Vendée Globe : une régate épique au cœur de l'Atlantique
Il y a peut-être un bénéfice à subir la tempête comme le vivent les habitants de l’Ouest de la France en ce début de semaine. Parce qu’à être balayé par les bourrasques, la pluie incessante, les pieds dans l’eau et la colère du ciel, on finit par comprendre – un peu – ce que vivent les skippers au large. Ainsi, ils sont nombreux à pouvoir avoir un aperçu de la vie au cœur du chaos. Les deux prochains marins attendus sur la ligne d’arrivée, Boris Herrmann (Malizia Seaexplorer, 12e) et Samantha Davies (Initiatives Cœur, 13e) sont bien placés pour vous en parler.
À noter que le chenal devrait être praticable demain une partie de l’après-midi. Par ailleurs, les IMOCA MACIF Santé Prévoyance et Paprec Arkéa pourraient en profiter pour quitter Port Olona ce jeudi et rejoindre leurs ports d’attache (respectivement Concarneau et Lorient). De plus, la direction de course échange avec Guyot Environnement – Water Family et L’Occitane en Provence afin de planifier le moment où Benjamin Dutreux et Clarisse Crémer s’offriront les joies de la fameuse remontée du chenal.
C’est cette même dépression qui permettra au groupe de derrière, composé de huit skippers de Giancarlo Pedote (Prysmian, 15e) à Jean Le Cam (Tout commence en Finistère – Armor Lux, 23e), d’accélérer également l’allure. Justement, le Roi Jean était aux vacations ce matin. Tout juste réveillé d’un « petit roupillon » et heureux d’avoir réparé son étai de J2, le skipper avait des mots empreints de sagesse :
« En fait, il y a plein de mini-Vendée Globe. Il y en avait un entre les deux premiers et il y en a un entre nous. Il y a toujours de la bataille, ça va, ça vient. C’est très aléatoire et ça fait partie du jeu. Au bout d’un moment, tu t’installes dans un rythme, comme si tu étais dans un nuage. C’est une espèce de méli-mélo : tu as envie d’arriver et à la fois tu es bien ici… Mais bon, à force de parler tout seul, tu finis par te demander si tu ne vas pas devenir dingue ! »
Le duo formé par le Suisse et le Chinois dispose d’une dizaine de jours d’avance sur les trois derniers skippers, Manuel Cousin (Coup de Pouce, 32e), Fabrice Amedeo (Nexans-Wewise, 33e) et Denis Van Weynbergh (D’Ieteren Group, 34e). Manuel et Fabrice devraient traverser l’anticyclone prochainement, ce qui semble plus délicat pour le Belge. Ce matin, Manuel Cousin savoure surtout de ressentir des températures plus chaudes. Après s’être douché, rasé et coupé les cheveux, il ne cache pas son plaisir du moment : "Bien sûr que j’ai envie de rentrer à la maison mais c’est agréable de ne plus être dans les 40e. On sait que ce ne sera pas un long fleuve tranquille jusqu’à l’arrivée mais ça fait partie du jeu. Le fait de se rapprocher de la terre, de retrouver la civilisation, ça fait plaisir. Après quarante jours dans les mers du Sud enfermé dans notre caverne, c’est tellement agréable de naviguer en short et en tee-shirt !"
Retrouvez chaque jour l'analyse METEO CONSULT Marine dans notre dossier spécial Vendée Globe.
