Hippocampes : les secrets du poisson le plus fascinant des mers

Culture nautique
Par Le Figaro Nautisme

Ils ont une tête de cheval, une queue qui s’accroche comme une main, nagent à la verticale et confient la grossesse… au mâle. Derrière leur silhouette presque irréelle, les hippocampes cachent une biologie unique et une vraie fragilité. Discrets, lents, dépendants des herbiers, des mangroves et des fonds côtiers peu profonds, ils font partie des animaux marins les plus étonnants à observer et parmi les plus vulnérables à la dégradation du littoral.

Ils ont une tête de cheval, une queue qui s’accroche comme une main, nagent à la verticale et confient la grossesse… au mâle. Derrière leur silhouette presque irréelle, les hippocampes cachent une biologie unique et une vraie fragilité. Discrets, lents, dépendants des herbiers, des mangroves et des fonds côtiers peu profonds, ils font partie des animaux marins les plus étonnants à observer et parmi les plus vulnérables à la dégradation du littoral.
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Un poisson qui ne ressemble à aucun autre

L’hippocampe est bien un poisson, même s’il ne donne pas vraiment cette impression au premier regard. Il nage droit, propulsé par une petite nageoire dorsale qui bat très vite, tandis que sa queue préhensile lui permet de s’agripper à une algue, une gorgone, un brin d’herbier ou une racine de mangrove pour ne pas se laisser emporter. Ses yeux peuvent bouger indépendamment l’un de l’autre, ce qui lui donne un vrai avantage pour repérer à la fois une proie et un danger. Il peut aussi changer de couleur pour mieux se fondre dans son environnement. C’est justement cette allure immobile qui trompe souvent. L’hippocampe n’est pas un grand nageur de pleine eau. Il vit surtout dans des habitats côtiers peu profonds, là où il peut se fixer et se camoufler : herbiers, coraux, éponges, algues, mangroves, parfois même des zones sableuses ou vaseuses peu profondes. Cela le rend très dépendant de milieux marins qui sont parmi les plus abîmés au monde.

 

Le seul animal ou presque où le mâle “tombe enceinte”

C’est le fait le plus connu, mais aussi le plus extraordinaire : chez les hippocampes, c’est le mâle qui porte les petits. La femelle dépose ses œufs dans une poche incubatrice située sur le ventre du mâle. Celui-ci les féconde, puis assure le développement des embryons dans cette poche pendant une durée qui varie selon les espèces et la température de l’eau, généralement de 10 jours à 6 semaines. La poche incubatrice n’est pas un simple sac de transport. Elle fournit de l’oxygène, régule l’environnement interne et participe à la nutrition des embryons. Au moment de la mise bas, le mâle expulse les jeunes par contractions, parfois pendant plusieurs heures. Selon les espèces, il peut donner naissance à quelques dizaines de petits ou à plusieurs centaines, parfois davantage. Mais la majorité de ces nouveau nés, minuscules et livrés à eux-mêmes, ne survivra pas.

 

Des chasseurs lents, mais redoutablement précis

L’hippocampe ne poursuit pas ses proies. Il attend. C’est un prédateur à l’affût, capable de rester presque immobile avant d’aspirer en une fraction de seconde un petit crustacé ou une proie minuscule passant à sa portée. Il n’a pas de dents et avale sa nourriture entière avec son long museau tubulaire. Son régime se compose surtout de petites crevettes, de crustacés et d’autres organismes minuscules. Cette manière de se nourrir explique aussi pourquoi il doit vivre dans des milieux riches en microfaune et relativement protégés. L’hippocampe n’est ni rapide ni offensif. Toute sa stratégie repose sur le camouflage, la patience et la précision. C’est une réussite biologique remarquable, mais aussi une faiblesse dès que son habitat disparaît ou se dégrade.

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Pourquoi les hippocampes inquiètent les scientifiques

Le problème n’est pas seulement la rareté naturelle de l’animal ni sa discrétion. Les hippocampes subissent de plein fouet plusieurs pressions à la fois : destruction des herbiers et des mangroves, pollution côtière, urbanisation du littoral, changement climatique, captures accidentelles dans certaines pêcheries et exploitation directe pour différents commerces internationaux. Leur vulnérabilité est d’autant plus forte qu’ils dépendent de zones côtières peu profondes, qui sont des espaces intensément exploités par les activités humaines. En Méditerranée, les 2 espèces d’hippocampes présentes, Hippocampus hippocampus et Hippocampus guttulatus, sont classées quasi menacées par l’UICN en raison du déclin de leurs populations.

 

Un animal minuscule qui raconte l’état de la mer

On pourrait croire que l’hippocampe n’est qu’une curiosité de plongée ou un symbole poétique du monde marin. En réalité, il dit beaucoup sur la santé de la mer côtière. Quand les herbiers reculent, quand les fonds sont remués, quand les eaux se chargent de pollution ou que les habitats se fragmentent, l’hippocampe disparaît souvent en silence. Sa présence reste au contraire le signe d’un milieu encore vivant, structuré et riche en refuges. 
C’est aussi ce qui le rend si précieux. L’hippocampe n’impressionne ni par sa taille ni par sa vitesse. Il n’a rien d’un géant des océans. Mais il concentre à lui seul une part de ce que la mer a de plus subtil : une adaptation hors norme, une élégance étrange et une extrême dépendance à des écosystèmes fragiles. Plus on le regarde de près, moins il ressemble à une fantaisie de la nature et plus il apparaît comme un avertissement. Protéger l’hippocampe, c’est aussi protéger les eaux côtières dont dépendent tant d’autres espèces.

 

 

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Nathalie Moreau
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Nathalie Moreau est l’atout voyage et évasion de l’équipe, elle est passionnée de croisières et de destinations nautiques. En charge du planning rédactionnel du site figaronautisme.com et des réseaux sociaux, Nathalie suit de très près l’actualité et rédige chaque jour des news et des articles pour nous dépayser et nous faire rêver aux quatre coins du monde. Avide de découvertes, vous la croiserez sur tous les salons nautiques et de voyages en quête de nouveaux sujets.
Gilles Chiorri
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Gilles Chiorri
Associant une formation d’officier C1 de la marine marchande et un MBA d’HEC, Gilles Chiorri a sillonné tous les océans lors de nombreuses courses au large ou records, dont une victoire à la Mini Transat, détenteur du Trophée Jules Verne en 2002 à bord d’Orange, et une 2ème place à La Solitaire du Figaro la même année. Il a ensuite contribué à l’organisation de nombreux évènements, comme la Coupe de l’America, les Extreme Sailing Series et des courses océaniques dont la Route du Rhum et la Solitaire du Figaro (directeur de course), la Volvo Ocean Race (team manager). Sa connaissance du monde maritime et son réseau à l’international lui donnent une bonne compréhension du milieu qui nous passionne.
Il collabore avec les équipes de METEO CONSULT et Figaro Nautisme depuis plus de 20 ans.
Sophie Savant-Ros
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Sophie Savant-Ros, architecte de formation et co-fondatrice de METEO CONSULT est entre autres, directrice de l’édition des « Bloc Marine » et du site Figaronautisme.com.
Sophie est passionnée de photographie, elle ne se déplace jamais sans son appareil photo et privilégie les photos de paysages marins. Elle a publié deux ouvrages consacrés à l’Ile de Porquerolles et photographie les côtes pour enrichir les « Guides Escales » de Figaro Nautisme.
Albert Brel
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Albert Brel, parallèlement à une carrière au CNRS, s’est toujours intéressé à l’équipement nautique. Depuis de nombreuses années, il collabore à des revues nautiques européennes dans lesquelles il écrit des articles techniques et rend compte des comparatifs effectués sur les divers équipements. De plus, il est l’auteur de nombreux ouvrages spécialisés qui vont de la cartographie électronique aux bateaux d’occasion et qui décrivent non seulement l’évolution des technologies, mais proposent aussi des solutions pour les mettre en application à bord des bateaux.
Jean-Christophe Guillaumin
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Journaliste, photographe et auteur spécialisé dans le nautisme et l’environnement, Jean-Christophe Guillaumin est passionné de voyages et de bateaux. Il a réussi à faire matcher ses passions en découvrant le monde en bateau et en le faisant découvrir à ses lecteurs. De ses nombreuses navigations il a ramené une certitude : les océans offrent un terrain de jeu fabuleux mais aussi très fragile et aujourd’hui en danger. Fort d’une carrière riche en reportages et articles techniques, il a su se distinguer par sa capacité à vulgariser des sujets complexes tout en offrant une expertise pointue. À travers ses contributions régulières à Figaro Nautisme, il éclaire les plaisanciers, amateurs ou aguerris, sur les dernières tendances, innovations technologiques, et défis liés à la navigation. Que ce soit pour analyser les performances d’un voilier, explorer l’histoire ou décortiquer les subtilités de la course au large, il aborde chaque sujet avec le souci du détail et un regard expert.
Charlotte Lacroix
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Charlotte est une véritable globe-trotteuse ! Très jeune, elle a vécu aux quatre coins du monde et a pris goût à la découverte du monde et à l'évasion. Tantôt à pied, en kayak, en paddle, à voile ou à moteur, elle aime partir à la découverte de paradis méconnus. Elle collabore avec Figaro Nautisme au fil de l'eau et de ses coups de cœur.
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Max est tombé dedans quand il était petit ! Il a beaucoup navigué avec ses parents, aussi bien en voilier qu'en bateau moteur le long des côtes européennes mais pas que ! Avec quelques transatlantiques à son actif, il se passionne pour le monde du nautisme sous toutes ses formes. Il aime analyser le monde qui l'entoure et collabore avec Figaro Nautisme régulièrement.
Denis Chabassière
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Naviguant depuis son plus jeune âge que ce soit en croisière, en course, au large, en régate, des deux côtés de l’Atlantique, en Manche comme en Méditerranée, Denis, quittant la radiologie rochelaise en 2017, a effectué avec sa femme à bord de PretAixte leur 42 pieds une circumnavigation par Panama et Cape Town. Il ne lui déplait pas non plus de naviguer dans le temps avec une prédilection pour la marine d’Empire, celle de Trafalgar …
Michel Ulrich
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Après une carrière internationale d’ingénieur, Michel Ulrich navigue maintenant en plaisance sur son TARGA 35+ le long de la côte atlantique. Par ailleurs, il ne rate pas une occasion d’embarquer sur des navires de charge, de travail ou de services maritimes. Il nous fait partager des expériences d’expédition maritime hors du commun.
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METEO CONSULT est un bureau d'études météorologiques opérationnel, qui assiste ses clients depuis plus de 30 ans. Les services de METEO CONSULT reposent sur une équipe scientifique de haut niveau et des moyens techniques de pointe. Son expertise en météo marine est reconnue et ses prévisionnistes accompagnent les plaisanciers, les capitaines de port et les organisateurs de courses au large depuis ses origines : Route du Rhum, Transat en double, Solitaire du Figaro…
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Titulaire d'un doctorat en Climatologie-Environnement, Cyrille est notre expert METEO CONSULT. Après avoir enseigné la climatologie et la géographie à l'université, il devient l'un des météorologues historiques de La Chaîne Météo en intégrant l'équipe en 2000. Spécialiste de la météo marine, il intervient également en tant qu'expert météo marine pour des courses de renommée mondiale, comme la Route du Rhum, la Solitaire du Figaro, la Transat Paprec...
Irwin Sonigo
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Capitaine 200 et ancien embarqué dans la Marine nationale, Irwin Sonigo a exploré toutes les facettes de la navigation. Des premiers bords sur un cotre aurique de 1932 à la grande plaisance sur la Côte d’Azur, en passant par les catamarans de Polynésie, les voiliers des Antilles ou plusieurs transatlantiques, il a tout expérimenté. Il participe à la construction d’Open 60 en Nouvelle-Zélande et embarque comme boat pilote lors de la 32e America’s Cup. Aujourd’hui, il met cette riche expérience au service de Figaro Nautisme, où il signe des essais et reportages ancrés dans le réel.