Ocean Globe Race : Pen Duick triomphe !

Course au large
Par Figaronautisme.com

Le légendaire Pen Duick VI FR (14), skippé par l’indomptable Marie Tabarly, a remporté les honneurs de la dernière étape de la première édition de la McIntyre Ocean Globe Race – et dans les jours à venir, pourrait bien s’emparer du classement général de l’OGR ! À l’heure prévue, le magnifique ketch bermudien de 73 pieds à la coque noire, vénéré par les marins du monde entier, a franchi la ligne d’arrivée du Royal Yacht Squadron à Cowes, au Royaume-Uni. Avec Marie à la barre, à la tête de son fidèle équipage, il semblait tout à fait normal que ce voilier, skippé par son père Éric Tabarly lors de la Whitbread de 1973, remporte les honneurs de la ligne d’arrivée avec autant de style. Avec près de deux jours d’avance sur son plus proche rival, L’Esprit d’équipe FR, la domination de Pen Duick VI sur cette dernière étape est incontestable.

Pen Duick VI FR (14) remporte le précieux doublé - premier "provisoire" en honneurs de ligne et premier au classement IRC de la quatrième étape.
Le légendaire Pen Duick VI FR (14), skippé par l’indomptable Marie Tabarly, a remporté les honneurs de la dernière étape de la première édition de la McIntyre Ocean Globe Race – et dans les jours à venir, pourrait bien s’emparer du classement général de l’OGR ! À l’heure prévue, le magnifique ketch bermudien de 73 pieds à la coque noire, vénéré par les marins du monde entier, a franchi la ligne d’arrivée du Royal Yacht Squadron à Cowes, au Royaume-Uni. Avec Marie à la barre, à la tête de son fidèle équipage, il semblait tout à fait normal que ce voilier, skippé par son père Éric Tabarly lors de la Whitbread de 1973, remporte les honneurs de la ligne d’arrivée avec autant de style. Avec près de deux jours d’avance sur son plus proche rival, L’Esprit d’équipe FR, la domination de Pen Duick VI sur cette dernière étape est incontestable.

Dans 12 nœuds de vent, Marie, le second Tom Napper et les dix membres d’équipage, tous déterminés à bord, semblaient à la fois soulagés et immensément fiers de leur exploit. Marie avait déclaré dès le début que Pen Duick VI s’illustrerait dès l’apparition du vent et elle avait raison. Pour cette dernière étape, la stratégie de Marie était “d’aller vite, vite, vite et d’accélérer à la fin”. Une stratégie clairement gagnante !

Une fois au ponton après un accostage difficile à Trinity Landing en raison des courants extrêmement forts, Marie a parlé avec passion de son tour du monde.

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La légende française Pen Duick VI FR (14), menée par l'indomptable Marie Tabarly, a remporté les honneurs provisoires de ligne lors de la dernière étape du premier McIntyre Ocean Globe Race. © Aïda Valceanu/ OGR2023.

"Il y a eu tellement de moments marquants. Je me souviens que nous allions vite, dans 55 nœuds de vent et qu’il y avait des dauphins qui sautaient sur les vagues. Dans 55 nœuds ! Fou. Je me souviens d’avoir couru très près de Translated 9 et de Maiden et d’avoir pu les voir. Puis toutes les discussions entre potes, quatre fois par jour à la radio, elles vont me manquer. Il y a beaucoup trop de moments, tellement de moments incroyables." Marie Tabarly, skipper de Pen Duick VI.

Elle a également expliqué à quel point son équipage a été fantastique tout au long de la course.

"Je suis très, très fière de mon équipage. J’ai 21 personnes extraordinaires, de bons êtres humains, avec qui tu veux passer du temps. C’était exactement ce que j’avais prévu avec eux, pas de surprise, tout était parfait."

Mais ce sont aussi les autres équipages de la flotte OGR qui resteront à jamais gravés dans la mémoire de Marie. "Je pense à Translated 9, c’étaient mes meilleurs ennemis. Je leur ai dit au début que je serai leur pire cauchemar et il s’est avéré qu’ils étaient mon pire cauchemar. Nous étions quatre, entre Spirit of Helsinki, Maiden et Translated 9, avec qui nous nous sommes très bien battus. Ce fut un honneur et un plaisir de naviguer contre eux. Mais ce soir je pense à Translated 9. J’ai été proche avec les gens de cette course, c’est extraordinaire. Je ne réalise toujours pas que c’est fini. Je me sens comme si ce n’était qu’une des étapes."

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Pour la dernière étape, la stratégie de Marie était de « aller vite, vite, vite et d'accélérer à la fin ». Manifestement, une stratégie gagnante !© Tim Bishop/PPL.

Translate 9 ITL (09) were forced to divert to Madeira to repair cracks in their hull – that had been leading in IRC at the time. 

Alors qu’ils étaient leader en iRC, Translated 9 ITL (09) ont été contraints de se dérouter vers Madère pour réparer des fissures dans leur coque.

L’Océan Globe Race a été une aventure fascinante et elle va devenir de plus en plus intéressante ! Avec le doublé de Pen Duick VI pour l’étape 4, l’attention se porte désormais sur le classement IRC de l’Overall Race. Pen Duick VI occupe actuellement la deuxième place du classement IRC de l’Overall Race, à 19 heures de Triana FR (66). Mais Triana a encore 1350 milles à parcourir avant de franchir la ligne d’arrivée. Les prévisions annoncent des vents faibles qui ralentissent sa vitesse moyenne. Elle doit maintenir une vitesse moyenne de 4,9 nœuds jusqu’à l’arrivée pour conserver son avance en IRC sur Pen Duick VI. Une vitesse inférieure pourrait permettre à Pen Duick VI de remporter le prix IRC tant convoité de l’OGR (Overall IRC PRIZE).

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Pen Duick VI premier en honneurs de ligne et IRC pour la quatrième étape, et toujours en lice pour le classement général IRC de la course.© Tim Bishop/PPL.

Alors qu’ils célèbrent maintenant leur succès, ils vont également réfléchir à ce qu’ils ont accompli. La course autour du monde, qui célèbre le 50e anniversaire de la première course Whitbread, s’est avérée difficile pour le voilier, le skipper et l’équipage. Et cela n’a pas toujours été le cas pour Pen Duick VI.

Parti en septembre dernier de Southampton au Cap, l’étape 1 s’est avérée difficile pour le voilier historique. À la fin de l’étape, une enquête a révélé que le sceau de sécurité d’une sacoche de téléphone de l’équipage avait été brisé, ce qui a entraîné une pénalité de 72 heures sur les résultats de Pen Duick VI. Après cet ajustement, le bateau s’est classé 4ème en ligne d’honneur et 7ème en IRC. Marie et son équipage étaient déterminés à améliorer ces résultats.

L’étape 2, du Cap à Auckland, s’est avérée plus fructueuse, avec une 2e place en ligne d’honneur et une 5e place en IRC. C’est au cours de l’étape 3 que Pen Duick VI a vraiment montré ce dont il était capable, arrivant à Punta del Este premier sur la ligne et deuxième en IRC.

Mais une fois de plus, Pen Duick VI a fait la une des journaux après avoir eu un homme à la mer au début de l’étape 4 à Punta del Este. Le membre d’équipage impliqué a été récupéré en quelques minutes et aucun blessé n’a été signalé. Pen Duick VI n’a pas encore fourni d’informations sur cet incident. À ce jour, il s’agit de la seule situation d’homme à la mer sur l’ensemble de l’OGR.

Le départ de Punta del Este à Cowes a été lent pour toute la flotte. Ce fut un long combat et Marie a récemment admis que, tout à fait compréhensiblement, elle et son équipage étaient fatigués. Cependant, ils étaient déterminés à tout donner lors de cette dernière étape et à terminer à Cowes – haut lieu de la voile et des marins : "Le bateau qui gagnera ce tour du monde sera celui qui arrivera à bon port, ayant trouvé le bon équilibre entre solliciter le matériel et l’équipage, tout en les préservant. En d’autres termes, il faut savoir être à la fois sur le frein et sur l’accélérateur. Pour la première fois, je ressens un certain soulagement à l’idée d’arriver. Je pense que je suis épuisée physiquement, émotionnellement et nerveusement. Il reste encore du temps, mais Pen-Duick VI est nettement en meilleure forme que moi."

Elle a également souligné comment elle et son équipe ont donné leur maximum dans les dernières miles nautiques, inspirés par les mots suivants : "C’est sur scène que Jimi Hendrix a cassé ses guitares, pas ailleurs." a déclaré Marie.

Don McIntyre, fondateur de l’OGR, est ravi de voir un yacht emblématique de la Whitbread, avec un tel pedigree nautique, et un skipper ainsi qu’un équipage aussi brillants franchir en premier la ligne d’arrivée de cette OGR inaugurale.

"La riche histoire de Pen Duick VI en matière de courses autour du monde remonte à 1973 et à la première course Whitbread – Aujourd’hui, Marie et son équipage ont réalisé un rêve et réécrit l’histoire ! Soigneusement planifiée et orchestrée pendant de nombreuses années avec passion et détermination totales sur l’eau, Marie et son puissant équipage ont terminé la quatrième étape en tête. Qui sait, Pen Duick VI pourrait bien remporter la couronne IRC. Chaque participant a une histoire qui explique comment et pourquoi, mais celle-ci est tout simplement incroyable ! Bravo Marie et à tous les membres de l’équipage et de l’équipe. Le monde vous regarde et vous êtes une source d’inspiration pour beaucoup." Don McIntyre, fondateur de l’OGR.

L’Esprit d’équipe FR (85), un autre ancien yacht de Whitbread et vainqueur de la course de 1985, qui se trouve à 360 milles derrière, devrait prendre la deuxième place de la ligne d’honneur, en arrivant à Cowes dans les 48 heures. La troisième place revient pour le moment à SPIRIT OF HELSINKI, à 100 milles derrière, progressant rapidement, suivi de Neptune FR (56), à 200 milles plus loin, puis de MAIDEN.

Le reste de la flotte fait face à des vents faibles qui vont compliquer leur progression. Les prochaines 48 heures seront extrêmement difficiles pour les équipages déjà frustrés par la lenteur de leur avancement.

INFORMATION SUR L’ARRIVÉE DE L’OGR

Ligne d’arrivée : Royal Yacht Squadron, Cowes, Royaume-Uni

Amarrage : Une fois la ligne franchie, les voiliers seront amarrés à Trinity Landing à West Cowes pendant 48 heures.

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Nathalie Moreau
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Nathalie Moreau est l’atout voyage et évasion de l’équipe, elle est passionnée de croisières et de destinations nautiques. En charge du planning rédactionnel du site figaronautisme.com et des réseaux sociaux, Nathalie suit de très près l’actualité et rédige chaque jour des news et des articles pour nous dépayser et nous faire rêver aux quatre coins du monde. Avide de découvertes, vous la croiserez sur tous les salons nautiques et de voyages en quête de nouveaux sujets.
Gilles Chiorri
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Associant une formation d’officier C1 de la marine marchande et un MBA d’HEC, Gilles Chiorri a sillonné tous les océans lors de nombreuses courses au large ou records, dont une victoire à la Mini Transat, détenteur du Trophée Jules Verne en 2002 à bord d’Orange, et une 2ème place à La Solitaire du Figaro la même année. Il a ensuite contribué à l’organisation de nombreux évènements, comme la Coupe de l’America, les Extreme Sailing Series et des courses océaniques dont la Route du Rhum et la Solitaire du Figaro (directeur de course), la Volvo Ocean Race (team manager). Sa connaissance du monde maritime et son réseau à l’international lui donnent une bonne compréhension du milieu qui nous passionne.
Il collabore avec les équipes de METEO CONSULT et Figaro Nautisme depuis plus de 20 ans.
Sophie Savant-Ros
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Sophie Savant-Ros, architecte de formation et co-fondatrice de METEO CONSULT est entre autres, directrice de l’édition des « Bloc Marine » et du site Figaronautisme.com.
Sophie est passionnée de photographie, elle ne se déplace jamais sans son appareil photo et privilégie les photos de paysages marins. Elle a publié deux ouvrages consacrés à l’Ile de Porquerolles et photographie les côtes pour enrichir les « Guides Escales » de Figaro Nautisme.
Albert Brel
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Albert Brel, parallèlement à une carrière au CNRS, s’est toujours intéressé à l’équipement nautique. Depuis de nombreuses années, il collabore à des revues nautiques européennes dans lesquelles il écrit des articles techniques et rend compte des comparatifs effectués sur les divers équipements. De plus, il est l’auteur de nombreux ouvrages spécialisés qui vont de la cartographie électronique aux bateaux d’occasion et qui décrivent non seulement l’évolution des technologies, mais proposent aussi des solutions pour les mettre en application à bord des bateaux.
Jean-Christophe Guillaumin
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Journaliste, photographe et auteur spécialisé dans le nautisme et l’environnement, Jean-Christophe Guillaumin est passionné de voyages et de bateaux. Il a réussi à faire matcher ses passions en découvrant le monde en bateau et en le faisant découvrir à ses lecteurs. De ses nombreuses navigations il a ramené une certitude : les océans offrent un terrain de jeu fabuleux mais aussi très fragile et aujourd’hui en danger. Fort d’une carrière riche en reportages et articles techniques, il a su se distinguer par sa capacité à vulgariser des sujets complexes tout en offrant une expertise pointue. À travers ses contributions régulières à Figaro Nautisme, il éclaire les plaisanciers, amateurs ou aguerris, sur les dernières tendances, innovations technologiques, et défis liés à la navigation. Que ce soit pour analyser les performances d’un voilier, explorer l’histoire ou décortiquer les subtilités de la course au large, il aborde chaque sujet avec le souci du détail et un regard expert.
Charlotte Lacroix
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Charlotte est une véritable globe-trotteuse ! Très jeune, elle a vécu aux quatre coins du monde et a pris goût à la découverte du monde et à l'évasion. Tantôt à pied, en kayak, en paddle, à voile ou à moteur, elle aime partir à la découverte de paradis méconnus. Elle collabore avec Figaro Nautisme au fil de l'eau et de ses coups de cœur.
Max Billac
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Max est tombé dedans quand il était petit ! Il a beaucoup navigué avec ses parents, aussi bien en voilier qu'en bateau moteur le long des côtes européennes mais pas que ! Avec quelques transatlantiques à son actif, il se passionne pour le monde du nautisme sous toutes ses formes. Il aime analyser le monde qui l'entoure et collabore avec Figaro Nautisme régulièrement.
Denis Chabassière
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Naviguant depuis son plus jeune âge que ce soit en croisière, en course, au large, en régate, des deux côtés de l’Atlantique, en Manche comme en Méditerranée, Denis, quittant la radiologie rochelaise en 2017, a effectué avec sa femme à bord de PretAixte leur 42 pieds une circumnavigation par Panama et Cape Town. Il ne lui déplait pas non plus de naviguer dans le temps avec une prédilection pour la marine d’Empire, celle de Trafalgar …
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Après une carrière internationale d’ingénieur, Michel Ulrich navigue maintenant en plaisance sur son TARGA 35+ le long de la côte atlantique. Par ailleurs, il ne rate pas une occasion d’embarquer sur des navires de charge, de travail ou de services maritimes. Il nous fait partager des expériences d’expédition maritime hors du commun.
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