
Mars n’est pas le mois le plus évident pour enfiler une combinaison. La température de l’eau oscille généralement entre 13 et 15°C selon les zones, ce qui impose une combinaison adaptée, souvent étanche ou semi-étanche. Pourtant, pour les plongeurs avertis, cette période marque l’un des moments les plus intéressants de l’année. La mer est claire, les particules en suspension sont rares après les coups de vent hivernaux, et la pression touristique est quasi inexistante. Sous la surface, la faune commence à sortir de sa relative torpeur hivernale.
La réserve naturelle de Cerbère-Banyuls, un laboratoire grandeur nature

À la frontière franco-espagnole, la réserve naturelle marine de Cerbère-Banyuls constitue l’un des sites les plus riches de la côte catalane. Créée en 1974, elle protège 650 hectares d’écosystèmes variés, entre tombants rocheux, herbiers de posidonie et zones sableuses. En mars, la visibilité y est souvent excellente. Les eaux froides, bien brassées par l’hiver, sont chargées en nutriments, favorisant la reprise d’activité des espèces benthiques. Les gorgones rouges déploient leurs éventails dans les zones plus profondes, tandis que les mérous, encore peu farouches à cette période, évoluent autour des blocs rocheux. Les herbiers de posidonie, véritables poumons de la Méditerranée, accueillent seiches et poulpes en quête de nourriture. Les nudibranches, particulièrement actifs au printemps, offrent aux plongeurs patients des observations colorées et parfois rares. Cette période est également propice aux rencontres avec les bancs de sars et de barracudas juvéniles, qui commencent à se regrouper.
Le Parc national de Port-Cros, une biodiversité préservée

Au large d’Hyères, le Parc national de Port-Cros demeure une référence pour les amateurs de plongée en France. Premier parc marin d’Europe, créé en 1963, il protège un patrimoine sous-marin remarquable. En mars, les sites comme la Pointe de la Croix ou le sec de la Gabinière retrouvent une intensité particulière. La faible fréquentation permet d’observer une faune moins craintive. Les mérous bruns, emblématiques du parc, sont présents toute l’année mais se montrent particulièrement actifs lors des premières hausses de température. Les tombants, tapissés de gorgones jaunes et rouges, hébergent congres, murènes et langoustes. La clarté de l’eau met en valeur les reliefs sous-marins, parfois vertigineux, qui plongent rapidement au-delà des 30 mètres. Les conditions météo restent déterminantes en mars, mais lorsque la mer est stable, l’expérience rivalise avec les plus belles plongées estivales, sans la foule. Cette période est également intéressante pour les photographes sous-marins : la lumière encore rasante offre des contrastes marqués et une ambiance plus dramatique que durant l’été.
Les îles Medes, un sanctuaire espagnol en pleine effervescence

Au large de L’Estartit, en Catalogne espagnole, l’archipel des îles Medes constitue l’un des sanctuaires marins les plus réputés de Méditerranée occidentale. Classée réserve marine depuis les années 1980, la zone est strictement réglementée, ce qui favorise une densité impressionnante de poissons. En mars, les mérous, dentis et barracudas occupent les grottes et arches rocheuses qui font la réputation du site. Les eaux encore fraîches attirent aussi certaines espèces pélagiques de passage. La visibilité, souvent supérieure à 20 mètres, permet d’apprécier la topographie spectaculaire des fonds. Les plongeurs expérimentés peuvent explorer des cavités où se réfugient corbs et mostelles. Les herbiers environnants abritent hippocampes et petites espèces cryptiques, plus faciles à observer en l’absence d’affluence. La réglementation stricte, avec un nombre limité de plongeurs par jour, garantit des immersions structurées et respectueuses de l’environnement.
Une saison exigeante mais riche en observations
Plonger en mars demande une préparation rigoureuse. L’équipement thermique doit être adapté et les conditions météorologiques surveillées avec attention. Les centres de plongée ne sont pas tous ouverts à cette période, mais ceux qui fonctionnent proposent souvent des sorties en petits groupes, plus personnalisées. En contrepartie, la Méditerranée offre un spectacle discret mais authentique. Les premières pontes de certaines espèces apparaissent, les crustacés sont plus actifs et les grands poissons reprennent leurs déplacements après l’hiver.
À l’intersaison, la mer n’est pas encore celle des cartes postales estivales. Elle est plus brute, plus minérale, mais d’une limpidité remarquable. Pour les plongeurs passionnés, mars représente une fenêtre privilégiée pour observer une Méditerranée en transition, lorsque la vie sous-marine s’éveille progressivement avant l’arrivée de la haute saison.
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