Ce sanctuaire marin protégé qui redéfinit le tourisme durable dans les Caraïbes
Un pionnier mondial de la protection marine
Au cœur de l’archipel des Exumas, une succession d’îlots ourlés de sable blanc émerge d’eaux irréelles, oscillant entre turquoise pâle et bleu profond. C’est ici qu’est né, en 1958, l’Exuma Cays Land and Sea Park, l’une des premières aires marines protégées au monde à préserver à la fois les milieux terrestres et marins. Administré par le Bahamas National Trust, le parc couvre environ 176 miles carrés, soit plus de 450 km², entre Shroud Cay et Bell Cay. Sa règle fondatrice est limpide : aucune pêche, aucun prélèvement, aucune collecte de coquillages ou de coraux n’y est autorisée. Même la pêche de loisir est interdite.
Ce choix radical a permis le retour spectaculaire de nombreuses espèces. Mérous de grande taille, langoustes abondantes, requins de récif, tortues marines évoluent dans des écosystèmes relativement préservés par rapport à d’autres zones caribéennes soumises à une forte pression humaine.
Une protection stricte, un accès maîtrisé
Le parc n’est pas fermé aux visiteurs, mais il impose un cadre précis. La navigation est autorisée et constitue même le principal mode d’accès, mais l’ancrage libre est limité. Des bouées de mouillage écologiques ont été installées dans plusieurs zones afin d’éviter que les ancres n’endommagent les herbiers marins et les récifs coralliens. Leur utilisation est obligatoire lorsqu’elles sont disponibles. La plongée et le snorkeling sont bien autorisés dans le parc, à condition de respecter scrupuleusement les règles de protection : ne rien toucher, ne rien prélever, ne pas nourrir la faune. Cette gestion exigeante explique la qualité des fonds marins. Les poissons y sont plus nombreux, souvent plus grands, et la biodiversité y reste remarquable. À Warderick Wells, qui abrite le siège du parc, quelques sentiers permettent de rejoindre des belvédères offrant une vue spectaculaire sur l’alignement des cayes et les bancs de sable découpés par les marées. Les mangroves de Shroud Cay, accessibles en annexe ou en kayak, dévoilent un autre visage du parc, plus labyrinthique et intimiste.
Un laboratoire vivant face au changement climatique
Au-delà de sa dimension touristique, l’Exuma Cays Land and Sea Park joue un rôle scientifique majeur. Les mangroves, récifs et herbiers forment une barrière naturelle contre l’érosion et les tempêtes tropicales, tout en servant de nurseries à de nombreuses espèces.
Dans un contexte de réchauffement des eaux et de blanchissement corallien, le parc constitue un site de référence pour mesurer la résilience des écosystèmes strictement protégés. Les études montrent que les zones sans prélèvement présentent des populations de poissons plus denses et des récifs en meilleur état que les zones exploitées. Ici, la conservation n’est pas un slogan, mais une stratégie mesurable.
Informations pratiques pour les navigateurs
On accède généralement au parc par bateau privé ou charter depuis Nassau ou Georgetown. Les droits d’entrée et les frais liés aux mouillages contribuent directement au financement de la gestion, de la surveillance et des programmes éducatifs. Le bureau du parc est situé dans un endroit isolé sur une petite île, ce qui peut rendre le contact parfois difficile. Les navigateurs peuvent appeler “Exuma Park” sur le canal VHF 09 pour les communications courantes. Le canal 16 est surveillé 24h sur 24 pour les urgences.
Un modèle caribéen de tourisme durable
Dans une région où le tourisme est un pilier économique, l’Exuma Cays Land and Sea Park démontre qu’une protection stricte peut renforcer l’attractivité d’une destination. L’absence de développement massif, la limitation des usages et le respect des écosystèmes créent une expérience rare : celle d’un territoire encore largement intact. Explorer ce parc, c’est découvrir des paysages d’une pureté saisissante, mais aussi comprendre que cette beauté repose sur des règles exigeantes. Ici, le voyage prend une dimension presque pédagogique. L’écologie n’est pas un décor, elle est la condition même de l’expérience.
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