À trois rendez-vous de la fin de la saison 2026, le Rolex SailGP Championship pose ses F50 sur le lac Léman, ce samedi 19 et dimanche 20 septembre. Entre une qualification pour la Grand Final encore très ouverte, des conditions de navigation particulièrement piégeuses et l’arrivée surprise de Martine Grael à la barre du bateau américain, le week-end suisse pourrait peser lourd dans la course aux deux dernières places pour Abu Dhabi.

À ce stade de la saison, chaque point commence à coûter cher. Le SailGP dispute ce week-end en Suisse la 11e étape de ses 13 rendez-vous 2026, avec une situation encore particulièrement indécise derrière les Bonds Flying Roos australiens.
L’équipage de Tom Slingsby est pour l’instant le seul assuré de participer à la Grand Final d’Abu Dhabi, prévue en novembre. Derrière lui, presque toute la flotte peut encore mathématiquement espérer décrocher l’un des précieux tickets pour cette ultime course, dont le vainqueur empochera 2 millions de dollars.
Et pour départager les prétendants, difficile d’imaginer un terrain beaucoup plus imprévisible que le lac Léman.
À domicile, Sébastien Schneiter veut profiter de sa connaissance du lac
Seule étape du championnat disputée en eau douce, le rendez-vous suisse possède ses propres règles. Le vent peut y être irrégulier, changer brutalement de direction et descendre des reliefs environnants pour transformer complètement le plan d’eau en quelques instants. Un environnement que connaît parfaitement Sébastien Schneiter, pilote de l’Explora Journeys Swiss SailGP Team.
Pour le Suisse, la connaissance locale pourrait devenir un véritable atout. Il faudra notamment anticiper les bascules de vent en provenance de la rive et, surtout, réussir les départs.
Dans des conditions aussi légères et instables, une erreur peut en effet rapidement coûter plusieurs places. Lorsque le vent manque, prendre quelques mètres de retard au mauvais moment suffit parfois à voir les concurrents s’échapper sans véritable possibilité de revenir. Devant son public, Schneiter compte donc utiliser chaque détail de son expérience du lac pour tenter de faire la différence.
Martine Grael rebondit déjà avec les États-Unis
Mais l’un des grands événements du week-end se déroulera à bord du F50 américain. Troisième du championnat avant l’étape suisse, le U.S. SailGP Team devra composer sans son pilote Taylor Canfield. L’Américain s’est fracturé la clavicule lors d’un accident de vélo et ne pourra pas participer aux courses du Léman. Pour le remplacer, l’équipe a choisi un nom particulièrement prestigieux : Martine Grael.
La double championne olympique brésilienne rejoint les États-Unis quelques jours seulement après son départ surprise de Mubadala Brazil. Un changement de programme aussi rapide qu’inattendu pour celle qui pensait encore récemment devoir réfléchir à la suite de sa carrière en SailGP.
Son avantage : elle n’a quasiment pas quitté le circuit. Grael arrive donc avec les sensations et les automatismes encore frais. Son principal défi sera ailleurs : comprendre très rapidement le fonctionnement d’un équipage américain lancé dans une excellente dynamique et actuellement en position de se qualifier pour Abu Dhabi. Plutôt que de bouleverser les habitudes du bord, la Brésilienne entend s’adapter aux méthodes déjà mises en place et tenter d’en tirer le meilleur dès les premières manches.
Une association féminine inédite à bord du F50 américain
Son arrivée permettra également d’écrire une petite page de l’histoire du championnat. Pour la première fois, deux femmes évolueront ensemble au sein du même équipage en SailGP. Martine Grael retrouvera en effet à bord du bateau américain Anna Weis, grinder du U.S. SailGP Team. Les deux navigatrices se connaissent déjà et Grael ne cache pas son enthousiasme à l’idée de naviguer aux côtés d’une athlète dont elle apprécie particulièrement l’engagement et les qualités physiques. Un symbole supplémentaire dans un championnat où la place des navigatrices n’a cessé d’évoluer ces dernières saisons.
Mubadala Brazil ouvre un nouveau chapitre
Le départ de Martine Grael entraîne forcément une profonde réorganisation du côté brésilien. Mubadala Brazil sera désormais barré par Paul Goodison, initialement intégré à l’équipage comme stratège. Le champion britannique reconnaît que le départ soudain de Grael a surpris l’ensemble de l’équipe, qui doit désormais reconstruire une nouvelle dynamique. Kahena Kunze rejoint également l’équipage brésilien sous forme de prêt depuis ROCKWOOL Denmark. Pour Goodison, il s’agit clairement du début d’une nouvelle période. Brazil occupe actuellement le bas du classement et doit désormais profiter des dernières étapes de la saison pour progresser, engranger des points et surtout jeter les bases de la suite.
L’objectif immédiat sera moins de tout révolutionner que de retrouver progressivement de la régularité et de comprendre quels changements permettront à l’équipage de se rapprocher du reste de la flotte.
Une qualification pour Abu Dhabi encore totalement ouverte
Sportivement, la tension monte surtout autour des places qualificatives pour la Grand Final. Avec 17 points d’avance en tête du championnat, Tom Slingsby et les Bonds Flying Roos peuvent observer cette bataille avec un peu plus de sérénité. L’Australien reconnaît d’ailleurs lui-même qu’il serait bien incapable de désigner les équipes qui l’accompagneront à Abu Dhabi.
La concurrence reste en effet extrêmement dense.
Emirates GBR, champion en titre, possède l’expérience des grands rendez-vous et a déjà montré sa capacité à revenir lorsque la situation semblait compromise. Les Black Foils de Nathan Outteridge disposent également de solides arguments, d’autant que leur pilote est réputé particulièrement à l’aise lorsque le vent devient léger. Et sur le lac Léman, ce type de conditions pourrait justement devenir l’une des clés du week-end. Pour cette étape suisse, les équipes seront une nouvelle fois réparties en deux groupes. Les États-Unis de Martine Grael évolueront dans le groupe A face à Artemis, Los Gallos, ROCKWOOL Racing, Mubadala Brazil, Germany by Deutsche Bank et DS Automobiles France.
Le groupe B réunira Emirates GBR, les Bonds Flying Roos australiens, les Black Foils néo-zélandais, les Canadiens de NorthStar, l’Explora Journeys Swiss SailGP Team et Red Bull Italy. Un format qui promet déjà plusieurs confrontations directes entre candidats à la Grand Final.
10 000 spectateurs attendus autour du lac Léman
Environ 10 000 spectateurs sont attendus sur les deux journées pour suivre cette étape particulièrement importante de la saison. Les premières courses doivent débuter ce samedi 19 septembre à 15h30.
À seulement quelques semaines de la Grand Final d’Abu Dhabi, le championnat entre désormais dans sa dernière ligne droite. Sur un lac Léman où le vent peut redistribuer les positions en quelques secondes, la moindre erreur de départ, la moindre mauvaise lecture d’une bascule ou quelques mètres perdus pourraient avoir des conséquences bien plus importantes qu’une simple place à l’arrivée. Car derrière les Australiens déjà qualifiés, la bataille pour Abu Dhabi est désormais pleinement lancée.
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