Électrique, foil, voile : les 10 bateaux qui ont marqué l’année 2025

Bateaux à moteur
Par Mark Bernie

En 2025, les bateaux qui ont fait parler ne sont pas forcément les plus grands ni les plus chers. Ce sont surtout ceux qui cristallisent les grandes évolutions du nautisme contemporain : aller plus vite en consommant moins, gagner en autonomie énergétique, et transformer la vie à bord pour la rendre plus vivable, moins technique, plus intuitive. Ce panorama assume donc un mélange volontaire entre plaisance, course au large et transport maritime. C’est précisément dans ces zones de recouvrement que se joue aujourd’hui l’avenir du bateau.

En 2025, les bateaux qui ont fait parler ne sont pas forcément les plus grands ni les plus chers. Ce sont surtout ceux qui cristallisent les grandes évolutions du nautisme contemporain : aller plus vite en consommant moins, gagner en autonomie énergétique, et transformer la vie à bord pour la rendre plus vivable, moins technique, plus intuitive. Ce panorama assume donc un mélange volontaire entre plaisance, course au large et transport maritime. C’est précisément dans ces zones de recouvrement que se joue aujourd’hui l’avenir du bateau.


Frauscher x Porsche 850 Fantom Air, quand l’automobile premium a fait irruption sur l’eau

À l’autre extrémité du spectre, le buzz 2025 est aussi venu d’un bateau beaucoup plus compact, mais tout aussi symbolique. Le Frauscher 850 Fantom Air développé avec Porsche a fait sortir le nautisme de son cercle habituel. En associant une carène déjà réputée pour son comportement marin à une motorisation directement issue de l’univers automobile électrique haut de gamme, ce day-boat est devenu un objet médiatique. Pour de nombreux professionnels, ce type de collaboration marque une étape importante : l’électrique n’est plus seulement une réponse environnementale, il devient un marqueur de désir et de performance.

China Zorrilla, le paquebot électrique qui a changé d’échelle

Le signal le plus spectaculaire de l’année est venu du monde du transport de passagers. Avec le lancement du China Zorrilla, un ferry électrique de 130 m, l’électrification a changé de dimension. On ne parle plus de navettes portuaires ou de prototypes, mais d’un navire capable de transporter plusieurs centaines de passagers sur une ligne régulière. Pour les professionnels comme pour les plaisanciers attentifs à l’évolution du secteur, ce projet marque une rupture : la propulsion électrique n’est plus une expérimentation, elle devient une solution industrielle crédible.


Candela P 12, le ferry volant qui vise le diesel en frontal


Avec le P 12, Candela ne cherche plus à séduire uniquement par la nouveauté technologique. Le chantier suédois s’attaque frontalement aux usages existants, en positionnant son ferry à foils comme une alternative crédible au diesel sur des liaisons rapides. La promesse est claire : une vitesse de croisière élevée, une consommation maîtrisée, et surtout une expérience passager radicalement différente, plus silencieuse et plus fluide. Le buzz tient ici à un changement de statut : le foil électrique passe du prototype spectaculaire à l’outil de transport.


Artemis EF 12 Escape, le foiler électrique devient un produit


Dans le sillage de cette dynamique, l’Artemis EF 12 Escape illustre une autre facette de l’année 2025 : la structuration d’un véritable marché du bateau électrique à foils. Pensé comme un taxi maritime ou un day-boat haut de gamme, ce modèle séduit par la lisibilité de son concept. La carène se soulève, le bruit disparaît, la mer devient plus douce. Ce sont ces sensations immédiatement perceptibles qui expliquent son écho médiatique, bien au-delà du cercle des spécialistes.


Neoliner Origin, le retour assumé du vent dans le transport maritime


Pendant que la plaisance explore l’électrique, le transport maritime redécouvre le vent. Le Neoliner Origin, cargo à propulsion vélique, a marqué les esprits lors de ses apparitions publiques. Sa silhouette, ses voiles et son discours assumé sur la sobriété énergétique ont frappé un public habitué à associer le fret à des coques motorisées. Ce navire raconte autre chose : la réintégration du vent comme énergie principale, non par nostalgie, mais par efficacité.


Les tankers à assistance vélique, la décarbonation devient un système

Le buzz 2025 ne tient pas uniquement à des bateaux emblématiques, mais aussi à des solutions techniques désormais industrialisées. Les systèmes d’assistance vélique, conçus pour équiper des navires existants, ont franchi un cap cette année. Leur intérêt réside dans leur pragmatisme : pas de révolution brutale, mais des gains mesurables sur la consommation et les émissions. Pour la plaisance, ces développements résonnent fortement, car ils montrent que le vent peut être automatisé, fiabilisé et intégré à des logiques modernes de navigation.


Ferrari Hypersail, quand la course au large devient vitrine technologique

© Ferrari


Lorsque Ferrari annonce un monocoque de 100 pieds pensé pour voler au-dessus de l’eau, le nautisme change d’échelle médiatique. Avec Hypersail, la course au large devient un laboratoire technologique assumé, porté par une marque mondiale. Le projet fascine autant par ses ambitions sportives que par sa recherche d’autonomie énergétique. En 2025, ce bateau a rappelé que l’innovation la plus radicale naît souvent loin des contraintes de la série, avant d’infuser vers des usages plus larges.


Le nouvel IMOCA de Canada Ocean Racing, la maturité d’une génération

© be Water Positive


Dans un registre plus opérationnel, le lancement d’un nouvel IMOCA pour Canada Ocean Racing illustre la maturité atteinte par la génération des foilers. Ici, le buzz ne vient pas d’une annonce spectaculaire, mais d’un projet structuré, lisible, international. La course au large se professionnalise encore, avec des bateaux toujours plus performants, mais aussi plus compréhensibles pour le grand public, tant leurs choix techniques sont désormais expliqués et assumés.


Beneteau Oceanis 47, la croisière moderne remise au centre

© BENETEAU


L’année 2025 a aussi été marquée par le renouvellement de modèles emblématiques de la grande série. L’Oceanis 47 incarne cette évolution douce mais profonde de la croisière moderne. Les discussions qu’il a suscitées ne portent pas uniquement sur la performance, mais sur l’ergonomie, la circulation à bord, la manière d’habiter le bateau au quotidien. C’est un autre type de buzz, plus discret, mais essentiel, car il touche le cœur du marché.


Lagoon 38, le multicoque qui élargit le cercle

© Lagoon Catamaran


Enfin, le Lagoon 38 a concentré l’attention en montrant que le multicoque continue de se démocratiser. Sans chercher l’excès, ce modèle a fait parler de lui parce qu’il propose une entrée plus accessible dans l’univers du catamaran habitable. Le buzz repose ici sur une promesse simple : rendre la vie multicoque envisageable pour davantage de navigateurs, sans renoncer aux fondamentaux du confort et de la sécurité.


Ce que ces 10 bateaux disent de notre manière de naviguer

Ce panorama révèle une évolution profonde. La vitesse redevient acceptable dès lors qu’elle s’accompagne de silence et de sobriété énergétique. L’électrique et le foil séduisent parce qu’ils transforment la sensation de navigation, pas seulement les chiffres de performance. Parallèlement, le retour du vent, qu’il soit assisté ou central, montre que la transition énergétique passe aussi par une relecture intelligente de solutions anciennes.
Enfin, le confort change de définition. En 2025, faire le buzz, ce n’est plus empiler des équipements, mais proposer des bateaux plus faciles à vivre, plus cohérents dans leurs usages, capables d’accompagner des projets de navigation variés. C’est sans doute cette convergence entre technologie, énergie et expérience à bord qui continuera à dessiner les bateaux dont on parlera demain.

L'équipe
Nathalie Moreau
Nathalie Moreau
Nathalie Moreau
Nathalie Moreau est l’atout voyage et évasion de l’équipe, elle est passionnée de croisières et de destinations nautiques. En charge du planning rédactionnel du site figaronautisme.com et des réseaux sociaux, Nathalie suit de très près l’actualité et rédige chaque jour des news et des articles pour nous dépayser et nous faire rêver aux quatre coins du monde. Avide de découvertes, vous la croiserez sur tous les salons nautiques et de voyages en quête de nouveaux sujets.
Gilles Chiorri
Gilles Chiorri
Gilles Chiorri
Associant une formation d’officier C1 de la marine marchande et un MBA d’HEC, Gilles Chiorri a sillonné tous les océans lors de nombreuses courses au large ou records, dont une victoire à la Mini Transat, détenteur du Trophée Jules Verne en 2002 à bord d’Orange, et une 2ème place à La Solitaire du Figaro la même année. Il a ensuite contribué à l’organisation de nombreux évènements, comme la Coupe de l’America, les Extreme Sailing Series et des courses océaniques dont la Route du Rhum et la Solitaire du Figaro (directeur de course), la Volvo Ocean Race (team manager). Sa connaissance du monde maritime et son réseau à l’international lui donnent une bonne compréhension du milieu qui nous passionne.
Il collabore avec les équipes de METEO CONSULT et Figaro Nautisme depuis plus de 20 ans.
Sophie Savant-Ros
Sophie Savant-Ros
Sophie Savant-Ros
Sophie Savant-Ros, architecte de formation et co-fondatrice de METEO CONSULT est entre autres, directrice de l’édition des « Bloc Marine » et du site Figaronautisme.com.
Sophie est passionnée de photographie, elle ne se déplace jamais sans son appareil photo et privilégie les photos de paysages marins. Elle a publié deux ouvrages consacrés à l’Ile de Porquerolles et photographie les côtes pour enrichir les « Guides Escales » de Figaro Nautisme.
Albert Brel
Albert Brel
Albert Brel
Albert Brel, parallèlement à une carrière au CNRS, s’est toujours intéressé à l’équipement nautique. Depuis de nombreuses années, il collabore à des revues nautiques européennes dans lesquelles il écrit des articles techniques et rend compte des comparatifs effectués sur les divers équipements. De plus, il est l’auteur de nombreux ouvrages spécialisés qui vont de la cartographie électronique aux bateaux d’occasion et qui décrivent non seulement l’évolution des technologies, mais proposent aussi des solutions pour les mettre en application à bord des bateaux.
Jean-Christophe Guillaumin
Jean-Christophe Guillaumin
Jean-Christophe Guillaumin
Journaliste, photographe et auteur spécialisé dans le nautisme et l’environnement, Jean-Christophe Guillaumin est passionné de voyages et de bateaux. Il a réussi à faire matcher ses passions en découvrant le monde en bateau et en le faisant découvrir à ses lecteurs. De ses nombreuses navigations il a ramené une certitude : les océans offrent un terrain de jeu fabuleux mais aussi très fragile et aujourd’hui en danger. Fort d’une carrière riche en reportages et articles techniques, il a su se distinguer par sa capacité à vulgariser des sujets complexes tout en offrant une expertise pointue. À travers ses contributions régulières à Figaro Nautisme, il éclaire les plaisanciers, amateurs ou aguerris, sur les dernières tendances, innovations technologiques, et défis liés à la navigation. Que ce soit pour analyser les performances d’un voilier, explorer l’histoire ou décortiquer les subtilités de la course au large, il aborde chaque sujet avec le souci du détail et un regard expert.
Charlotte Lacroix
Charlotte Lacroix
Charlotte Lacroix
Charlotte est une véritable globe-trotteuse ! Très jeune, elle a vécu aux quatre coins du monde et a pris goût à la découverte du monde et à l'évasion. Tantôt à pied, en kayak, en paddle, à voile ou à moteur, elle aime partir à la découverte de paradis méconnus. Elle collabore avec Figaro Nautisme au fil de l'eau et de ses coups de cœur.
Max Billac
Max Billac
Max Billac
Max est tombé dedans quand il était petit ! Il a beaucoup navigué avec ses parents, aussi bien en voilier qu'en bateau moteur le long des côtes européennes mais pas que ! Avec quelques transatlantiques à son actif, il se passionne pour le monde du nautisme sous toutes ses formes. Il aime analyser le monde qui l'entoure et collabore avec Figaro Nautisme régulièrement.
Denis Chabassière
Denis Chabassière
Denis Chabassière
Naviguant depuis son plus jeune âge que ce soit en croisière, en course, au large, en régate, des deux côtés de l’Atlantique, en Manche comme en Méditerranée, Denis, quittant la radiologie rochelaise en 2017, a effectué avec sa femme à bord de PretAixte leur 42 pieds une circumnavigation par Panama et Cape Town. Il ne lui déplait pas non plus de naviguer dans le temps avec une prédilection pour la marine d’Empire, celle de Trafalgar …
Michel Ulrich
Michel Ulrich
Michel Ulrich
Après une carrière internationale d’ingénieur, Michel Ulrich navigue maintenant en plaisance sur son TARGA 35+ le long de la côte atlantique. Par ailleurs, il ne rate pas une occasion d’embarquer sur des navires de charge, de travail ou de services maritimes. Il nous fait partager des expériences d’expédition maritime hors du commun.
METEO CONSULT
METEO CONSULT
METEO CONSULT
METEO CONSULT est un bureau d'études météorologiques opérationnel, qui assiste ses clients depuis plus de 30 ans. Les services de METEO CONSULT reposent sur une équipe scientifique de haut niveau et des moyens techniques de pointe. Son expertise en météo marine est reconnue et ses prévisionnistes accompagnent les plaisanciers, les capitaines de port et les organisateurs de courses au large depuis ses origines : Route du Rhum, Transat en double, Solitaire du Figaro…
Cyrille Duchesne
Cyrille Duchesne
Cyrille Duchesne
Titulaire d'un doctorat en Climatologie-Environnement, Cyrille est notre expert METEO CONSULT. Après avoir enseigné la climatologie et la géographie à l'université, il devient l'un des météorologues historiques de La Chaîne Météo en intégrant l'équipe en 2000. Spécialiste de la météo marine, il intervient également en tant qu'expert météo marine pour des courses de renommée mondiale, comme la Route du Rhum, la Solitaire du Figaro, la Transat Paprec...
Irwin Sonigo
Irwin Sonigo
Irwin Sonigo
Capitaine 200 et ancien embarqué dans la Marine nationale, Irwin Sonigo a exploré toutes les facettes de la navigation. Des premiers bords sur un cotre aurique de 1932 à la grande plaisance sur la Côte d’Azur, en passant par les catamarans de Polynésie, les voiliers des Antilles ou plusieurs transatlantiques, il a tout expérimenté. Il participe à la construction d’Open 60 en Nouvelle-Zélande et embarque comme boat pilote lors de la 32e America’s Cup. Aujourd’hui, il met cette riche expérience au service de Figaro Nautisme, où il signe des essais et reportages ancrés dans le réel.