
Avant de plonger vers Porto, les 41 concurrents de la Solitaire ont bénéficié de conditions idéales et sportives dans le golfe de Gascogne.
Les sentiments étaient unanimes lundi après-midi. Neptune offrait des moments de rêve pour marins pressés en ce début de première étape. En bottes de sept lieues, les skippers de la Solitaire du Figaro Éric Bompard Cachemire déboulaient sur l’Atlantique flamberge au vent. Sachant tous que dans la soirée, l’adrénaline allait encore monter d’un cran. Adrien Hardy (Agir Recouvrement), à quelques encablures des premiers du classement de l’après-midi, vivait ces instants avec délectation : « Les conditions sont superbes depuis le début. On se croirait faire route sur une transat, avec un alizé portant de 15 à 20 nœuds. En plus, je me sens bien car j’ai pu engranger un peu de sommeil. Les écarts sont faibles et il risque de se passer encore beaucoup de choses d’ici Porto. Il faut s’appliquer, passer du temps à la barre, et être frais pour cette nuit où la force du vent devrait augmenter ».
Faisant corps avec les partisans d’une route plus Sud, avec Yann Éliès (Groupe Quéguiner-Leucémie Espoir) en leader, Julien Villion (Seixo Habitat), pour sa deuxième participation sur l’épreuve, n’était pas mécontent d’évoluer avec certains des cadors de la meute : « Avoir attendu si longtemps de telles conditions et se retrouver en T-shirt et short, cela fait du bien. Je suis confiant dans mon placement et je vois le groupe qui était en tête ce matin, avec Desjoyeaux et Beyou. En revanche, ceux qui sont plus haut, je ne les distingue plus. De toute façon, entre le milieu, le Nord et le Sud, il y aura pas beaucoup d’écart quand tout le monde va recroiser ». Le Trinitain s’inquiétait malgré tout d’Armel Le Cléac’h (Banque Populaire). Il avait raison. Ce dernier, en franc tireur et chacal rusé, avait emprunté une route plus méridionale dans la matinée et venait de prendre sournoisement la deuxième place au classement.
Morgan Lagravière (Vendée), l’un des plus septentrionaux de l’échiquier, se disait mûr pour toutes les audaces. Bien décidé à confirmer son rôle de favori de cette 44e édition : « Après mes soucis de pompe de ballasts du départ où j’ai perdu pas mal de temps, je suis à nouveau dans le coup et j’applique la stratégie imaginée avec mon équipe avant le départ. Je suis vraiment prêt à attaquer et encore plus en confiance. Par rapport à mes deux précédentes participations, je suis prêt aussi à tout encaisser ».
Dans l’azur de leurs espérances, les marins attendaient donc de voir les muscles de leur voile ballon se gonfler encore plus. Un vent d’Est-Nord-Est dépassant les 30 nœuds devant les fouetter la nuit tombée. Ils croisaient les doigts pour conjurer la moindre embardée.
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