Bateau d’occasion : ces défauts cachés qui peuvent vous coûter cher…

Economie
Par Le Figaro Nautisme

Un bateau d’occasion peut sembler prêt à larguer les amarres. Pourtant, derrière une coque brillante et un moteur qui démarre au quart de tour, certains défauts techniques peuvent transformer l’achat en chantier coûteux. Structure, propulsion, pont, électronique, gréement : voici les 15 problèmes les plus onéreux rencontrés après acquisition…

Un bateau d’occasion peut sembler prêt à larguer les amarres. Pourtant, derrière une coque brillante et un moteur qui démarre au quart de tour, certains défauts techniques peuvent transformer l’achat en chantier coûteux. Structure, propulsion, pont, électronique, gréement : voici les 15 problèmes les plus onéreux rencontrés après acquisition…

L’achat d’un bateau d’occasion est un acte passionnel. On se projette au large, en croisière côtière ou en traversée hauturière, parfois même en grand voyage. Si ce rêve est légitime est réel pour de nombreux acheteurs de bateaux d’occasion, il arrive que des déconvenues soient au rendez-vous. Et la majorité des problèmes et leurs conséquences financières ne surviennent pas juste après la signature de l’acte de vente, mais dans les mois qui suivent.

« Le bateau peut paraître sain à la visite. Ce sont les démontages, les expertises complémentaires et les premières navigations qui révèlent les vrais sujets », explique un expert maritime basé sur la façade Atlantique. Les postes qui coûtent le plus cher ont un point commun : ils touchent à la structure, à la propulsion ou à l’étanchéité. Autrement dit, à ce qui ne se voit pas et se négocie rarement.

1. L’osmose : quand la coque devient un chantier

L’osmose n’est pas qu’un problème esthétique. Lorsque les cloques sont profondes ou généralisées, le traitement impose décapage, séchage long, reprise des stratifiés et nouveau système d’étanchéité.

Sur un voilier de 10 à 12 m, le traitement peut représenter entre 4 000 et 10 000 €. Si la structure interne est atteinte, la facture peut encore grimper. L’immobilisation à terre, parfois plusieurs mois, ajoute un coût indirect rarement anticipé.

2. Talonnage et désordre au niveau de la quille

Une fissure au joint coque quille peut paraître bénigne. Elle peut en réalité révéler un talonnage ancien. Le démontage de la quille, la vérification des goujons, la reprise du massif et la repose représentent un chantier lourd.

Selon les cas, les réparations s’échelonnent entre 2 000 et 8 000 €, davantage si la structure interne est touchée.

3. Boulons de quille corrodés

Lorsque les têtes de goujons présentent des traces d’oxydation avancée, la seule manière fiable d’évaluer la situation consiste à déquiller. C’est une opération technique, chronophage et coûteuse.

Compter plusieurs milliers d’euros, même lorsque la réparation reste limitée.

4. Safran et système de barre

Un jeu excessif dans la mèche ou des bagues usées peuvent sembler tolérables à quai. En navigation, la situation devient critique. Dépose du safran, remplacement des bagues, reprise d’étanchéité et réalignement entraînent des factures de 1 000 à 4 000 €.

Sur certains modèles, l’accessibilité complique l’intervention et augmente la main d’œuvre.

5. Pont sandwich humide ou délaminé

Les zones molles sur un pont ne doivent jamais être prises à la légère. L’humidité dans le sandwich impose ouverture, séchage, reconstruction et parfois dépose d’accastillage.

Selon la surface concernée, la réparation peut coûter de 2 000 à 15 000 €.

6. Saildrive et joint d’embase

Le joint de saildrive est une pièce stratégique dont le remplacement périodique est recommandé. Sa dépose impose parfois la sortie du moteur…

Selon la configuration, l’opération oscille entre 1 500 et 3 500 €.

7. Inverseur défaillant

Un inverseur fatigué peut fonctionner lors de l’essai, puis révéler des difficultés en charge. Son remplacement, pièces et main d’œuvre incluses, peut atteindre 3 000 à 8 000 €.

8. Remotorisation complète

Le moteur d’origine d’un bateau de 20 ou 30 ans arrive souvent en fin de vie. Une remotorisation, incluant adaptation des supports, ligne d’arbre ou faisceaux, représente généralement entre 12 000 et 20 000 €.

9. Circuit carburant et réservoir pollué

Boue, bactéries, dépôts anciens peuvent provoquer des pannes récurrentes. Nettoyage du réservoir, remplacement des durites et filtres peuvent atteindre 800 à 4 000 € selon accessibilité.

10. Passe coques et vannes vieillissantes

Les organes immergés sont souvent sous-estimés. Leur remplacement préventif est recommandé tous les 10 à 15 ans selon les matériaux.

Une rénovation complète peut représenter 1 000 à 3 000 €.

11. Gréement dormant

Sur un voilier de 10 à 12 m, le remplacement du gréement dormant coûte généralement entre 3 000 et 8 000 €. Ce poste touche directement à la sécurité et ne peut être différé indéfiniment.

12. Jeu de voiles à renouveler

Des voiles « encore correctes » pour une navigation occasionnelle peuvent s’avérer inadaptées pour un programme ambitieux. Grand-voile et génois neufs représentent souvent 3 000 à 10 000 € selon matériaux et surface.

13. Électronique vieillissante

Remettre à niveau un bord complet avec pilote automatique, traceur, capteurs et VHF peut atteindre 3 000 à 15 000 € selon les choix techniques.

Le remplacement partiel entraîne souvent des incompatibilités qui imposent un renouvellement plus large que prévu.

14. Pont en teck en fin de vie

Un pont en teck usé ou mal posé peut nécessiter une dépose complète. Les coûts varient fortement selon la surface, mais peuvent atteindre 10 000 à 60 000 € pour une reprise intégrale.

C’est l’un des postes les plus spectaculaires en termes de budget.

15. Hublots et vaigrages

Des hublots qui fuient entraînent humidité et dégradation des vaigrages. Le remplacement d’un hublot coûte généralement 300 à 1 000 € pièce posé. La réfection complète d’un vaigrage peut représenter 2 500 à 10 000 € selon l’ampleur des travaux.

Ce que disent les professionnels

Un responsable de chantier résume la situation avec pragmatisme : « Le problème n’est pas d’avoir des travaux à faire. Le problème, c’est de ne pas les avoir chiffrés avant d’acheter. »

Les experts maritimes insistent sur une hiérarchie claire : structure, propulsion et sécurité d’abord. Confort et esthétique ensuite. Une approche rationnelle permet souvent de transformer un achat risqué en projet maîtrisé.

Alors, on achète ou pas ?

Acheter un bateau d’occasion n’est pas une loterie, mais un exercice d’anticipation. Les défauts les plus coûteux sont rarement visibles au premier regard. Ils exigent méthode, expertise et parfois courage pour renoncer.

Car en mer, plus qu’ailleurs, ce qui coûte cher n’est pas le rêve. C’est ce que l’on n’a pas voulu voir avant de signer.

L'équipe
Nathalie Moreau
Nathalie Moreau
Nathalie Moreau
Nathalie Moreau est l’atout voyage et évasion de l’équipe, elle est passionnée de croisières et de destinations nautiques. En charge du planning rédactionnel du site figaronautisme.com et des réseaux sociaux, Nathalie suit de très près l’actualité et rédige chaque jour des news et des articles pour nous dépayser et nous faire rêver aux quatre coins du monde. Avide de découvertes, vous la croiserez sur tous les salons nautiques et de voyages en quête de nouveaux sujets.
Gilles Chiorri
Gilles Chiorri
Gilles Chiorri
Associant une formation d’officier C1 de la marine marchande et un MBA d’HEC, Gilles Chiorri a sillonné tous les océans lors de nombreuses courses au large ou records, dont une victoire à la Mini Transat, détenteur du Trophée Jules Verne en 2002 à bord d’Orange, et une 2ème place à La Solitaire du Figaro la même année. Il a ensuite contribué à l’organisation de nombreux évènements, comme la Coupe de l’America, les Extreme Sailing Series et des courses océaniques dont la Route du Rhum et la Solitaire du Figaro (directeur de course), la Volvo Ocean Race (team manager). Sa connaissance du monde maritime et son réseau à l’international lui donnent une bonne compréhension du milieu qui nous passionne.
Il collabore avec les équipes de METEO CONSULT et Figaro Nautisme depuis plus de 20 ans.
Sophie Savant-Ros
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Sophie Savant-Ros, architecte de formation et co-fondatrice de METEO CONSULT est entre autres, directrice de l’édition des « Bloc Marine » et du site Figaronautisme.com.
Sophie est passionnée de photographie, elle ne se déplace jamais sans son appareil photo et privilégie les photos de paysages marins. Elle a publié deux ouvrages consacrés à l’Ile de Porquerolles et photographie les côtes pour enrichir les « Guides Escales » de Figaro Nautisme.
Albert Brel
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Albert Brel, parallèlement à une carrière au CNRS, s’est toujours intéressé à l’équipement nautique. Depuis de nombreuses années, il collabore à des revues nautiques européennes dans lesquelles il écrit des articles techniques et rend compte des comparatifs effectués sur les divers équipements. De plus, il est l’auteur de nombreux ouvrages spécialisés qui vont de la cartographie électronique aux bateaux d’occasion et qui décrivent non seulement l’évolution des technologies, mais proposent aussi des solutions pour les mettre en application à bord des bateaux.
Jean-Christophe Guillaumin
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Jean-Christophe Guillaumin
Journaliste, photographe et auteur spécialisé dans le nautisme et l’environnement, Jean-Christophe Guillaumin est passionné de voyages et de bateaux. Il a réussi à faire matcher ses passions en découvrant le monde en bateau et en le faisant découvrir à ses lecteurs. De ses nombreuses navigations il a ramené une certitude : les océans offrent un terrain de jeu fabuleux mais aussi très fragile et aujourd’hui en danger. Fort d’une carrière riche en reportages et articles techniques, il a su se distinguer par sa capacité à vulgariser des sujets complexes tout en offrant une expertise pointue. À travers ses contributions régulières à Figaro Nautisme, il éclaire les plaisanciers, amateurs ou aguerris, sur les dernières tendances, innovations technologiques, et défis liés à la navigation. Que ce soit pour analyser les performances d’un voilier, explorer l’histoire ou décortiquer les subtilités de la course au large, il aborde chaque sujet avec le souci du détail et un regard expert.
Charlotte Lacroix
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Charlotte est une véritable globe-trotteuse ! Très jeune, elle a vécu aux quatre coins du monde et a pris goût à la découverte du monde et à l'évasion. Tantôt à pied, en kayak, en paddle, à voile ou à moteur, elle aime partir à la découverte de paradis méconnus. Elle collabore avec Figaro Nautisme au fil de l'eau et de ses coups de cœur.
Max Billac
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Max est tombé dedans quand il était petit ! Il a beaucoup navigué avec ses parents, aussi bien en voilier qu'en bateau moteur le long des côtes européennes mais pas que ! Avec quelques transatlantiques à son actif, il se passionne pour le monde du nautisme sous toutes ses formes. Il aime analyser le monde qui l'entoure et collabore avec Figaro Nautisme régulièrement.
Denis Chabassière
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Naviguant depuis son plus jeune âge que ce soit en croisière, en course, au large, en régate, des deux côtés de l’Atlantique, en Manche comme en Méditerranée, Denis, quittant la radiologie rochelaise en 2017, a effectué avec sa femme à bord de PretAixte leur 42 pieds une circumnavigation par Panama et Cape Town. Il ne lui déplait pas non plus de naviguer dans le temps avec une prédilection pour la marine d’Empire, celle de Trafalgar …
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Après une carrière internationale d’ingénieur, Michel Ulrich navigue maintenant en plaisance sur son TARGA 35+ le long de la côte atlantique. Par ailleurs, il ne rate pas une occasion d’embarquer sur des navires de charge, de travail ou de services maritimes. Il nous fait partager des expériences d’expédition maritime hors du commun.
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Titulaire d'un doctorat en Climatologie-Environnement, Cyrille est notre expert METEO CONSULT. Après avoir enseigné la climatologie et la géographie à l'université, il devient l'un des météorologues historiques de La Chaîne Météo en intégrant l'équipe en 2000. Spécialiste de la météo marine, il intervient également en tant qu'expert météo marine pour des courses de renommée mondiale, comme la Route du Rhum, la Solitaire du Figaro, la Transat Paprec...
Irwin Sonigo
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Irwin Sonigo
Capitaine 200 et ancien embarqué dans la Marine nationale, Irwin Sonigo a exploré toutes les facettes de la navigation. Des premiers bords sur un cotre aurique de 1932 à la grande plaisance sur la Côte d’Azur, en passant par les catamarans de Polynésie, les voiliers des Antilles ou plusieurs transatlantiques, il a tout expérimenté. Il participe à la construction d’Open 60 en Nouvelle-Zélande et embarque comme boat pilote lors de la 32e America’s Cup. Aujourd’hui, il met cette riche expérience au service de Figaro Nautisme, où il signe des essais et reportages ancrés dans le réel.