Vannes et passe-coques : des équipements indispensables mais qui peuvent devenir dangereux

Equipements

Sur un bateau, on trouve un nombre souvent important de passe-coques et de vannes. Par exemple, sur un bateau de 10 mètres habitable, il n’y en a pas moins de dix (eau de refroidissement moteur, évier, lavabo, toilettes, douche, capteur électronique). A de rares exceptions, ces derniers qui nécessitent un trou dans la coque, sont sous la flottaison. En cas de rupture ou de fuite, la voie d’eau qu’il provoque peut être significative.

©Albert Brel
Sur un bateau, on trouve un nombre souvent important de passe-coques et de vannes. Par exemple, sur un bateau de 10 mètres habitable, il n’y en a pas moins de dix (eau de refroidissement moteur, évier, lavabo, toilettes, douche, capteur électronique). A de rares exceptions, ces derniers qui nécessitent un trou dans la coque, sont sous la flottaison. En cas de rupture ou de fuite, la voie d’eau qu’il provoque peut être significative.

Une entrée d’eau n’est pas toujours compensée par les pompes

 

Nous reviendrons dans un autre article sur le montage et l’efficacité des pompes. Dans un premier temps, intéressons-nous à la voie d’eau. Un passe-coque qui suinte ou fuit légèrement, ce n’est pas normal et il faut rapidement s’en inquiéter. Lorsque ce suintement se transforme en fuite, cette dernière peut être importante. Les passe-coques situés sous la flottaison (évacuation des toilette, prise d’eau de refroidissement moteur, etc…) sont soumis à une pression d’eau qui peut être forte. Elle est proportionnelle à la profondeur et au diamètre du passe-coque. On estime qu’une entrée d’eau par un passe-coque de 2 pouces (5 cm), par exemple une prise d’eau moteur ou l’évacuation des toilettes, situé à 40 cm sous l’eau, provoque une entrée d’eau de plus de 7000 litres/heure. Cette quantité d’eau est souvent difficile voire impossible à compenser avec la pompe.

Pourquoi un passe-coque (ou une vanne) devient défectueux ?

Sur la majorité des bateaux, ces équipements sont en laiton, matériau résistant à la pression, à l’eau de mer, mais sensible à la corrosion. La moindre fuite électrique provoque une corrosion galvanique qui peut rapidement le rendre fragile et cassant. De plus lorsque l’on manœuvre la commande de vanne, on n’est jamais sûr qu’elle soit fermée. Cette fermeture est assurée par un boisseau cylindrique solidaire d’un axe et d’une manette de commande. Trois cas peuvent se produire : le boisseau est attaqué par la corrosion et laisse passer l’eau, son axe de commande est désolidarisé ou la manette est défectueuse. Il faut dire que sur la majorité des vannes, cette manette est en acier peint et a tendance à rouiller rapidement. A noter que l’on trouve, en option, des poignées en inox. On commence à voir des bateaux équipés de vannes et de passe-coques en plastique armé. Dans ce cas, pas de problème de corrosion, mais l’ensemble passe-coque/vanne et tuyau doit être installé par un professionnel. Plusieurs circonstances peuvent provoquer la cassure d’un passe-coque, mais la plus courante est la corrosion qui le fragilise. De plus, la tuyauterie qui en est solidaire, fait un bras de levier important qui peut provoquer la rupture du passe-coque au niveau de la coque. Là, la voie d’eau est immédiate.

Vérifier passe-coque, vanne, tuyau

Lors de l’hivernage, lorsque l’on quitte le bateau, il est impératif de fermer toutes les vannes et de vérifier qu’elles sont en bon état et que les tuyaux qui y sont raccordés ainsi que leurs fixations (colliers) le sont également.

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© Albert Brel

Que faire en cas de présence d’eau ou de voie d’eau ?

Lorsque l’on constate la présence d’eau dans les fonds, il faut vérifier s’il s’agit d’eau douce ou de mer. Le seul moyen efficace, pas très agréable est de la gouter. Il n’est pas nécessaire d’en boire un verre, une goute sur la langue permet de l’identifier : salée, eau de mer, neutre, eau douce. L’eau douce est synonyme d’une entrée d’eau de pluie ou d’une fuite sur le circuit de distribution d’eau douce. Pour l’eau de mer, c’est souvent dû à une entrée d’eau par un passe-coque, par le presse-étoupe voire après une sortie par mer agitée. En présence d’eau douce (sauf navigation en eau douce), il faut en chercher la provenance sur le circuit d’eau (tuyauterie, robinet, réserve d’eau, chauffe-eau). Elle peut également provenir, en cas de pluie, d’un hublot, d’un panneau, du pied de mât, en particulier, sur ceux posés sur la quille. La présence d’eau douce est désagréable et il faut souvent un certain temps avant d’en trouver l’origine mais les conséquences ne sont pas dramatiques. Pour l’eau de mer, il en va tout autrement et bien que ce ne soit pas évident pour en déterminer l’origine, il faut que ce soit fait assez vite.

Trouver l’origine d’une entrée d’eau de mer et y remédier

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Les durites doivent être fixées par deux colliers© Albert Brel

Les premiers éléments à vérifier sont les passe-coques. Si la fuite est importante, c’est relativement simple de la localiser.  Si elle est faible, une des solutions est de mettre un papier absorbant sur chaque vanne et passe-coque. Si l’un d’eux fuit ou suinte, le papier sera rapidement humide. On procédera de même au niveau du presse-étoupe. Ce dernier est un élément délicat sur lequel nous reviendrons en détail. Lorsque l’on constate un suintement ou une fuite même légère au niveau d’une vanne, il faut en premier la fermer. Si la fuite persiste, il faut déterminer pourquoi. Elle peut être au niveau du passe-coque avant la vanne, au niveau de la vanne et en dernier au niveau de la durite. Une fuite, vanne fermée, au niveau du passe-coque (sous la vanne) signifie un passe-coque défectueux. Au-dessus de la vanne (vanne fermée), ce peut être le boisseau qui est resté bloqué en position ouverte ou que la durite est soit mal serrée soit coupée. Que faire ? si la fuite est au niveau du passe-coque et que le bateau ne peut pas être sorti de l’eau rapidement, la solution la plus efficace est de placer sous le bateau, une pinoche dans le passe-coque. Si on prend le bon diamètre de pinoche et si on prend la précaution de l’entourer d’un chiffon, cette solution est une réparation efficace en attendant de sortir le bateau de l’eau. Si la fuite (vanne fermée) est au-dessus de la vanne, cette dernière peut provenir de la liaison avec la durite qu’il faut revoir (durite percée, coupée) ou d’un collier défectueux.

Nos conclusions

Vérifiez régulièrement les passe-coques, les vannes et les durites. Si la moindre entrée d’eau de mer ou simplement un suintement est constaté lorsque le bateau est au port ou au mouillage, il faut en urgence envisager de supprimer cette fuite en enfonçant, par exemple, une pinoche dans le passe-coque ou en utilisant un produit spécifique polymérisant. En mer, si vous ne pouvez pas colmater l’entrée d’eau ou l’étaler avec les pompes, il faut rapidement appeler les secours. Dans la majorité des cas, une sortie du bateau de l’eau est nécessaire.

L'équipe
Nathalie Moreau
Nathalie Moreau
Nathalie Moreau
Nathalie Moreau est l’atout voyage et évasion de l’équipe, elle est passionnée de croisières et de destinations nautiques. En charge du planning rédactionnel du site figaronautisme.com et des réseaux sociaux, Nathalie suit de très près l’actualité et rédige chaque jour des news et des articles pour nous dépayser et nous faire rêver aux quatre coins du monde. Avide de découvertes, vous la croiserez sur tous les salons nautiques et de voyages en quête de nouveaux sujets.
Gilles Chiorri
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Gilles Chiorri
Associant une formation d’officier C1 de la marine marchande et un MBA d’HEC, Gilles Chiorri a sillonné tous les océans lors de nombreuses courses au large ou records, dont une victoire à la Mini Transat, détenteur du Trophée Jules Verne en 2002 à bord d’Orange, et une 2ème place à La Solitaire du Figaro la même année. Il a ensuite contribué à l’organisation de nombreux évènements, comme la Coupe de l’America, les Extreme Sailing Series et des courses océaniques dont la Route du Rhum et la Solitaire du Figaro (directeur de course), la Volvo Ocean Race (team manager). Sa connaissance du monde maritime et son réseau à l’international lui donnent une bonne compréhension du milieu qui nous passionne.
Il collabore avec les équipes de METEO CONSULT et Figaro Nautisme depuis plus de 20 ans.
Sophie Savant-Ros
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Sophie Savant-Ros
Sophie Savant-Ros, architecte de formation et co-fondatrice de METEO CONSULT est entre autres, directrice de l’édition des « Bloc Marine » et du site Figaronautisme.com.
Sophie est passionnée de photographie, elle ne se déplace jamais sans son appareil photo et privilégie les photos de paysages marins. Elle a publié deux ouvrages consacrés à l’Ile de Porquerolles et photographie les côtes pour enrichir les « Guides Escales » de Figaro Nautisme.
Albert Brel
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Albert Brel
Albert Brel, parallèlement à une carrière au CNRS, s’est toujours intéressé à l’équipement nautique. Depuis de nombreuses années, il collabore à des revues nautiques européennes dans lesquelles il écrit des articles techniques et rend compte des comparatifs effectués sur les divers équipements. De plus, il est l’auteur de nombreux ouvrages spécialisés qui vont de la cartographie électronique aux bateaux d’occasion et qui décrivent non seulement l’évolution des technologies, mais proposent aussi des solutions pour les mettre en application à bord des bateaux.
Jean-Christophe Guillaumin
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Jean-Christophe Guillaumin
Journaliste, photographe et auteur spécialisé dans le nautisme et l’environnement, Jean-Christophe Guillaumin est passionné de voyages et de bateaux. Il a réussi à faire matcher ses passions en découvrant le monde en bateau et en le faisant découvrir à ses lecteurs. De ses nombreuses navigations il a ramené une certitude : les océans offrent un terrain de jeu fabuleux mais aussi très fragile et aujourd’hui en danger. Fort d’une carrière riche en reportages et articles techniques, il a su se distinguer par sa capacité à vulgariser des sujets complexes tout en offrant une expertise pointue. À travers ses contributions régulières à Figaro Nautisme, il éclaire les plaisanciers, amateurs ou aguerris, sur les dernières tendances, innovations technologiques, et défis liés à la navigation. Que ce soit pour analyser les performances d’un voilier, explorer l’histoire ou décortiquer les subtilités de la course au large, il aborde chaque sujet avec le souci du détail et un regard expert.
Charlotte Lacroix
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Charlotte est une véritable globe-trotteuse ! Très jeune, elle a vécu aux quatre coins du monde et a pris goût à la découverte du monde et à l'évasion. Tantôt à pied, en kayak, en paddle, à voile ou à moteur, elle aime partir à la découverte de paradis méconnus. Elle collabore avec Figaro Nautisme au fil de l'eau et de ses coups de cœur.
Max Billac
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Max est tombé dedans quand il était petit ! Il a beaucoup navigué avec ses parents, aussi bien en voilier qu'en bateau moteur le long des côtes européennes mais pas que ! Avec quelques transatlantiques à son actif, il se passionne pour le monde du nautisme sous toutes ses formes. Il aime analyser le monde qui l'entoure et collabore avec Figaro Nautisme régulièrement.
Denis Chabassière
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Naviguant depuis son plus jeune âge que ce soit en croisière, en course, au large, en régate, des deux côtés de l’Atlantique, en Manche comme en Méditerranée, Denis, quittant la radiologie rochelaise en 2017, a effectué avec sa femme à bord de PretAixte leur 42 pieds une circumnavigation par Panama et Cape Town. Il ne lui déplait pas non plus de naviguer dans le temps avec une prédilection pour la marine d’Empire, celle de Trafalgar …
Michel Ulrich
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Après une carrière internationale d’ingénieur, Michel Ulrich navigue maintenant en plaisance sur son TARGA 35+ le long de la côte atlantique. Par ailleurs, il ne rate pas une occasion d’embarquer sur des navires de charge, de travail ou de services maritimes. Il nous fait partager des expériences d’expédition maritime hors du commun.
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