Ces pilotes de Formule 1 qui vivent aussi à grande vitesse sur l’eau
Max Verstappen, un Mangusta de 33 m baptisé Unleash the Lion
Avec Max Verstappen, difficile d’imaginer un bateau discret. Le quadruple champion du monde s’est offert un Mangusta GranSport 34, baptisé Unleash the Lion, une unité de 33,3 m construite par Overmarine. Son prix est estimé autour de 15 millions de dollars, soit un peu moins de 14,5 millions d’euros, un chiffre à la hauteur du statut du pilote Red Bull.
Ce yacht reprend les codes des grands bateaux rapides méditerranéens : silhouette basse, lignes sportives, grands vitrages, vaste flybridge et espaces extérieurs conçus pour profiter de la mer sans perdre le contact avec l’horizon. À bord, le bateau peut accueillir jusqu’à 12 invités dans 5 cabines, avec un équipage de 5 personnes. L’aménagement comprend une suite propriétaire sur le pont principal, 4 cabines invités sur le pont inférieur et plusieurs espaces de détente, dont un beach club à l’arrière, pensé pour accéder directement à l’eau.
Côté performance, le Mangusta GranSport 34 reste fidèle à l’esprit de son propriétaire. Ses 4 moteurs Volvo Penta de 1 000 chevaux chacun lui permettent d’atteindre environ 25 nœuds, une vitesse déjà très sérieuse pour un yacht de ce volume. Ce n’est pas le bateau le plus rapide de cette sélection, mais c’est probablement le plus spectaculaire par son équilibre entre taille, confort et image. Un vrai yacht de star, mais avec une identité très Verstappen : puissant, tendu, démonstratif, sans tomber dans le gigantisme absurde.
Fernando Alonso, le choix plus inattendu d’un catamaran électrique
Fernando Alonso a pris une direction différente. L’Espagnol a choisi un 60 Sunreef Power Eco, un catamaran d’environ 18 m, estimé autour de 4 millions d’euros. Ici, pas de yacht tapageur façon palace flottant, mais une unité plus large, plus technologique et pensée autour d’une navigation électrique.
Son bateau a été développé par Sunreef Yachts, chantier polonais réputé pour ses catamarans haut de gamme. Le modèle d’Alonso est équipé de moteurs électriques, de panneaux solaires intégrés, de batteries conçues sur mesure et d’un système de climatisation à basse consommation. L’idée est claire : profiter de longues navigations plus silencieuses, sans fumée, avec une approche moins ostentatoire du luxe.
Le 60 Sunreef Power Eco mise surtout sur l’espace. Avec plus de 10 m de large, il offre un volume intérieur impressionnant pour 18 m de longueur. Selon les configurations du modèle, le bateau peut proposer 4 cabines luxueuses pour 8 invités, avec des salles de bains privatives, une grande suite propriétaire, un salon panoramique, un cockpit arrière généreux, une terrasse avant pleine largeur et un flybridge pensé comme un véritable espace de vie en plein air. Certains aménagements peuvent même intégrer un jacuzzi, un bar, un barbecue ou un garage pour les loisirs nautiques.
Ce choix colle assez bien à Alonso : moins clinquant que certains superyachts, mais très technique, très réfléchi, presque expérimental. Il y a dans ce bateau quelque chose de plus posé, plus ingénieur, où le confort se mêle à la recherche d’une navigation silencieuse et plus responsable.
George Russell, un Pershing 6X taillé comme une supercar
George Russell a choisi un bateau qui ressemble presque à une extension naturelle de la Formule 1 : le Pershing 6X. Long de 18,94 m, ce yacht sportif italien est estimé autour de 2,5 millions d’euros. Ce n’est pas le plus grand, mais c’est sans doute celui qui assume le plus clairement son côté bolide des mers.
Le Pershing 6X est animé par deux moteurs MAN V12 de 1 550 chevaux chacun. Résultat : 48 nœuds en vitesse maximale, soit près de 90 km/h sur l’eau, et une vitesse de croisière autour de 40 nœuds. Pour un yacht de près de 19 m, ces chiffres sont impressionnants. On est moins dans le grand salon flottant que dans la machine de plaisir rapide, faite pour filer d’une baie à l’autre avec une vraie sensation de puissance.
À bord, l’aménagement reste très confortable. Le modèle standard dispose de 3 cabines, avec une suite propriétaire, une cabine VIP et une cabine invités, ainsi qu’une cabine équipage. Les versions peuvent offrir 2 à 3 salles de bains selon la configuration. Le bateau comprend aussi un salon lumineux, une cuisine compacte, de beaux espaces extérieurs et un garage intégré capable d’accueillir une annexe ou un jet-ski.
Le Pershing 6X n’a pas la démesure du yacht de Verstappen ni la largeur du Sunreef d’Alonso. Il joue une autre partition : celle du yacht rapide, nerveux, stylé, presque automobile dans sa philosophie. Pour Russell, pilote à l’image soignée et très britannique, ce choix a quelque chose d’élégant sans être effacé. Un bateau pensé pour aller vite, mais avec classe.
Charles Leclerc, un Riva 102’ Corsaro Super nommé Sedici
Charles Leclerc possède probablement le bateau le plus symbolique de cette sélection. Le pilote monégasque a choisi Riva, marque italienne mythique, déjà très liée à l’univers Ferrari par son goût du design, de la performance et de l’élégance. Après avoir possédé plusieurs unités de la marque, il a pris livraison en mai 2026 d’un Riva 102’ Corsaro Super, baptisé Sedici, en référence à son numéro de course, le 16.
Ce yacht mesure 30,24 m et peut accueillir 10 invités dans 5 cabines. Il appartient à la catégorie des grands flybridges, avec une silhouette sportive, de très larges surfaces vitrées et une recherche constante de lien entre intérieur et extérieur. Le prix exact n’a pas été officiellement communiqué, mais les unités récentes ou comparables de ce modèle se situent généralement au-delà de 10 millions d’euros, avec des estimations pouvant approcher 15 à 20 millions d’euros selon le niveau de personnalisation.
Le bateau de Leclerc a justement été fortement personnalisé. Le pilote aurait choisi du mobilier Minotti pour les extérieurs, des aménagements Poliform à l’intérieur, des systèmes audio et vidéo Bang & Olufsen, du linge Frette et de la vaisselle Christofle. Le flybridge accueille un véritable espace de réception avec bar sur mesure, grand grill, plaque à induction, 2 réfrigérateurs et machine à glaçons. À l’arrière, le beach club de plus de 35 m² permet de vivre au ras de l’eau, avec une plateforme gonflable destinée aux jouets nautiques.
Dans la suite propriétaire, la salle de bains en marbre Calacatta Vagli Oro apporte une touche spectaculaire, tandis que les salles de bains invités utilisent du Corian Calacatta Greige. Ce sont des détails presque invisibles depuis le quai, mais ils disent beaucoup du niveau de finition recherché.
Côté navigation, le Riva 102’ Corsaro Super est propulsé par 2 moteurs MTU de plus de 2 600 chevaux chacun. Il peut atteindre 28 nœuds en pointe et croiser autour de 24 nœuds. Des stabilisateurs avancés limitent le roulis au mouillage comme en navigation, un détail essentiel pour un bateau pensé autant pour recevoir que pour naviguer.
Entre paddock et pont supérieur, une autre idée de la vitesse
Ces 4 bateaux racontent finalement quatre tempéraments. Max Verstappen choisit la puissance statutaire d’un yacht de 33 m, imposant et parfaitement calibré pour Monaco. Fernando Alonso préfère un catamaran électrique plus silencieux, plus large et plus tourné vers l’innovation. George Russell mise sur un Pershing compact, nerveux, presque taillé comme une GT maritime. Charles Leclerc, lui, reste fidèle à Riva avec un yacht très italien, très personnalisé, où l’élégance compte autant que la performance.
À Monaco, ce lien entre Formule 1 et yachting n’a rien d’anecdotique. Le port fait partie du décor autant que les rails, les tribunes et les terrasses. Les bateaux deviennent presque des prolongements du paddock : lieux de réception, refuges privés, vitrines de goût et parfois déclarations de style.
Sur la piste, tout se joue au dixième de seconde. Sur l’eau, ces pilotes semblent chercher autre chose : de l’espace, du silence, du confort, une autre manière d’aller vite ou simplement de disparaître quelques heures derrière la ligne d’horizon.


