Germain Stoldick : « En dix ans, le salon d’Arcachon s’est imposé comme un rendez-vous majeur du nautisme en France »
Le Figaro Nautisme : À quelques jours de l’ouverture du salon, comment se déroulent les préparatifs ?
Germain Stoldick : "Les préparatifs se déroulent très bien et nous entrons dans la dernière ligne droite avec une organisation désormais bien rodée. Le salon nautique d’Arcachon est un événement qui mobilise beaucoup d’acteurs et de partenaires, et nous travaillons depuis plusieurs mois pour que tout soit prêt à temps.
Nous sommes à la fois dans une phase de finalisation logistique et dans une dynamique très positive, car les exposants répondent présents et l’intérêt du public se confirme d’année en année. C’est toujours un moment particulier, parce que ce salon marque symboliquement le lancement de la saison nautique et touristique sur le bassin d’Arcachon."
Le Figaro Nautisme : Pouvez-vous nous rappeler les principaux chiffres des dernières éditions et les estimations pour 2026 ?
Germain Stoldick : "Cette année, nous organisons la 11ᵉ édition du salon nautique d’Arcachon. Lorsque l’événement a été créé il y a un peu plus de dix ans, nous comptions environ une centaine d’exposants. Aujourd’hui, nous en accueillons 185, ce qui montre clairement la progression et la crédibilité acquise par le salon au fil du temps.
Le nombre de partenaires a également fortement augmenté. Nous sommes passés de quelques partenaires à une quarantaine aujourd’hui, avec un socle solide composé d’acteurs institutionnels, privés et médiatiques qui nous accompagnent dans la durée. Cette fidélité est un signal très fort pour nous, car elle témoigne de la confiance accordée à l’événement.
Autre indicateur significatif, le nombre de bateaux exposés. Nous étions autour de 100 unités lors des premières éditions. Aujourd’hui, nous approchons les 500 bateaux, présentés à flot et à terre, qu’il s’agisse de bateaux neufs ou d’occasion, à moteur ou à voile.
En ce qui concerne la fréquentation, nous enregistrons généralement entre 60 000 et 65 000 visiteurs selon les années. L’édition précédente a accueilli un peu plus de 60 000 personnes et nous visons un niveau similaire cette année. La météo joue toujours un rôle important, mais la dynamique reste très encourageante."
Le Figaro Nautisme : Depuis plusieurs années, le salon d’Arcachon semble monter en puissance. Comment expliquez-vous cette progression ?
Germain Stoldick : "Cette progression s’explique d’abord par une professionnalisation continue de l’organisation. Au début, comme pour tout événement qui se lance, il a fallu apprendre, tester des formats, structurer les équipes et trouver les bons partenaires. Les premières éditions ont été positives, mais elles n’avaient pas encore le niveau d’organisation et de lisibilité que nous avons aujourd’hui. Au fil des années, nous avons construit une véritable expertise dans la conception d’un salon nautique. Nous avons travaillé sur la cohérence des espaces, la qualité de l’accueil, la circulation du public et l’esthétique générale du site. L’idée est simple : permettre aux visiteurs de se repérer facilement, de flâner dans de bonnes conditions et de prendre le temps d’échanger avec les professionnels. Cette attention portée à l’expérience globale du visiteur a beaucoup contribué à la progression du salon.
Il y a aussi une évolution plus large des attentes du public. Les plaisanciers souhaitent aujourd’hui voir les bateaux dans leur environnement naturel, sur l’eau, et pouvoir monter à bord, discuter avec les équipes, comparer les modèles et se projeter concrètement dans leur futur usage. Les salons en extérieur répondent parfaitement à cette demande, car ils offrent une expérience plus réaliste que les salons organisés en intérieur. Enfin, le positionnement du salon dans le calendrier joue un rôle déterminant. Nous sommes situés à un moment stratégique, au début de la saison nautique. C’est une période où les projets se concrétisent, où les familles préparent leurs activités et où les professionnels lancent leurs nouveautés. Le salon devient ainsi un point de départ pour la saison, à la fois pour les visiteurs et pour les acteurs de la filière."
Le Figaro Nautisme : Quels seront les grands temps forts du programme cette année ?
Germain Stoldick : "Cette année, l’un des grands temps forts sera sans aucun doute la présence de quatre navires d’exception, ce qui constitue une évolution importante pour le salon. Lors des premières éditions, nous en accueillions un seul, puis deux, puis trois. Aujourd’hui, nous franchissons une nouvelle étape avec quatre unités emblématiques qui viendront enrichir l’expérience des visiteurs. Le premier est le Styx, un bâtiment base de plongeurs démineurs de la Marine nationale. C’est la première fois qu’un navire militaire de ce type participe au salon. Sa venue s’inscrit dans le cadre des célébrations des 400 ans de la Marine nationale, ce qui donne une dimension symbolique forte à sa présence. Ce navire permettra au public de mieux comprendre le rôle des plongeurs démineurs, leurs missions de sécurisation des approches maritimes et leur engagement au service de la protection du territoire.
Nous accueillerons également la réplique de la Santa Maria, le navire associé aux grandes explorations maritimes. Ce bateau est particulièrement impressionnant sur le plan historique, car il permet de se replonger dans l’époque des grandes découvertes et de mieux comprendre les conditions de navigation de ces expéditions. Pour les visiteurs, c’est une manière très concrète de toucher du doigt l’histoire maritime. Deux autres navires viendront compléter cette flotte patrimoniale. L’Étoile Molène, un ancien thonier breton, incarne le savoir-faire maritime traditionnel et contribue à la valorisation du patrimoine nautique français. Le Saint Christophe, une goélette construite en 1935, représente quant à lui une autre facette de la navigation historique, celle des bateaux de course croisière qui ont marqué l’évolution de la plaisance.
Au-delà de ces navires, le programme comprendra également de nombreuses animations destinées à tous les publics. Nous proposerons des régates, des démonstrations nautiques, des baptêmes de plongée, des initiations sportives et des visites de la criée. Il y aura aussi des espaces dédiés aux nouvelles technologies, notamment avec des simulateurs et des expériences immersives autour du monde maritime. L’objectif est de faire du salon un événement vivant, où chacun peut découvrir la mer sous différents angles, qu’il s’agisse de navigation, de patrimoine, de sport ou d’innovation."
Le Figaro Nautisme : La transition environnementale est devenue un enjeu majeur pour la filière nautique. Comment le salon d’Arcachon accompagne-t-il cette évolution ?
Germain Stoldick : "La transition environnementale est aujourd’hui un sujet central pour l’ensemble de la filière nautique. Nous avons donc souhaité intégrer cette dimension de manière concrète dans le salon.
Depuis plusieurs années, nous proposons un espace dédié aux innovations durables. Cet espace permet de présenter des technologies qui contribuent à réduire l’impact environnemental de la navigation, qu’il s’agisse de moteurs hybrides ou électriques, de solutions de propulsion alternatives ou de nouvelles méthodes de conception des bateaux.
Nous accueillons notamment des entreprises et des start up qui développent des solutions innovantes dans ce domaine. L’objectif est de montrer que la transition est en cours et qu’elle repose sur des avancées technologiques réelles. Le port d’Arcachon lui-même s’inscrit dans cette démarche, puisqu’il fait partie des ports engagés dans une certification environnementale exigeante. Le salon reflète cette orientation en mettant en avant des initiatives concrètes et en sensibilisant le public aux enjeux de demain."
Le Figaro Nautisme : Qu’est-ce qui fait, selon vous, la singularité du salon d’Arcachon par rapport aux autres grands rendez-vous nautiques en France ?
Germain Stoldick : "La singularité du salon d’Arcachon repose sur l’équilibre entre un événement économique structurant pour la filière et un rendez-vous accessible au grand public. C’est un salon qui a été conçu pour favoriser les échanges entre les professionnels et les visiteurs, mais aussi pour créer une expérience conviviale et ouverte. Nous voulons que chacun puisse y trouver un intérêt, qu’il s’agisse d’un plaisancier expérimenté, d’un futur acheteur ou d’une famille venue découvrir l’univers maritime. e cadre du bassin d’Arcachon joue également un rôle essentiel. C’est un territoire profondément lié au nautisme, avec une forte culture maritime et une activité économique importante autour de la plaisance. Le salon s’inscrit naturellement dans cet environnement et contribue à le valoriser."
Le Figaro Nautisme : Si vous deviez convaincre un visiteur de venir au salon cette année, que lui diriez-vous ?
Germain Stoldick : "Je lui dirais que le salon nautique d’Arcachon est une occasion unique de découvrir en un seul lieu une grande diversité de bateaux, de rencontrer des professionnels passionnés et de préparer concrètement ses projets nautiques. C’est aussi un moment de découverte et de partage autour de la mer. On peut y apprendre, s’informer, tester des activités et profiter d’un cadre exceptionnel. C’est cette combinaison entre utilité, plaisir et passion maritime qui fait la force de cet événement."
Le Figaro Nautisme : Pour terminer, pouvez-vous rappeler les informations pratiques pour les visiteurs qui souhaitent venir au salon cette année ?
Germain Stoldick : "Le salon nautique d’Arcachon se déroulera du 17 au 19 avril sur le port d’Arcachon. L’entrée est gratuite et le public pourra accéder au site tous les jours de 10 h à 19 h. L’événement est ouvert à tous, que l’on soit plaisancier, futur acheteur ou simplement curieux de découvrir l’univers maritime. L’idée est vraiment de proposer un rendez-vous accessible, convivial et tourné vers la découverte du nautisme."