Tension et incertitudes à la veille de la dernière étape de La Solitaire du Figaro

Course au large
Vendredi 18 septembre 2020 à 19h02

A la veille du départ de la quatrième et dernière étape de La Solitaire du Figaro, la tension monte d’un cran en raison d’une situation météo très incertaine qui a conduit la direction de course à réduire le parcours à 83 milles. Dans ces conditions, la lutte finale annoncée entre les deux leaders au général, Armel Le Cléac’h et Frédéric Duthil, pourrait être mouvementée...

©Alexis Courcoux
A la veille du départ de la quatrième et dernière étape de La Solitaire du Figaro, la tension monte d’un cran en raison d’une situation météo très incertaine qui a conduit la direction de course à réduire le parcours à 83 milles. Dans ces conditions, la lutte finale annoncée entre les deux leaders au général, Armel Le Cléac’h et Frédéric Duthil, pourrait être mouvementée...

Le traditionnel briefing météo de veille de départ, organisé par la direction de course en visio-conférence ce vendredi, a bien donné le ton de la tension qui, jusqu’à dimanche, va peser sur l’issue de la 51e édition de La Solitaire du Figaro. Les deux leaders au général, Armel Le Cléac’h (Banque Populaire) et Frédéric Duthil (Technique Voile / Cabinet Bourhis Generali), y ont pris la parole pour se faire préciser des détails des parcours et points de règlement, preuve que l’un comme l’autre sont déjà rentrés dans le match de la quatrième et dernière étape.

Une étape qui, comme la précédente, entre Dunkerque et Saint-Nazaire, s’annonce très incertaine d’un point de vue météo. « Il y a une vaste zone dépressionnaire pas très bien organisée sur le Golfe qui génère des vents pas très bien établis et très faibles. La situation s’annonce délicate et nécessitera de surveiller les vents sur le plan d’eau, avec éventuellement quelques grains synonymes de regains d’air temporaires dont il faudra savoir profiter », résume Cyrille Duchesne, de Météo Consult.

Très peu d’air, à savoir 4-6 nœuds maximum sur la zone de départ samedi à 19h15 devant Saint-Michel-Chef-Chef, au sud de Saint-Nazaire, et à peine plus pendant les 20 heures suivantes. Ce qui a conduit la direction de course à proposer un parcours raccourci de 83 milles qui consistera en un aller-retour entre l’estuaire de la Loire et l’île d’Yeu. « C’est un petit parcours, parce qu’il n’y a pas de vent, explique Francis Le Goff, le directeur de course. On se laisse même la possibilité de mouiller une bouée cylindrique une douzaine de milles dans le nord de l’île d’Yeu pour faire un pointage officiel au cas où la flotte ne progresserait pas suffisamment vite. Et si dimanche à 10h, elle n’a pas franchi le sud de l’île d’Yeu (à environ 35 milles de Saint-Nazaire), la manche sera annulée. La Solitaire du Figaro n’est pas un côtier, il faut que cette étape fasse au minimum 50 milles pour conserver l’esprit du large ». Dans la même veine, la manche ne sera pas lancée si, à 20h30 maximum, le vent n’est pas suffisamment établi sur le plan d’eau, la réglementation interdisant les départs de nuit.

Inutile de dire que du côté des coureurs qui jouent gros sur cet ultime tronçon, que ce soit pour la victoire finale, mais aussi pour le classement Bénéteau des bizuths -Trophée Eric Ingouf et le Vivi Trophy récompensant le meilleur marin étranger, cette situation génère une pression supplémentaire. « C’est sûr que c’est le scénario le plus compliqué pour moi, avec une météo très incertaine, peu de vent et beaucoup de courant, j’espère que cette dernière étape pourra se disputer dans des conditions normales de course », confirme le leader, Armel Le Cléac’h, conscient de pouvoir perdre gros sur cette étape de tous les dangers.

Dans ces conditions, ses 10 minutes et 43 secondes d’avance sur son dauphin, Fred Duthil ne pèsent pas bien lourd, mais le skipper de Banque Populaire, à qui les arrivées finales à Saint-Nazaire ont jusqu’ici toujours réussi (deuxième place au général en 2000 pour sa première Solitaire, victoire en 2003 avec 13 petites secondes d’avance sur Alain Gautier), essaie de relativiser : « Ça ne va pas m’empêcher de dormir, j’en ai vu d’autres, ça reste du sport et on est tous logés à la même enseigne, il faudra être bon jusqu’au bout pour aller chercher cette victoire ».

Une troisième victoire sur La Solitaire du Figaro qui lui ferait intégrer le « club des cinq » (Philippe Poupon, Jean Le Cam, Michel Desjoyeaux, Jérémie Beyou et Yann Eliès), mais que Frédéric Duthil est déterminé à lui contester jusqu’au bout, lui qui confie en cette veillée d’armes : « Deuxième, troisième, quatrième, cinquième, dixième du classement, pour moi, ça ne va pas changer. J’ai déjà fait trois podiums sur La Solitaire, une fois deuxième, deux fois troisième, un quatrième serait génial, mais le passé m’a appris qu’on ne retient que le vainqueur. Ce qui m’intéresse, c’est de tenter de rattraper ces dix minutes et de me battre contre Armel ».

Et vu les conditions, les Tom Laperche (Bretagne CMB Espoir), Adrien Hardy (Ocean Attitude), Tom Dolan (Smurfit Kappa) et Fabien Delahaye (Laboratoires Gilbert), qui suivent les deux leaders au classement, avec 91 minutes de retard pour ce dernier, peuvent se dire que sur cette Solitaire du Figaro décidément folle, il y aura jusqu’au bout un coup à jouer…

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Nathalie Moreau
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Nathalie Moreau est l'atout voyage et évasion de l'équipe, elle est passionnée de croisières et de destinations nautiques. En charge du planning rédactionnel du site figaronautisme.com et des réseaux sociaux, Nathalie suit de très près l'actualité et rédige chaque jour des news et des articles pour nous dépayser et nous faire rêver aux quatre coins du monde. Avide de découvertes, vous la croiserez sur tous les salons nautiques et de voyages en quête de nouveaux sujets.
Gilles Chiorri
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Associant une formation d’officier C1 de la marine marchande et un MBA d’HEC, Gilles Chiorri a sillonné tous les océans lors de nombreuses courses au large ou records, dont une victoire à la Mini Transat, détenteur du Trophée Jules Verne en 2002 à bord d’Orange, et une 2ème place à La Solitaire du Figaro la même année. Il a ensuite contribué à l’organisation de nombreux évènements, comme la Coupe de l’America, les Extreme Sailing Series et des courses océaniques dont la Route du Rhum et la Solitaire du Figaro (directeur de course), la Volvo Ocean Race (team manager). Sa connaissance du monde maritime et son réseau à l’international lui donnent une bonne compréhension du milieu qui nous passionne. Il collabore avec les équipes de METEO CONSULT et Figaro Nautisme depuis plus de 20 ans.
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Sophie Savant-Ros, architecte de formation et co-fondatrice de METEO CONSULT est entre autres, directrice de l'édition des « Bloc Marine » et du site Figaronautisme.com. Sophie est passionnée de photographie, elle ne se déplace jamais sans son appareil photo et privilégie les photos de paysages marins. Elle a publié deux ouvrages consacrés à l'Ile de Porquerolles et photographie les côtes pour enrichir les « Guides Escales » de Figaro Nautisme.
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Depuis toujours, François est passionné de voile en général et de multicoques en particulier. En croisière ou en course, de l’Europe à l’Australie, il ne les délaisse que lorsque le règlement l’exige : Mini-transat, Fastnet, Giraglia… Jamais rassasié de nouveautés, il a assisté à la plupart des salons sur les cinq continents. Depuis 2018 il se consacre entièrement à la rédaction et à l’information, notamment pour Figaro Nautisme.
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Albert Brel, parallèlement à une carrière au CNRS, s'est toujours intéressé à l'équipement nautique. Depuis de nombreuses années, il collabore à des revues nautiques européennes dans lesquelles il écrit des articles techniques et rend compte des comparatifs effectués sur les divers équipements. De plus, il est l'auteur de nombreux ouvrages spécialisés qui vont de la cartographie électronique aux bateaux d'occasion et qui décrivent non seulement l'évolution des technologies, mais proposent aussi des solutions pour les mettre en application à bord des bateaux
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Norbert Conchin est originaire de Paris mais très vite il prend le large pour découvrir le monde. Un premier voyage aux Antilles sur un Ketch puis un tour du monde dans la Marine lui donne le goût de la navigation. Il prend le chemin des côtes normandes pour exercer sa passion de la voile et de la régate. Décidé à vivre de sa passion, il travaille à partir de 1996 pour différents supports de la presse nautique avant de collaborer au Figaro Nautisme depuis 2017.
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Après une carrière internationale d’ingénieur, Michel Ulrich navigue maintenant en plaisance sur son Targa 35+ le long de la côte atlantique. Par ailleurs, il ne rate pas une occasion d’embarquer sur des navires de charge, de travail ou de services maritimes. Il nous fait partager des expériences d’expédition maritime hors du commun.
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Eric Mas est l'un des fondateur de METEO CONSULT – La Chaîne Météo. Éminent spécialiste de météo, Eric est également un marin passionné qui a routé les plus grands skippers sur toutes les eaux du globe : VDH lors du premier Vendée Globe, Philippe Jeantot, Jean Maurel, Michel Desjoyeaux, Francis Joyon, et tant d'autres. Actuellement il participe au projet de Lalou Roucayrol sur son multi 50.