Retour à La Base : entre grains et alizé léger, un départ « collé-serré » !

Course au large
Par Figaronautisme.com

Ils étaient pressés de prendre le chemin de la maison ! À 12h précisément (17h, heure de Paris), dans la baie de Fort-de-France, 30 des 32 solitaires engagés sur cette première édition du Retour à La Base se sont spectaculairement amassés sur la ligne, pour un départ au contact qui n’a pas manqué de faire monter les palpitants des marins et de leurs équipes… heureusement sans dommage à déplorer, sauf une pénalité !

©Anne Beaugé / Retour à La Base
Ils étaient pressés de prendre le chemin de la maison ! À 12h précisément (17h, heure de Paris), dans la baie de Fort-de-France, 30 des 32 solitaires engagés sur cette première édition du Retour à La Base se sont spectaculairement amassés sur la ligne, pour un départ au contact qui n’a pas manqué de faire monter les palpitants des marins et de leurs équipes… heureusement sans dommage à déplorer, sauf une pénalité !

Jusqu’aux dernières minutes avant le départ, les marins hésitaient sur la garde-robe à dégainer, tant les conditions météorologiques étaient aussi légères qu’instables, ce jeudi 30 novembre au large de Fort-de-France. Preuve de ce climat d’incertitude et d’effervescence, Fabrice Amedeo (Nexans – Art & Fenêtres), lancé un peu trop tôt, a franchi la ligne quelques secondes avant que ne résonne le « Top départ » du Retour à La Base, écopant ainsi immédiatement d’une pénalité de cinq heures, qu’il devra réaliser en mer.

Après cette incartade, dans un alizé de 6-9 nœuds, rompu par les lignes de grains qui ont déchiré toute la matinée la majestueuse baie martiniquaise, c’est Sam Goodchild (For the planet) qui s’est finalement extirpé en premier de la flotte, avant d’être rattrapé à la faveur d’une risée par Jérémie Beyou (Charal).

Option au large et rase-moustaches à la côte

Seule de son côté de la ligne, évitant prudemment tout risque de collision, l’expérimentée navigatrice britannique Samantha Davies (Initiatives Cœur) semblait tirer son épingle du jeu, avant de s’arrêter dans la baie, voile battante. Car à la grande loterie du souffle léger, c’est finalement Boris Herrmann (Malizia) qui a remporté la timbale sur une option plus au large, lui évitant les pièges de la côte et de ses nombreux casiers de pêche disséminés.

Le navigateur allemand était néanmoins suivi de très près par Louis Burton (Bureau Vallée 3) et Yoann Richomme (Paprec-Arkéa), bien calés dans son sillage, tandis que derrière, le skipper néo-zélandais Conrad Colman (Mail Boxes etc…) faisait aussi une belle opération, s’amusant même à écraser l’un contre l’autre les deux favoris de la course, Thomas Ruyant (For People) et Jérémie Beyou (Charal). Un rapprochement à rase-moustaches sous tension, pour le plus grand bonheur des spectateurs à proximité, mi-effrayés, mi-fascinés !

Escale technique pour Sébastien Marsset

Seule ombre à ce tableau de carte postale, Sébastien Marsset (Foussier - Mon Courtier Energie) a été contraint à une escale technique suite à des problèmes d’énergie, rencontrés dès le premier bord. Le skipper de Port-La-Forêt, qui avait bien franchi la ligne de départ, a pu cependant repartir en course, moins de deux heures après ses congénères.

Un handicap qui devrait donc s’avérer très léger, en comparaison de celui des deux solitaires toujours attendus sur la ligne de départ : Tanguy Le Turquais (Lazare) et Jean Le Cam (Tout Commence en Finistère – Armor-Lux), encore en approche de la Martinique. Les deux marins devraient toutefois pouvoir défendre leurs chances sur cette transatlantique retour, étape indispensable sur la route du Vendée Globe. Ils ont jusqu’au jeudi 7 décembre 13h heure locale (18h heure de Paris) pour franchir la ligne de départ virtuelle.

« Ce sera une transat’ rapide »

C’est d’ailleurs avec cet objectif en tête que bon nombre des solitaires ont quitté ce jeudi matin les pontons, cherchant encore le bon compromis entre leur ardeur de compétiteur et l’impérieuse nécessité pour beaucoup de boucler la course sans trop causer de dégâts à leur monture. « On sait que ce sera une transat’ rapide, je vais le faire comme je le sens, en regardant aussi comment se comporte la concurrence. Mais s’il y a l’opportunité d’aller la gagner, je la saisirai ! », expliquait ainsi Thomas Ruyant, qui vient de remporter une impressionnante série de trois transatlantiques et qui fera ses premiers bords en solo sur son nouvel IMOCA For People.

Frustré de n’avoir pu défendre ses chances sur l’aller, Damien Seguin (Groupe Apicil), n’avait pour sa part aucun doute sur son envie « d’appuyer un peu sur le champignon » ! « Le schéma météo avec des dépressions qui arrivent de derrière, c’est aussi quelque chose qui se rapproche de ce qu’on peut vivre dans les mers du Sud lors du Vendée Globe. Il y a donc plein d’enseignements à en tirer ! », expliquait le skipper lorientais.

D’autres marins devraient toutefois avoir une approche un peu plus prudente de cette ascension de l’Atlantique par la face Nord, dont les premiers pourraient atteindre le sommet lorientais autour du 9 décembre. « J’irai un peu mollo avec le bateau pour être en sécurité autant lui que moi. C’est une course d’apprentissage, je veux arriver au bout tout en engrangeant de l'expérience », expliquait ainsi Violette Dorange (Devenir), qui s’élançait, à 22 ans, sur sa toute première course en solitaire à bord de son IMOCA. « C’est le plus gros challenge que j’ai jamais réalisé », admettait la benjamine de la course, heureuse de retrouver l’océan, mais aussi de mettre le cap « vers la maison » pour conclure une intense saison 2023 pour toute la flotte IMOCA. Prochain arrêt : La Base de Lorient !

NDLR : au classement de 10h ce matin, c'est Jérémie Beyou sur Charal qui est passé devant, suivi de Sébastien Simon (Groupe Dubreuil) et Clarisse Crémer (L'Occitane en Provence).

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Nathalie Moreau
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Nathalie Moreau est l’atout voyage et évasion de l’équipe, elle est passionnée de croisières et de destinations nautiques. En charge du planning rédactionnel du site figaronautisme.com et des réseaux sociaux, Nathalie suit de très près l’actualité et rédige chaque jour des news et des articles pour nous dépayser et nous faire rêver aux quatre coins du monde. Avide de découvertes, vous la croiserez sur tous les salons nautiques et de voyages en quête de nouveaux sujets.
Gilles Chiorri
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Associant une formation d’officier C1 de la marine marchande et un MBA d’HEC, Gilles Chiorri a sillonné tous les océans lors de nombreuses courses au large ou records, dont une victoire à la Mini Transat, détenteur du Trophée Jules Verne en 2002 à bord d’Orange, et une 2ème place à La Solitaire du Figaro la même année. Il a ensuite contribué à l’organisation de nombreux évènements, comme la Coupe de l’America, les Extreme Sailing Series et des courses océaniques dont la Route du Rhum et la Solitaire du Figaro (directeur de course), la Volvo Ocean Race (team manager). Sa connaissance du monde maritime et son réseau à l’international lui donnent une bonne compréhension du milieu qui nous passionne.
Il collabore avec les équipes de METEO CONSULT et Figaro Nautisme depuis plus de 20 ans.
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Sophie Savant-Ros, architecte de formation et co-fondatrice de METEO CONSULT est entre autres, directrice de l’édition des « Bloc Marine » et du site Figaronautisme.com.
Sophie est passionnée de photographie, elle ne se déplace jamais sans son appareil photo et privilégie les photos de paysages marins. Elle a publié deux ouvrages consacrés à l’Ile de Porquerolles et photographie les côtes pour enrichir les « Guides Escales » de Figaro Nautisme.
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Albert Brel, parallèlement à une carrière au CNRS, s’est toujours intéressé à l’équipement nautique. Depuis de nombreuses années, il collabore à des revues nautiques européennes dans lesquelles il écrit des articles techniques et rend compte des comparatifs effectués sur les divers équipements. De plus, il est l’auteur de nombreux ouvrages spécialisés qui vont de la cartographie électronique aux bateaux d’occasion et qui décrivent non seulement l’évolution des technologies, mais proposent aussi des solutions pour les mettre en application à bord des bateaux.
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Journaliste, photographe et auteur spécialisé dans le nautisme et l’environnement, Jean-Christophe Guillaumin est passionné de voyages et de bateaux. Il a réussi à faire matcher ses passions en découvrant le monde en bateau et en le faisant découvrir à ses lecteurs. De ses nombreuses navigations il a ramené une certitude : les océans offrent un terrain de jeu fabuleux mais aussi très fragile et aujourd’hui en danger. Fort d’une carrière riche en reportages et articles techniques, il a su se distinguer par sa capacité à vulgariser des sujets complexes tout en offrant une expertise pointue. À travers ses contributions régulières à Figaro Nautisme, il éclaire les plaisanciers, amateurs ou aguerris, sur les dernières tendances, innovations technologiques, et défis liés à la navigation. Que ce soit pour analyser les performances d’un voilier, explorer l’histoire ou décortiquer les subtilités de la course au large, il aborde chaque sujet avec le souci du détail et un regard expert.
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Charlotte est une véritable globe-trotteuse ! Très jeune, elle a vécu aux quatre coins du monde et a pris goût à la découverte du monde et à l'évasion. Tantôt à pied, en kayak, en paddle, à voile ou à moteur, elle aime partir à la découverte de paradis méconnus. Elle collabore avec Figaro Nautisme au fil de l'eau et de ses coups de cœur.
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Naviguant depuis son plus jeune âge que ce soit en croisière, en course, au large, en régate, des deux côtés de l’Atlantique, en Manche comme en Méditerranée, Denis, quittant la radiologie rochelaise en 2017, a effectué avec sa femme à bord de PretAixte leur 42 pieds une circumnavigation par Panama et Cape Town. Il ne lui déplait pas non plus de naviguer dans le temps avec une prédilection pour la marine d’Empire, celle de Trafalgar …
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Après une carrière internationale d’ingénieur, Michel Ulrich navigue maintenant en plaisance sur son TARGA 35+ le long de la côte atlantique. Par ailleurs, il ne rate pas une occasion d’embarquer sur des navires de charge, de travail ou de services maritimes. Il nous fait partager des expériences d’expédition maritime hors du commun.
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