Aquaskipping : comprendre ce sport nautique à foil

Glisse
Par Le Figaro Nautisme

Souvent mal compris et régulièrement assimilé à tort à une course sur l’eau, l’aquaskipping repose en réalité sur un principe bien différent. Cette discipline utilise un engin appelé Aquaskipper, un hydroptère individuel propulsé uniquement par la force musculaire. Sans moteur, sans assistance et sans glisse passive, ce sport exigeant permet pourtant d’évoluer au-dessus de la surface grâce à la portance hydrodynamique. Un objet technique singulier, une pratique physique intense et une approche très épurée de la navigation.

Souvent mal compris et régulièrement assimilé à tort à une course sur l’eau, l’aquaskipping repose en réalité sur un principe bien différent. Cette discipline utilise un engin appelé Aquaskipper, un hydroptère individuel propulsé uniquement par la force musculaire. Sans moteur, sans assistance et sans glisse passive, ce sport exigeant permet pourtant d’évoluer au-dessus de la surface grâce à la portance hydrodynamique. Un objet technique singulier, une pratique physique intense et une approche très épurée de la navigation.
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Aquaskipping et Aquaskipper : le principe réel

L’aquaskipping désigne l’usage de l’Aquaskipper, un engin léger constitué d’un cadre, d’un mât central et de deux ailes immergées, reliées par un système articulé. Le pratiquant se tient debout sur une plateforme et génère le mouvement en fléchissant puis en tendant les jambes de manière répétée. Ce pompage vertical entraîne l’oscillation de l’aile avant, créant une accélération suffisante pour produire de la portance. Lorsque la vitesse minimale est atteinte, l’ensemble se soulève et se maintient au-dessus de l’eau, à condition de conserver un rythme constant.
Contrairement à une embarcation classique, l’Aquaskipper ne flotte pas réellement. À l’arrêt, il s’enfonce. Sa stabilité dépend uniquement du mouvement et de la vitesse. C’est cette caractéristique qui rend la pratique aussi exigeante. Il ne s’agit ni de courir ni de glisser, mais bien de maintenir un vol hydrodynamique à très basse altitude, entièrement dépendant de l’énergie fournie par le corps.

Une gestuelle spécifique et un effort permanent

La gestuelle de l’aquaskipping est souvent mal interprétée. Le mouvement s’apparente davantage à une succession de squats dynamiques qu’à une foulée. Les jambes fournissent l’essentiel de la propulsion, tandis que le haut du corps doit rester stable pour éviter les pertes d’équilibre. Le regard joue un rôle clé, tout comme la position du buste, légèrement incliné vers l’avant. Les bras accompagnent le mouvement, sans jamais servir de point d’appui.
Physiquement, l’effort est intense et continu. Il n’existe aucune phase de repos tant que l’Aquaskipper est en vol. Les quadriceps, les mollets et les fessiers sont sollicités sans interruption, tout comme les muscles profonds du tronc. Le cardio grimpe rapidement, car chaque seconde de glisse dépend d’un effort actif. Dès que le rythme ralentit, la portance chute et l’engin replonge. Cette exigence permanente explique pourquoi les premières sessions sont souvent courtes, même pour des sportifs entraînés.

Où pratiquer et comment débuter

L’Aquaskipper se pratique aussi bien en mer qu’en eau douce, à condition de disposer d’un plan d’eau dégagé et relativement plat. Les conditions idéales incluent peu de clapot et suffisamment d’espace pour évoluer sans obstacle. Le départ se fait presque toujours depuis un ponton ou une plateforme, car une impulsion initiale est nécessaire pour atteindre la vitesse de décollage. Un départ depuis la plage reste possible, mais demande davantage de technique.
L’apprentissage est progressif. Les premières tentatives consistent surtout à trouver le bon tempo et à maintenir l’équilibre sur quelques mètres. Avec l’expérience, la durée de vol augmente et la trajectoire devient plus fluide. Une bonne condition physique est indispensable, mais la réussite dépend autant de la coordination que de la force brute. La répétition des séances permet d’affiner la gestuelle et de réduire la dépense énergétique inutile.

Une discipline discrète mais emblématique

Encore peu répandu, l’aquaskipping occupe une place à part dans le paysage des sports nautiques. Son absence totale de motorisation, son silence et son exigence physique en font une pratique radicale, à contre-courant des loisirs nautiques plus accessibles. L’Aquaskipper n’est ni un jouet ni un simple objet de démonstration. C’est un véritable engin sportif, qui impose engagement, endurance et précision.
Plus qu’une curiosité technique, l’aquaskipping propose une relation très directe à l’eau. Chaque mouvement compte, chaque erreur se paie immédiatement, et chaque progrès se ressent physiquement. Une discipline exigeante, épurée et fascinante, qui illustre parfaitement ce que peut être un sport nautique à propulsion humaine, sans compromis ni artifice.

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L'équipe
Nathalie Moreau
Nathalie Moreau
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Nathalie Moreau est l’atout voyage et évasion de l’équipe, elle est passionnée de croisières et de destinations nautiques. En charge du planning rédactionnel du site figaronautisme.com et des réseaux sociaux, Nathalie suit de très près l’actualité et rédige chaque jour des news et des articles pour nous dépayser et nous faire rêver aux quatre coins du monde. Avide de découvertes, vous la croiserez sur tous les salons nautiques et de voyages en quête de nouveaux sujets.
Gilles Chiorri
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Associant une formation d’officier C1 de la marine marchande et un MBA d’HEC, Gilles Chiorri a sillonné tous les océans lors de nombreuses courses au large ou records, dont une victoire à la Mini Transat, détenteur du Trophée Jules Verne en 2002 à bord d’Orange, et une 2ème place à La Solitaire du Figaro la même année. Il a ensuite contribué à l’organisation de nombreux évènements, comme la Coupe de l’America, les Extreme Sailing Series et des courses océaniques dont la Route du Rhum et la Solitaire du Figaro (directeur de course), la Volvo Ocean Race (team manager). Sa connaissance du monde maritime et son réseau à l’international lui donnent une bonne compréhension du milieu qui nous passionne.
Il collabore avec les équipes de METEO CONSULT et Figaro Nautisme depuis plus de 20 ans.
Sophie Savant-Ros
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Sophie Savant-Ros, architecte de formation et co-fondatrice de METEO CONSULT est entre autres, directrice de l’édition des « Bloc Marine » et du site Figaronautisme.com.
Sophie est passionnée de photographie, elle ne se déplace jamais sans son appareil photo et privilégie les photos de paysages marins. Elle a publié deux ouvrages consacrés à l’Ile de Porquerolles et photographie les côtes pour enrichir les « Guides Escales » de Figaro Nautisme.
Albert Brel
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Albert Brel, parallèlement à une carrière au CNRS, s’est toujours intéressé à l’équipement nautique. Depuis de nombreuses années, il collabore à des revues nautiques européennes dans lesquelles il écrit des articles techniques et rend compte des comparatifs effectués sur les divers équipements. De plus, il est l’auteur de nombreux ouvrages spécialisés qui vont de la cartographie électronique aux bateaux d’occasion et qui décrivent non seulement l’évolution des technologies, mais proposent aussi des solutions pour les mettre en application à bord des bateaux.
Jean-Christophe Guillaumin
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Journaliste, photographe et auteur spécialisé dans le nautisme et l’environnement, Jean-Christophe Guillaumin est passionné de voyages et de bateaux. Il a réussi à faire matcher ses passions en découvrant le monde en bateau et en le faisant découvrir à ses lecteurs. De ses nombreuses navigations il a ramené une certitude : les océans offrent un terrain de jeu fabuleux mais aussi très fragile et aujourd’hui en danger. Fort d’une carrière riche en reportages et articles techniques, il a su se distinguer par sa capacité à vulgariser des sujets complexes tout en offrant une expertise pointue. À travers ses contributions régulières à Figaro Nautisme, il éclaire les plaisanciers, amateurs ou aguerris, sur les dernières tendances, innovations technologiques, et défis liés à la navigation. Que ce soit pour analyser les performances d’un voilier, explorer l’histoire ou décortiquer les subtilités de la course au large, il aborde chaque sujet avec le souci du détail et un regard expert.
Charlotte Lacroix
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Charlotte est une véritable globe-trotteuse ! Très jeune, elle a vécu aux quatre coins du monde et a pris goût à la découverte du monde et à l'évasion. Tantôt à pied, en kayak, en paddle, à voile ou à moteur, elle aime partir à la découverte de paradis méconnus. Elle collabore avec Figaro Nautisme au fil de l'eau et de ses coups de cœur.
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Denis Chabassière
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Naviguant depuis son plus jeune âge que ce soit en croisière, en course, au large, en régate, des deux côtés de l’Atlantique, en Manche comme en Méditerranée, Denis, quittant la radiologie rochelaise en 2017, a effectué avec sa femme à bord de PretAixte leur 42 pieds une circumnavigation par Panama et Cape Town. Il ne lui déplait pas non plus de naviguer dans le temps avec une prédilection pour la marine d’Empire, celle de Trafalgar …
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Après une carrière internationale d’ingénieur, Michel Ulrich navigue maintenant en plaisance sur son TARGA 35+ le long de la côte atlantique. Par ailleurs, il ne rate pas une occasion d’embarquer sur des navires de charge, de travail ou de services maritimes. Il nous fait partager des expériences d’expédition maritime hors du commun.
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Titulaire d'un doctorat en Climatologie-Environnement, Cyrille est notre expert METEO CONSULT. Après avoir enseigné la climatologie et la géographie à l'université, il devient l'un des météorologues historiques de La Chaîne Météo en intégrant l'équipe en 2000. Spécialiste de la météo marine, il intervient également en tant qu'expert météo marine pour des courses de renommée mondiale, comme la Route du Rhum, la Solitaire du Figaro, la Transat Paprec...
Irwin Sonigo
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Capitaine 200 et ancien embarqué dans la Marine nationale, Irwin Sonigo a exploré toutes les facettes de la navigation. Des premiers bords sur un cotre aurique de 1932 à la grande plaisance sur la Côte d’Azur, en passant par les catamarans de Polynésie, les voiliers des Antilles ou plusieurs transatlantiques, il a tout expérimenté. Il participe à la construction d’Open 60 en Nouvelle-Zélande et embarque comme boat pilote lors de la 32e America’s Cup. Aujourd’hui, il met cette riche expérience au service de Figaro Nautisme, où il signe des essais et reportages ancrés dans le réel.