Les 6 spots incontournables de Sète

Par Le Figaro Nautisme

Ni tout à fait languedocienne, ni totalement méditerranéenne, Sète est une ville qui se lit par strates. Fondée au XVIIe siècle pour servir de débouché maritime au canal du Midi, elle s’est construite autour de l’eau, du travail portuaire et d’un rapport très concret à la mer. Ici, les paysages ne sont jamais décoratifs : ils sont productifs, habités, traversés. Pour comprendre Sète, il faut accepter cette complexité et parcourir des lieux qui racontent son histoire, son économie et son identité profonde.

La lagune de Thau, cœur vivant du territoire

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Véritable mer intérieure, Étang de Thau s’étend sur près de 7500 hectares, ce qui en fait la plus vaste lagune du littoral occitan. Séparée de la Méditerranée par le lido sableux, elle fonctionne comme un espace tampon où se mêlent eaux salées, apports continentaux et renouvellement marin. Ce fragile équilibre explique la richesse biologique du site, classé Natura 2000, mais aussi sa sensibilité aux variations climatiques et aux pressions humaines.

La lagune est avant tout un espace de production. Depuis l’époque romaine, elle est exploitée pour la pêche et l’élevage de coquillages. Aujourd’hui, la conchyliculture y occupe une place centrale, avec environ 1300 hectares de parcs répartis sur plus de 2800 tables. Près de 800 exploitations, souvent familiales, font vivre tout un territoire, structurant le paysage autant que l’économie locale. Les huîtres et moules de Thau doivent leur qualité à cette eau riche en plancton, renouvelée mais peu brassée, qui favorise une croissance rapide et une chair dense. Au-delà de la production, l’étang est un observatoire écologique remarquable. On y recense des dizaines d’espèces de poissons lagunaires, une avifaune migratrice importante et une population d’hippocampes devenue emblématique. Cet espace, à la fois nourricier et fragile, conditionne directement l’identité de Sète et de ses villages riverains.

 

Les plages de Sète, entre Méditerranée et horizon ouvert

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Contrairement à d’autres stations littorales, Sète n’a pas été pensée à l’origine comme une ville balnéaire. Ses plages, pourtant longues de près de 12 km, sont restées longtemps en marge du développement urbain. Situées sur le lido, entre mer et étang, elles forment un espace linéaire singulier, ouvert sur la Méditerranée d’un côté et bordé par la lagune de l’autre.

Cette configuration crée un paysage rare : un cordon sableux étroit, battu par les vents, où les usages ont évolué lentement. La Corniche et le Lazaret marquent la transition entre la ville dense et cet espace plus ouvert, tandis que les plages du Lido s’étirent jusqu’à Marseillan. Ce littoral est aussi un territoire d’enjeux environnementaux majeurs : érosion, submersion marine, protection des dunes et gestion des flux estivaux. Les aménagements récents ont cherché à concilier accès au public et préservation du milieu, en redonnant de l’espace aux dunes et en limitant l’artificialisation. Ces plages racontent ainsi une autre facette de Sète : celle d’une ville qui doit composer avec un environnement mouvant et parfois contraignant.

 

Le Lido et les anciens salins, mémoire industrielle et refuge naturel

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Le Lido de Sète ne se résume pas à une bande de sable. Derrière les plages se cache un ancien territoire salin, exploité pendant des siècles pour la production de sel. Ces friches salinières, aujourd’hui en grande partie reconverties ou protégées, témoignent d’un passé industriel souvent méconnu.

Situé entre l’étang de Thau et la Méditerranée, cet espace est soumis à des influences multiples : variations de salinité, vents dominants, migrations saisonnières d’oiseaux. Les anciens bassins, appelés tables salantes, offrent un paysage changeant, où les couleurs de l’eau évoluent en fonction de l’évaporation et de la concentration en sel. Ce territoire joue désormais un rôle écologique majeur, servant de zone tampon face aux risques climatiques et d’espace d’accueil pour une biodiversité spécifique. Il permet aussi de lire l’arrière-pays héraultais en perspective, avec des vues dégagées sur les reliefs calcaires et les massifs environnants.

 

Le port de Sète, cœur maritime, économique et urbain de la ville

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À Sète, le port de plaisance n’est pas un décor mais une ossature. Dès sa création au XVIIe siècle, la ville a été pensée comme une infrastructure maritime, conçue pour relier le canal du Midi à la Méditerranée et offrir un débouché stratégique au commerce du royaume. Aujourd’hui encore, le port structure la ville à tous les niveaux. Le Port de Sète est l’un des ports les plus polyvalents de la façade méditerranéenne française, combinant port de commerce, port de pêche et port de plaisance au sein d’un même ensemble cohérent. Le port de commerce dispose de bassins profonds capables d’accueillir des navires de fort tonnage, avec un tirant d’eau dépassant 13 m sur certains quais. Il assure des trafics variés, allant des vracs solides et liquides au fret roulant, aux conteneurs, aux véhicules et aux passagers. Sète est également un point d’entrée important pour les lignes maritimes vers l’Afrique du Nord, notamment le Maroc, et accueille régulièrement des navires de croisière. Sa connexion directe aux réseaux routiers, ferroviaires et fluviaux, via le canal du Rhône à Sète et le canal du Midi, en fait une plateforme logistique majeure pour toute l’Occitanie.

Mais le port de Sète est aussi un port de pêche actif, inscrit dans le quotidien de la ville. Les débarques se font encore au cœur des bassins, à proximité immédiate des quartiers habités, maintenant une relation directe entre la mer et la ville. Cette présence permanente de la pêche, combinée aux chantiers navals, aux zones techniques et aux activités portuaires, donne à Sète une physionomie rare, où l’activité maritime reste visible, audible et structurante. La plaisance trouve elle aussi sa place dans cet ensemble. Le port de plaisance, intégré aux bassins et aux canaux, permet aux bateaux de s’amarrer au cœur même de la ville, dans un environnement vivant, soumis aux mêmes contraintes de circulation maritime que les navires professionnels. Cette cohabitation entre usages, loin d’être anecdotique, participe fortement à l’identité sétoise et à la sensation d’une ville-port authentique, fonctionnelle et active toute l’année.

 

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Visite du phare Saint-Louis

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L’entrée du port est marquée par le môle Saint-Louis, ouvrage fondateur sans lequel Sète n’existerait tout simplement pas. Commencée en 1666, sa construction visait à protéger les bassins du port naissant contre les coups de mer du golfe du Lion et à stabiliser l’accès maritime. Long d’environ 650 m, le môle ferme l’entrée du port et canalise les flux de navires entrant et sortant, qu’il s’agisse de cargos, de ferries, de bateaux de pêche ou de plaisance. Marcher le long du môle, c’est comprendre la logique portuaire de Sète. D’un côté, la Méditerranée ouverte, exposée aux vents et aux houles. De l’autre, un enchaînement de bassins, de quais et de chenaux qui organisent la vie maritime de la ville. Le môle agit comme une frontière physique et symbolique entre le large et l’espace urbain, tout en offrant un point d’observation privilégié sur l’ensemble du port, son activité constante et sa diversité de navires.

À son extrémité se dresse le Phare Saint-Louis, véritable sentinelle du chenal. Construit à l’origine au XVIIe siècle, détruit en 1944 puis reconstruit en 1948, il continue aujourd’hui de signaler l’entrée du port par sa lumière rouge. Avec ses 33,5 m de hauteur et ses 126 marches, il domine l’ensemble des infrastructures portuaires. Depuis son sommet, le regard embrasse à la fois le port de commerce, les zones de pêche, les bassins de plaisance, les canaux du centre-ville et, au-delà, l’étang de Thau et la mer. Le phare résume à lui seul la fonction de Sète : une ville tournée vers la mer, organisée autour de son port, et dont l’existence même dépend de ce lien permanent entre activité maritime, urbanisme et ouverture sur le large.

 

Le mont Saint-Clair, clé de lecture géographique

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Impossible de comprendre la structure de Sète sans prendre de la hauteur sur le Mont Saint-Clair. Culminant à 175 mètres, cette colline domine la ville et offre une lecture immédiate de son organisation : canaux, ports, quartiers, étang et façade maritime apparaissent dans une même perspective.

Le mont a longtemps servi de repère aux marins et de point stratégique pour la surveillance du littoral. La chapelle Notre-Dame-de-la-Salette, perchée sur ses pentes, témoigne de l’importance symbolique de ce lieu pour les familles de pêcheurs, qui y déposaient ex-votos et offrandes en remerciement ou en demande de protection. Le panorama depuis le sommet permet aussi de mesurer la singularité géographique de Sète, coincée entre mer et lagune, sans véritable arrière-pays immédiat, ce qui a profondément influencé son développement urbain et économique.

 

Sète ne se livre pas immédiatement. Elle demande du temps, de la curiosité et une attention aux détails. Ses paysages racontent autant son passé industriel que ses enjeux actuels, entre préservation écologique, activité portuaire et attractivité touristique. Ces 6 lieux ne sont pas de simples étapes : ils constituent les clés de lecture indispensables pour comprendre une ville singulière, dense, vivante et profondément maritime.

 

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Nathalie Moreau
Nathalie Moreau
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Nathalie Moreau est l’atout voyage et évasion de l’équipe, elle est passionnée de croisières et de destinations nautiques. En charge du planning rédactionnel du site figaronautisme.com et des réseaux sociaux, Nathalie suit de très près l’actualité et rédige chaque jour des news et des articles pour nous dépayser et nous faire rêver aux quatre coins du monde. Avide de découvertes, vous la croiserez sur tous les salons nautiques et de voyages en quête de nouveaux sujets.
Gilles Chiorri
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Associant une formation d’officier C1 de la marine marchande et un MBA d’HEC, Gilles Chiorri a sillonné tous les océans lors de nombreuses courses au large ou records, dont une victoire à la Mini Transat, détenteur du Trophée Jules Verne en 2002 à bord d’Orange, et une 2ème place à La Solitaire du Figaro la même année. Il a ensuite contribué à l’organisation de nombreux évènements, comme la Coupe de l’America, les Extreme Sailing Series et des courses océaniques dont la Route du Rhum et la Solitaire du Figaro (directeur de course), la Volvo Ocean Race (team manager). Sa connaissance du monde maritime et son réseau à l’international lui donnent une bonne compréhension du milieu qui nous passionne.
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Sophie Savant-Ros
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Sophie Savant-Ros, architecte de formation et co-fondatrice de METEO CONSULT est entre autres, directrice de l’édition des « Bloc Marine » et du site Figaronautisme.com.
Sophie est passionnée de photographie, elle ne se déplace jamais sans son appareil photo et privilégie les photos de paysages marins. Elle a publié deux ouvrages consacrés à l’Ile de Porquerolles et photographie les côtes pour enrichir les « Guides Escales » de Figaro Nautisme.
Albert Brel
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Albert Brel, parallèlement à une carrière au CNRS, s’est toujours intéressé à l’équipement nautique. Depuis de nombreuses années, il collabore à des revues nautiques européennes dans lesquelles il écrit des articles techniques et rend compte des comparatifs effectués sur les divers équipements. De plus, il est l’auteur de nombreux ouvrages spécialisés qui vont de la cartographie électronique aux bateaux d’occasion et qui décrivent non seulement l’évolution des technologies, mais proposent aussi des solutions pour les mettre en application à bord des bateaux.
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Journaliste, photographe et auteur spécialisé dans le nautisme et l’environnement, Jean-Christophe Guillaumin est passionné de voyages et de bateaux. Il a réussi à faire matcher ses passions en découvrant le monde en bateau et en le faisant découvrir à ses lecteurs. De ses nombreuses navigations il a ramené une certitude : les océans offrent un terrain de jeu fabuleux mais aussi très fragile et aujourd’hui en danger. Fort d’une carrière riche en reportages et articles techniques, il a su se distinguer par sa capacité à vulgariser des sujets complexes tout en offrant une expertise pointue. À travers ses contributions régulières à Figaro Nautisme, il éclaire les plaisanciers, amateurs ou aguerris, sur les dernières tendances, innovations technologiques, et défis liés à la navigation. Que ce soit pour analyser les performances d’un voilier, explorer l’histoire ou décortiquer les subtilités de la course au large, il aborde chaque sujet avec le souci du détail et un regard expert.
Charlotte Lacroix
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Charlotte est une véritable globe-trotteuse ! Très jeune, elle a vécu aux quatre coins du monde et a pris goût à la découverte du monde et à l'évasion. Tantôt à pied, en kayak, en paddle, à voile ou à moteur, elle aime partir à la découverte de paradis méconnus. Elle collabore avec Figaro Nautisme au fil de l'eau et de ses coups de cœur.
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Denis Chabassière
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Naviguant depuis son plus jeune âge que ce soit en croisière, en course, au large, en régate, des deux côtés de l’Atlantique, en Manche comme en Méditerranée, Denis, quittant la radiologie rochelaise en 2017, a effectué avec sa femme à bord de PretAixte leur 42 pieds une circumnavigation par Panama et Cape Town. Il ne lui déplait pas non plus de naviguer dans le temps avec une prédilection pour la marine d’Empire, celle de Trafalgar …
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Après une carrière internationale d’ingénieur, Michel Ulrich navigue maintenant en plaisance sur son TARGA 35+ le long de la côte atlantique. Par ailleurs, il ne rate pas une occasion d’embarquer sur des navires de charge, de travail ou de services maritimes. Il nous fait partager des expériences d’expédition maritime hors du commun.
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Titulaire d'un doctorat en Climatologie-Environnement, Cyrille est notre expert METEO CONSULT. Après avoir enseigné la climatologie et la géographie à l'université, il devient l'un des météorologues historiques de La Chaîne Météo en intégrant l'équipe en 2000. Spécialiste de la météo marine, il intervient également en tant qu'expert météo marine pour des courses de renommée mondiale, comme la Route du Rhum, la Solitaire du Figaro, la Transat Paprec...
Irwin Sonigo
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Capitaine 200 et ancien embarqué dans la Marine nationale, Irwin Sonigo a exploré toutes les facettes de la navigation. Des premiers bords sur un cotre aurique de 1932 à la grande plaisance sur la Côte d’Azur, en passant par les catamarans de Polynésie, les voiliers des Antilles ou plusieurs transatlantiques, il a tout expérimenté. Il participe à la construction d’Open 60 en Nouvelle-Zélande et embarque comme boat pilote lors de la 32e America’s Cup. Aujourd’hui, il met cette riche expérience au service de Figaro Nautisme, où il signe des essais et reportages ancrés dans le réel.