Bientôt le sud de l'Australie

Par Figaronautisme Vend?e Globe

Le deuxième des trois grands caps du tour du monde est sur le point d’être franchi aujourd’hui. S’il maintient sa progression, Charlie Dalin devrait passer la longitude 115 08 180 Est qui prolonge la pointe sud-ouest de l’Australie en début d’après-midi ce dimanche. Thomas Ruyant et Maître CoQ IV quelques heures plus tard.

L’évocation de Leeuwin fait raisonner l’histoire de ces grands navigateurs-explorateurs de la compagnie néerlandaise des Indes orientales qui cartographièrent une partie de l’Australie du 17e siècle. La dénomination de ce cap – donnée à posteriori, au 19e siècle -  provient d’ailleurs du nom  d’un de ces navires pionniers hollandais, « La Lionne ». Prolongement de la pointe sud-ouest de l’Australie, il est pour les marins du Vendée Globe un passage symbolique. Mais contrairement à ce qu’on pourrait imaginer, il ne marque pas les deux tiers du parcours, ni même l’entrée dans l’océan Pacifique qui ne débute qu’à partir de la Tasmanie.

L’insoutenable instabilité de l’air

A l’aube de ce 36e jour de course, l’océan Indien reste toujours le terrain de jeu pour l’ensemble de la flotte.  Un terrain labyrinthique et bien complexe.  L’anticyclone des Mascareignes s’étend sur presque toute la largeur de la piste, et il sème ses bulles sans vent comme autant de petits cailloux bleus sur le chemin des solitaires.

«  C’est un vrai casse – tête » admettait Stéphane Le Diraison. Je viens de passer du portant au près en très peu de temps et hier, le vent oscillait de 10 à 30 nœuds, je suis parti plusieurs fois au tas… ». Le skipper de Time for Oceans (17e) endurait sa punition grâce à une une bonne dose d’humour : « Je suis en train de travailler sur mon livre « le Vendée Globe 2.0 ». C’est complètement has been les dépressions dans les mers australes. C’est tellement plus sexy le tour du monde des hautes pressions ! ».  Devant lui, Arnaud Boissières décrivait aussi des conditions de vent très changeantes et un brouillard à couper au couteau. « On se croirait à Saint-Pierre et Miquelon. Je vois à peine l’avant du bateau » confie t-il à la vacation de 5 heures de matin.

Pas facile de trouver son chemin dans ce méandre de zones sans vent et de petits fronts.

Ce régime instable semble être le lot commun pour les 27 solitaires. « On prend un ris, puis on le renvoie, puis le vent monte à nouveau. A la fin, ça finit à la bannette parce qu’il faut bien récupérer » avoue à son tour Armel Tripon (14e) qui surfait à l’avant d’une petite dépression au Nord des Kerguelen, tout en se préparant des œufs au curry pour son petit déjeuner.

A l’arrière d’une dépression qui s’est formée au Sud du cap Leeuwin, les hommes de tête ne sont pas épargnés par ces changements de rythme, comme en témoignent les accélérations et décélérations de la nuit. L’hémorragie se poursuit à petites gouttes pour Charlie Dalin, qui a encore perdu une dizaine de milles sur Thomas Ruyant et Yannick Bestaven, désormais bord à bord.

En bon ouvreur, le skipper d’Apivia est le premier à subir les creux et les bosses de cette piste mal damée. Mais il devrait aussi être le premier à bénéficier du renforcement du vent de Sud-Ouest. Et devrait franchir en tête le deuxième cap de son premier Vendée Globe.

La rédaction du Vendée Globe / Camille El Beze

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Nathalie Moreau
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Nathalie Moreau est l’atout voyage et évasion de l’équipe, elle est passionnée de croisières et de destinations nautiques. En charge du planning rédactionnel du site figaronautisme.com et des réseaux sociaux, Nathalie suit de très près l’actualité et rédige chaque jour des news et des articles pour nous dépayser et nous faire rêver aux quatre coins du monde. Avide de découvertes, vous la croiserez sur tous les salons nautiques et de voyages en quête de nouveaux sujets.
Gilles Chiorri
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Associant une formation d’officier C1 de la marine marchande et un MBA d’HEC, Gilles Chiorri a sillonné tous les océans lors de nombreuses courses au large ou records, dont une victoire à la Mini Transat, détenteur du Trophée Jules Verne en 2002 à bord d’Orange, et une 2ème place à La Solitaire du Figaro la même année. Il a ensuite contribué à l’organisation de nombreux évènements, comme la Coupe de l’America, les Extreme Sailing Series et des courses océaniques dont la Route du Rhum et la Solitaire du Figaro (directeur de course), la Volvo Ocean Race (team manager). Sa connaissance du monde maritime et son réseau à l’international lui donnent une bonne compréhension du milieu qui nous passionne.
Il collabore avec les équipes de METEO CONSULT et Figaro Nautisme depuis plus de 20 ans.
Sophie Savant-Ros
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Sophie Savant-Ros, architecte de formation et co-fondatrice de METEO CONSULT est entre autres, directrice de l’édition des « Bloc Marine » et du site Figaronautisme.com.
Sophie est passionnée de photographie, elle ne se déplace jamais sans son appareil photo et privilégie les photos de paysages marins. Elle a publié deux ouvrages consacrés à l’Ile de Porquerolles et photographie les côtes pour enrichir les « Guides Escales » de Figaro Nautisme.
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Jean-Christophe Guillaumin
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Journaliste, photographe et auteur spécialisé dans le nautisme et l’environnement, Jean-Christophe Guillaumin est passionné de voyages et de bateaux. Il a réussi à faire matcher ses passions en découvrant le monde en bateau et en le faisant découvrir à ses lecteurs. De ses nombreuses navigations il a ramené une certitude : les océans offrent un terrain de jeu fabuleux mais aussi très fragile et aujourd’hui en danger. Fort d’une carrière riche en reportages et articles techniques, il a su se distinguer par sa capacité à vulgariser des sujets complexes tout en offrant une expertise pointue. À travers ses contributions régulières à Figaro Nautisme, il éclaire les plaisanciers, amateurs ou aguerris, sur les dernières tendances, innovations technologiques, et défis liés à la navigation. Que ce soit pour analyser les performances d’un voilier, explorer l’histoire ou décortiquer les subtilités de la course au large, il aborde chaque sujet avec le souci du détail et un regard expert.
Charlotte Lacroix
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Naviguant depuis son plus jeune âge que ce soit en croisière, en course, au large, en régate, des deux côtés de l’Atlantique, en Manche comme en Méditerranée, Denis, quittant la radiologie rochelaise en 2017, a effectué avec sa femme à bord de PretAixte leur 42 pieds une circumnavigation par Panama et Cape Town. Il ne lui déplait pas non plus de naviguer dans le temps avec une prédilection pour la marine d’Empire, celle de Trafalgar …
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Après une carrière internationale d’ingénieur, Michel Ulrich navigue maintenant en plaisance sur son TARGA 35+ le long de la côte atlantique. Par ailleurs, il ne rate pas une occasion d’embarquer sur des navires de charge, de travail ou de services maritimes. Il nous fait partager des expériences d’expédition maritime hors du commun.
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