
41 concurrents prendront le départ de la Solitaire du Figaro ce dimanche de Pauillac mais ce sont presque autant de professionnels qui participent à la course à terre, pour préparer le bateau.
Matthieu Hacquebart, préparateur de Nicolas Lunven
En cette veille de prologue sur le ponton, le préparateur du bateau Generali s’occupe du poids mobile qui comprend le matériel de sécurité ainsi que la nourriture et les vêtements, décidés à la dernière minute en fonction de la météo. Le bateau, lui, est prêt depuis la Solo Concarneau. « Je travaille avec Nicolas depuis 2009 et chaque année, nous essayons de pousser davantage la préparation. » Le jeune homme, formé à l’orfèvrerie à la prestigieuse Ecole Boule, a rencontré Nicolas Lunven l’année de sa victoire sur la Solitaire et a construit avec lui un partenariat sur la durée. "C'est lié au caractère de Nicolas qui construit sa carrière en s'entourant d'un équipe stable, un cocon, observe Matthieu Hacquebart. Et puis évidemment le nerf de la guerre c’est l'argent. Beaucoup de skippers ont des petits budgets et embauchent ponctuellement un préparateur lors des courses. On doit être en déplacement 75 jours dans l'année donc ils payent un préparateur à la journée pour 80 jours. Je ne suis pas certain que ce soit un meilleur calcul.
Gildas Mahé, préparateur de Jérémie Beyou
Un peu plus loin sur le ponton, Gildas Mahé s'affaire autour du bateau Maitre Coq. Ce touche-à-tout a toujours préparé des bateaux en plus de ses courses. "Cela me permet d'avoir un oeil global sur la course, explique-t-il. Et finalement, quand on navigue, c'est aussi bien d'avoir en tête les problématiques des gens à terre. Le fait de travailler avec un double vainqueur de la Solitaire me permet également de mieux comprendre sa manière de naviguer. Il y a des choses qu'on ne voit pas de l’extérieur." Jérémie Beyou apprécie de son côté de pouvoir échanger avec un marin qui connaît ses enjeux en mer. Jeudi, ils ont ainsi échangé sur la meilleure façon de se préparer pour la brise au cap Finisterre. "Je dirais qu'un bon préparateur est rigoureux mais aussi et surtout à l'écoute du marin, chacun a ses petites lubies. Il faut que les caractères collent. » Gildas Mahé explique aussi s’enrichir au contact d’un double vainqueur comme Jérémie Beyou dans la perspective de sa prochaine course en Figaro, le Tour de Bretagne.
Guillaume Farsy, préparateur de Paul Meilhat et Fabien Delahaye, skipper Macif
Les bateaux Macif partagent le même préparateur, Guillaume Farsy. Lorsqu’il travaillait pour Banque Populaire, il avait adapté le bateau de Jeanne Grégoire à sa force physique en jouant sur les détails. Cette année, il nous explique les différences entre les deux bateaux Macif, d’apparence identiques : « Fabien travaille beaucoup avec l’électronique tandis que Paul a plus tendance à aller chercher la sensation, explique-t-il. Donc le matériel électronique n’est pas utilisé de la même façon chez l’un et chez l’autre. Les voiles sont également différentes ; ils n’ont pas du tout le même génois car il y a des tranches de vent où l’un est plus performant que l’autre. Ils ont donc discuté avec leur voilier (North Sail pour l’un, Incidences pour l’autre), afin de combler les vides de vitesse. »
Julien Romagne, préparateur d’Armel Le Cleac’h (Banque Populaire)
"En tant que préparateur, il faut aller à la pêche aux informations auprès des autres préparateurs", explique le préparateur Banque Populaire. C’est sûr que par rapport à ce que j’ai vécu avant au sein de l’IMOCA ou au travail qu’on fait avec le maxi on a moins de marges de jeu moins mais au final, quand on creuse, il y a pas mal de choses à faire sur les détails."
Milena Schoenahl , préparatrice de Jean-Paul Mouren (Groupe Snef)
La jeune femme prépare son deuxième départ de Solitaire pour le plus expérimenté des concurrents. « Je sais maintenant qu’il faut que je fasse comme si je partais moi-même en course », explique la passionnée de voile qui navigue sur le Vor 60 Team Jolokia et en catamaran. « J’essaye de m’obliger à faire des listes pour rien n’oublier mais il y a toujours des choses de dernière minute. » Mercredi, Milena a dû prendre en urgence un rendez-vous chez le médecin pour boucler la trousse à pharmacie. « Tout est particulier à bord d’un Figaro, on ne peut pas coller un scotch ou laver un winch n’importe comment. Tout ce qui paraît bête a une technique mais il n’y a pas de formation pour cela. Donc ce sont les préparateurs qui m’ont formée. »