Pratique : comment bien vérifier votre matériel de sécurité

Equipements
Dimanche 3 mai 2020 à 16h35

A bord, un équipement de sécurité est obligatoire. Non seulement, il doit être conforme à la législation et répondre à la catégorie de navigation mais il doit aussi être en état de fonctionner et non périmé. Certains équipements possèdent une date de péremption, d’autre pas, ce n’est pas une raison pour ne pas les vérifier.

Balise de sécurité : la batterie doit être changée périodiquement ©Albert Brel
A bord, un équipement de sécurité est obligatoire. Non seulement, il doit être conforme à la législation et répondre à la catégorie de navigation mais il doit aussi être en état de fonctionner et non périmé. Certains équipements possèdent une date de péremption, d’autre pas, ce n’est pas une raison pour ne pas les vérifier.

Les gilets de sauvetage

On trouve sur le marché, deux types de gilets : les traditionnels et les gonflables.

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Gilets standard et gonflable© Albert Brel

La flottabilité sur un traditionnel est assurée par de la mousse de polyéthylène. Ils ne comportent pas d’éléments périssables et, de ce fait, n’ont pas de date de péremption. Il suffit simplement de vérifier qu’ils sont en bon état, que l’enveloppe en tissu polyester n’ait pas de déchirures et que la fermeture, les sangles, la ceinture et la sous-cutale ne soient pas détériorés. Si l’enveloppe extérieure est déchirée, le gilet est à changer. Si vous avez pris la précaution en fin de saison de les laver à l’eau douce et de les entreposer au sec, en principe, il n’y a pas de problème.

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Déclenchement manuel du gilet© Albert Brel

Sur les gilets gonflables, le gonflement est assuré par une bouteille de gaz munie d’un système de déclenchement. Suivant les modèles, ce système est constitué soit d’une pastille hydrosoluble (sel) qui se désagrège au contact de l’eau et libère le percuteur de la bouteille soit par une soupape hydrostatique qui s’ouvre sous la pression de l’eau (Hammar) et libère le percuteur. Tout d’abord, comme sur un gilet traditionnel, il faut vérifier son état général (déchirure, usure des sangles, etc.). Ensuite, il faut le gonfler manuellement, en effet, tous les gilets possèdent un embout buccal donc l’utilisation de la cartouche de gaz n’est pas nécessaire. Cet embout est prévu comme gonflage d’appoint, de secours mais aussi pour dégonfler le gilet après usage. On peut également l’utiliser pour contrôler qu’il n’y a pas de fuite sur le gilet. Une fois ces points constatés, reste la bouteille et son système de déclenchement. Sur la bouteille, il y a une date de péremption gravée. Il est impératif de la changer lorsqu’elle arrive à la date indiquée. On trouve sur le marché des kits de rechange pour tous types de gilets gonflables. Il est important que le système corresponde au modèle du gilet et la cartouche au poids inscrit. Ce poids, suivant les modèles, varie de 24 à 60 grammes. Un poids trop petit ne gonflera pas complètement le gilet, trop grand, il le déchira. Si vous constatez un défaut sur la bouteille (oxydation) ou sur le déclencheur, pas d’hésitation changez l’ensemble. Contrairement au gilet traditionnel, on ne peut pas laver un gonflable à grande eau au risque de déclencher son gonflement. Il faut ôter le sel et les salissures avec une éponge et de l’eau douce.

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Système de déclenchement avec pastille de sel© Albert Brel

Fusées, feux, fumigènes

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Feux à main© Albert Brel

Tout ce matériel obligatoire a de graver sur son enveloppe la date de fabrication ainsi que la date de péremption. Cette dernière doit être respectée. A bord, on doit avoir uniquement le matériel réglementaire. Si vous gardez des produits périmés (fusées, feux, fumigènes), même en bon état, en cas de contrôle, vous êtes en effraction. A partir du moment où ce matériel est rangé à bord dans un endroit sec, il n’y a pas d’entretien. S’il a pris l’humidité, il devient dangereux. Rien ne vous empêche d’avoir à bord, en plus des produits homologués, des équipements non homologués comme pistolet lance fusée, fusées radarisables, signal jour/nuit, lance amarre, etc. Mais, attention, sur certains de ces produits (fusées, feux), il y a une date de péremption.  

Les extincteurs

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Extincteur A B C à poste© Albert Brel

En plaisance, on a des extincteurs portatifs, fixes et des automatiques. Suivant le type de feux, on trouve des modèles A pour éteindre les matières sèches (papier, bois, textile), B pour les hydrocarbures et C pour le gaz (butane propane). Quel que soit le modèle, il est indiqué sur le corps : son type, sa date de fabrication et celle de péremption. Les modèles portatifs utilisés sont polyvalents et remplis de poudres sèches répondant aux normes A, B et C. Ils peuvent être utilisés sur tous types de feux (sauf les métaux). On trouve également ce type d’extincteur en fixe à déclenchement automatique pour les compartiments moteur. Il se déclenche automatiquement lorsque la température est supérieure à 79°C. Les extincteurs à mousse (A, B, C) peuvent être également utilisés sur des feux d’origine électrique ou électronique. Sur ce type de feux, ils ont l’avantage par rapport à la poudre de ne pas endommager les installations. Pour les compartiments moteur, on a également des modèles fixes à gaz CO² (type A et B) à commande à distance ou portatifs. L’intérêt de ces derniers, conçus pour être utilisés dans des locaux fermés (compartiment moteur), est qu’ils ne provoquent aucun dommage aux installations et sont sans danger pour l’homme. Un extincteur et son système de percussion doivent être propres et pas oxydés (percuteur métal). Il doit être vérifié ou changé à la date de péremption. Sur les petits modèles (1 ou 2 kg), il est préférable de les changer. En principe, les magasins reprennent les périmés.

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Déclenchement automatique sur extincteur dans le compartiment moteur© Albert Brel

Le radeau de survie

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© Albert Brel

Le radeau de survie a une durée de vie de 10 à 12 ans voire 18 ans suivant la date de fabrication, le modèle et la marque. Tous les radeaux exigent une vérification dans un centre agréé suivant les recommandations du constructeur. Cette vérification doit être faite tous les 3 ans. Sur le carnet de visite, attaché au radeau, les points vérifiés et changés sont mentionnés. Un radeau est un équipement onéreux qui demande peu d’entretien. A bord, ne l’utilisez pas comme siège ou comme établi, rangez-le sur un support prêt à être mis à l’eau. Pour l’hivernage, si vous en avez la possibilité, entreposez-le dans un endroit sec.

Electronique

Pour une navigation semi-hauturière (6 à 60 milles), une VHF fixe est obligatoire. Sur ce matériel, il faut simplement s’assurer qu’elle fonctionne. Pour cela, appelez une capitainerie ou, de préférence, un sémaphore pour un essai radio. Si elle fonctionne bien en réception et mal en émission, la cause est bien souvent due à l’antenne (connecteur ou câble défectueux). Un modèle portable étanche est obligatoire à plus de 60 milles. Il faut veiller au bon état de sa batterie (ou piles). En cas de problème, vérifier leurs contacts. Une balise EPIRB programmée au numéro MMSI du bateau est obligatoire pour une navigation hauturière. Cette balise a une batterie interne qui doit être changée suivant le modèle au bout de 5 à 10 ans par un centre agréé. Un bouton permet de vérifier son bon fonctionnement.

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Eclairages portatifs© Albert Brel

Les éclairages portatifs (torches, lampes) doivent être vérifiés, les piles changées ou les batteries rechargées. Comme pour l’éclairage individuel, prenez des équipements de qualité et étanches.

Eclairage individuel et collectif

A partir de la navigation côtière, un éclairage individuel est obligatoire par personne embarquée. Ce matériel n’étant pas homologué, ne prenez pas pour autant des produits bas de gamme qui ont peu de chance de fonctionner le jour où vous en aurez besoin. Préférez des feux ou des lampes flash étanches, alimentés par batterie Lithium d’une durée de vie de 5 ans et d’une autonomie de 8 heures en fonctionnement à ceux alimentés par piles car il faut les changer annuellement. Cet éclairage doit être porté sur le gilet.

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Eclairage individuel sur gilet© Albert Brel

La bouée couronne doit être équipée d’un feu à retournement. Les feux standard sont équipés de piles (4 piles R20), à changer annuellement. L’inconvénient de ce type de feu est l’oxydation des contacts électriques, bien souvent, elle ne fonctionne pas ou d’une façon aléatoire à cause d’eux. Comme pour les éclairages individuels, il est préférable de prendre des feux étanches qui ont une autonomie de 2 heures et une durée de vie de 5 ans. Ils ne requièrent aucune maintenance ni remplacement de pile.

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Cornes de brume© Albert Brel

La corne de brume peut être manuelle ou à partir de gaz liquéfié. Pas de difficultés pour tester les manuelles. Pour celles à gaz, il faut vérifier que la bouteille ne soit pas vide, il est prudent d’en avoir une de rechange à bord.

Trousse de secours

Elle est obligatoire à partir de la navigation semi-hauturière (plus de 6 M d’un abri). Suivant la catégorie de navigation (semi-hauturier ou hauturier), elle comporte des produits dont certains périssables. Avant la saison, vérifiez son contenu, remplacez les produits arrivés à terme et ceux manquants. Rien ne vous empêche de la compléter avec des produits personnels.   

N’attendez pas le dernier moment

Les stations de contrôle pour les radeaux sont souvent débordées en début de saison et peuvent demander plusieurs semaines pour la révision. Un conseil, donnez le radeau en fin d’hiver pour être sûr de le récupérer aux beaux jours. Pour l’ensemble du matériel de sécurité, si vous avez pris soin de le nettoyer, de retirer les piles et de le stocker au sec, le réarmement ne devrait pas poser de problème.

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Carnet d'entretien du radeau© Albert Brel

L'équipe
Geoffroy Langlade
Geoffroy Langlade
Geoffroy Langlade est le directeur des contenus chez Figaro Nautisme. Il est également réalisateur et producteur de programmes tv & web dans le domaine du sport, de l'art de vivre et du nautisme. C’est également et surtout, un fan de motonautisme avec plus de 500 tests de bateaux à moteur ou yachts à son actif, à travers le monde, de Cannes à La Rochelle en passant par Istanbul ou Miami. Un métier passionnant qui lui permet de naviguer sur quelques unes des plus belles unités de la planète…
Nathalie Moreau
Nathalie Moreau
Nathalie Moreau est l'atout voyage et évasion de l'équipe, elle est passionnée de croisières et de destinations nautiques. En charge du planning rédactionnel du site figaronautisme.com et des réseaux sociaux, Nathalie suit de très près l'actualité et rédige chaque jour des news et des articles pour nous dépayser et nous faire rêver aux quatre coins du monde. Avide de découvertes, vous la croiserez sur tous les salons nautiques et de voyages en quête de nouveaux sujets.
Sophie Savant Ros
Sophie Savant Ros
Sophie Savant-Ros, architecte de formation et co-fondatrice de METEO CONSULT est entre autres, directrice de l'édition des « Bloc Marine » et du site Figaronautisme.com. Sophie est passionnée de photographie, elle ne se déplace jamais sans son appareil photo et privilégie les photos de paysages marins. Elle a publié deux ouvrages consacrés à l'Ile de Porquerolles et photographie les côtes pour enrichir les « Guides Escales » de Figaro Nautisme.
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Norbert Conchin
Norbert Conchin est originaire de Paris mais très vite il prend le large pour découvrir le monde. Un premier voyage aux Antilles sur un Ketch puis un tour du monde dans la Marine lui donne le goût de la navigation. Il prend le chemin des côtes normandes pour exercer sa passion de la voile et de la régate. Décidé à vivre de sa passion, il travaille à partir de 1996 pour différents supports de la presse nautique avant de collaborer au Figaro Nautisme depuis 2017.
Albert Brel
Albert Brel
Albert Brel, parallèlement à une carrière au CNRS, s'est toujours intéressé à l'équipement nautique. Depuis de nombreuses années, il collabore à des revues nautiques européennes dans lesquelles il écrit des articles techniques et rend compte des comparatifs effectués sur les divers équipements. De plus, il est l'auteur de nombreux ouvrages spécialisés qui vont de la cartographie électronique aux bateaux d'occasion et qui décrivent non seulement l'évolution des technologies, mais proposent aussi des solutions pour les mettre en application à bord des bateaux
François Tregouet
François Tregouet
Depuis toujours, François est passionné de voile en général et de multicoques en particulier. En croisière ou en course, de l’Europe à l’Australie, il ne les délaisse que lorsque le règlement l’exige : Mini-transat, Fastnet, Giraglia… Jamais rassasié de nouveautés, il a assisté à la plupart des salons sur les cinq continents. Depuis 2018 il se consacre entièrement à la rédaction et à l’information, notamment pour Figaro Nautisme.
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Eric Mas est l'un des fondateur de METEO CONSULT – La Chaîne Météo. Éminent spécialiste de météo, Eric est également un marin passionné qui a routé les plus grands skippers sur toutes les eaux du globe : VDH lors du premier Vendée Globe, Philippe Jeantot, Jean Maurel, Michel Desjoyeaux, Francis Joyon, et tant d'autres. Actuellement il participe au projet de Lalou Roucayrol sur son multi 50.
Michel Ulrich
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Après une carrière internationale d’ingénieur, Michel Ulrich navigue maintenant en plaisance sur son Targa 35+ le long de la côte atlantique. Par ailleurs, il ne rate pas une occasion d’embarquer sur des navires de charge, de travail ou de services maritimes. Il nous fait partager des expériences d’expédition maritime hors du commun.
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Passionné depuis son enfance par toutes les formes de glisse et par la mer, Thomas a longtemps vécu dans le nord de la Floride aux Etats-Unis. Une expérience qui lui a permis de découvrir l'univers du bateau à moteur et du catamaran à travers plusieurs essais et croisières notamment dans les Caraïbes. Il contribue régulièrement à la rédaction de Figaro Nautisme.