Essai Leopard 42, partie 1 : un style et de l'ambition

Voiliers
Lundi 24 mai 2021 à 12h05

Fidèle au talentueux duo d’architectes Simonis et Vogdt, le chantier Sud-Africain Robertson & Caine offre un petit frère aux séduisants Leopard 50 et 45. Alors que l’on pourrait s’attendre à un bateau très typé charter de la part de cette marque sœur de Moorings et Sunsail au sein de Travelopia, le Leopard 42 séduit aujourd’hui plus de propriétaires privés que de loueurs. Tout juste arrivé en Europe, nous sommes allés en Méditerranée essayer le numéro 2 de la série, pour découvrir ce tout nouveau catamaran venu de l’hémisphère Sud.

Fidèle au talentueux duo d’architectes Simonis et Vogdt, le chantier Sud-Africain Robertson & Caine offre un petit frère aux séduisants Leopard 50 et 45. Alors que l’on pourrait s’attendre à un bateau très typé charter de la part de cette marque sœur de Moorings et Sunsail au sein de Travelopia, le Leopard 42 séduit aujourd’hui plus de propriétaires privés que de loueurs. Tout juste arrivé en Europe, nous sommes allés en Méditerranée essayer le numéro 2 de la série, pour découvrir ce tout nouveau catamaran venu de l’hémisphère Sud.

Vu de l’extérieur, l’air de famille est immédiat, car il reprend les codes esthétiques initiés sur le Leopard 50. C’est tout d’abord une grande ligne de hublots de coques, très "géométrique" qui laisse imaginer une belle luminosité et une vision sur la mer plus que séduisante dans les cabines. Ce sont ensuite ces bordés sculptés dans leur partie haute jusqu’aux étraves qui limitent l’impact visuel d’un franc bord imposant. Enfin, ce sont ces vitrages de roof verticaux sans montants apparents, avec la longue casquette de roof qui s’avance pour s’assurer que les vitrages soient toujours bien à l’ombre. Il y a quelque chose de très contemporain, une vraie personnalité dans ce design qui se démarque avec subtilité de la production européenne.

Style extérieur : la géométrie de l’espace

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© MULTI.media - François TREGOUET

C’est sur la Côte d’Azur, dans la baie de Saint-Raphaël, le fief de Leopard en Europe depuis 2010, que nous tirons les premiers bords du Leopard 42. Si les températures restent fraîches, les conditions sont idéales avec un vent oscillant entre 8 et 12 nœuds et une mer belle, bleu carte postale. Dès la sortie du port la logique du plan de pont apparaît limpide. Tout revient au poste de barre surélevé sur tribord, à l’arrière du roof. On y accède soit depuis le cockpit, soit depuis le pont. Toutes les manœuvres y reviennent sans exception, parfois au prix de multiples renvois, comme pour la bosse d’enrouleur. Malgré la qualité de l’accastillage, cela induit quelques efforts additionnels qui justifient pleinement les trois winches électriques, au lieu d’un en série, demandés par le propriétaire de cette unité. Une personne seule peut ainsi tout réaliser en solo, alors que rien ne viendra troubler le confort et surtout pas la sécurité du reste de l’équipage. Toute la philosophie Leopard est là, à l’image du double palan de grand-voile en lieu et place des traditionnels rails et chariots jugés sans doute trop risqués. Il faut dire que le roof est aménagé en un espace lounge qui a été le lieu de toutes les conversations durant notre demi-journée en mer. Bonne nouvelle, la bôme ne pourrait pas être plus basse sans ce lounge, il faut donc rester prudent en navigation, mais quel espace privilégié.

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Un croiseur bien vivant

La brise est faible mais une fois les deux moteurs Yanmar de 45 CV éteints le Leopard 42 continue à avancer à 5 nœuds au près dans tout juste 10 nœuds de vent. Il faut dire qu’il n’a cédé ni à la mode du recul du mât ni à celle du solent auto-vireur. Une belle grand-voile à corne, un génois à recouvrement, un redan de coque à l’angle prononcé qui réduit la surface mouillée et un déplacement maîtrisé juste en dessous de 12.5 tonnes, ne le classent pas parmi les coureurs au large mais parmi les croiseurs vivants. Mais dans ce souffle léger il y a encore mieux pour sentir ce bateau vivre, un joli gennaker de 95m². Alors on prend la barre, ferme mais directe grâce à ses drosses, et on abat jusqu’au vent de travers. On sillonne alors la baie entre Saint-Aygulf et le rocher du Lion de Mer entre 6 et 7 nœuds. Mais si vraiment le vent vient à vous abandonner, vous pourrez toujours compter sur les hélices tripales pour rejoindre le mouillage le plus proche à 7,6 nœuds (vitesse de croisière à 2 300 tpm) voire 8,8 nœuds (vitesse max à 3100 tpm). Une fois à l’ancre, dont le chemin de chaîne sait se faire discret puisque le davier est en arrière du trampoline, en plus du lounge déjà évoqué, les espaces extérieurs ne manqueront pas pour profiter de tous les plaisirs sur l’eau : grande table de cockpit sur bâbord pour dîner « al fresco », méridienne sur tribord pour farniente, grandes jupes (1,60 m de large) pour se baigner et enfin immense bain de soleil avant pour bronzer.

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© MULTI.media - François TREGOUET

Nous aurions aimé essayer le bateau dans des conditions plus musclées, une mer plus formée, pour valider notamment une hauteur sous nacelle mesurée à un petit 62 cm à l’aplomb de la poutre arrière. A défaut nous rentrons au port apprécier les deux prises de quai disponibles en série, une à l’arrière de chaque coque et essayer le bossoir basculant sur treuil électrique capable de soulever 200 kg, sans vraiment de limite de longueur pour l’annexe qui est en arrière des jupes. Dès l’extérieur, qu’il s’appelle Leopard pour les clients privés ou Moorings dans les flottes de location, ce 42 pieds nous surprend plus qu’agréablement. Si l’intérieur fait aussi forte impression que l’extérieur, comme le ramage se rapporte au plumage, il justifiera pleinement que 50 exemplaires aient été déjà commandés dans le monde alors qu’il n’a encore été présenté officiellement qu’aux Etats-Unis. Alors rendez-vous jeudi dans Figaro Nautisme pour découvrir des aménagements… qui ont tout d’un grand !

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Fiche technique

Longueur hors-tout : 12,67 m

Longueur flottaison : 12,44 m

Largeur hors tout : 7,04 m

Tirant d'eau : 1,40 m

Hauteur de mât :  20,68 m

Motorisation : 2 x Yanmar 45HP Diesel saildrive

Carburant : 600 l

Eau : 660 l

Surface de grand voile (standard) : 66,6 m²

Surface de grand voile à corne : 70,1 m²

Surface de génois : 46,5 m²

Surface de spi : 154,5 m²

Code 0 : 62,8 m²

Gennaker : 94,9 m²

Déplacement : 12467 kg

L'équipe
Nathalie Moreau
Nathalie Moreau
Nathalie Moreau est l'atout voyage et évasion de l'équipe, elle est passionnée de croisières et de destinations nautiques. En charge du planning rédactionnel du site figaronautisme.com et des réseaux sociaux, Nathalie suit de très près l'actualité et rédige chaque jour des news et des articles pour nous dépayser et nous faire rêver aux quatre coins du monde. Avide de découvertes, vous la croiserez sur tous les salons nautiques et de voyages en quête de nouveaux sujets.
Gilles Chiorri
Gilles Chiorri
Associant une formation d’officier C1 de la marine marchande et un MBA d’HEC, Gilles Chiorri a sillonné tous les océans lors de nombreuses courses au large ou records, dont une victoire à la Mini Transat, détenteur du Trophée Jules Verne en 2002 à bord d’Orange, et une 2ème place à La Solitaire du Figaro la même année. Il a ensuite contribué à l’organisation de nombreux évènements, comme la Coupe de l’America, les Extreme Sailing Series et des courses océaniques dont la Route du Rhum et la Solitaire du Figaro (directeur de course), la Volvo Ocean Race (team manager). Sa connaissance du monde maritime et son réseau à l’international lui donnent une bonne compréhension du milieu qui nous passionne. Il collabore avec les équipes de METEO CONSULT et Figaro Nautisme depuis plus de 20 ans.
Sophie Savant Ros
Sophie Savant Ros
Sophie Savant-Ros, architecte de formation et co-fondatrice de METEO CONSULT est entre autres, directrice de l'édition des « Bloc Marine » et du site Figaronautisme.com. Sophie est passionnée de photographie, elle ne se déplace jamais sans son appareil photo et privilégie les photos de paysages marins. Elle a publié deux ouvrages consacrés à l'Ile de Porquerolles et photographie les côtes pour enrichir les « Guides Escales » de Figaro Nautisme.
François Tregouet
François Tregouet
Depuis toujours, François est passionné de voile en général et de multicoques en particulier. En croisière ou en course, de l’Europe à l’Australie, il ne les délaisse que lorsque le règlement l’exige : Mini-transat, Fastnet, Giraglia… Jamais rassasié de nouveautés, il a assisté à la plupart des salons sur les cinq continents. Depuis 2018 il se consacre entièrement à la rédaction et à l’information, notamment pour Figaro Nautisme.
Albert Brel
Albert Brel
Albert Brel, parallèlement à une carrière au CNRS, s'est toujours intéressé à l'équipement nautique. Depuis de nombreuses années, il collabore à des revues nautiques européennes dans lesquelles il écrit des articles techniques et rend compte des comparatifs effectués sur les divers équipements. De plus, il est l'auteur de nombreux ouvrages spécialisés qui vont de la cartographie électronique aux bateaux d'occasion et qui décrivent non seulement l'évolution des technologies, mais proposent aussi des solutions pour les mettre en application à bord des bateaux
Charlotte Lacroix
Charlotte Lacroix
Charlotte est une véritable globe-trotteuse ! Très jeune, elle a vécu aux quatre coins du monde et a pris goût à la découverte du monde et à l'évasion. Tantôt à pied, en kayak, en paddle, à voile ou à moteur, elle aime partir à la découverte de paradis méconnus. Elle collabore avec Figaro Nautisme au fil de l'eau et de ses coups de cœur.
Max Billac
Max Billac
Max est tombé dedans quand il était petit ! Il a beaucoup navigué avec ses parents, aussi bien en voilier qu'en bateau moteur le long des côtes européennes mais pas que ! Avec quelques transatlantiques à son actif, il se passionne pour le monde du nautisme sous toutes ses formes. Il aime analyser le monde qui l'entoure et collabore avec Figaro Nautisme régulièrement
Denis Chabassière
Denis Chabassière
Naviguant depuis son plus jeune âge que ce soit en croisière, en course, au large, en régate, des deux côtés de l’Atlantique, en Manche comme en Méditerranée, Denis, quittant la radiologie rochelaise en 2017, a effectué avec sa femme à bord de PretAixte leur 42 pieds une circumnavigation par Panama et Cape Town. Il ne lui déplait pas non plus de naviguer dans le temps avec une prédilection pour la marine d’Empire, celle de Trafalgar …
Michel Ulrich
Michel Ulrich
Après une carrière internationale d’ingénieur, Michel Ulrich navigue maintenant en plaisance sur son Targa 35+ le long de la côte atlantique. Par ailleurs, il ne rate pas une occasion d’embarquer sur des navires de charge, de travail ou de services maritimes. Il nous fait partager des expériences d’expédition maritime hors du commun.
Eric Mas
Eric Mas
Eric Mas est l'un des fondateur de METEO CONSULT – La Chaîne Météo. Éminent spécialiste de météo, Eric est également un marin passionné qui a routé les plus grands skippers sur toutes les eaux du globe : VDH lors du premier Vendée Globe, Philippe Jeantot, Jean Maurel, Michel Desjoyeaux, Francis Joyon, et tant d'autres. Actuellement il participe au projet de Lalou Roucayrol sur son multi 50.
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METEO CONSULT
METEO CONSULT est un bureau d'études météorologiques opérationnel, qui assiste ses clients depuis plus de 30 ans. Les services de METEO CONSULT reposent sur une équipe scientifique de haut niveau et des moyens techniques de pointe. Son expertise en météo marine est reconnue et ses prévisionnistes accompagnent les plaisanciers, les capitaines de port et les organisateurs de courses au large depuis ses origines : Route du Rhum, Transat en double, Solitaire du Figaro…