Plonger en Méditerranée en mars : 3 sites où la vie sous-marine se réveille avant la saison

Plongée

En mars, la Méditerranée amorce sa transition hivernale. L’eau reste fraîche, la fréquentation est faible et la faune reprend progressivement son activité. De la Côte d’Azur aux rivages espagnols, certains sites offrent des plongées spectaculaires à l’intersaison, lorsque la mer retrouve sa clarté et que la vie sous-marine s’anime à nouveau.

En mars, la Méditerranée amorce sa transition hivernale. L’eau reste fraîche, la fréquentation est faible et la faune reprend progressivement son activité. De la Côte d’Azur aux rivages espagnols, certains sites offrent des plongées spectaculaires à l’intersaison, lorsque la mer retrouve sa clarté et que la vie sous-marine s’anime à nouveau.
© AdobeStock

Mars n’est pas le mois le plus évident pour enfiler une combinaison. La température de l’eau oscille généralement entre 13 et 15°C selon les zones, ce qui impose une combinaison adaptée, souvent étanche ou semi-étanche. Pourtant, pour les plongeurs avertis, cette période marque l’un des moments les plus intéressants de l’année. La mer est claire, les particules en suspension sont rares après les coups de vent hivernaux, et la pression touristique est quasi inexistante. Sous la surface, la faune commence à sortir de sa relative torpeur hivernale.

La réserve naturelle de Cerbère-Banyuls, un laboratoire grandeur nature

 

© AdobeStock

 

À la frontière franco-espagnole, la réserve naturelle marine de Cerbère-Banyuls constitue l’un des sites les plus riches de la côte catalane. Créée en 1974, elle protège 650 hectares d’écosystèmes variés, entre tombants rocheux, herbiers de posidonie et zones sableuses. En mars, la visibilité y est souvent excellente. Les eaux froides, bien brassées par l’hiver, sont chargées en nutriments, favorisant la reprise d’activité des espèces benthiques. Les gorgones rouges déploient leurs éventails dans les zones plus profondes, tandis que les mérous, encore peu farouches à cette période, évoluent autour des blocs rocheux. Les herbiers de posidonie, véritables poumons de la Méditerranée, accueillent seiches et poulpes en quête de nourriture. Les nudibranches, particulièrement actifs au printemps, offrent aux plongeurs patients des observations colorées et parfois rares. Cette période est également propice aux rencontres avec les bancs de sars et de barracudas juvéniles, qui commencent à se regrouper.

Le Parc national de Port-Cros, une biodiversité préservée

 

© AdobeStock

 


Au large d’Hyères, le Parc national de Port-Cros demeure une référence pour les amateurs de plongée en France. Premier parc marin d’Europe, créé en 1963, il protège un patrimoine sous-marin remarquable. En mars, les sites comme la Pointe de la Croix ou le sec de la Gabinière retrouvent une intensité particulière. La faible fréquentation permet d’observer une faune moins craintive. Les mérous bruns, emblématiques du parc, sont présents toute l’année mais se montrent particulièrement actifs lors des premières hausses de température. Les tombants, tapissés de gorgones jaunes et rouges, hébergent congres, murènes et langoustes. La clarté de l’eau met en valeur les reliefs sous-marins, parfois vertigineux, qui plongent rapidement au-delà des 30 mètres. Les conditions météo restent déterminantes en mars, mais lorsque la mer est stable, l’expérience rivalise avec les plus belles plongées estivales, sans la foule. Cette période est également intéressante pour les photographes sous-marins : la lumière encore rasante offre des contrastes marqués et une ambiance plus dramatique que durant l’été.

Les îles Medes, un sanctuaire espagnol en pleine effervescence
 

 

© AdobeStock

 

Au large de L’Estartit, en Catalogne espagnole, l’archipel des îles Medes constitue l’un des sanctuaires marins les plus réputés de Méditerranée occidentale. Classée réserve marine depuis les années 1980, la zone est strictement réglementée, ce qui favorise une densité impressionnante de poissons. En mars, les mérous, dentis et barracudas occupent les grottes et arches rocheuses qui font la réputation du site. Les eaux encore fraîches attirent aussi certaines espèces pélagiques de passage. La visibilité, souvent supérieure à 20 mètres, permet d’apprécier la topographie spectaculaire des fonds. Les plongeurs expérimentés peuvent explorer des cavités où se réfugient corbs et mostelles. Les herbiers environnants abritent hippocampes et petites espèces cryptiques, plus faciles à observer en l’absence d’affluence. La réglementation stricte, avec un nombre limité de plongeurs par jour, garantit des immersions structurées et respectueuses de l’environnement.

Une saison exigeante mais riche en observations
Plonger en mars demande une préparation rigoureuse. L’équipement thermique doit être adapté et les conditions météorologiques surveillées avec attention. Les centres de plongée ne sont pas tous ouverts à cette période, mais ceux qui fonctionnent proposent souvent des sorties en petits groupes, plus personnalisées. En contrepartie, la Méditerranée offre un spectacle discret mais authentique. Les premières pontes de certaines espèces apparaissent, les crustacés sont plus actifs et les grands poissons reprennent leurs déplacements après l’hiver.
À l’intersaison, la mer n’est pas encore celle des cartes postales estivales. Elle est plus brute, plus minérale, mais d’une limpidité remarquable. Pour les plongeurs passionnés, mars représente une fenêtre privilégiée pour observer une Méditerranée en transition, lorsque la vie sous-marine s’éveille progressivement avant l’arrivée de la haute saison.

Et avant de partir en mer, ayez les bons réflexes en consultant la météo sur METEO CONSULT Marine et en téléchargeant l'application mobile gratuite Bloc Marine.

L'équipe
Nathalie Moreau
Nathalie Moreau
Nathalie Moreau
Nathalie Moreau est l’atout voyage et évasion de l’équipe, elle est passionnée de croisières et de destinations nautiques. En charge du planning rédactionnel du site figaronautisme.com et des réseaux sociaux, Nathalie suit de très près l’actualité et rédige chaque jour des news et des articles pour nous dépayser et nous faire rêver aux quatre coins du monde. Avide de découvertes, vous la croiserez sur tous les salons nautiques et de voyages en quête de nouveaux sujets.
Gilles Chiorri
Gilles Chiorri
Gilles Chiorri
Associant une formation d’officier C1 de la marine marchande et un MBA d’HEC, Gilles Chiorri a sillonné tous les océans lors de nombreuses courses au large ou records, dont une victoire à la Mini Transat, détenteur du Trophée Jules Verne en 2002 à bord d’Orange, et une 2ème place à La Solitaire du Figaro la même année. Il a ensuite contribué à l’organisation de nombreux évènements, comme la Coupe de l’America, les Extreme Sailing Series et des courses océaniques dont la Route du Rhum et la Solitaire du Figaro (directeur de course), la Volvo Ocean Race (team manager). Sa connaissance du monde maritime et son réseau à l’international lui donnent une bonne compréhension du milieu qui nous passionne.
Il collabore avec les équipes de METEO CONSULT et Figaro Nautisme depuis plus de 20 ans.
Sophie Savant-Ros
Sophie Savant-Ros
Sophie Savant-Ros
Sophie Savant-Ros, architecte de formation et co-fondatrice de METEO CONSULT est entre autres, directrice de l’édition des « Bloc Marine » et du site Figaronautisme.com.
Sophie est passionnée de photographie, elle ne se déplace jamais sans son appareil photo et privilégie les photos de paysages marins. Elle a publié deux ouvrages consacrés à l’Ile de Porquerolles et photographie les côtes pour enrichir les « Guides Escales » de Figaro Nautisme.
Albert Brel
Albert Brel
Albert Brel
Albert Brel, parallèlement à une carrière au CNRS, s’est toujours intéressé à l’équipement nautique. Depuis de nombreuses années, il collabore à des revues nautiques européennes dans lesquelles il écrit des articles techniques et rend compte des comparatifs effectués sur les divers équipements. De plus, il est l’auteur de nombreux ouvrages spécialisés qui vont de la cartographie électronique aux bateaux d’occasion et qui décrivent non seulement l’évolution des technologies, mais proposent aussi des solutions pour les mettre en application à bord des bateaux.
Jean-Christophe Guillaumin
Jean-Christophe Guillaumin
Jean-Christophe Guillaumin
Journaliste, photographe et auteur spécialisé dans le nautisme et l’environnement, Jean-Christophe Guillaumin est passionné de voyages et de bateaux. Il a réussi à faire matcher ses passions en découvrant le monde en bateau et en le faisant découvrir à ses lecteurs. De ses nombreuses navigations il a ramené une certitude : les océans offrent un terrain de jeu fabuleux mais aussi très fragile et aujourd’hui en danger. Fort d’une carrière riche en reportages et articles techniques, il a su se distinguer par sa capacité à vulgariser des sujets complexes tout en offrant une expertise pointue. À travers ses contributions régulières à Figaro Nautisme, il éclaire les plaisanciers, amateurs ou aguerris, sur les dernières tendances, innovations technologiques, et défis liés à la navigation. Que ce soit pour analyser les performances d’un voilier, explorer l’histoire ou décortiquer les subtilités de la course au large, il aborde chaque sujet avec le souci du détail et un regard expert.
Charlotte Lacroix
Charlotte Lacroix
Charlotte Lacroix
Charlotte est une véritable globe-trotteuse ! Très jeune, elle a vécu aux quatre coins du monde et a pris goût à la découverte du monde et à l'évasion. Tantôt à pied, en kayak, en paddle, à voile ou à moteur, elle aime partir à la découverte de paradis méconnus. Elle collabore avec Figaro Nautisme au fil de l'eau et de ses coups de cœur.
Max Billac
Max Billac
Max Billac
Max est tombé dedans quand il était petit ! Il a beaucoup navigué avec ses parents, aussi bien en voilier qu'en bateau moteur le long des côtes européennes mais pas que ! Avec quelques transatlantiques à son actif, il se passionne pour le monde du nautisme sous toutes ses formes. Il aime analyser le monde qui l'entoure et collabore avec Figaro Nautisme régulièrement.
Denis Chabassière
Denis Chabassière
Denis Chabassière
Naviguant depuis son plus jeune âge que ce soit en croisière, en course, au large, en régate, des deux côtés de l’Atlantique, en Manche comme en Méditerranée, Denis, quittant la radiologie rochelaise en 2017, a effectué avec sa femme à bord de PretAixte leur 42 pieds une circumnavigation par Panama et Cape Town. Il ne lui déplait pas non plus de naviguer dans le temps avec une prédilection pour la marine d’Empire, celle de Trafalgar …
Michel Ulrich
Michel Ulrich
Michel Ulrich
Après une carrière internationale d’ingénieur, Michel Ulrich navigue maintenant en plaisance sur son TARGA 35+ le long de la côte atlantique. Par ailleurs, il ne rate pas une occasion d’embarquer sur des navires de charge, de travail ou de services maritimes. Il nous fait partager des expériences d’expédition maritime hors du commun.
METEO CONSULT
METEO CONSULT
METEO CONSULT
METEO CONSULT est un bureau d'études météorologiques opérationnel, qui assiste ses clients depuis plus de 30 ans. Les services de METEO CONSULT reposent sur une équipe scientifique de haut niveau et des moyens techniques de pointe. Son expertise en météo marine est reconnue et ses prévisionnistes accompagnent les plaisanciers, les capitaines de port et les organisateurs de courses au large depuis ses origines : Route du Rhum, Transat en double, Solitaire du Figaro…
Cyrille Duchesne
Cyrille Duchesne
Cyrille Duchesne
Titulaire d'un doctorat en Climatologie-Environnement, Cyrille est notre expert METEO CONSULT. Après avoir enseigné la climatologie et la géographie à l'université, il devient l'un des météorologues historiques de La Chaîne Météo en intégrant l'équipe en 2000. Spécialiste de la météo marine, il intervient également en tant qu'expert météo marine pour des courses de renommée mondiale, comme la Route du Rhum, la Solitaire du Figaro, la Transat Paprec...
Irwin Sonigo
Irwin Sonigo
Irwin Sonigo
Capitaine 200 et ancien embarqué dans la Marine nationale, Irwin Sonigo a exploré toutes les facettes de la navigation. Des premiers bords sur un cotre aurique de 1932 à la grande plaisance sur la Côte d’Azur, en passant par les catamarans de Polynésie, les voiliers des Antilles ou plusieurs transatlantiques, il a tout expérimenté. Il participe à la construction d’Open 60 en Nouvelle-Zélande et embarque comme boat pilote lors de la 32e America’s Cup. Aujourd’hui, il met cette riche expérience au service de Figaro Nautisme, où il signe des essais et reportages ancrés dans le réel.