Le carénage réglementé

Equipements
Dimanche 31 mai 2015 à 8h36

Une fois l’an, la carène des bateaux doit être nettoyée, puis recouverte d’une peinture dite antisalissure (antifouling). Elle a pour rôle de minimiser la prolifération des coquillages qui viennent se coller sur cette dernière.

Une fois l’an, la carène des bateaux doit être nettoyée, puis recouverte d’une peinture dite antisalissure (antifouling). Elle a pour rôle de minimiser la prolifération des coquillages qui viennent se coller sur cette dernière.

 Il faut savoir que plus de 25.000 espèces sont susceptibles de coloniser les carènes de bateaux. Les écologistes, soucieux de l’environnement marin, ont interdit un bon nombre de produits (biocides) qui entraient dans la composition de ces peintures car ils sont toxiques pour la biodiversité. Cette nouvelle norme européenne va dans le bon sens pour l’environnement, mais il faut être conscient qu’avec des produits dits non nocifs, il est impossible de repousser à 100 % la flore et la faune marine qui envahissent nos carènes. Un compromis a été trouvé en limitant au maximum les biocides durs tels que le TBS et en utilisant que des produits ayant un minimum d’impact sur l’environnement. Tous les fabricants d’antifouling pour la plaisance sont tenus de se conformer à ces nouvelles normes. Je précise bien plaisance, qu’en est-il des bateaux militaires et commerciaux ?

Un point est évident, pendant de nombreuses années, on a attribué le prix des antifouling à celui des biocides. Je n’ai pas remarqué que cette nouvelle réglementation où ils sont moins nombreux, voire presque inexistants, ait eu un impact sur le prix d’un produit de moins en moins performant.

Reste le problème du carénage. Le carénage dit sauvage est maintenant interdit dans beaucoup d’endroits et cette interdiction se généralise sur l’ensemble de la côte. En Méditerranée, le problème est moins critique, on doit sortir le bateau de l’eau pour le caréner. Il suffit d’aller sur un chantier agrée, de récupérer les salissures et de les mettre dans un endroit prévu à cet effet. En Manche et Atlantique, il en va tout autrement. Bien souvent, on profite d’une marée pour nettoyer la carène et passer l’antifouling. Cette pratique est interdite, on doit aller dans un chantier ou un port disposant d’un dispositif agrée de récupération des déchets. Mais, à ce jour, il y a peu de chantiers qui proposent ce service. Et ceux qui le proposent doivent utiliser un chariot ou une grue pour sortir le bateau de l’eau et le déplacer sur la zone de carénage. Si on prend le cas de Saint Malo, une aire de carénage existe au port des Sablons. On peut y échouer son bateau et faire le carénage soi-même. Le coût reste limité, il est de 20 € quel que soit le bateau. Mais, cette aire ne peut recevoir que 6 à 8 bateaux maximum. Avec plus de 4000 bateaux (avec l’estuaire de la Rance), le calcul est vite fait, les places sont chères. Restent quelques ports aux normes sur l’estuaire de la Rance où l’on peut caréner soi-même mais le prix est nettement supérieur. Par exemple, au chantier de la Landriais, pour un bateau de 10 m, uniquement pour la manutention cela vous coûtera 420 €. Le plaisancier n’est pas un pollueur, on aurait pu espérer une réglementation plus souple. Par exemple, pour éviter de rejeter les déchets dits nocifs à la mer, il suffit d’une bâche sous le bateau pour les récupérer mais cette pratique est interdite. Mais sont-ils réellement nocifs ? Déjà quand ils sont récents, ils sont peu efficaces sur la faune et la fleur, après un séjour d’une année dans l’eau que reste-t-il de leur nocivité ? Mais là, il ne semble pas que des analyses aient été effectuées.

 

L'équipe
Nathalie Moreau
Nathalie Moreau
Nathalie Moreau est l'atout voyage et évasion de l'équipe, elle est passionnée de croisières et de destinations nautiques. En charge du planning rédactionnel du site figaronautisme.com et des réseaux sociaux, Nathalie suit de très près l'actualité et rédige chaque jour des news et des articles pour nous dépayser et nous faire rêver aux quatre coins du monde. Avide de découvertes, vous la croiserez sur tous les salons nautiques et de voyages en quête de nouveaux sujets.
Gilles Chiorri
Gilles Chiorri
Associant une formation d’officier C1 de la marine marchande et un MBA d’HEC, Gilles Chiorri a sillonné tous les océans lors de nombreuses courses au large ou records, dont une victoire à la Mini Transat, détenteur du Trophée Jules Verne en 2002 à bord d’Orange, et une 2ème place à La Solitaire du Figaro la même année. Il a ensuite contribué à l’organisation de nombreux évènements, comme la Coupe de l’America, les Extreme Sailing Series et des courses océaniques dont la Route du Rhum et la Solitaire du Figaro (directeur de course), la Volvo Ocean Race (team manager). Sa connaissance du monde maritime et son réseau à l’international lui donnent une bonne compréhension du milieu qui nous passionne. Il collabore avec les équipes de METEO CONSULT et Figaro Nautisme depuis plus de 20 ans.
Sophie Savant Ros
Sophie Savant Ros
Sophie Savant-Ros, architecte de formation et co-fondatrice de METEO CONSULT est entre autres, directrice de l'édition des « Bloc Marine » et du site Figaronautisme.com. Sophie est passionnée de photographie, elle ne se déplace jamais sans son appareil photo et privilégie les photos de paysages marins. Elle a publié deux ouvrages consacrés à l'Ile de Porquerolles et photographie les côtes pour enrichir les « Guides Escales » de Figaro Nautisme.
François Tregouet
François Tregouet
Depuis toujours, François est passionné de voile en général et de multicoques en particulier. En croisière ou en course, de l’Europe à l’Australie, il ne les délaisse que lorsque le règlement l’exige : Mini-transat, Fastnet, Giraglia… Jamais rassasié de nouveautés, il a assisté à la plupart des salons sur les cinq continents. Depuis 2018 il se consacre entièrement à la rédaction et à l’information, notamment pour Figaro Nautisme.
Albert Brel
Albert Brel
Albert Brel, parallèlement à une carrière au CNRS, s'est toujours intéressé à l'équipement nautique. Depuis de nombreuses années, il collabore à des revues nautiques européennes dans lesquelles il écrit des articles techniques et rend compte des comparatifs effectués sur les divers équipements. De plus, il est l'auteur de nombreux ouvrages spécialisés qui vont de la cartographie électronique aux bateaux d'occasion et qui décrivent non seulement l'évolution des technologies, mais proposent aussi des solutions pour les mettre en application à bord des bateaux
Charlotte Lacroix
Charlotte Lacroix
Charlotte est une véritable globe-trotteuse ! Très jeune, elle a vécu aux quatre coins du monde et a pris goût à la découverte du monde et à l'évasion. Tantôt à pied, en kayak, en paddle, à voile ou à moteur, elle aime partir à la découverte de paradis méconnus. Elle collabore avec Figaro Nautisme au fil de l'eau et de ses coups de cœur.
Max Billac
Max Billac
Max est tombé dedans quand il était petit ! Il a beaucoup navigué avec ses parents, aussi bien en voilier qu'en bateau moteur le long des côtes européennes mais pas que ! Avec quelques transatlantiques à son actif, il se passionne pour le monde du nautisme sous toutes ses formes. Il aime analyser le monde qui l'entoure et collabore avec Figaro Nautisme régulièrement
Denis Chabassière
Denis Chabassière
Naviguant depuis son plus jeune âge que ce soit en croisière, en course, au large, en régate, des deux côtés de l’Atlantique, en Manche comme en Méditerranée, Denis, quittant la radiologie rochelaise en 2017, a effectué avec sa femme à bord de PretAixte leur 42 pieds une circumnavigation par Panama et Cape Town. Il ne lui déplait pas non plus de naviguer dans le temps avec une prédilection pour la marine d’Empire, celle de Trafalgar …
Michel Ulrich
Michel Ulrich
Après une carrière internationale d’ingénieur, Michel Ulrich navigue maintenant en plaisance sur son Targa 35+ le long de la côte atlantique. Par ailleurs, il ne rate pas une occasion d’embarquer sur des navires de charge, de travail ou de services maritimes. Il nous fait partager des expériences d’expédition maritime hors du commun.
Eric Mas
Eric Mas
Eric Mas est l'un des fondateur de METEO CONSULT – La Chaîne Météo. Éminent spécialiste de météo, Eric est également un marin passionné qui a routé les plus grands skippers sur toutes les eaux du globe : VDH lors du premier Vendée Globe, Philippe Jeantot, Jean Maurel, Michel Desjoyeaux, Francis Joyon, et tant d'autres. Actuellement il participe au projet de Lalou Roucayrol sur son multi 50.
METEO CONSULT
METEO CONSULT
METEO CONSULT est un bureau d'études météorologiques opérationnel, qui assiste ses clients depuis plus de 30 ans. Les services de METEO CONSULT reposent sur une équipe scientifique de haut niveau et des moyens techniques de pointe. Son expertise en météo marine est reconnue et ses prévisionnistes accompagnent les plaisanciers, les capitaines de port et les organisateurs de courses au large depuis ses origines : Route du Rhum, Transat en double, Solitaire du Figaro…