Vendée Globe : à foils tirés, des marins sous pression
Un temps, Jérémie Beyou (Charal, 4e) a pris l’avantage grâce à son option Ouest. Mais les partisans de l’Est avec Paul Meilhat (Biotherm, 9e) et Nicolas Lunven (Holcim-PRB, 10e) pourraient, à terme, mieux s’en sortir mieux. Thomas Ruyant (VULNERABLE, 5e) progresse entre les deux, lui qui compose sans J2 (voile d’avant). Il raconte :
«Ce n’est pas un moment très facile. On essaie de trouver le point de passage pour aller chercher les alizés de sud-est. J’ai changé un peu mon fusil d’épaule pour faire une route un peu plus Nord que Nicolas et Paul. Sans J2, je sais que ça va être très compliqué de lutter dans ce groupe. Mais je ne lâcherai rien, je me battrai jusqu’au bout. Ça va faire comme un nouveau départ entre nous et je vais prendre ça comme une nouvelle course qui démarre !» Thomas Ruyant , VULNERABLE.
Les bobos se multiplient sur les bateaux et sur les corps des marins aussi. En fin de matinée, Clarisse Crémer (L’Occitane en Provence, 12e) révélait ainsi s’être « bloquée l’épaule gauche », provoquant même un léger malaise. « C’est dur, on se sent tellement vulnérable quand ça nous arrive. Heureusement que j’ai pu prendre des antidouleurs. »
Jean savoure le bonheur de tout donner dans ce Vendée Globe. Hier, il a été survolé par un avion piloté par Marilou, une vieille connaissance. Les images sont à couper le souffle et l’instant a donné envie au “Roi Jean” de chanter. Il a entonné « L’homme à la moto » d’Edith Piaf, paroles légères sur une autre Marylou et moment suspendu au cœur de l’Atlantique Sud. Audiard est sur l’eau, il a 65 ans, il joue avec les références et s’amuse à écrire sa propre histoire.
Les passages du cap Horn devraient s’enchaîner tout au long de la semaine : Benjamin Ferré (Monnoyeur – Duo for a Job, 20e) d’abord y est attendu demain après-midi, Tanguy Le Turquais (Lazare, 21e) ensuite dans la nuit de mardi à mercredi et le groupe des « banditos », comme l’avait surnommé Arnaud Boissières (La Mie Câline, 29e) devrait le franchir mercredi dans la journée. Dans ce groupe, il y a Violette Dorange (Devenir, 28e) qui a décidé de ralentir avant de le franchir. Elle s’en est expliqué aux vacations :
«Il y a un passage de front avec du vent fort puis une grosse dépression sur l’Amérique du Sud où il n’y a pas d’option pour se mettre à l’abri. J’ai pas mal réfléchi, j’ai beaucoup hésité mais j’ai décidé de ralentir. C’est la première fois que je fais ça dans une course mais c’était la décision la plus sage. Parfois, dans les moments durs, j’essaie de me rappeler la chance que j’ai d’être ici, je réalise à quel point c’est incroyable.» Violette Dorange, DeVenir.
Eux aussi auraient rêvé de continuer cette belle aventure mais le sort en a décidément autrement. Louis Burton (Bureau Vallée) et Yannick Bestaven (Maître CoQ V) ont tous les deux abandonné. Le bateau du Malouin a été ramené dans son port d’attache dans la nuit de dimanche à lundi après un long convoyage depuis Le Cap, en Afrique du Sud.
L’un arrive, l’autre repart. À plus de 13 000 km de là, Yannick Bestaven a repris la mer ce matin. L’infortuné a en effet quitté le port d’Ushuaia ce lundi après sept jours d’escale technique. Le tenant du titre repart donc hors course avec la volonté d’aller au bout. « Ce n’est pas ce que j’avais prévu mais c’est comme ça. Je suis reparti direction Les Sables d’Olonne. Et je vais tout faire pour que la fin de ce tour du monde soit la plus belle possible ! »
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