Méduses, poissons venimeux, moustiques, rats : la faune qui peut (vraiment) gâcher une croisière

Culture nautique

En mer, les incidents les plus sérieux ne viennent pas toujours des éléments ou des avaries. Une piqûre mal soignée, une infection banale, un équipier cloué par la douleur ou la fièvre peuvent suffire à compromettre une navigation. Méduses, poissons venimeux, moustiques, rongeurs à bord : cette faune bien réelle pose des problèmes concrets en croisière. Encore faut-il savoir les anticiper et adopter les bons réflexes.

En mer, les incidents les plus sérieux ne viennent pas toujours des éléments ou des avaries. Une piqûre mal soignée, une infection banale, un équipier cloué par la douleur ou la fièvre peuvent suffire à compromettre une navigation. Méduses, poissons venimeux, moustiques, rongeurs à bord : cette faune bien réelle pose des problèmes concrets en croisière. Encore faut-il savoir les anticiper et adopter les bons réflexes.

Cette faune qui peut poser problème en croisière

En croisière, la faune est souvent perçue comme une composante agréable du voyage. Elle fait partie du décor, parfois du spectacle. Pourtant, certaines espèces représentent une source d’incidents fréquents, rarement spectaculaires, mais potentiellement lourds de conséquences. Le danger n’est pas tant l’animal lui-même que la chaîne d’événements qu’il peut déclencher à bord : blessure, douleur persistante, infection, fatigue, perte de mobilité d’un équipier, voire arrêt prématuré de la navigation.

La majorité des accidents liés à la faune en croisière ne relèvent pas de situations extrêmes. Ils surviennent lors d’une baignade, d’une partie de pêche, d’un débarquement sur une plage ou d’une nuit au mouillage. Leur gravité dépend presque toujours de la qualité de la réaction initiale. 

Méduses : la piqûre la plus fréquente, souvent mal gérée

Les piqûres de méduses constituent l’un des incidents les plus courants lors des escales, en particulier en Méditerranée et dans les zones tempérées chaudes. La douleur est immédiate, parfois très vive, avec des lésions cutanées pouvant persister plusieurs jours. Dans la majorité des cas, l’évolution est bénigne, mais une mauvaise prise en charge peut transformer un incident banal en véritable problème de croisière.

L’erreur la plus fréquente consiste à frotter la zone touchée ou à rincer à l’eau douce. Ces gestes peuvent provoquer une décharge supplémentaire de cellules urticantes encore présentes sur la peau et aggraver la douleur. La conduite la plus prudente reste de sortir de l’eau, de rincer délicatement à l’eau de mer et de retirer les filaments visibles sans frotter.

Contrairement à certaines idées reçues, il n’existe pas de remède universel. Le vinaigre, souvent cité, peut être utile dans certains contextes tropicaux, mais il peut aussi aggraver la piqûre selon l’espèce rencontrée. En Méditerranée, certaines méduses réagissent mal à ce traitement. En pratique, lorsqu’on ne connaît pas l’espèce, mieux vaut s’abstenir d’appliquer des substances hasardeuses.

La gestion de la douleur repose souvent sur l’application de chaleur modérée, sous forme d’eau chaude tolérable, après vérification sur une zone saine de la peau. L’objectif est de soulager sans provoquer de brûlure. Une surveillance s’impose dans les heures suivantes, notamment chez les enfants ou en cas de malaise général.

Poissons venimeux : la blessure qui immobilise

Les poissons venimeux sont responsables d’accidents moins fréquents, mais souvent plus invalidants. En Méditerranée et sur les côtes atlantiques proches, la vive est la principale concernée. Enfouie dans le sable, elle provoque des piqûres extrêmement douloureuses au pied ou à la main, généralement lors d’un débarquement ou d’une baignade.

La douleur peut être telle qu’elle empêche tout déplacement pendant plusieurs heures. En croisière, un équipier immobilisé représente un problème de sécurité, surtout si la navigation doit reprendre rapidement. Là encore, la prise en charge repose sur un principe simple : soulager la douleur par la chaleur, de manière contrôlée, et surveiller l’évolution.

Dans les zones tropicales, d’autres espèces peuvent être rencontrées, comme les poissons scorpions ou certaines rascasses, avec des symptômes parfois plus marqués. Une plaie profonde, une douleur persistante ou l’apparition de signes généraux doivent conduire à une consultation médicale sans tarder. Le risque principal n’est pas l’envenimation elle-même, mais l’infection secondaire ou la perte de fonction d’un membre.

La prévention reste la meilleure protection : port de chaussures adaptées lors des débarquements, prudence lors de la manipulation de poissons pêchés et rappel clair à bord que toute piqûre est un incident sérieux, pas un simple désagrément.

Moustiques : la nuisance qui épuise l’équipage

En croisière, le moustique est souvent sous-estimé. Pourtant, ses effets dépassent largement la simple gêne. Les piqûres répétées entraînent un mauvais sommeil, une fatigue chronique et une baisse de vigilance, facteurs bien connus d’accidents à bord. Dans certaines régions du monde, elles peuvent également exposer à des maladies virales.

Contrairement à une idée répandue, le bateau n’est pas une protection suffisante. Les moustiques rejoignent facilement les unités au mouillage ou au port, et le bateau lui-même peut devenir un lieu favorable à leur reproduction si de l’eau stagnante est présente. Un seau oublié, une bâche mal tendue des fonds de cale humides ou un cockpit mal drainé suffisent.

La prévention repose sur des mesures simples mais rigoureuses : suppression systématique des eaux stagnantes, utilisation de moustiquaires efficaces, ventilation nocturne et protection individuelle aux heures les plus propices. Ces gestes relèvent autant du confort que de la sécurité, car un équipage fatigué navigue moins bien.

Rongeurs à bord : un risque sanitaire et matériel réel

La présence de rongeurs à bord est loin d’être exceptionnelle, notamment dans les ports très fréquentés ou lors d’hivernages prolongés. Les conséquences peuvent être multiples : dégradations de câbles, d’isolants ou de tuyauteries, contamination des vivres et risque sanitaire non négligeable.

Certaines maladies transmises par l’urine de rongeurs peuvent provoquer des infections graves. Dans l’espace confiné d’un bateau, une infestation non traitée devient rapidement un problème sérieux. Le danger est souvent discret, car les dégâts et la contamination ne sont découverts qu’après plusieurs jours ou semaines.

La prévention repose sur une gestion stricte de l’hygiène à bord : aucune nourriture accessible, déchets confinés, inspection régulière des coffres et vigilance accrue lorsque le bateau reste inhabité. Au moindre signe d’infestation, une réaction rapide est indispensable, en évitant l’usage inapproprié de produits toxiques dans un espace clos.

Anticiper plutôt que subir

Les incidents liés à la faune en croisière sont, dans leur immense majorité, prévisibles. Ils ne deviennent graves que lorsqu’ils sont négligés, mal gérés ou traités avec des gestes inadaptés. Une piqûre, une petite plaie ou quelques moustiques peuvent sembler anodins. En navigation, ces détails peuvent pourtant suffire à désorganiser un équipage.

Anticiper, c’est connaître les risques, disposer du matériel adapté et adopter les bons réflexes avant – ou après - l’incident. C’est aussi savoir reconnaître le moment où l’autonomie du bord atteint ses limites et où une prise en charge médicale devient nécessaire. En croisière, la faune fait partie du voyage. La subir n’est jamais une fatalité.

Avant de partir en mer, pensez à consulter les prévisions météo sur METEO CONSULT Marine.

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Nathalie Moreau
Nathalie Moreau
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Nathalie Moreau est l’atout voyage et évasion de l’équipe, elle est passionnée de croisières et de destinations nautiques. En charge du planning rédactionnel du site figaronautisme.com et des réseaux sociaux, Nathalie suit de très près l’actualité et rédige chaque jour des news et des articles pour nous dépayser et nous faire rêver aux quatre coins du monde. Avide de découvertes, vous la croiserez sur tous les salons nautiques et de voyages en quête de nouveaux sujets.
Gilles Chiorri
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Associant une formation d’officier C1 de la marine marchande et un MBA d’HEC, Gilles Chiorri a sillonné tous les océans lors de nombreuses courses au large ou records, dont une victoire à la Mini Transat, détenteur du Trophée Jules Verne en 2002 à bord d’Orange, et une 2ème place à La Solitaire du Figaro la même année. Il a ensuite contribué à l’organisation de nombreux évènements, comme la Coupe de l’America, les Extreme Sailing Series et des courses océaniques dont la Route du Rhum et la Solitaire du Figaro (directeur de course), la Volvo Ocean Race (team manager). Sa connaissance du monde maritime et son réseau à l’international lui donnent une bonne compréhension du milieu qui nous passionne.
Il collabore avec les équipes de METEO CONSULT et Figaro Nautisme depuis plus de 20 ans.
Sophie Savant-Ros
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Sophie Savant-Ros, architecte de formation et co-fondatrice de METEO CONSULT est entre autres, directrice de l’édition des « Bloc Marine » et du site Figaronautisme.com.
Sophie est passionnée de photographie, elle ne se déplace jamais sans son appareil photo et privilégie les photos de paysages marins. Elle a publié deux ouvrages consacrés à l’Ile de Porquerolles et photographie les côtes pour enrichir les « Guides Escales » de Figaro Nautisme.
Albert Brel
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Albert Brel, parallèlement à une carrière au CNRS, s’est toujours intéressé à l’équipement nautique. Depuis de nombreuses années, il collabore à des revues nautiques européennes dans lesquelles il écrit des articles techniques et rend compte des comparatifs effectués sur les divers équipements. De plus, il est l’auteur de nombreux ouvrages spécialisés qui vont de la cartographie électronique aux bateaux d’occasion et qui décrivent non seulement l’évolution des technologies, mais proposent aussi des solutions pour les mettre en application à bord des bateaux.
Jean-Christophe Guillaumin
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Journaliste, photographe et auteur spécialisé dans le nautisme et l’environnement, Jean-Christophe Guillaumin est passionné de voyages et de bateaux. Il a réussi à faire matcher ses passions en découvrant le monde en bateau et en le faisant découvrir à ses lecteurs. De ses nombreuses navigations il a ramené une certitude : les océans offrent un terrain de jeu fabuleux mais aussi très fragile et aujourd’hui en danger. Fort d’une carrière riche en reportages et articles techniques, il a su se distinguer par sa capacité à vulgariser des sujets complexes tout en offrant une expertise pointue. À travers ses contributions régulières à Figaro Nautisme, il éclaire les plaisanciers, amateurs ou aguerris, sur les dernières tendances, innovations technologiques, et défis liés à la navigation. Que ce soit pour analyser les performances d’un voilier, explorer l’histoire ou décortiquer les subtilités de la course au large, il aborde chaque sujet avec le souci du détail et un regard expert.
Charlotte Lacroix
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Charlotte est une véritable globe-trotteuse ! Très jeune, elle a vécu aux quatre coins du monde et a pris goût à la découverte du monde et à l'évasion. Tantôt à pied, en kayak, en paddle, à voile ou à moteur, elle aime partir à la découverte de paradis méconnus. Elle collabore avec Figaro Nautisme au fil de l'eau et de ses coups de cœur.
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Max est tombé dedans quand il était petit ! Il a beaucoup navigué avec ses parents, aussi bien en voilier qu'en bateau moteur le long des côtes européennes mais pas que ! Avec quelques transatlantiques à son actif, il se passionne pour le monde du nautisme sous toutes ses formes. Il aime analyser le monde qui l'entoure et collabore avec Figaro Nautisme régulièrement.
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Naviguant depuis son plus jeune âge que ce soit en croisière, en course, au large, en régate, des deux côtés de l’Atlantique, en Manche comme en Méditerranée, Denis, quittant la radiologie rochelaise en 2017, a effectué avec sa femme à bord de PretAixte leur 42 pieds une circumnavigation par Panama et Cape Town. Il ne lui déplait pas non plus de naviguer dans le temps avec une prédilection pour la marine d’Empire, celle de Trafalgar …
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Après une carrière internationale d’ingénieur, Michel Ulrich navigue maintenant en plaisance sur son TARGA 35+ le long de la côte atlantique. Par ailleurs, il ne rate pas une occasion d’embarquer sur des navires de charge, de travail ou de services maritimes. Il nous fait partager des expériences d’expédition maritime hors du commun.
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Titulaire d'un doctorat en Climatologie-Environnement, Cyrille est notre expert METEO CONSULT. Après avoir enseigné la climatologie et la géographie à l'université, il devient l'un des météorologues historiques de La Chaîne Météo en intégrant l'équipe en 2000. Spécialiste de la météo marine, il intervient également en tant qu'expert météo marine pour des courses de renommée mondiale, comme la Route du Rhum, la Solitaire du Figaro, la Transat Paprec...
Irwin Sonigo
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Capitaine 200 et ancien embarqué dans la Marine nationale, Irwin Sonigo a exploré toutes les facettes de la navigation. Des premiers bords sur un cotre aurique de 1932 à la grande plaisance sur la Côte d’Azur, en passant par les catamarans de Polynésie, les voiliers des Antilles ou plusieurs transatlantiques, il a tout expérimenté. Il participe à la construction d’Open 60 en Nouvelle-Zélande et embarque comme boat pilote lors de la 32e America’s Cup. Aujourd’hui, il met cette riche expérience au service de Figaro Nautisme, où il signe des essais et reportages ancrés dans le réel.