Escales des bateaux de croisière : électricité ou gaz

Lundi 12 novembre 2012 à 09h40

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En 2015, les normes européennes imposeront une réduction des émissions de soufre par les bateaux de croisière. Pour produire l'électricité nécessaire à bord, ces derniers doivent laisser tourner leurs moteurs. D'autres solutions plus écologiques sont à l'étude.


crédits photo: CCI Var

Actuellement, la majorité des bateaux de croisière remplace son carburant par du fuel très raffiné, avec une faible teneur en soufre. « Mais la consommation de fuel est un sujet très préoccupant pour les navires de croisières, explique Yannick Casteur, directeur des opérations portuaires pour Toulon. Le budget consacré au fuel est plus important que celui réservé à l’amortissement du prix du bateau, plus important que le coût de la main d’œuvre. » En effet, plus le fuel est raffiné, plus il est cher et, nous le savons, le prix fuel est déjà en augmentation générale. « C’est là que le mouvement de bascule pourrait se produire », avance Yannick Casteur. Les navires de croisière ont alors deux solutions pour respecter leurs impératifs environnementaux et réduire leur budget en fuel : passer à l’alimentation électrique à quai ou au gaz.


L’inspiration vient du Nord
 

En Suède, le port de Göteborg a investi 1,4 million d’euros pour alimenter en électricité les navires en escale. Pour un tiers des embarcations, l’électricité fournie à quai remplace désormais les groupes électrogènes diesel de bord. « C’est une solution qui nous intéresse, avec une alimentation électrique ce sera moins de rejets composites volatiles, mais encore faut-il pouvoir fournir la demande ! » s’exclame Jacques Truau, président du club de la croisière de Marseille. L’accueil simultané de plusieurs grosses unités nécessite un appel de puissance de 4 à 6 mégawatts par navire, calcule le responsable marseillais. Même inquiétude à Toulon, « lors des vagues de froid de l’hiver dernier, nous étions déjà à la limite de disjoncter », se rappelle Yannick Casteur qui insiste sur la difficulté de gérer les effets de pointe. D’autre part, la solution électrique ne fonctionne que pour les escales de plus d’une journée, afin de rentabiliser l’installation du système d’approvisionnement électrique. La CCI de Nice a commandé une étude de faisabilité technique et financière pour l’alimentation électrique des escales d’une journée ou plus. « Nous étudierons la question si nous recevons une demande des navires de croisière qui devront aussi adapter leurs bateaux », assure Yannick Casteur qui s’envole pour Miami la semaine prochaine afin de rencontrer des armateurs.


Le gaz pour remplacer le fuel
 

Tous les nouveaux ferries de la ligne Viking Line ont déjà été équipés pour une alimentation au gaz. En France, la SNCM envisage d’équiper ces prochains bateaux pour cette source d’énergie. « L’avantage pour nous, explique le responsable toulonnais, c’est que nous pourrons mettre en place un approvisionnement via les terminaux méthaniers de Marseille. L’investissement se limitera à l’achat de petits navires gaziers pour remonter jusqu’à Toulon. » La contre-partie du gaz ce sont les risques en terme de sécurité, « mais ces risques sont largement maîtrisés », conclut Yannick Casteur.

 


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