Les solutions pour ne jamais manquer d'eau à bord

Mercredi 30 octobre 2013 à 7h52

Pouvoir disposer de l’eau douce à bord n’est pas un luxe. Un manque d’eau en navigation côtière n’est pas dramatique, il le devient en grande croisière où un manque d’eau potable peut mettre la vie de l’équipage en danger.

Pouvoir disposer de l’eau douce à bord n’est pas un luxe. Un manque d’eau en navigation côtière n’est pas dramatique, il le devient en grande croisière où un manque d’eau potable peut mettre la vie de l’équipage en danger.

Stocker l’eau
Plusieurs solutions sont envisageables. La plus standard est d’avoir des réservoirs à bord. Pour la sécurité, on peut embarquer des bouteilles d’eau et pour la survie récupérer l’eau de pluie. L’autre solution que nous avons déjà abordée est de produire son eau douce potable à partir de l’eau de mer à l’aide d’un dessalinisateur.


Les réservoirs
Lorsque l’on pratique la croisière côtière sans relâcher tous les jours dans les ports, les réservoirs standards qui équipent les bateaux sont rarement suffisants. En navigation hauturière, le problème devient critique lorsque l’on sait que la quantité minimum sur une traversée de quinze jours avec un équipage de quatre personnes, est de 400 litres. La solution ? Installer des réservoirs supplémentaires. Sur le marché, on en trouve de deux types : souples et rigides. Si les souples ont l’avantage de se placer plus facilement dans un coffre, ils ont l’inconvénient d’être vulnérables au ragage. Ce point est particulièrement sensible sur les bateaux qui n’ont pas de contremoulage. Le réservoir rigide est l’idéal mais encore faut-il lui trouver une place. Bien souvent, on est obligé de découper le dessus d’un coffre. La dernière solution est de les faire fabriquer à la forme des coffres ou même de les réaliser soi-même en utilisant des matériaux alimentaires. Les réservoirs additionnels doivent communiquer avec ceux d’origine. Pour cela, il faut utiliser des tuyaux conçus à cet effet munis de vannes pour pouvoir les isoler aisément et contrôler la consommation. Pour l’entretien et pour le contrôle des niveaux, un réservoir d’eau doit posséder une trappe de visite.


L’eau sous pression comme à la maison
Sur tous les bateaux fabriqués depuis une quinzaine d’années, l’eau est distribuée sous pression. Pour ce faire, une pompe (groupe d’eau) se met automatiquement en route lorsque l’on ouvre un robinet. Les deux modèles de pompes que l’on trouve sur le circuit d’eau sont soit à membrane, soit à turbine. Pour assurer la distribution, la mise en service de la pompe est conditionnée par la présence d’un pressostat et d’un contacteur électrique. Le pressostat a pour rôle non seulement d’assurer la mise en service de la pompe mais aussi de surveiller la pression dans la tuyauterie.
Les groupes d’eau sont tous auto-armorçants et peuvent élever l’eau d’un réservoir de un à quatre mètres suivant les modèles et tourner à vide le temps minimum qu’il faut pour réamorcer le circuit, par exemple. Une valve anti-retour est également présente pour éviter les à-coups dus à la présence d’air dans l’eau.


Minimiser le bruit
Un groupe d’eau standard est bruyant. De plus, il peut se déclencher ponctuellement lorsqu’il y a une légère fuite sur un robinet (goutte à goutte). Pour limiter ce bruit, une solution est d'utiliser un groupe d’eau équipé d’un réservoir tampon (groupe hydrophore). Ce réservoir sous pression, d’une contenance pouvant aller jusqu’à plusieurs dizaines de litres, assure la réserve d’eau pour la distribution à concurrence de 80% de sa capacité. Ce qui signifie que la pompe ne se met en route que lorsque le réservoir est au ¾ vide.


L’eau chaude
Ce n’est pas un luxe et ce d’autant plus que la majorité des moteurs de propulsion sont à circuit d’eau indirect et peuvent alimenter le serpentin d’un ballon de chauffe-eau. La température de l’eau lorsque le moteur fonctionne, est de l’ordre de 95°C, elle réchauffe celle contenue dans la cuve du chauffe-eau. La présence d’une résistance électrique permet de l’utiliser sur une borne de quai ou à partir d’un groupe électrogène. L’isolation thermique de la cuve est un point important. Sur un modèle de bonne qualité, on peut estimer la déperdition de chaleur à 10°C toutes les cinq heures.


La chasse aux bactéries
Pour éviter la prolifération des bactéries dans les réservoirs, il existe des produits vendus en pharmacie et chez les accastilleurs qui permettent de traiter l’eau. On peut également installer sur le circuit d’eau, au plus près des robinets, un filtre purificateur qui a pour but de retenir les impuretés, d’éviter les odeurs et, sur certains modèles, de filtrer les bactéries.


La maintenance
L’un des points sensible sur les groupes d’eau est le pressostat. Sans sa présence, il n’y a plus de distribution. La prudence veut d’en avoir un de rechange à bord. En grande croisière, on peut doubler le groupe d’eau par une pompe manuelle. Non seulement elle sera utile en cas de panne du groupe mais elle minimisera également la consommation. L’eau de mer, dans les zones où elle est propre, peut être utilisée dans beaucoup d’applications (vaisselle, cuisson, etc.). La présence d’une pompe manuelle ou électrique distribuant l’eau de mer fait économiser l’eau douce.

 

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Geoffroy Langlade
Geoffroy Langlade
Geoffroy Langlade est le directeur des contenus chez Figaro Nautisme. Il est également réalisateur et producteur de programmes tv & web dans le domaine du sport, de l'art de vivre et du nautisme. C’est également et surtout, un fan de motonautisme avec plus de 500 tests de bateaux à moteur ou yachts à son actif, à travers le monde, de Cannes à La Rochelle en passant par Istanbul ou Miami. Un métier passionnant qui lui permet de naviguer sur quelques unes des plus belles unités de la planète…
Nathalie Moreau
Nathalie Moreau
Nathalie Moreau est l'atout voyage et évasion de l'équipe, elle est passionnée de croisières et de destinations nautiques. En charge du planning rédactionnel du site figaronautisme.com et des réseaux sociaux, Nathalie suit de très près l'actualité et rédige chaque jour des news et des articles pour nous dépayser et nous faire rêver aux quatre coins du monde. Avide de découvertes, vous la croiserez sur tous les salons nautiques et de voyages en quête de nouveaux sujets.
Sophie Savant Ros
Sophie Savant Ros
Sophie Savant-Ros, architecte de formation et co-fondatrice de METEO CONSULT est entre autres, directrice de l'édition des « Bloc Marine » et du site Figaronautisme.com. Sophie est passionnée de photographie, elle ne se déplace jamais sans son appareil photo et privilégie les photos de paysages marins. Elle a publié deux ouvrages consacrés à l'Ile de Porquerolles et photographie les côtes pour enrichir les « Guides Escales » de Figaro Nautisme.
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Norbert Conchin est originaire de Paris mais très vite il prend le large pour découvrir le monde. Un premier voyage aux Antilles sur un Ketch puis un tour du monde dans la Marine lui donne le goût de la navigation. Il prend le chemin des côtes normandes pour exercer sa passion de la voile et de la régate. Décidé à vivre de sa passion, il travaille à partir de 1996 pour différents supports de la presse nautique avant de collaborer au Figaro Nautisme depuis 2017.
Albert Brel
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Albert Brel, parallèlement à une carrière au CNRS, s'est toujours intéressé à l'équipement nautique. Depuis de nombreuses années, il collabore à des revues nautiques européennes dans lesquelles il écrit des articles techniques et rend compte des comparatifs effectués sur les divers équipements. De plus, il est l'auteur de nombreux ouvrages spécialisés qui vont de la cartographie électronique aux bateaux d'occasion et qui décrivent non seulement l'évolution des technologies, mais proposent aussi des solutions pour les mettre en application à bord des bateaux
François Tregouet
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Depuis toujours, François est passionné de voile en général et de multicoques en particulier. En croisière ou en course, de l’Europe à l’Australie, il ne les délaisse que lorsque le règlement l’exige : Mini-transat, Fastnet, Giraglia… Jamais rassasié de nouveautés, il a assisté à la plupart des salons sur les cinq continents. Depuis 2018 il se consacre entièrement à la rédaction et à l’information, notamment pour Figaro Nautisme.
Eric Mas
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Eric Mas est l'un des fondateur de METEO CONSULT – La Chaîne Météo. Éminent spécialiste de météo, Eric est également un marin passionné qui a routé les plus grands skippers sur toutes les eaux du globe : VDH lors du premier Vendée Globe, Philippe Jeantot, Jean Maurel, Michel Desjoyeaux, Francis Joyon, et tant d'autres. Actuellement il participe au projet de Lalou Roucayrol sur son multi 50.
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Après une carrière internationale d’ingénieur, Michel Ulrich navigue maintenant en plaisance sur son Targa 35+ le long de la côte atlantique. Par ailleurs, il ne rate pas une occasion d’embarquer sur des navires de charge, de travail ou de services maritimes. Il nous fait partager des expériences d’expédition maritime hors du commun.
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Passionné depuis son enfance par toutes les formes de glisse et par la mer, Thomas a longtemps vécu dans le nord de la Floride aux Etats-Unis. Une expérience qui lui a permis de découvrir l'univers du bateau à moteur et du catamaran à travers plusieurs essais et croisières notamment dans les Caraïbes. Il contribue régulièrement à la rédaction de Figaro Nautisme.