Nous avons testé pour vous : le passage du niveau 1 en plongée

Plongée
Par Margot Harty, Plongez! Magazine

Après vous avoir raconté mon baptême de plongée, j'ai voulu aller plus loin : j'ai décidé de passer mon niveau 1 de plongée.

©Yann Valton
Après vous avoir raconté mon baptême de plongée, j'ai voulu aller plus loin : j'ai décidé de passer mon niveau 1 de plongée.

Le baptême de plongée est une première expérience, un premier pas dans le milieu sous-marin pendant lequel on ne maîtrise rien et où on se laisse simplement porter, émerveillé par ce nouveau monde. C’était une expérience totalement inédite, les sensations nouvelles sous l’eau, le matériel sur les épaules, la respiration avec le détendeur… Une véritable plongée dans l’inconnu dont je suis ressortie émerveillée mais avec une sensation de trop peu. J’en voulais plus : aller plus loin, plus longtemps et surtout apprendre à maîtriser tout ce matériel pour ne plus être simple spectatrice. Comme beaucoup de novices ayant testé cette introduction à la plongée, le passage du premier niveau s’est imposé à moi comme la meilleure des solutions pour profiter sur le long terme de cet univers sous-marin. Je choisis de me former de nouveau à Hyères, dans la petite structure de la Tribubulles qui m’avait accueillie lors de mon baptême. Après avoir récupéré notre matériel et nous être équipés nous voilà tous partis au large de Hyères. Je m’attendais à une partie d’explications théoriques sur le bateau avant de se mettre à l’eau mais, une fois de plus il n’en est rien, je me retrouve en surface pour me réhabituer quelques minutes à respirer avec le détendeur en bouche.

Tout repose sur la gestion du gilet

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Lors de mon baptême, je ne devais toucher à rien, Georges prenait en charge la gestion de mon gilet. Je le voyais presser des boutons sans saisir leur fonction. Cette fois-ci je dois apprendre à le gérer seule. J’appréhende légèrement de peur de faire des erreurs ou de ne pas réussir à gérer cette partie. Il m’explique donc qu’il existe un bouton pour insuffler de l’air dans le gilet et ainsi remonter, et deux cordes à tirer laissant échapper l’air du gilet permettant de descendre pour gagner en profondeur. Je vide donc mon gilet pour quitter l’air frais et descendre dans le bleu. Une fois sous la surface j’ai du mal à trouver mon équilibre, de l’eau entre dans mon masque mais je réussis finalement à reprendre mes esprits et à le vider. Je réalise que la gestion du gilet n’est pas si contraignante, les gestes deviennent vite des automatismes. Je ne comprends pas toujours quand je suis supposée purger ou ajouter de l’air, je suis pour le moment les gestes dont Georges me fait la démonstration sous l’eau.

La pratique prend le pas sur la théorie

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En moyenne une formation pour un niveau 1 s’étend sur six jours. J’ai le choix pour l’organisation, il est tout à fait possible de réaliser l’ensemble sur une semaine complète. Je décide plutôt de répartir les plongées sur trois week-ends pour rendre l’expérience plus digeste et me permettre de continuer de travailler la semaine. Après plusieurs sessions de formation, je me rends compte que mon instructeur a une technique d’apprentissage bien particulière : il ne donne jamais de cours théoriques avant de plonger, mais il trouve des moyens très pédagogiques de faire comprendre tout ce qui se passe une fois sous l’eau.  Le meilleur exemple se déroule lors de notre deuxième immersion. Une fois au fond de l’eau, il sort une bouteille en verre qu’il tient de manière à ce que le goulot soit tourné vers le bas. Avec son détendeur, il injecte une petite quantité d’air dans la bouteille. Il me fait alors doucement remonter de quelques dizaines de centimètres et me focaliser sur la bulle d’air dans la bouteille. Je me rends alors compte que plus nous remontons, plus la bulle grossit et prend de place dans la bouteille. Et quand nous redescendons, elle rétrécit. Les explications nous sont données une fois de retour sur le bateau, il s’agit de la loi de Mariotte : le volume d’un gaz diminue quand la pression augmente, et vice versa. Une expérience vaut mieux que n’importe quel cours théorique. Je comprends alors beaucoup mieux la gestion de l’air dans le gilet selon la profondeur.

Sans masque sans palmes

La validation du niveau 1 dépend de notre capacité à réagir correctement en cas d’imprévus tels que la perte de son masque, un manque d’air… Chaque nouvelle journée de formation m’apprend à gérer ce type d’incident via des exercices pratiques les simulant. J’apprends ainsi à utiliser le détendeur de secours de mon binôme en cas de panne d’air ou celui situé sous le bateau. Il me faut retirer entièrement mon masque pour me retrouver aveugle quelques secondes puis être capable de le remettre et de le vider. Ce dernier exercice ne me posait pas trop de problèmes mais peut certainement s’avérer difficile à gérer pour d’autres plongeurs. Autre exercice intéressant, Georges me demande de retirer mes palmes. Pieds nus, je dois alors trouver un nouvel équilibre et j’ai l’impression de ne plus avancer sous l’eau, mais finalement, la sensation d’avoir les pieds libérés est plutôt agréable.

Des progrès et des erreurs

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La formation se poursuit et les exercices pratiques pour trouver son équilibre, gérer l’air ou palmer correctement sont ponctués de petites explorations sur des sites différents. Les jours passent et je me sens de plus en plus à l’aise sous l’eau, je vois que ce temps passé sous l’eau est bénéfique : je m’équilibre de mieux en mieux, les automatismes se mettent doucement en place sur la gestion du gilet et les signes pour communiquer ou encore les exercices pour vider l’eau de mon masque ne me posent aucun problème.

Je reste malgré tout novice et quelques erreurs surviennent : lors d’une descente dans le bleu je ne parviens pas à compenser la pression dans mes oreilles. Je n’ai alors pas le réflexe de remonter de quelques centimètres ou de faire signe à mon instructeur. Je finis enfin par rééquilibrer mes oreilles mais termine cette plongée peu rassurée. Lors d’une autre plongée, étant extrêmement fatiguée ce jour-là, de nouveau je me sens peu à l’aise et maladroite sous l’eau. Je réalise alors qu’il est indispensable d’être en forme et reposé pour profiter de sa plongée en toute sécurité.

De précieux conseils

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Je partage l’ensemble de ma formation avec une autre novice. Sur les conseils de notre instructeur, nous nous sommes accordées pour suivre les mêmes sessions.  Ainsi nous pouvons nous entraider quand c’est possible, notamment lors de la préparation du matériel ; nous partageons nos impressions après les immersions, parfois je réalise que nous n’avons pas du tout vécu la même plongée. Elle trouve des facilités là où j’ai pu avoir des difficultés et vice versa. Ne maîtrisant pas toujours notre équilibre au début de notre formation, nous nous pardonnons les divers coups de palmes non contrôlés lorsque nous suivons notre instructeur. Nous découvrons également la bienveillance des autres plongeurs qui, plus expérimentés, n’hésitent pas à partager, sur le bateau ou de retour sur la plage, leur expérience et leurs conseils. Chacun y va de sa petite astuce ou anecdote pour faciliter le montage d’une bouteille, améliorer sa technique de palmage ou maîtriser sa consommation d’air…

Le chemin vers le niveau 2

Les dernières immersions sont un véritable bonheur, les automatismes sont là, les exercices sont maîtrisés et prennent moins de temps sur la plongée. Les explorations se font plus nombreuses et je profite enfin de ce qui m’entoure. Même si la faune et la flore étaient présentes tout au long de la formation, le manque d’assurance et la concentration portée sur la gestion de ma plongée ne me permettaient pas de me relâcher pour les observer en détail. Je me rends dans une petite grotte, je longe des tombants, j’avance au milieu des posidonies… je découvre les gorgones rouge et jaune, les anémones encroûtantes, j’observe pour la première fois des nudibranches – encore plus petits que ce que j’imaginais —, je finis même par dénicher une petite murène à l’abri dans une cavité et un poulpe caché entre deux rochers. Le diplôme en poche, c’est une multitude de possibilités qui s’offrent à moi, voyager et explorer les fonds de pays lointains, voir des jardins sous-marins tapissés de coraux, explorer des épaves, me retrouver nez à nez avec des créatures magnifiques : tortues, raies mantas, baleines et même requins. La prochaine étape ? Aller encore plus loin dans la formation pour découvrir ce qui se cache au-delà de 30 mètres de profondeur… Pour cela, il me faut désormais le niveau 2 !

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Le N1 en pratique

Premier niveau de référence de la FFESSM et de la CMAS, le niveau 1 permet de plonger jusqu’à 20 mètres en France, encadré par un guide de palanquée (PE1). La formation Niveau 1 offre au plongeur la possibilité de découvrir le milieu sous-marin et d’apprendre à préparer son équipement, les différentes techniques de mise à l’eau et les principaux éléments de communication. S’il n’y a pas d’épreuves à proprement parler, le plongeur N1 doit posséder les compétences qui lui permettent d’évoluer dans l’espace médian.

Ces compétences doivent être validées par le moniteur-formateur :

- Utilisation du matériel : savoir gréer et dégréer son bloc, régler la stab, surveiller sa consommation d’air (utilisation du manomètre), nettoyer et ranger le matériel ;

- En surface : savoir se mettre à l’eau en sécurité (saut droit et/ou bascule arrière), se maintenir en surface (palmage de sustentation) et rejoindre la terre ferme ou le bateau ;

- Maîtrise de la ventilation ;

- Réactions aux situations usuelles ;

- Plongée en palanquée ;

- Connaissances théoriques de base.

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L'équipe
Nathalie Moreau
Nathalie Moreau
Nathalie Moreau
Nathalie Moreau est l’atout voyage et évasion de l’équipe, elle est passionnée de croisières et de destinations nautiques. En charge du planning rédactionnel du site figaronautisme.com et des réseaux sociaux, Nathalie suit de très près l’actualité et rédige chaque jour des news et des articles pour nous dépayser et nous faire rêver aux quatre coins du monde. Avide de découvertes, vous la croiserez sur tous les salons nautiques et de voyages en quête de nouveaux sujets.
Gilles Chiorri
Gilles Chiorri
Gilles Chiorri
Associant une formation d’officier C1 de la marine marchande et un MBA d’HEC, Gilles Chiorri a sillonné tous les océans lors de nombreuses courses au large ou records, dont une victoire à la Mini Transat, détenteur du Trophée Jules Verne en 2002 à bord d’Orange, et une 2ème place à La Solitaire du Figaro la même année. Il a ensuite contribué à l’organisation de nombreux évènements, comme la Coupe de l’America, les Extreme Sailing Series et des courses océaniques dont la Route du Rhum et la Solitaire du Figaro (directeur de course), la Volvo Ocean Race (team manager). Sa connaissance du monde maritime et son réseau à l’international lui donnent une bonne compréhension du milieu qui nous passionne.
Il collabore avec les équipes de METEO CONSULT et Figaro Nautisme depuis plus de 20 ans.
Sophie Savant-Ros
Sophie Savant-Ros
Sophie Savant-Ros
Sophie Savant-Ros, architecte de formation et co-fondatrice de METEO CONSULT est entre autres, directrice de l’édition des « Bloc Marine » et du site Figaronautisme.com.
Sophie est passionnée de photographie, elle ne se déplace jamais sans son appareil photo et privilégie les photos de paysages marins. Elle a publié deux ouvrages consacrés à l’Ile de Porquerolles et photographie les côtes pour enrichir les « Guides Escales » de Figaro Nautisme.
Albert Brel
Albert Brel
Albert Brel
Albert Brel, parallèlement à une carrière au CNRS, s’est toujours intéressé à l’équipement nautique. Depuis de nombreuses années, il collabore à des revues nautiques européennes dans lesquelles il écrit des articles techniques et rend compte des comparatifs effectués sur les divers équipements. De plus, il est l’auteur de nombreux ouvrages spécialisés qui vont de la cartographie électronique aux bateaux d’occasion et qui décrivent non seulement l’évolution des technologies, mais proposent aussi des solutions pour les mettre en application à bord des bateaux.
Jean-Christophe Guillaumin
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Jean-Christophe Guillaumin
Journaliste, photographe et auteur spécialisé dans le nautisme et l’environnement, Jean-Christophe Guillaumin est passionné de voyages et de bateaux. Il a réussi à faire matcher ses passions en découvrant le monde en bateau et en le faisant découvrir à ses lecteurs. De ses nombreuses navigations il a ramené une certitude : les océans offrent un terrain de jeu fabuleux mais aussi très fragile et aujourd’hui en danger. Fort d’une carrière riche en reportages et articles techniques, il a su se distinguer par sa capacité à vulgariser des sujets complexes tout en offrant une expertise pointue. À travers ses contributions régulières à Figaro Nautisme, il éclaire les plaisanciers, amateurs ou aguerris, sur les dernières tendances, innovations technologiques, et défis liés à la navigation. Que ce soit pour analyser les performances d’un voilier, explorer l’histoire ou décortiquer les subtilités de la course au large, il aborde chaque sujet avec le souci du détail et un regard expert.
Charlotte Lacroix
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Charlotte est une véritable globe-trotteuse ! Très jeune, elle a vécu aux quatre coins du monde et a pris goût à la découverte du monde et à l'évasion. Tantôt à pied, en kayak, en paddle, à voile ou à moteur, elle aime partir à la découverte de paradis méconnus. Elle collabore avec Figaro Nautisme au fil de l'eau et de ses coups de cœur.
Max Billac
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Max est tombé dedans quand il était petit ! Il a beaucoup navigué avec ses parents, aussi bien en voilier qu'en bateau moteur le long des côtes européennes mais pas que ! Avec quelques transatlantiques à son actif, il se passionne pour le monde du nautisme sous toutes ses formes. Il aime analyser le monde qui l'entoure et collabore avec Figaro Nautisme régulièrement.
Denis Chabassière
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Naviguant depuis son plus jeune âge que ce soit en croisière, en course, au large, en régate, des deux côtés de l’Atlantique, en Manche comme en Méditerranée, Denis, quittant la radiologie rochelaise en 2017, a effectué avec sa femme à bord de PretAixte leur 42 pieds une circumnavigation par Panama et Cape Town. Il ne lui déplait pas non plus de naviguer dans le temps avec une prédilection pour la marine d’Empire, celle de Trafalgar …
Michel Ulrich
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Après une carrière internationale d’ingénieur, Michel Ulrich navigue maintenant en plaisance sur son TARGA 35+ le long de la côte atlantique. Par ailleurs, il ne rate pas une occasion d’embarquer sur des navires de charge, de travail ou de services maritimes. Il nous fait partager des expériences d’expédition maritime hors du commun.
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METEO CONSULT est un bureau d'études météorologiques opérationnel, qui assiste ses clients depuis plus de 30 ans. Les services de METEO CONSULT reposent sur une équipe scientifique de haut niveau et des moyens techniques de pointe. Son expertise en météo marine est reconnue et ses prévisionnistes accompagnent les plaisanciers, les capitaines de port et les organisateurs de courses au large depuis ses origines : Route du Rhum, Transat en double, Solitaire du Figaro…