Zéro déchet à bord : dix astuces concrètes pour supprimer le plastique lors d’une croisière

Culture nautique
Par Virginie Lepoutre

Quelques jours en mer suffisent souvent à transformer un coffre en zone de stockage de déchets plastiques. Bouteilles, emballages, flacons, sachets… Tout s’accumule vite, très vite. Pourtant, avec un peu d’anticipation et des choix simples, il est possible de réduire drastiquement ses déchets à bord sans se compliquer la vie...

Quelques jours en mer suffisent souvent à transformer un coffre en zone de stockage de déchets plastiques. Bouteilles, emballages, flacons, sachets… Tout s’accumule vite, très vite. Pourtant, avec un peu d’anticipation et des choix simples, il est possible de réduire drastiquement ses déchets à bord sans se compliquer la vie...

Une croisière d’une semaine n’a rien d’une expédition extrême. Et pourtant, elle révèle très vite un problème bien connu des plaisanciers : le plastique prend une place disproportionnée à bord. Non pas parce qu’il est lourd, mais parce qu’il est volumineux, envahissant et difficile à gérer dans un espace confiné. Très rapidement, les sacs se remplissent, les odeurs apparaissent, et l’on passe plus de temps à gérer les déchets qu’à profiter de la navigation.

La première chose à rappeler est évidente, mais indispensable. Aucun déchet, quel qu’il soit, ne doit être jeté à la mer. Ni plastique, ni papier, ni restes alimentaires, ni objets “biodégradables”. Tout revient à terre. C’est une obligation morale, environnementale et réglementaire. Partir avec cet état d’esprit change déjà beaucoup de choses dans la manière de préparer sa croisière.

Penser l’eau autrement que par la bouteille

Sur une semaine, les bouteilles d’eau représentent souvent le premier poste de déchets plastiques. Elles prennent de la place, s’écrasent mal et s’accumulent rapidement. De nombreux navigateurs ont depuis longtemps adopté une organisation plus rationnelle, basée sur des gourdes rigides et l’eau stockée à bord dans de grands contenants, voire en filtrant l’eau des réservoirs. Cette approche permet non seulement de réduire fortement les déchets, mais aussi de libérer des coffres entiers et d’éviter les allers-retours incessants pour refaire le plein de bouteilles.

Faire les courses comme un marin, pas comme un consommateur pressé

La majorité des déchets plastiques provient d’achats faits “au cas où”. Portions individuelles, produits sur-emballés, lots promotionnels inutiles. En croisière, cette logique est contre-productive. Les équipages expérimentés raisonnent plutôt en repas planifiés. En sachant précisément ce qui sera cuisiné sur sept jours, on achète moins, mais mieux. Résultat : moins d’emballages, moins de nourriture gaspillée, et moins de déchets organiques difficiles à stocker.

Remplacer les sachets par des contenants durables

Le plastique souple est l’ennemi numéro un à bord. Il gonfle les sacs, se recycle mal et finit toujours par envahir la poubelle ou s’envoler… en mer ! Une solution simple consiste à transférer les aliments secs dans des bocaux ou des boîtes rigides avant le départ. Pâtes, riz, céréales, biscuits, fruits secs, café ou sucre se conservent mieux, se rangent plus facilement et ne génèrent aucun déchet pendant la croisière.

Éliminer le film plastique et les sacs jetables

Le film alimentaire et les sacs à fermeture glissante sont très pratiques à terre, mais redoutables en mer. Ils se multiplient, se déchirent et finissent systématiquement à la poubelle. Des boîtes hermétiques et des emballages réutilisables en tissu enduit remplissent exactement la même fonction, tout en étant plus robustes et plus adaptés à la vie à bord, notamment dans un réfrigérateur soumis aux mouvements du bateau.

Dire adieu aux portions individuelles

Café en capsule, jus en mini-bouteilles, biscuits emballés à l’unité, dosettes de lait ou de sauce. Tout cela génère une quantité impressionnante de déchets pour un bénéfice très limité. À bord, les formats familiaux, les produits à partager et les préparations simples sont bien plus adaptés. Une cafetière manuelle, du café moulu ou du thé en vrac suffisent largement pour une semaine, sans produire une montagne de plastique inutile.

Passer l’hygiène en version solide

Les flacons de produits d’hygiène sont une source constante de plastique, mais aussi de fuites et de désordre. Savon, shampoing, produit vaisselle ou même certains produits de rasage existent aujourd’hui sous forme solide. En plus de réduire considérablement les déchets, ces solutions sont plus faciles à ranger, ne coulent pas et durent souvent plus longtemps qu’un équivalent liquide.

Utiliser des produits d’entretien concentrés

Les bidons et pulvérisateurs prennent beaucoup de place pour une utilisation limitée. Les versions concentrées, à diluer dans un contenant déjà présent à bord, permettent de réduire fortement le volume de plastique embarqué. C’est un détail, mais à l’échelle d’une croisière, il contribue à alléger considérablement la gestion des déchets.

Organiser les déchets comme un rangement technique

Même avec les meilleures intentions, il reste toujours une part de déchets. L’erreur consiste à tout mélanger dans un seul sac. Privilégiez une organisation claire : un contenant pour les déchets recyclables secs, compactés au maximum, un récipient étanche pour les déchets organiques à vider régulièrement à terre, et un sac résiduel réduit au strict minimum. Cette méthode évite les odeurs, limite les volumes et simplifie la gestion des poubelles lors des escales.

Transformer chaque escale en point de dépose, pas en point d’achat

À chaque arrêt, la tentation est grande de refaire des courses complètes. Pourtant, les escales sont surtout l’occasion de déposer les déchets accumulés et de recharger ce qui est réellement nécessaire. En limitant les achats impulsifs et en privilégiant les produits durables ou rechargeables, on évite de recréer le problème à chaque étape de la croisière.

Ce que change vraiment une croisière presque sans plastique

Naviguer en réduisant fortement ses déchets ne relève ni de la contrainte ni du militantisme. C’est avant tout une question de confort, d’espace et de bon sens marin. Moins de sacs à gérer, moins d’odeurs, moins de désordre, et une relation plus respectueuse avec le milieu dans lequel on évolue. En mer, tout ce qui est embarqué doit être assumé jusqu’au retour à terre. C’est une règle ancienne, mais plus actuelle que jamais.

Avant de partir en mer, pensez à consulter les prévisions météo sur METEO CONSULT Marine.

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Nathalie Moreau
Nathalie Moreau
Nathalie Moreau
Nathalie Moreau est l’atout voyage et évasion de l’équipe, elle est passionnée de croisières et de destinations nautiques. En charge du planning rédactionnel du site figaronautisme.com et des réseaux sociaux, Nathalie suit de très près l’actualité et rédige chaque jour des news et des articles pour nous dépayser et nous faire rêver aux quatre coins du monde. Avide de découvertes, vous la croiserez sur tous les salons nautiques et de voyages en quête de nouveaux sujets.
Gilles Chiorri
Gilles Chiorri
Gilles Chiorri
Associant une formation d’officier C1 de la marine marchande et un MBA d’HEC, Gilles Chiorri a sillonné tous les océans lors de nombreuses courses au large ou records, dont une victoire à la Mini Transat, détenteur du Trophée Jules Verne en 2002 à bord d’Orange, et une 2ème place à La Solitaire du Figaro la même année. Il a ensuite contribué à l’organisation de nombreux évènements, comme la Coupe de l’America, les Extreme Sailing Series et des courses océaniques dont la Route du Rhum et la Solitaire du Figaro (directeur de course), la Volvo Ocean Race (team manager). Sa connaissance du monde maritime et son réseau à l’international lui donnent une bonne compréhension du milieu qui nous passionne.
Il collabore avec les équipes de METEO CONSULT et Figaro Nautisme depuis plus de 20 ans.
Sophie Savant-Ros
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Sophie Savant-Ros, architecte de formation et co-fondatrice de METEO CONSULT est entre autres, directrice de l’édition des « Bloc Marine » et du site Figaronautisme.com.
Sophie est passionnée de photographie, elle ne se déplace jamais sans son appareil photo et privilégie les photos de paysages marins. Elle a publié deux ouvrages consacrés à l’Ile de Porquerolles et photographie les côtes pour enrichir les « Guides Escales » de Figaro Nautisme.
Albert Brel
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Albert Brel, parallèlement à une carrière au CNRS, s’est toujours intéressé à l’équipement nautique. Depuis de nombreuses années, il collabore à des revues nautiques européennes dans lesquelles il écrit des articles techniques et rend compte des comparatifs effectués sur les divers équipements. De plus, il est l’auteur de nombreux ouvrages spécialisés qui vont de la cartographie électronique aux bateaux d’occasion et qui décrivent non seulement l’évolution des technologies, mais proposent aussi des solutions pour les mettre en application à bord des bateaux.
Jean-Christophe Guillaumin
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Jean-Christophe Guillaumin
Journaliste, photographe et auteur spécialisé dans le nautisme et l’environnement, Jean-Christophe Guillaumin est passionné de voyages et de bateaux. Il a réussi à faire matcher ses passions en découvrant le monde en bateau et en le faisant découvrir à ses lecteurs. De ses nombreuses navigations il a ramené une certitude : les océans offrent un terrain de jeu fabuleux mais aussi très fragile et aujourd’hui en danger. Fort d’une carrière riche en reportages et articles techniques, il a su se distinguer par sa capacité à vulgariser des sujets complexes tout en offrant une expertise pointue. À travers ses contributions régulières à Figaro Nautisme, il éclaire les plaisanciers, amateurs ou aguerris, sur les dernières tendances, innovations technologiques, et défis liés à la navigation. Que ce soit pour analyser les performances d’un voilier, explorer l’histoire ou décortiquer les subtilités de la course au large, il aborde chaque sujet avec le souci du détail et un regard expert.
Charlotte Lacroix
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Charlotte est une véritable globe-trotteuse ! Très jeune, elle a vécu aux quatre coins du monde et a pris goût à la découverte du monde et à l'évasion. Tantôt à pied, en kayak, en paddle, à voile ou à moteur, elle aime partir à la découverte de paradis méconnus. Elle collabore avec Figaro Nautisme au fil de l'eau et de ses coups de cœur.
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Max est tombé dedans quand il était petit ! Il a beaucoup navigué avec ses parents, aussi bien en voilier qu'en bateau moteur le long des côtes européennes mais pas que ! Avec quelques transatlantiques à son actif, il se passionne pour le monde du nautisme sous toutes ses formes. Il aime analyser le monde qui l'entoure et collabore avec Figaro Nautisme régulièrement.
Denis Chabassière
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Naviguant depuis son plus jeune âge que ce soit en croisière, en course, au large, en régate, des deux côtés de l’Atlantique, en Manche comme en Méditerranée, Denis, quittant la radiologie rochelaise en 2017, a effectué avec sa femme à bord de PretAixte leur 42 pieds une circumnavigation par Panama et Cape Town. Il ne lui déplait pas non plus de naviguer dans le temps avec une prédilection pour la marine d’Empire, celle de Trafalgar …
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Après une carrière internationale d’ingénieur, Michel Ulrich navigue maintenant en plaisance sur son TARGA 35+ le long de la côte atlantique. Par ailleurs, il ne rate pas une occasion d’embarquer sur des navires de charge, de travail ou de services maritimes. Il nous fait partager des expériences d’expédition maritime hors du commun.
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Titulaire d'un doctorat en Climatologie-Environnement, Cyrille est notre expert METEO CONSULT. Après avoir enseigné la climatologie et la géographie à l'université, il devient l'un des météorologues historiques de La Chaîne Météo en intégrant l'équipe en 2000. Spécialiste de la météo marine, il intervient également en tant qu'expert météo marine pour des courses de renommée mondiale, comme la Route du Rhum, la Solitaire du Figaro, la Transat Paprec...
Irwin Sonigo
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Irwin Sonigo
Capitaine 200 et ancien embarqué dans la Marine nationale, Irwin Sonigo a exploré toutes les facettes de la navigation. Des premiers bords sur un cotre aurique de 1932 à la grande plaisance sur la Côte d’Azur, en passant par les catamarans de Polynésie, les voiliers des Antilles ou plusieurs transatlantiques, il a tout expérimenté. Il participe à la construction d’Open 60 en Nouvelle-Zélande et embarque comme boat pilote lors de la 32e America’s Cup. Aujourd’hui, il met cette riche expérience au service de Figaro Nautisme, où il signe des essais et reportages ancrés dans le réel.