Capo Carbonara en 2026 : les règles de navigation et de mouillage dans l’aire marine protégée

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Par Le Figaro Nautisme avec Bloc Marine

Au large de Villasimius, l’aire marine protégée de Capo Carbonara est divisée en quatre niveaux de protection. Vitesse, accès des grandes unités, mouillage, ancrage, plongée et pêche changent d’une zone à l’autre. En 2026, le règlement permanent doit être lu avec le disciplinare annuel du gestionnaire.

Quatre zones autour de Villasimius et plusieurs textes à lire ensemble

Capo Carbonara protège un vaste ensemble marin au sud-est de la Sardaigne, depuis le secteur de Capo Boi et Piscadeddus jusqu'à Punta Porceddus, en englobant l'île dei Cavoli, la Secca di Santa Caterina, la Secca dei Berni, Punta Molentis et l'île de Serpentara. La carte officielle répartit cet espace entre les zones A, B, C et D. La couleur n'est pas décorative : elle détermine les activités autorisées.

Le socle juridique repose sur le décret ministériel du 7 février 2012 et sur le règlement d'exécution et d'organisation approuvé par le décret n° 111 du 12 mai 2017. Le Comune di Villasimius, gestionnaire de l'aire marine protégée, publie en plus un disciplinare integrativo annuel. Celui de 2026 est valable jusqu'au 31 décembre 2026, sauf entrée en vigueur d'une norme supérieure contraire. Il précise notamment les sites, les bouées, les autorisations et les modalités opérationnelles de certaines activités.

Pour un plaisancier, la bonne lecture se fait en trois temps : identifier la zone exacte sur la carte officielle ; vérifier la règle permanente applicable à la navigation, au mouillage ou à l'activité envisagée ; consulter le document annuel et les ordonnances de la capitainerie de Cagliari. Une règle générale résumée sur un panneau ou un site touristique ne suffit pas lorsqu'une autorisation ou une zone précise est en jeu.

Zone A : une réserve intégrale où la navigation ordinaire est interdite

Les zones A sont les noyaux les plus protégés. Elles se trouvent notamment autour de secteurs de la Secca di Piscadeddus, de la Secca di Santa Caterina, des variglioni de l'île dei Cavoli et d'une partie de l'île de Serpentara. La navigation de plaisance, l'ancrage, l'amarrage ordinaire, la baignade et la pêche n'y sont pas autorisés.

Les seules présences admises concernent principalement le personnel du gestionnaire, les missions scientifiques autorisées, la surveillance, le secours et certaines visites subaquatiques guidées très encadrées sur des parcours définis. Un bateau de passage ne peut donc ni couper une zone A pour gagner du temps ni y entrer pour chercher un abri ou observer le fond.

Les limites sont définies par coordonnées et matérialisées localement lorsque le balisage est en place, mais elles doivent être suivies sur une cartographie à jour. Autour des hauts-fonds, une erreur de quelques centaines de mètres peut faire passer le bateau d'une zone de navigation autorisée à une réserve intégrale. La veille visuelle ne remplace pas le positionnement.

Zones B et C : 5 nœuds près du rivage, 10 nœuds jusqu’à 600 mètres

En zone B, la navigation est ouverte aux voiliers, unités à rames ou à pédales, bateaux électriques, natanti jusqu'à 10 mètres et imbarcazioni de 10 à 24 mètres répondant aux critères d'écocompatibilité du règlement. Les navires de plaisance de plus de 24 mètres n'y sont pas admis. Pour les unités concernées, la vitesse maximale est de 5 nœuds dans les 300 premiers mètres de la côte, puis de 10 nœuds entre 300 et 600 mètres, toujours en déplacement non déjaugeant.

Les imbarcazioni admises en B doivent pouvoir justifier d'un système de collecte des eaux de cale, de réservoirs pour les eaux noires et grises lorsqu'elles disposent de sanitaires ou d'une cuisine, ainsi que d'une motorisation conforme aux prescriptions d'émissions mentionnées par le règlement. Ces exigences ne sont pas qu'un avantage environnemental : elles conditionnent l'accès de cette catégorie d'unité à la zone B.

La zone C reprend le régime de navigation des zones moins strictes et admet aussi les navires de plaisance de plus de 24 mètres, sous réserve des exigences Marpol relatives aux eaux usées et aux émissions. Dans les zones de baignade désignées par l'autorité maritime, la navigation reste interdite même si les bouées de délimitation sont absentes. Le chef de bord doit donc consulter l'ordonnance balnéaire en vigueur.

Zone D : une vitesse portée à 20 nœuds mais pas une zone sans règles

La zone D, dite réserve expérimentale, occupe la large bande extérieure représentée en bleu clair sur la carte. La navigation y est autorisée jusqu'à 20 nœuds. Ce plafond plus élevé ne crée pas un espace de vitesse libre : les règles de sécurité maritime, les limitations près des baigneurs, la prudence autour des plongeurs et les prescriptions de l'aire marine restent applicables.

Dans toute l'aire marine protégée, les motos nautiques, acquascooters et engins similaires sont interdits, sauf emploi par des personnels habilités pour une urgence ou le secours. Le ski nautique et les sports tractés comparables sont également prohibés. Les rejets d'eaux de cale non traitées, de substances polluantes et de déchets solides ou liquides sont interdits dans l'ensemble du périmètre.

Le règlement prohibe par ailleurs la navigation, l'ancrage et le stationnement des navires marchands de plus de 500 tonneaux de jauge brute dans l'aire protégée. Pour la plaisance, la distinction essentielle reste celle des catégories italiennes : natante jusqu'à 10 mètres, imbarcazione de plus de 10 à 24 mètres, nave da diporto au-delà de 24 mètres.

 

 

Ancrage : le sable ou les galets ne suffisent pas toujours en zone C

L'ancrage est interdit en zone A. En zone B, il est permis aux natanti et aux imbarcazioni uniquement sur des fonds inertes de sable ou de galets. Cette formulation exclut les herbiers et les fonds vivants. Le conducteur doit voir ou vérifier la nature du fond, puis contrôler le rayon d'évitage : une ancre posée sur le sable n'autorise pas la chaîne à labourer une prairie marine voisine.

En zone C, le règlement est plus géographique. Les bateaux de plaisance jusqu'à 40 mètres peuvent ancrer sur fond sableux ou graveleux seulement dans les secteurs définis par coordonnées à Campulongu et Porto Giunco. Les navires de plus de 40 mètres disposent de deux zones circulaires spécifiques, l'une au large de Campulongu et l'autre au large de Porto Giunco. La simple présence d'une vaste tache claire sur l'eau ne garantit donc pas que le point soit légal.

Les coordonnées publiées dans le règlement d'exécution doivent être reportées avec soin et confrontées aux avis récents. Le gestionnaire peut faire évoluer la discipline de l'ancrage après avis et approbation ministérielle. Dans la pratique, l'usage d'une bouée autorisée, lorsqu'elle correspond à la catégorie et à l'activité du bateau, offre une solution plus protectrice, mais elle obéit elle aussi à des conditions.

Bouées et champs de mouillage : autorisation, catégorie et usage précis

En zone B, l'amarrage des natanti et des imbarcazioni dans les champs de bouées identifiés est soumis à l'autorisation du gestionnaire. En zone C, cette possibilité s'étend aux navires de plaisance. L'autorisation a une durée maximale mensuelle dans le règlement permanent et donne lieu à un droit calculé selon la longueur hors tout et la durée du séjour. Les modalités pratiques et les bouées effectivement disponibles doivent être vérifiées pour 2026.

À l'intérieur d'un champ de mouillage, il est interdit d'ancrer, de se baigner, de plonger, de pêcher ou de rester à la dérive sans être amarré. Le moteur doit être coupé pendant le stationnement. Une seule unité peut utiliser chaque bouée et le bateau doit rejoindre la bouée attribuée ou celle marquée pour sa catégorie. Les bouées réservées à la plongée et aux visites sous-marines ne sont pas des corps-morts libres pour la plaisance.

Le disciplinare 2026 recense de nombreuses bouées avec leurs coordonnées, leur couleur, leur profondeur et la longueur maximale admise. Certaines sont réservées aux opérateurs autorisés de plongée, de location, de transport de passagers ou de pescatourisme. La présence physique d'une bouée ne signifie donc jamais qu'un plaisancier privé peut s'y amarrer sans vérifier sa destination.

Pêche et plongée : des autorisations différentes selon la zone et le statut du pratiquant

La pêche sous-marine est interdite dans toute l'aire marine protégée, de même que la détention et le transport d'engins destinés à cette pratique sans autorisation préalable. La pêche sportive et récréative est interdite en zone A. En zones B et C, elle est réservée aux résidents de Villasimius et aux personnes assimilées, après autorisation du gestionnaire. Les non-résidents peuvent la pratiquer en zones C et D, également sur autorisation et selon les engins et modalités admis.

Le règlement fixe de nombreuses exclusions : certaines espèces ne peuvent pas être capturées, le jigging vertical et plusieurs engins sont interdits, tout comme le drifting avec ancrage sur le fond. Le plafond général est de 5 kg par bateau et de 3 kg par personne et par jour, sauf capture d'un spécimen unique plus lourd. La pêche est interdite dans un rayon de 300 mètres des bouées de plongée, de 200 mètres des bouées délimitant les zones A et de 200 mètres des bouées de plaisance.

Pour la plongée autonome, les règles varient fortement. En zone B, les plongées guidées sont organisées par des centres autorisés ; l'apnée d'observation sans bouteille reste admise selon les prescriptions du gestionnaire. En zone C, la plongée autonome libre peut être autorisée. En zone A, seules des visites guidées exceptionnelles sur sites et parcours définis peuvent être organisées. Le disciplinare 2026 précise les points de plongée et les bouées dédiées.

 

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Nathalie Moreau
Nathalie Moreau
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Nathalie Moreau est l’atout voyage et évasion de l’équipe, elle est passionnée de croisières et de destinations nautiques. En charge du planning rédactionnel du site figaronautisme.com et des réseaux sociaux, Nathalie suit de très près l’actualité et rédige chaque jour des news et des articles pour nous dépayser et nous faire rêver aux quatre coins du monde. Avide de découvertes, vous la croiserez sur tous les salons nautiques et de voyages en quête de nouveaux sujets.
Gilles Chiorri
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Associant une formation d’officier C1 de la marine marchande et un MBA d’HEC, Gilles Chiorri a sillonné tous les océans lors de nombreuses courses au large ou records, dont une victoire à la Mini Transat, détenteur du Trophée Jules Verne en 2002 à bord d’Orange, et une 2ème place à La Solitaire du Figaro la même année. Il a ensuite contribué à l’organisation de nombreux évènements, comme la Coupe de l’America, les Extreme Sailing Series et des courses océaniques dont la Route du Rhum et la Solitaire du Figaro (directeur de course), la Volvo Ocean Race (team manager). Sa connaissance du monde maritime et son réseau à l’international lui donnent une bonne compréhension du milieu qui nous passionne.
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Sophie Savant-Ros
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Sophie Savant-Ros, architecte de formation et co-fondatrice de METEO CONSULT est entre autres, directrice de l’édition des « Bloc Marine » et du site Figaronautisme.com.
Sophie est passionnée de photographie, elle ne se déplace jamais sans son appareil photo et privilégie les photos de paysages marins. Elle a publié deux ouvrages consacrés à l’Ile de Porquerolles et photographie les côtes pour enrichir les « Guides Escales » de Figaro Nautisme.
Albert Brel
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Albert Brel, parallèlement à une carrière au CNRS, s’est toujours intéressé à l’équipement nautique. Depuis de nombreuses années, il collabore à des revues nautiques européennes dans lesquelles il écrit des articles techniques et rend compte des comparatifs effectués sur les divers équipements. De plus, il est l’auteur de nombreux ouvrages spécialisés qui vont de la cartographie électronique aux bateaux d’occasion et qui décrivent non seulement l’évolution des technologies, mais proposent aussi des solutions pour les mettre en application à bord des bateaux.
Jean-Christophe Guillaumin
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Journaliste, photographe et auteur spécialisé dans le nautisme et l’environnement, Jean-Christophe Guillaumin est passionné de voyages et de bateaux. Il a réussi à faire matcher ses passions en découvrant le monde en bateau et en le faisant découvrir à ses lecteurs. De ses nombreuses navigations il a ramené une certitude : les océans offrent un terrain de jeu fabuleux mais aussi très fragile et aujourd’hui en danger. Fort d’une carrière riche en reportages et articles techniques, il a su se distinguer par sa capacité à vulgariser des sujets complexes tout en offrant une expertise pointue. À travers ses contributions régulières à Figaro Nautisme, il éclaire les plaisanciers, amateurs ou aguerris, sur les dernières tendances, innovations technologiques, et défis liés à la navigation. Que ce soit pour analyser les performances d’un voilier, explorer l’histoire ou décortiquer les subtilités de la course au large, il aborde chaque sujet avec le souci du détail et un regard expert.
Charlotte Lacroix
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Charlotte est une véritable globe-trotteuse ! Très jeune, elle a vécu aux quatre coins du monde et a pris goût à la découverte du monde et à l'évasion. Tantôt à pied, en kayak, en paddle, à voile ou à moteur, elle aime partir à la découverte de paradis méconnus. Elle collabore avec Figaro Nautisme au fil de l'eau et de ses coups de cœur.
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Naviguant depuis son plus jeune âge que ce soit en croisière, en course, au large, en régate, des deux côtés de l’Atlantique, en Manche comme en Méditerranée, Denis, quittant la radiologie rochelaise en 2017, a effectué avec sa femme à bord de PretAixte leur 42 pieds une circumnavigation par Panama et Cape Town. Il ne lui déplait pas non plus de naviguer dans le temps avec une prédilection pour la marine d’Empire, celle de Trafalgar …
Michel Ulrich
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Après une carrière internationale d’ingénieur, Michel ULRICH a navigué en plaisance le long de la côte atlantique, et embarqué au long cours sur des navires de la marine marchande, accumulant une large expérience de nombreuses expéditions maritimes. Il est un bénévole engagé à la SNSM (canotier, ancien vice-président de la station de l’Herbaudière) depuis plus de dix ans. Capitaine 200 UMS, il est maintenant auteur et conférencier dans le domaine de l’histoire maritime, lauréat (mention 2024) de l’Académie de Marine, auditeur de l’Académie de Marine, membre associé de la Fédération Maritime (Maison de la Mer à Nantes).
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Titulaire d'un doctorat en Climatologie-Environnement, Cyrille est notre expert METEO CONSULT. Après avoir enseigné la climatologie et la géographie à l'université, il devient l'un des météorologues historiques de La Chaîne Météo en intégrant l'équipe en 2000. Spécialiste de la météo marine, il intervient également en tant qu'expert météo marine pour des courses de renommée mondiale, comme la Route du Rhum, la Solitaire du Figaro, la Transat Paprec...
Irwin Sonigo
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Capitaine 200 et ancien embarqué dans la Marine nationale, Irwin Sonigo a exploré toutes les facettes de la navigation. Des premiers bords sur un cotre aurique de 1932 à la grande plaisance sur la Côte d’Azur, en passant par les catamarans de Polynésie, les voiliers des Antilles ou plusieurs transatlantiques, il a tout expérimenté. Il participe à la construction d’Open 60 en Nouvelle-Zélande et embarque comme boat pilote lors de la 32e America’s Cup. Aujourd’hui, il met cette riche expérience au service de Figaro Nautisme, où il signe des essais et reportages ancrés dans le réel.