Grandes marées d’équinoxe : un spectacle naturel impressionnant, à observer sans prendre de risque

Météo marine
Par Le Figaro Nautisme avec METEO CONSULT

Du 11 au 13 septembre 2026, les coefficients dépasseront 100 sur les côtes françaises de la Manche et de l’Atlantique, avec un maximum de 102 le samedi 12. Estrans immenses, courants renforcés et vagues sur les digues : le spectacle mérite surtout une bonne préparation.

Du 11 au 13 septembre 2026, les coefficients dépasseront 100 sur les côtes françaises de la Manche et de l’Atlantique, avec un maximum de 102 le samedi 12. Estrans immenses, courants renforcés et vagues sur les digues : le spectacle mérite surtout une bonne préparation.

© AdobeStock - Alexandre ROSA

À marée basse, la mer semble avoir disparu. Quelques heures plus tard, elle revient au pied des quais, remplit les chenaux et peut frapper les digues avec une force spectaculaire. Les grandes marées donnent au littoral un visage démesuré, particulièrement dans la baie du Mont-Saint-Michel, autour de Saint-Malo, à Granville ou sur les côtes bretonnes. L’épisode attendu du vendredi 11 au dimanche 13 septembre 2026 tombera précisément pendant la semaine de la rentrée. Le coefficient maximal atteindra 101 le vendredi, 102 le samedi et 100 le dimanche. Ces valeurs annoncent un marnage important, mais elles ne suffisent pas à prévoir la hauteur exacte de l’eau ni la violence des vagues. La météo reste capable d’amplifier ou d’atténuer le phénomène.

Pourquoi parle-t-on de marées d’équinoxe ?

Les marées résultent principalement de l’attraction de la Lune et, dans une moindre mesure, de celle du Soleil. À la nouvelle lune et à la pleine lune, les trois astres sont approximativement alignés. Leurs effets se renforcent : ce sont les vives-eaux. À l’inverse, lorsque la Lune forme un angle droit avec l’axe Terre-Soleil, les amplitudes diminuent et l’on parle de mortes-eaux. Autour des équinoxes de mars et de septembre, la géométrie solaire favorise souvent des marées plus fortes. Mais l’expression « marée d’équinoxe » peut être trompeuse si elle laisse croire que le maximum tombe exactement le jour de l’équinoxe. En 2026, l’équinoxe d’automne aura lieu le 22 septembre, alors que la série de coefficients supérieurs ou égaux à 100 se produira du 11 au 13.

D’autres paramètres interviennent, notamment la distance de la Lune à la Terre et la forme des bassins maritimes. Les côtes ne réagissent pas toutes de la même manière. La baie du Mont-Saint-Michel, qui se resserre et présente de faibles profondeurs, connaît des marnages parmi les plus importants d’Europe. En Méditerranée, où les marées astronomiques sont beaucoup plus faibles, le même coefficient n’a pas d’usage pratique.

Ce que signifie vraiment le coefficient

Le coefficient de marée est un indicateur français compris entre 20 et 120. Calculé pour les côtes de la Manche et de l’Atlantique à partir du port de référence de Brest, il donne une idée de l’importance de la marée, mais pas une hauteur d’eau universelle. Un coefficient 102 ne produit pas le même marnage à Brest, Saint-Malo ou La Rochelle. Il ne donne pas non plus l’horaire. Chaque port possède ses heures de pleine et de basse mer, ainsi que des corrections locales. Pour préparer une sortie, il faut consulter les prédictions officielles du SHOM pour le lieu précis. Une capture d’écran ancienne ou l’horaire du port voisin peut créer un décalage dangereux.

Enfin, la hauteur observée dépend de l’atmosphère. Une basse pression peut relever le niveau marin, tandis qu’un vent poussant l’eau vers la côte et une forte houle peuvent provoquer des vagues-submersions. À l’inverse, un vent de terre peut limiter localement le niveau. Le coefficient décrit la composante astronomique ; la prévision marine complète décrit le risque réel.

À marée basse, le danger vient souvent du retour de l’eau

Les grandes marées découvrent des secteurs rarement accessibles : rochers, vasières, bancs de sable et passages vers des îlots. C’est ce qui attire pêcheurs à pied, photographes et promeneurs. Mais la mer ne revient pas toujours par le même chemin que celui emprunté à l’aller. Les chenaux se remplissent en premier et peuvent isoler une zone encore sèche. La vitesse de montée varie selon le relief. Dans une baie plate, quelques centimètres suffisent à transformer une vaste étendue en piège. Le brouillard, la pluie ou la nuit rendent le rivage difficile à repérer. Attendre de voir l’eau monter autour de ses bottes, c’est déjà avoir trop tardé.

Avant de partir, il faut connaître l’heure de la basse mer, la météo et le trajet de retour. On prévient un proche, on emporte un téléphone chargé dans une pochette étanche et l’on fixe une heure de demi-tour avec une marge importante. Partir seul, suivre aveuglément d’autres pêcheurs ou s’engager dans un secteur inconnu sans guide augmente fortement le risque.

À marée haute, rester loin du bord exposé

Le spectacle change de nature à pleine mer. Sur une digue ou une promenade, les vagues peuvent franchir l’ouvrage et emporter un adulte en quelques secondes. Les projections visibles de loin ne donnent pas la mesure de la masse d’eau. Il ne faut jamais s’installer sur un muret exposé, descendre sur une cale battue par les vagues ou franchir une barrière mise en place par la commune.

Le danger augmente lorsque grande marée, houle et vent de mer se combinent. Les autorités peuvent fermer des accès ou interdire le stationnement sur certains fronts de mer. Ces mesures ne sont pas excessives : une vague isolée peut être beaucoup plus haute que les précédentes. Pour photographier le phénomène, le meilleur point de vue est en retrait et en hauteur. Un téléobjectif permet de saisir les impacts sans s’approcher. Il faut aussi protéger son matériel des embruns et garder en permanence une issue dégagée, sans tourner le dos à la mer.

En bateau, davantage d’eau ne signifie pas davantage de facilité

Les plaisanciers profitent parfois des grandes marées pour franchir un seuil ou accéder à un port à marée haute. La fenêtre peut être utile, mais elle s’accompagne de courants plus forts. Dans les raz, les passes, les estuaires et aux abords des caps, le vent contre le courant peut lever une mer courte et dure. La hauteur prédite doit être corrigée par une marge de sécurité tenant compte de la pression, du vent et de la houle. Le moment de l’étale n’est pas nécessairement celui de la pleine ou de la basse mer indiquée au port. Les atlas de courant et les instructions nautiques restent indispensables pour choisir l’heure de passage.

En cas de détresse depuis le littoral, le 196 permet de joindre gratuitement le CROSS, 24 heures sur 24. En mer, la VHF sur le canal 16 reste le moyen prioritaire. Donner sa position, le nombre de personnes et la nature du problème permet aux secours d’agir plus vite.

Le bon spectacle est celui dont on revient

Les grandes marées ne sont pas dangereuses par nature. Elles deviennent risquées lorsque l’on confond un horaire avec une garantie, un coefficient avec une prévision complète ou un estran découvert avec un terrain stable. Les observer demande finalement les mêmes qualités que naviguer : anticiper, regarder la météo et accepter de renoncer. Du 11 au 13 septembre, le littoral offrira des images exceptionnelles. Pour en profiter, la meilleure règle reste la plus simple : choisir son point d’observation avant l’arrivée, garder ses distances et laisser toujours à la mer plus de place qu’elle ne semble en demander.

Pensez à consulter les prévisions sur METEO CONSULT Marine.

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Nathalie Moreau
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Nathalie Moreau est l’atout voyage et évasion de l’équipe, elle est passionnée de croisières et de destinations nautiques. En charge du planning rédactionnel du site figaronautisme.com et des réseaux sociaux, Nathalie suit de très près l’actualité et rédige chaque jour des news et des articles pour nous dépayser et nous faire rêver aux quatre coins du monde. Avide de découvertes, vous la croiserez sur tous les salons nautiques et de voyages en quête de nouveaux sujets.
Gilles Chiorri
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Associant une formation d’officier C1 de la marine marchande et un MBA d’HEC, Gilles Chiorri a sillonné tous les océans lors de nombreuses courses au large ou records, dont une victoire à la Mini Transat, détenteur du Trophée Jules Verne en 2002 à bord d’Orange, et une 2ème place à La Solitaire du Figaro la même année. Il a ensuite contribué à l’organisation de nombreux évènements, comme la Coupe de l’America, les Extreme Sailing Series et des courses océaniques dont la Route du Rhum et la Solitaire du Figaro (directeur de course), la Volvo Ocean Race (team manager). Sa connaissance du monde maritime et son réseau à l’international lui donnent une bonne compréhension du milieu qui nous passionne.
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Sophie Savant-Ros, architecte de formation et co-fondatrice de METEO CONSULT est entre autres, directrice de l’édition des « Bloc Marine » et du site Figaronautisme.com.
Sophie est passionnée de photographie, elle ne se déplace jamais sans son appareil photo et privilégie les photos de paysages marins. Elle a publié deux ouvrages consacrés à l’Ile de Porquerolles et photographie les côtes pour enrichir les « Guides Escales » de Figaro Nautisme.
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Albert Brel, parallèlement à une carrière au CNRS, s’est toujours intéressé à l’équipement nautique. Depuis de nombreuses années, il collabore à des revues nautiques européennes dans lesquelles il écrit des articles techniques et rend compte des comparatifs effectués sur les divers équipements. De plus, il est l’auteur de nombreux ouvrages spécialisés qui vont de la cartographie électronique aux bateaux d’occasion et qui décrivent non seulement l’évolution des technologies, mais proposent aussi des solutions pour les mettre en application à bord des bateaux.
Jean-Christophe Guillaumin
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Journaliste, photographe et auteur spécialisé dans le nautisme et l’environnement, Jean-Christophe Guillaumin est passionné de voyages et de bateaux. Il a réussi à faire matcher ses passions en découvrant le monde en bateau et en le faisant découvrir à ses lecteurs. De ses nombreuses navigations il a ramené une certitude : les océans offrent un terrain de jeu fabuleux mais aussi très fragile et aujourd’hui en danger. Fort d’une carrière riche en reportages et articles techniques, il a su se distinguer par sa capacité à vulgariser des sujets complexes tout en offrant une expertise pointue. À travers ses contributions régulières à Figaro Nautisme, il éclaire les plaisanciers, amateurs ou aguerris, sur les dernières tendances, innovations technologiques, et défis liés à la navigation. Que ce soit pour analyser les performances d’un voilier, explorer l’histoire ou décortiquer les subtilités de la course au large, il aborde chaque sujet avec le souci du détail et un regard expert.
Charlotte Lacroix
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Charlotte est une véritable globe-trotteuse ! Très jeune, elle a vécu aux quatre coins du monde et a pris goût à la découverte du monde et à l'évasion. Tantôt à pied, en kayak, en paddle, à voile ou à moteur, elle aime partir à la découverte de paradis méconnus. Elle collabore avec Figaro Nautisme au fil de l'eau et de ses coups de cœur.
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Max est tombé dedans quand il était petit ! Il a beaucoup navigué avec ses parents, aussi bien en voilier qu'en bateau moteur le long des côtes européennes mais pas que ! Avec quelques transatlantiques à son actif, il se passionne pour le monde du nautisme sous toutes ses formes. Il aime analyser le monde qui l'entoure et collabore avec Figaro Nautisme régulièrement.
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Naviguant depuis son plus jeune âge que ce soit en croisière, en course, au large, en régate, des deux côtés de l’Atlantique, en Manche comme en Méditerranée, Denis, quittant la radiologie rochelaise en 2017, a effectué avec sa femme à bord de PretAixte leur 42 pieds une circumnavigation par Panama et Cape Town. Il ne lui déplait pas non plus de naviguer dans le temps avec une prédilection pour la marine d’Empire, celle de Trafalgar …
Michel Ulrich
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Après une carrière internationale d’ingénieur, Michel ULRICH a navigué en plaisance le long de la côte atlantique, et embarqué au long cours sur des navires de la marine marchande, accumulant une large expérience de nombreuses expéditions maritimes. Il est un bénévole engagé à la SNSM (canotier, ancien vice-président de la station de l’Herbaudière) depuis plus de dix ans. Capitaine 200 UMS, il est maintenant auteur et conférencier dans le domaine de l’histoire maritime, lauréat (mention 2024) de l’Académie de Marine, auditeur de l’Académie de Marine, membre associé de la Fédération Maritime (Maison de la Mer à Nantes).
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Titulaire d'un doctorat en Climatologie-Environnement, Cyrille est notre expert METEO CONSULT. Après avoir enseigné la climatologie et la géographie à l'université, il devient l'un des météorologues historiques de La Chaîne Météo en intégrant l'équipe en 2000. Spécialiste de la météo marine, il intervient également en tant qu'expert météo marine pour des courses de renommée mondiale, comme la Route du Rhum, la Solitaire du Figaro, la Transat Paprec...
Irwin Sonigo
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Capitaine 200 et ancien embarqué dans la Marine nationale, Irwin Sonigo a exploré toutes les facettes de la navigation. Des premiers bords sur un cotre aurique de 1932 à la grande plaisance sur la Côte d’Azur, en passant par les catamarans de Polynésie, les voiliers des Antilles ou plusieurs transatlantiques, il a tout expérimenté. Il participe à la construction d’Open 60 en Nouvelle-Zélande et embarque comme boat pilote lors de la 32e America’s Cup. Aujourd’hui, il met cette riche expérience au service de Figaro Nautisme, où il signe des essais et reportages ancrés dans le réel.