Le Panama renforce sa présence dans le yachting en France avec Crusoe
Le pavillon panaméen est un poids lourd du transport maritime mondial. Dans le yachting, en revanche, son nom est sans doute moins immédiatement associé aux choix d’immatriculation des propriétaires. C’est précisément sur ce terrain que le Panama souhaite aujourd’hui gagner en visibilité en France. Le Consulat du Panama en France s’est rapproché de Crusoe, qui accompagne des propriétaires de yachts et travaille avec un réseau de courtiers, assureurs, banques et avocats spécialisés dans le secteur. L’objectif affiché est de créer un relais supplémentaire auprès du marché français et, plus largement, européen.
Derrière ce rapprochement se trouve un registre maritime dont l’histoire remonte à plus d’un siècle. Créé en 1917, il est aujourd’hui le premier au monde en nombre de navires enregistrés. Le Panama a par ailleurs rejoint l’Organisation maritime internationale en 1958 et siège à son Conseil depuis 1979.
Cette place particulière s’explique notamment par un système pensé très tôt pour des propriétaires et des opérateurs internationaux. Le registre panaméen n’impose ni condition de nationalité ni tonnage minimum pour l’immatriculation d'un navire. Les démarches ont également évolué avec la dématérialisation. Le système REN permet aujourd’hui de procéder à l’enregistrement de manière numérique, tandis que le cadre juridique panaméen prévoit l’inscription d’hypothèques sur des navires en exploitation ou en construction, mais également sur des flottes.
La fiscalité fait elle aussi partie des caractéristiques du modèle : les activités maritimes internationales sont exemptées de l’impôt panaméen sur le revenu. Autant de dispositions qui expliquent en partie le poids acquis par le pavillon à l’échelle mondiale, même si le Panama cherche désormais à mieux faire connaître cette offre au-delà de son terrain historique du transport maritime commercial.
Le rapprochement engagé en France traduit justement cette volonté de s’adresser plus directement au monde du yacht. Car derrière le choix d’un pavillon se trouvent des considérations qui dépassent largement la simple formalité administrative. Nationalité du propriétaire, programme de navigation, statut et usage du bateau, financement ou encore situation juridique peuvent entrer en ligne de compte. Le choix de l’immatriculation s’inscrit donc dans une réflexion plus large, généralement menée avec différents professionnels spécialisés.
C’est dans cette chaîne d’acteurs que vient s’inscrire le partenariat avec Crusoe. L’entreprise doit notamment servir de point de contact entre le Consulat du Panama et un écosystème français du yachting composé de propriétaires, mais aussi de courtiers, assureurs, banques ou avocats. Le Panama peut également s’appuyer sur une présence déjà largement internationalisée. Son dispositif comprend 15 bureaux régionaux et 46 consulats maritimes privés répartis à travers le monde. Pour les marins professionnels, le pays délivre par ailleurs un livret conforme à la convention STCW, doté d’une authentification par QR code et permettant de retracer le parcours professionnel de son détenteur.
« Le registre panaméen représente plus d’un siècle d’histoire maritime, un cadre réglementaire solide et une présence internationale de premier plan », souligne Ana H. Altamirano D. Avec ce partenariat, le Panama cherche donc avant tout à rapprocher un registre historiquement mondial du marché français du yacht. Une démarche qui témoigne aussi de l’importance prise par l’accompagnement juridique, administratif et financier dans un univers du yachting où l’immatriculation constitue désormais un choix à part entière dans la vie d’un bateau.