Orques en pleine chasse, dauphins surfant dans les vagues, minuscules créatures cachées dans les récifs ou apnéistes plongeant dans le bleu : les finalistes de l’Ocean Photographer of the Year 2026 offrent un saisissant voyage autour du monde et sous la surface.

Une fraction de seconde pour saisir un comportement rarement observé, plusieurs dizaines de mètres de profondeur pour trouver le bon angle ou parfois simplement la patience d’attendre que la scène se présente. Chaque année, l’Ocean Photographer of the Year récompense celles et ceux qui parviennent à raconter les océans à travers l’image. Pour son édition 2026, le concours organisé par Oceanographic Magazine avec le soutien de Blancpain a une nouvelle fois attiré des milliers de candidatures venues du monde entier.
La sélection des finalistes navigue entre photographie animalière, aventure, art et conservation. Un voyage visuel qui conduit des eaux tropicales d’Hawaï aux glaces antarctiques, en passant par l’Australie, le Mexique, la Polynésie française ou encore les profondeurs des Bahamas. Derrière leur beauté parfois spectaculaire, ces images racontent surtout une multitude d'histoires : celles des animaux marins, des femmes et des hommes qui vivent au contact de l'océan, mais aussi des écosystèmes aujourd'hui soumis à de nombreuses pressions.
De la chasse des orques aux dauphins qui partagent les vagues
Certaines scènes donnent l'impression d'assister à un documentaire animalier figé au moment le plus spectaculaire. Parmi les images retenues cette année figurent ainsi deux orques transportant ensemble le baleineau à bosse qu'elles viennent de chasser, un poisson-scorpion capturé alors qu'il dévore un poisson-lézard ou encore un poulpe mâle utilisant son bras reproducteur spécialisé pour approcher une femelle. Autant de comportements difficiles à observer, saisis au moment précis où la nature dévoile l'une de ses scènes les plus intimes.
Ailleurs, la confrontation laisse place à une étonnante cohabitation. Sur la plage de Tamarama, à Sydney, le photographe Gergo Rugli a immortalisé un groupe de dauphins évoluant dans les mêmes vagues que des surfeurs. Les animaux sont restés près d'une heure dans le secteur, jouant avec la houle au milieu des pratiquants. L'image traduit parfaitement cette frontière mouvante entre deux mondes qui, le temps d'une vague, ne semblent plus en former qu'un.
Aux Bahamas, Daan Verhoeven a choisi une tout autre échelle. Depuis plus de 30 mètres de profondeur, le photographe a saisi l'apnéiste français Arnaud Jerald descendant dans le Dean's Blue Hole lors d'une tentative de record du monde au Vertical Blue. La silhouette du plongeur paraît presque minuscule face au volume immense de ce gouffre marin, tandis que la lumière venant de la surface souligne toute la verticalité du décor.
Un autre regard sur le monde sous-marin
La force de cette édition réside aussi dans sa capacité à montrer ce que l'œil ne remarque habituellement pas. Une nouvelle catégorie, baptisée Ocean Unseen: Hidden Worlds, a justement été créée en 2026 pour mettre en lumière les organismes les plus petits et les habitants les plus discrets de l'océan : invertébrés, animaux minuscules et autres formes de vie presque invisibles à première vue.
Les photographes plongent alors dans un univers où l'échelle change complètement. À Bonaire, dans les Caraïbes, Lale Alev Ozten Low a photographié de nuit un ver arbre de Noël en pleine reproduction, libérant dans l'eau une multitude d'œufs minuscules. À Raja Ampat, en Indonésie, Iris Uijttewaal s'est quant à elle intéressée à un hippocampe pygmée pas plus grand qu'un grain de riz, parfaitement camouflé dans son environnement. Des scènes qui rappellent que la richesse des océans ne se mesure pas seulement à la taille des baleines, des requins ou des grands bancs de poissons.
La catégorie Fine Art pousse encore plus loin cette recherche esthétique. Au large du Costa Rica, Marko Dimitrijevic a photographié un immense groupe de dauphins à long bec évoluant dans les eaux profondes du Pacifique. À Hawaï, John Kowitz a surpris cinq raies aigles tachetées glissant au-dessus d'un fond sableux, leurs silhouettes sombres semblant parfaitement disposées dans le cadre. Quant à James Ferrara, au Mexique, il a utilisé une vitesse d'obturation lente pour faire surgir un marlin rayé au milieu de milliers de sardines en fuite, jouant sur le contraste entre le mouvement du banc et la trajectoire précise du prédateur.
Photographier la beauté, mais aussi les fragilités de l'océan
L'Ocean Photographer of the Year ne cherche pourtant pas uniquement l'image spectaculaire. Le concours fait également de la photographie un moyen de documenter les rapports entre les sociétés humaines et l'océan, mais aussi les transformations qui touchent les écosystèmes marins.
Deux catégories distinctes sont consacrées à la conservation. Conservation Impact montre notamment les conséquences de la surpêche, des captures accidentelles, de la pollution plastique ou encore de certaines pratiques de chasse. À l'inverse, Conservation Hope met en avant les initiatives de restauration et les signes de résilience : élevage de jeunes homards avant leur réintroduction, suivi scientifique des requins-marteaux ou encore forêts de kelp en bonne santé. Deux regards complémentaires qui confrontent les pressions exercées sur les océans aux initiatives mises en place pour tenter de les préserver.
La relation entre l'homme et la mer apparaît également dans des scènes beaucoup plus quotidiennes. Dans la région de Xiapu, en Chine, Lin Yongxuan a photographié quatre pêcheurs utilisant leurs filets traditionnels dans les eaux peu profondes de la zone intertidale. À Madagascar, le Français Rémi Conte a choisi la hauteur pour photographier un terrain de football installé à quelques mètres de l'océan sur l'île de Nosy Iranja. Deux images très différentes, mais qui racontent chacune à leur manière à quel point la mer structure encore la vie de nombreuses communautés littorales.
« Ces photographies ne se contentent pas de capturer ce qui se passe sous la surface, elles font remonter les histoires que notre planète a le plus besoin d'entendre », résume Will Harrison, fondateur et directeur de l'Ocean Photographer of the Year. Une philosophie qui résume bien cette sélection 2026 : émerveiller d'abord, pour mieux attirer le regard sur ce qui se joue sous la surface. Les vainqueurs des différentes catégories ainsi que le grand lauréat de l'Ocean Photographer of the Year 2026 doivent être dévoilés au cours du mois de septembre.












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