaine 200 UMS, il est maintenant auteur et conférencier dans le domaine de l’histoire maritime, lauréat (mention 2024) de l’Académie de Marine, auditeur de l’Académie de Marine, membre associé de la Fédération Maritime (Maison de la Mer à Nantes).
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Titulaire d'un doctorat en Climatologie-Environnement, Cyrille est notre expert METEO CONSULT. Après avoir enseigné la climatologie et la géographie à l'université, il devient l'un des météorologues historiques de La Chaîne Météo en intégrant l'équipe en 2000. Spécialiste de la météo marine, il intervient également en tant qu'expert météo marine pour des courses de renommée mondiale, comme la Route du Rhum, la Solitaire du Figaro, la Transat Paprec...
Irwin Sonigo
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Capitaine 200 et ancien embarqué dans la Marine nationale, Irwin Sonigo a exploré toutes les facettes de la navigation. Des premiers bords sur un cotre aurique de 1932 à la grande plaisance sur la Côte d’Azur, en passant par les catamarans de Polynésie, les voiliers des Antilles ou plusieurs transatlantiques, il a tout expérimenté. Il participe à la construction d’Open 60 en Nouvelle-Zélande et embarque comme boat pilote lors de la 32e America’s Cup. Aujourd’hui, il met cette riche expérience au service de Figaro Nautisme, où il signe des essais et reportages ancrés dans le réel.