Essai Neel 43 : cocktail rafraîchissant, 2ème partie

Voiliers
Lundi 17 mai 2021 à 16h01

Sur un marché du multicoque paradoxalement très ‘monochrome’, car très largement dominé par les catamarans, les productions Neel tracent leur triple sillage avec succès depuis plus de 10 ans. Déclinant les qualités du trimaran en mode croisière plutôt rapide, le chantier Rochelais lance un petit frère détonnant à une gamme qui jusqu’ici allait de 47 à 65 pieds. Après la visite d’un intérieur à la simplicité séduisante, restait à tester le Neel 43 en mer pour confirmer l’ambition du jeune impétrant.

©Olivier Blanchet / Neel Trimarans
Sur un marché du multicoque paradoxalement très ‘monochrome’, car très largement dominé par les catamarans, les productions Neel tracent leur triple sillage avec succès depuis plus de 10 ans. Déclinant les qualités du trimaran en mode croisière plutôt rapide, le chantier Rochelais lance un petit frère détonnant à une gamme qui jusqu’ici allait de 47 à 65 pieds. Après la visite d’un intérieur à la simplicité séduisante, restait à tester le Neel 43 en mer pour confirmer l’ambition du jeune impétrant.

C'est à La Rochelle que nous avons eu le plaisir de tester le Neel 43, et avant l'essai en mer, une visite guidée de l'intérieur du trimaran s'impose ! Une fois réalisée, c'est parti pour la navigation...

« 10 nœuds facile » c’est la promesse faite par Eric Bruneel avant de quitter le ponton des Minimes. Dans le chenal on envoie la grand-voile. Il y a bien un winch électrique mais on la hisse à la volée très facilement. En effet, taille de bateau raisonnable, déplacement idoine, et avec de bons chariots de mât on peut se passer de mouflage. Pas de mouflage sur la drisse de GV c’est une longueur et un temps de hissage divisés par deux, on l’aurait presque oublié. On retrouve ici un bateau à taille humaine et l’on s’éviter les kilomètres de bout dans le cockpit. Des bouts il y en a pourtant, car au rail d’écoute de Grand-Voile a été préféré un double palan. Ils reviennent bien sûr tous deux au poste de barre pour des manœuvres vraiment en solo. Une solution plus sécurisante en grande croisière car évitant le risque de voir le chariot traverser brutalement tout le bateau en cas d’empannage intempestif. Avec un peu d’habitude le réglage peut-être assez précis, comme en 3D, mais avec des angles plus ouverts et donc moins d’efforts qu’avec le traditionnel rail/chariot.

240 miles par jour

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© Olivier Blanchet / Neel Trimarans

Génois déroulé les trois coques accélèrent immédiatement. Et quel plaisir à la barre, on se croirait sur un monocoque qui ne gîte pas… ou presque. Avec 10 degrés de gîte maximum pour être plus précis, sachant qu’en dessous de 5 c’est à peine perceptible, quel confort. Le dièdre est l’élément caractéristique fort de tout trimaran. Important comme sur les trimarans de course au large il implique une gîte importante…même au port. Trop faible, la traînée hydrodynamique des trois coques immergées simultanément est un vrai frein. L’équilibre trouvé sur le Neel 43 fait qu’au repos (port, mouillage) les deux flotteurs affleurent tout juste de l’eau garantissant une presque parfaite horizontalité. Sous voile, le bateau s’incline juste ce qu’il faut pour que le flotteur au vent n’induise plus aucune traînée. Sous le vent, le volume du flotteur limite la gîte et garanti une grande stabilité tant latérale que longitudinale, un vrai gage de sécurité. D’ailleurs, malgré le court clapot typique du Pertuis Rochelais, le bateau passe facilement, ne tape pas du tout, alors qu’au premier abord nous aurions pensé que la hauteur des bras de liaison et de la plateforme entre coque centrale et flotteurs aurait mérité quelques centimètres de plus. Peu de bruit non plus, l’ambiance est comme feutrée, signe d’une structure bien rigide qui ne couine pas à la première vague. Mais revenons à ces délicieuses sensations de barre. L’unique safran est relié le plus directement possible à la barre à roue. Pas le moindre millimètre de jeu, un retour direct, juste ce qu’il faut d’efforts pour… ne plus vouloir lâcher la barre. Les yeux rivés sur les penons du génois remonte au près à 50 degrés du vent, toujours entre 9 et 10 nœuds par seulement 15 nœuds de vent.

Le plaisir de barre d’un très bon monocoque

Pour atteindre les fameux dix nœuds il n’y a plus qu’un moyen, envoyer le grand spi asymétrique rouge. En quelques minutes seulement écoutes et drisses sont frappées, et l’ensemble hissé dans sa chaussette. Entre la coque centrale et les filets tendus vers les flotteurs la place na manque pas pour opérer à plat en toute sécurité. Le courant est contre nous d’un bon nœud, le vent reste stable à 15 nœuds, mais la vitesse fond dépasse désormais les 11 nœuds. Si les hublots avant commencent à être arrosés, toujours aucun embrun à signaler au poste de barre, alors on ne la lâche pas la roue tellement le plaisir est présent dans ce long run. Port des Minimes en vue, le spinnaker est étouffé dans sa chaussette, la grand-voile tombe dans son lazy-bag, et toujours un seul homme à la manœuvre.  On met en route le moteur Volvo de 50 CV saildrive. Il trône véritablement sous les planchers de la coque centrale où il bénéficie d’une facilité d’accès toujours aussi surprenante quand on vient d’un catamaran. A 8 nœuds, la consommation affichée est de huit l/h, soit 1 litre au mile, magie d’une faible surface mouillée associée à un déplacement modéré. Piégé par les travaux de dragage du port, le Neel 43 fait la démonstration qu’il sait, à l’aide de son propulseur d’étrave, faire demi-tour dans un mouchoir de poche, même au dernier moment.

Conclusion ? Bienvenue au Neel 43 qui apporte un vrai souffle de fraîcheur, de légèreté et de simplicité dans un marché ou le ‘toujours plus’ est le plus souvent la norme. Voilà un multicoque facile à manœuvrer, raisonnable en poids et donc très performant, aussi agréable à barrer que plaisant à vivre. Bien sûr, nous aurions aimé que son prix soit encore plus abordable, mais la démarche du chantier de proposer ce « petit-grand » bateau d’entrée de gamme est suffisamment louable pour que nous ne boudions pas notre plaisir.

Nous avons aimé

+ performances et sensations

+ facilité de manœuvres

+ aménagements

Nous avons moins aimé

- Retours d’embruns sur l’arrière

- Filières avant très basses

Prix standard 3 cabines : 329 800 € HT

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© Olivier Blanchet / Neel Trimarans

Principales options

Pack ESSENTIEL : 23 500 € HT

Pack PREMIUM : 46 611 € HT

Cockpit et jupes en teck synthétique : 12 300 € HT

Chauffage Webasto : 9 150 € HT

Dessalinisateur Freedom 12V 100 l/h : 13 354 € HT

Pack électronique B&G : 11 970 € HT

Gréement Performance avec mât carbone : 37 980 € HT

Spi asymétrique avec chaussette (mât alu) : 5 900 € HT

Préparation, mise à l’eau, livraison…  : 4 900 € HT

L'équipe
Nathalie Moreau
Nathalie Moreau
Nathalie Moreau est l'atout voyage et évasion de l'équipe, elle est passionnée de croisières et de destinations nautiques. En charge du planning rédactionnel du site figaronautisme.com et des réseaux sociaux, Nathalie suit de très près l'actualité et rédige chaque jour des news et des articles pour nous dépayser et nous faire rêver aux quatre coins du monde. Avide de découvertes, vous la croiserez sur tous les salons nautiques et de voyages en quête de nouveaux sujets.
Gilles Chiorri
Gilles Chiorri
Associant une formation d’officier C1 de la marine marchande et un MBA d’HEC, Gilles Chiorri a sillonné tous les océans lors de nombreuses courses au large ou records, dont une victoire à la Mini Transat, détenteur du Trophée Jules Verne en 2002 à bord d’Orange, et une 2ème place à La Solitaire du Figaro la même année. Il a ensuite contribué à l’organisation de nombreux évènements, comme la Coupe de l’America, les Extreme Sailing Series et des courses océaniques dont la Route du Rhum et la Solitaire du Figaro (directeur de course), la Volvo Ocean Race (team manager). Sa connaissance du monde maritime et son réseau à l’international lui donnent une bonne compréhension du milieu qui nous passionne. Il collabore avec les équipes de METEO CONSULT et Figaro Nautisme depuis plus de 20 ans.
Sophie Savant Ros
Sophie Savant Ros
Sophie Savant-Ros, architecte de formation et co-fondatrice de METEO CONSULT est entre autres, directrice de l'édition des « Bloc Marine » et du site Figaronautisme.com. Sophie est passionnée de photographie, elle ne se déplace jamais sans son appareil photo et privilégie les photos de paysages marins. Elle a publié deux ouvrages consacrés à l'Ile de Porquerolles et photographie les côtes pour enrichir les « Guides Escales » de Figaro Nautisme.
François Tregouet
François Tregouet
Depuis toujours, François est passionné de voile en général et de multicoques en particulier. En croisière ou en course, de l’Europe à l’Australie, il ne les délaisse que lorsque le règlement l’exige : Mini-transat, Fastnet, Giraglia… Jamais rassasié de nouveautés, il a assisté à la plupart des salons sur les cinq continents. Depuis 2018 il se consacre entièrement à la rédaction et à l’information, notamment pour Figaro Nautisme.
Albert Brel
Albert Brel
Albert Brel, parallèlement à une carrière au CNRS, s'est toujours intéressé à l'équipement nautique. Depuis de nombreuses années, il collabore à des revues nautiques européennes dans lesquelles il écrit des articles techniques et rend compte des comparatifs effectués sur les divers équipements. De plus, il est l'auteur de nombreux ouvrages spécialisés qui vont de la cartographie électronique aux bateaux d'occasion et qui décrivent non seulement l'évolution des technologies, mais proposent aussi des solutions pour les mettre en application à bord des bateaux
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Charlotte Lacroix
Charlotte est une véritable globe-trotteuse ! Très jeune, elle a vécu aux quatre coins du monde et a pris goût à la découverte du monde et à l'évasion. Tantôt à pied, en kayak, en paddle, à voile ou à moteur, elle aime partir à la découverte de paradis méconnus. Elle collabore avec Figaro Nautisme au fil de l'eau et de ses coups de cœur.
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Max est tombé dedans quand il était petit ! Il a beaucoup navigué avec ses parents, aussi bien en voilier qu'en bateau moteur le long des côtes européennes mais pas que ! Avec quelques transatlantiques à son actif, il se passionne pour le monde du nautisme sous toutes ses formes. Il aime analyser le monde qui l'entoure et collabore avec Figaro Nautisme régulièrement
Denis Chabassière
Denis Chabassière
Naviguant depuis son plus jeune âge que ce soit en croisière, en course, au large, en régate, des deux côtés de l’Atlantique, en Manche comme en Méditerranée, Denis, quittant la radiologie rochelaise en 2017, a effectué avec sa femme à bord de PretAixte leur 42 pieds une circumnavigation par Panama et Cape Town. Il ne lui déplait pas non plus de naviguer dans le temps avec une prédilection pour la marine d’Empire, celle de Trafalgar …
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Norbert Conchin est originaire de Paris mais très vite il prend le large pour découvrir le monde. Un premier voyage aux Antilles sur un Ketch puis un tour du monde dans la Marine lui donne le goût de la navigation. Il prend le chemin des côtes normandes pour exercer sa passion de la voile et de la régate. Décidé à vivre de sa passion, il travaille à partir de 1996 pour différents supports de la presse nautique avant de collaborer au Figaro Nautisme depuis 2017.
Michel Ulrich
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Après une carrière internationale d’ingénieur, Michel Ulrich navigue maintenant en plaisance sur son Targa 35+ le long de la côte atlantique. Par ailleurs, il ne rate pas une occasion d’embarquer sur des navires de charge, de travail ou de services maritimes. Il nous fait partager des expériences d’expédition maritime hors du commun.
Eric Mas
Eric Mas
Eric Mas est l'un des fondateur de METEO CONSULT – La Chaîne Météo. Éminent spécialiste de météo, Eric est également un marin passionné qui a routé les plus grands skippers sur toutes les eaux du globe : VDH lors du premier Vendée Globe, Philippe Jeantot, Jean Maurel, Michel Desjoyeaux, Francis Joyon, et tant d'autres. Actuellement il participe au projet de Lalou Roucayrol sur son multi 50.