Du bon usage des anodes pour protéger son bateau

Samedi 8 juin 2013 à 7h34

En période de carénage, nombreux sont les plaisanciers à s’interroger sur la protection de leur bateau en proie à la corrosion, car cette dernière n’attaque pas uniquement les navires en alliage ou en acier. Figaro Nautisme revient donc sur les anodes, ces éléments indispensables pour ménager sa monture.

En période de carénage, nombreux sont les plaisanciers à s’interroger sur la protection de leur bateau en proie à la corrosion, car cette dernière n’attaque pas uniquement les navires en alliage ou en acier. Figaro Nautisme revient donc sur les anodes, ces éléments indispensables pour ménager sa monture.

La corrosion peut être présente sur tous les bateaux, à partir du moment où il y a à bord des pièces métalliques en contact avec l’eau (embase moteur, arbre d’hélice, passe-coque, hélice, etc.). Elle est inévitable mais, pour protéger ces équipements métalliques, la solution est d’utiliser un élément dont le potentiel est tel qu’il sera attaqué en premier. Pour ce faire, on prend des anodes sacrificielles. Sur le marché, on trouve des anodes à base de zinc et en alu. Le zinc convient à tous types de bateaux (bois, polyester, alliage et acier). L’alu est plutôt réservé pour les embases moteur.


Peut-on éviter la corrosion ?
Non, la corrosion est un phénomène naturel. Elle apparaît lorsque deux métaux différents sont en contact ou plongés dans un liquide conducteur, c’est le cas de l’eau de mer. L’un des deux métaux joue le rôle d’anode, l’autre de cathode. L’anode se ronge tandis que la cathode reste intacte.


Comment choisir ?
Pour un élément que l’on peut qualifier de consommable, on pourrait être tenté de prendre le moins cher. Détrompez-vous une anode, pour qu’elle ait un maximum d’efficacité, doit être composée de zinc d’une pureté minimale de 99,996% et avoir une teneur en fer inférieure à 0,0014%. L’examen visuel, voire le prix, ne garantissent pas de la qualité. Le seul élément que l’on doit prendre en compte est sa conformité. Par exemple pour le zinc, le mieux est d'utiliser des produits correspondants à la norme de la Marine Nationale : NC431990, et pour l’alu on préférera la référence américaine : MIL-A-24779.


Le minimum pour être protégé

Sur les bateaux en polyester équipés d’un moteur in-bord, les points à protéger sont l’arbre ou l’embase moteur, l’hélice et sa chaise, éventuellement les ferrures du safran et les vannes.
Sur une coque en acier, on place les anodes à proximité de l'hélice (arbre et chaise) et du gouvernail. Sur un bateau de 10 mètres, il faut 4 à 5 Kg d’anode pour protéger toute la surface immergée du bateau.
Pour une coque en alliage léger, il existe des anodes spécifiques et des pendanodes. Ces dernières, fabriquées en aluminium, sont des anodes mobiles que l’on place autour du bateau dans les ports pour faire barrière à la corrosion (2 sur un bateau jusqu'à 12 mètres, 4 entre 12 et 14 mètres).
Les embases moteur quel que soit leur type (Z-drive, S-drive, etc.) ainsi que les propulseurs d'étrave, sont presque toujours réalisés en alliage d'aluminium. Pour les protéger, il faut s’équiper d'anodes spécifiques en alu.
Pour les moteurs hors-bords, les constructeurs ont prévu des emplacements pour les anodes. Il est impératif de les respecter et de prendre les anodes correspondant au moteur. Pour les moteurs in-bord, certaines marques sont équipées d’anodes. Celles-ci sont généralement placées sur le circuit d’eau ; il est nécessaire de les vérifier annuellement et de les changer si besoin.
 

A partir de quand une anode doit-elle être changée ?
Une anode est conçue pour se désagréger dans le temps. Si elle ne s’use pas, il y a don de forte chance qu'elle ne joue pas son rôle, nénmoins cela est aussi inquiétant si elle s’use trop rapidement. Dans le premier cas, c’est un équipement du bateau qui joue le rôle d’anode (vanne, hélice, arbre, embase, etc.). Alors que le deuxième cas est généralement synonyme d’une fuite électrique. Il est difficile de quantifier une usure normale. Elle dépend du bateau, de son environnement et du port. Sur un bateau qui reste continuellement à flot, on peut estimer que les anodes doivent être suffisamment attaquées (60 à 70%) pour être changées annuellement.
 

Bien installer son anode
Pour assurer une efficacité maximum, la liaison mécanique avec les pièces à protéger (arbre, safran, hélice) doit être parfaite. En aucun cas, on ne doit mettre un produit entre l’anode et le métal à protéger. De même, elle doit être en contact avec l’eau, il ne faut donc pas les recouvrir d’antifouling ou de peinture. Les pendanodes (anodes de mouillage pour bateau en alliage) doivent être en contact avec la coque. Il est conseillé de les brosser régulièrement pour ôter salissures et oxydation.
 

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Geoffroy Langlade
Geoffroy Langlade
Geoffroy Langlade est le directeur des contenus chez Figaro Nautisme. Il est également réalisateur et producteur de programmes tv & web dans le domaine du sport, de l'art de vivre et du nautisme. C’est également et surtout, un fan de motonautisme avec plus de 500 tests de bateaux à moteur ou yachts à son actif, à travers le monde, de Cannes à La Rochelle en passant par Istanbul ou Miami. Un métier passionnant qui lui permet de naviguer sur quelques unes des plus belles unités de la planète…
Nathalie Moreau
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Nathalie Moreau est l'atout voyage et évasion de l'équipe, elle est passionnée de croisières et de destinations nautiques. En charge du planning rédactionnel du site figaronautisme.com et des réseaux sociaux, Nathalie suit de très près l'actualité et rédige chaque jour des news et des articles pour nous dépayser et nous faire rêver aux quatre coins du monde. Avide de découvertes, vous la croiserez sur tous les salons nautiques et de voyages en quête de nouveaux sujets.
Sophie Savant Ros
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Sophie Savant-Ros, architecte de formation et co-fondatrice de METEO CONSULT est entre autres, directrice de l'édition des « Bloc Marine » et du site Figaronautisme.com. Sophie est passionnée de photographie, elle ne se déplace jamais sans son appareil photo et privilégie les photos de paysages marins. Elle a publié deux ouvrages consacrés à l'Ile de Porquerolles et photographie les côtes pour enrichir les « Guides Escales » de Figaro Nautisme.
Norbert Conchin
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Norbert Conchin est originaire de Paris mais très vite il prend le large pour découvrir le monde. Un premier voyage aux Antilles sur un Ketch puis un tour du monde dans la Marine lui donne le goût de la navigation. Il prend le chemin des côtes normandes pour exercer sa passion de la voile et de la régate. Décidé à vivre de sa passion, il travaille à partir de 1996 pour différents supports de la presse nautique avant de collaborer au Figaro Nautisme depuis 2017.
Albert Brel
Albert Brel
Albert Brel, parallèlement à une carrière au CNRS, s'est toujours intéressé à l'équipement nautique. Depuis de nombreuses années, il collabore à des revues nautiques européennes dans lesquelles il écrit des articles techniques et rend compte des comparatifs effectués sur les divers équipements. De plus, il est l'auteur de nombreux ouvrages spécialisés qui vont de la cartographie électronique aux bateaux d'occasion et qui décrivent non seulement l'évolution des technologies, mais proposent aussi des solutions pour les mettre en application à bord des bateaux
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Depuis toujours, François est passionné de voile en général et de multicoques en particulier. En croisière ou en course, de l’Europe à l’Australie, il ne les délaisse que lorsque le règlement l’exige : Mini-transat, Fastnet, Giraglia… Jamais rassasié de nouveautés, il a assisté à la plupart des salons sur les cinq continents. Depuis 2018 il se consacre entièrement à la rédaction et à l’information, notamment pour Figaro Nautisme.
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Eric Mas est l'un des fondateur de METEO CONSULT – La Chaîne Météo. Éminent spécialiste de météo, Eric est également un marin passionné qui a routé les plus grands skippers sur toutes les eaux du globe : VDH lors du premier Vendée Globe, Philippe Jeantot, Jean Maurel, Michel Desjoyeaux, Francis Joyon, et tant d'autres. Actuellement il participe au projet de Lalou Roucayrol sur son multi 50.
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Après une carrière internationale d’ingénieur, Michel Ulrich navigue maintenant en plaisance sur son Targa 35+ le long de la côte atlantique. Par ailleurs, il ne rate pas une occasion d’embarquer sur des navires de charge, de travail ou de services maritimes. Il nous fait partager des expériences d’expédition maritime hors du commun.