Entretien avec Romain Attanasio, ambassadeur Helly Hansen

Vendée Globe
Vendredi 2 avril 2021 à 16h10

Romain Attanasio a bouclé son deuxième tour du monde à la 14e place le samedi 6 février dernier. C'est à tête (presque) reposée que nous avons pris de ses nouvelles : ses souvenirs du Vendée Globe, ses envies pour la suite et son partenariat avec Helly Hansen, qui accompagne le skipper avec succès depuis cinq ans maintenant.

©Tiphaine Puerto
Romain Attanasio a bouclé son deuxième tour du monde à la 14e place le samedi 6 février dernier. C'est à tête (presque) reposée que nous avons pris de ses nouvelles : ses souvenirs du Vendée Globe, ses envies pour la suite et son partenariat avec Helly Hansen, qui accompagne le skipper avec succès depuis cinq ans maintenant.

Figaro Nautisme : Vous avez franchi la ligne d'arrivée le 6 février dernier. Remis ?

Romain Attanasio : "C’est un peu la course depuis l’arrivée, tout s’est enchaîné donc les vacances ce sera à Pâques pendant les vacances scolaires !"

F. N. : Vous ajoutez un second Vendée Globe à votre palmarès. Quelles sont les différences par rapport au premier ?

R. A. : "20 jours de moins ! La première fois j’avais un vieux bateau, c’était vraiment l’aventure. Cette fois-ci c’était plus engagé même si j’ai cassé mon chariot de grand-voile pendant la première tempête tropicale de la course. C’était plus dur physiquement, mais psychologiquement c’était plus facile, je savais à quoi m’attendre."

F. N. : Quels sont vos meilleurs et pires souvenirs ?

R.A. : "La montée au mât c’est le pire ! On le fait lors du Trophée Mer Montagne c’est plus simple : on monte à 10 mètres, on sonne la cloche et on redescend. Je l’avais fait à quai à Port-la-Forêt, déjà là c’est un peu plus haut mais ça ne bouge pas. Alors la même chose en mer avec la fatigue du début de course… ce n’était pas facile ! Quant au meilleur… c'est quand je redescends ! Ce qui est dur dans le Vendée, c’est que tous les jours, il y a quelque chose qui nous pète à la figure et on a l’impression qu’on n'arrivera jamais à le réparer. Donc le moment où on trouve la solution, c’est super ! Sinon bien sûr le passage du Cap Horn. Certes c’est un caillou qui ressemble au Cap Fréhel, mais c’est mythique, il faut faire le Vendée Globe pour réussir à le voir puis il faut y lier tout le cheminement avant, c’est la récompense qui nous dit que l’on peut enfin remonter l’Atlantique !"

Nautisme Article
© Alexis Courcoux

F. N. : Aviez-vous un objectif de temps ? de classement ?

R. A. : "Un peu les deux. Pendant les trois dernières années je me disais parfois « si j’abandonne ce n’est pas grave, je vais attaquer, je l’ai déjà fini une fois ! » Mais finalement à l’approche du départ, on se dit qu’il n’est pas envisageable d’abandonner. Ensuite oui j’avais un objectif de performance qui était mieux que cela, après je n’avais pas prévu toutes les casses. J’aurais aimé être avec le groupe de tête mais je les ai lâchés à l’équateur quand je suis monté au mât… J’ai un petit regret là-dessus mais c’est vite passé avec la satisfaction d’arriver. Le top 10 ce sera pour 2024 !"

F. N. : Le fait que Samantha Davies soit aussi dans la course, cela vous a rajouté un stress supplémentaire ? Ou vous vous sentiez moins seuls ?

R. A. : "C’est un stress en plus car on s’inquiète pour deux, surtout qu’elle nous a vraiment donné des sueurs froides. Mais on communiquait tous les jours par message puis chaque dimanche lorsqu’on appelait notre fils à la maison. C’était compliqué car j’étais tiraillé entre avoir envie de partager la remontée avec elle, le retour de la chaleur et de meilleures conditions alors qu’elle était au bout de sa vie dans le Pacifique… Nous n’étions jamais dans les mêmes conditions en même temps."

F. N. : Quel est votre programme pour la suite, en attendant le Vendée Globe 2024 ?

R. A. : "J’aimerais bien avoir un autre bateau, c’est en cours ! Mon bateau n’est pas encore vendu mais c’est en bonne voie. Les bateaux se vendent très bien en ce moment, beaucoup de skippers et de sponsors repartent, donc il y a une grosse partie des bateaux qui est vendue. Le programme de cette année c’est l’Azimut et la Transat Jacques Vabre, puis la suite du programme jusqu’au Vendée Globe 2024."

F. N. : Vous êtes depuis plusieurs années ambassadeur Helly Hansen. En quoi consiste votre partenariat avec l'équipementier ? Leur nouvelle campagne s'intitule "Trust Makes It Possible" ("La Confiance Rend Possible"), qu'est ce que cela vous inspire ?

R. A. : "Helly Hansen me fournit des produits depuis cinq ans maintenant, des cirés, des vêtements de ville mais aussi pour l’équipe. J’ai de la chance d’être avec eux, déjà parce que c’est une boîte très sympa, ils viennent naviguer de temps en temps sur le bateau, puis les cirés sont vraiment bien. Ils écoutent nos avis, nos commentaires. A force d’avoir nos retours, ils ont développé les produits qu’on voulait et en plus, nous ne voulons pas tous la même chose… ils adaptent leurs gammes. Et puis, les vêtements de ville sont très sympas ! Je me suis découvert une nouvelle passion pour les chaussures, celles de Helly Hansen sont top alors je remplis mon placard à fond ! J’ai également une combinaison sèche Helly Hansen qui est vraiment bien. Ce que j’aime bien avec eux, c’est qu’ils ont à la fois des vêtements de tous les jours sympas et des vêtements techniques très efficaces. Je suis ravi du matériel que j’ai, ils sont vraiment bons."

Nautisme Article
© Eric Gachet

L'équipe
Nathalie Moreau
Nathalie Moreau
Nathalie Moreau est l'atout voyage et évasion de l'équipe, elle est passionnée de croisières et de destinations nautiques. En charge du planning rédactionnel du site figaronautisme.com et des réseaux sociaux, Nathalie suit de très près l'actualité et rédige chaque jour des news et des articles pour nous dépayser et nous faire rêver aux quatre coins du monde. Avide de découvertes, vous la croiserez sur tous les salons nautiques et de voyages en quête de nouveaux sujets.
Gilles Chiorri
Gilles Chiorri
Associant une formation d’officier C1 de la marine marchande et un MBA d’HEC, Gilles Chiorri a sillonné tous les océans lors de nombreuses courses au large ou records, dont une victoire à la Mini Transat, détenteur du Trophée Jules Verne en 2002 à bord d’Orange, et une 2ème place à La Solitaire du Figaro la même année. Il a ensuite contribué à l’organisation de nombreux évènements, comme la Coupe de l’America, les Extreme Sailing Series et des courses océaniques dont la Route du Rhum et la Solitaire du Figaro (directeur de course), la Volvo Ocean Race (team manager). Sa connaissance du monde maritime et son réseau à l’international lui donnent une bonne compréhension du milieu qui nous passionne. Il collabore avec les équipes de METEO CONSULT et Figaro Nautisme depuis plus de 20 ans.
Sophie Savant Ros
Sophie Savant Ros
Sophie Savant-Ros, architecte de formation et co-fondatrice de METEO CONSULT est entre autres, directrice de l'édition des « Bloc Marine » et du site Figaronautisme.com. Sophie est passionnée de photographie, elle ne se déplace jamais sans son appareil photo et privilégie les photos de paysages marins. Elle a publié deux ouvrages consacrés à l'Ile de Porquerolles et photographie les côtes pour enrichir les « Guides Escales » de Figaro Nautisme.
François Tregouet
François Tregouet
Depuis toujours, François est passionné de voile en général et de multicoques en particulier. En croisière ou en course, de l’Europe à l’Australie, il ne les délaisse que lorsque le règlement l’exige : Mini-transat, Fastnet, Giraglia… Jamais rassasié de nouveautés, il a assisté à la plupart des salons sur les cinq continents. Depuis 2018 il se consacre entièrement à la rédaction et à l’information, notamment pour Figaro Nautisme.
Albert Brel
Albert Brel
Albert Brel, parallèlement à une carrière au CNRS, s'est toujours intéressé à l'équipement nautique. Depuis de nombreuses années, il collabore à des revues nautiques européennes dans lesquelles il écrit des articles techniques et rend compte des comparatifs effectués sur les divers équipements. De plus, il est l'auteur de nombreux ouvrages spécialisés qui vont de la cartographie électronique aux bateaux d'occasion et qui décrivent non seulement l'évolution des technologies, mais proposent aussi des solutions pour les mettre en application à bord des bateaux
Charlotte Lacroix
Charlotte Lacroix
Charlotte est une véritable globe-trotteuse ! Très jeune, elle a vécu aux quatre coins du monde et a pris goût à la découverte du monde et à l'évasion. Tantôt à pied, en kayak, en paddle, à voile ou à moteur, elle aime partir à la découverte de paradis méconnus. Elle collabore avec Figaro Nautisme au fil de l'eau et de ses coups de cœur.
Max Billac
Max Billac
Max est tombé dedans quand il était petit ! Il a beaucoup navigué avec ses parents, aussi bien en voilier qu'en bateau moteur le long des côtes européennes mais pas que ! Avec quelques transatlantiques à son actif, il se passionne pour le monde du nautisme sous toutes ses formes. Il aime analyser le monde qui l'entoure et collabore avec Figaro Nautisme régulièrement
Norbert Conchin
Norbert Conchin
Norbert Conchin est originaire de Paris mais très vite il prend le large pour découvrir le monde. Un premier voyage aux Antilles sur un Ketch puis un tour du monde dans la Marine lui donne le goût de la navigation. Il prend le chemin des côtes normandes pour exercer sa passion de la voile et de la régate. Décidé à vivre de sa passion, il travaille à partir de 1996 pour différents supports de la presse nautique avant de collaborer au Figaro Nautisme depuis 2017.
Michel Ulrich
Michel Ulrich
Après une carrière internationale d’ingénieur, Michel Ulrich navigue maintenant en plaisance sur son Targa 35+ le long de la côte atlantique. Par ailleurs, il ne rate pas une occasion d’embarquer sur des navires de charge, de travail ou de services maritimes. Il nous fait partager des expériences d’expédition maritime hors du commun.
Eric Mas
Eric Mas
Eric Mas est l'un des fondateur de METEO CONSULT – La Chaîne Météo. Éminent spécialiste de météo, Eric est également un marin passionné qui a routé les plus grands skippers sur toutes les eaux du globe : VDH lors du premier Vendée Globe, Philippe Jeantot, Jean Maurel, Michel Desjoyeaux, Francis Joyon, et tant d'autres. Actuellement il participe au projet de Lalou Roucayrol sur son multi 50.