
Cinq ans après avoir embarqué sur La Solitaire du Figaro, la Maison Éric Bompard a décidé de renouveler son partenariat avec la course en solitaire à armes égales, dont le départ sera donné de Deauville le 19 juin prochain. Entretien avec Éric Bompard.
Qu'est ce qui, à l’origine, a poussé la Maison Éric Bompard à se tourner vers la voile ?
Nous avons eu l’opportunité de sponsoriser Karine Fauconnier, qui cherchait un sponsor pour participer à La Solitaire du Figaro, il y a six ans. Cette idée m’a séduit, d’autant plus que les femmes constituent notre cœur de clientèle. La Solitaire du Figaro est une course à armes égales extrêmement difficile, qui demande beaucoup d’engagement de la part des marins. De manière générale, j’aime les sports en adéquations avec nos valeurs. Je ne suis pas un spécialiste de la voile, mais je suis attiré par certains sports extrêmes. Pour moi, la voile en est un car les marins vont au bout d’eux-mêmes.
Vous avez donné une nouvelle dimension à votre engagement dans la voile en devenant sponsor principal de La Solitaire du Figaro un an après…
Le contrat du précédent sponsor, qui avait décidé de se retirer de la course, était arrivé à terme. La Direction générale du Figaro m’a alors proposé de le remplacer. La situation était différente de l’année précédente. Au lieu de sponsoriser un bateau, il s’agissait de sponsoriser la course entière. Cela représentait un risque pour une entreprise de taille moyenne comme la nôtre. J’ai accepté après avoir évalué comment on pouvait inscrire ce partenariat dans notre schéma de communication et notre schéma financier.
Cinq ans après, quel bilan tirez-vous de votre partenariat avec la course ?
Sur le plan purement sportif, le bilan est très positif car la course correspond à notre image. Cela nous a permis de rencontrer des marins d’une qualité exceptionnelle, de vivre une course passionnante et de superbes étapes. Même si chaque course est différente, les valeurs et l’engagement restent les mêmes. Du côté du retour sur investissement, le bilan est plus mitigé. La course reste assez locale et plus particulièrement bretonne. Elle ne jouit pas de l’aura nationale qui pourrait servir la communication de la Maison Bompard. Le but de notre engagement dans le sponsoring sportif depuis 30 ans est de développer notre notoriété et d’attirer de nouveaux clients. En outre, nous avons accolé notre nom à celui de la Solitaire du Figaro. La presse, hormis Le Figaro, ne nous a cités que très rarement. Il était donc difficile d’exister médiatiquement. On a eu beaucoup de mal à s’y retrouver de ce côté-là.
Comment avez-vous exploité votre partenariat ?
Nous étions présents sur le Village de la course via un stand, qui nous a permis de présenter nos produits et de les faire connaître à un certain nombre de personnes qui ne connaissaient pas la Maison. Nous avons également invité certains de nos clients locaux sur les étapes, et relayé le partenariat dans l’ensemble de nos 54 magasins.
Vous aviez décidé de vous laisser le temps de la réflexion après la dernière édition, qu'est ce qui vous a décidé à repartir sur La Solitaire ?
Après la dernière édition, nous étions toujours dans un contexte économique général difficile. Or, quand l’économie est bousculée, les entreprises doivent identifier leurs priorités. Bien souvent, la communication en fait les frais. Conserver notre partenariat avec La Solitaire était loin d’être une évidence, mais je me suis dit que plus le contexte économique était difficile, plus la communication l’était aussi, et qu’il fallait se donner du mal pour être vu. Notre décision a été prise après mûre réflexion et quelques corrections de certaines zones qui nous posaient problème, grâce à la Direction générale du Figaro.
La course change de nom et devient La Solitaire Bompard – Le Figaro. Le naming de la course était-il une condition sine qua non à votre réengagement ?
Je ne dirais pas que c’était une condition sine qua non, mais le changement de nom de la course était extrêmement important pour la Maison Éric Bompard. Cela va nous permettre d’avoir une image plus marquée, plus nationale, et offrira à la marque plus de visibilité. Pour exister, il faut que la communication soit visible et forte.
Quelle est la durée de ce nouvel engagement ?
Nous avons renouvelé notre partenariat pour un an. Cette année va être fondamentale, d’autant plus qu’il y a une nouvelle organisation avec le rachat d’OC Sport-Pen Duick par Le Télégramme. Il faudra que l’on fasse un bilan complet après l’édition 2016. Après, nous entretenons une relation toute particulière avec Le Figaro depuis 30 ans. C’est une grande famille dont on fait un peu partie.