Météo Vendée Globe : les prochaines journées seront-elles décisives pour la suite ?

Lundi 4 janvier : barrière anticyclonique à gérer pour le duo de tête
La véritable remontée de l’Atlantique sud débute pour les premiers près des îles Falkland. Ils seront confrontés à des vents de plus en plus faibles pilotés par l’évolution d’un anticyclone à 1017 hPa positionné au nord de l’archipel et s’étendant plus ou moins selon les modèles vers le sud-est. C’est une véritable barrière de hautes pressions qu’ils devront traverser. Cette situation les obligera à faire une route plus à l’est que l’orthodromie, en passant à l’est de l’archipel pour garder un petit flux d’ouest à sud-ouest et éviter ainsi les risques de molle près du centre de ces hautes pressions.
Avec ses faibles conditions, l’écart avec le groupe des poursuivants se resserrera ainsi nettement car ces derniers bénéficieront de vents modérés et instables de secteur ouest favorables.
Pour les deux autres groupes qui se rapprochent du Cap Horn, les conditions deviennent plus fortes qu’au cours des dernières heures avec une situation proche du coup du vent parfois dans un flux perturbé et très instable de secteur ouest sous des vagues de 5 m.
Mardi 5 janvier : des options à tenter derrière ?
Les deux premiers devraient continuer leur remontée en progressant en marge d’un anticyclone proche de leur position depuis 36h. Le passage de ces hautes pressions s’avérera délicat car l’évolution précise et l’extension de l’anticyclone ne sont pas encore fiabilisées. Selon ces dernières, les deux skippers pourraient le contourner par l’est, dans un faible flux de sud, où alors subir des molles importantes si celui-ci s’étend davantage que prévu en longitude.
Le groupe des poursuivants juste derrière bénéficiera toujours de conditions de vent moins faibles pour réduire l’écart avec les leaders. Reste à savoir si certains tenteront des options assez radicales en choisissant de remonter plein nord, pour contourner l’anticyclone par l’ouest.
Tendance ultérieure : quelle stratégie face à une fiabilité limitée ?
Une fois passée les hautes pressions au large des côtes argentines, la situation présente des incertitudes pour les premiers mais aussi pour les autres bateaux dont les positions s’échelonneront jusqu’au Cap Horn.
En effet, de part et d’autres de l’orthodromie les conditions s’avéreront très différentes selon la position des concurrents plus ou moins au large de l’Argentine. La formation de dépressions pourrait favoriser des conditions de portant près de l’Argentine et des conditions de près plus ou moins fortes en s’en éloignant. Pour ces raisons, les stratégies élaborées quelques jours auparavant pour déterminer les meilleures routes seront des plus importantes à ce moment de la course, et peut-être même décisives pour le reste de cette édition.
Pascal Scaviner, Météo marine Météconsult