Interview : le vrai et le faux des piqûres de méduses !

Par Sophie Liman
Mardi 6 août 2019 à 6h30

En cette période estivale, nous avons tous entendu parler de remèdes pour atténuer la douleur après une piqûre de méduse. Uriner sur la plaie, frotter avec du sable de mer, utiliser sa carte bancaire ? Il y en a tellement, qu'il est difficile de distinguer le vrai du faux. Docteur Catherine Oliveres-Ghouti, dermatologue réputée, nous explique quels sont les bons gestes à avoir et ceux à éviter en cas de piqûre...

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En cette période estivale, nous avons tous entendu parler de remèdes pour atténuer la douleur après une piqûre de méduse. Uriner sur la plaie, frotter avec du sable de mer, utiliser sa carte bancaire ? Il y en a tellement, qu'il est difficile de distinguer le vrai du faux. Docteur Catherine Oliveres-Ghouti, dermatologue réputée, nous explique quels sont les bons gestes à avoir et ceux à éviter en cas de piqûre...

Comment une méduse pique-t-elle ? 

"Certaines méduses sont inoffensives, d’autres en revanche sont urticantes, ce qui veut dire qu’elles ont la capacité de brûler la peau. La réaction sur la peau est due aux vésicules positionnées sur les tentacules de la méduse. Accroché aux filaments de la méduse se trouve un petit harpon qui va se loger dans la peau, les vésicules venimeuses vont alors pouvoir se propager..."

Comment identifier une brûlure de méduse ? 

"Lors du contact avec une méduse, vous avez immédiatement le ressenti d’une décharge électrique, c’est uniquement après cela que la sensation de brûlure va apparaître, engendrant la formation de plaques un peu rouges qui grattent et brûlent sur votre peau. De plus, le venin de l’animal étant allergisant, la brûlure peut créer une réaction allergique sur la peau, tel que l’eczéma. Il faut rester sur ses gardes car il est possible de ressentir des sensations de nausée et perdre connaissance..." 

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Brûlure de méduse © Catherine Oliveres-Ghouti

Quels sont les gestes à éviter en cas de piqûre ? 

Uriner sur la plaie : FAUX

C'est une croyance populaire totalement inutile. Au lieu de guérir la brûlure, cette action risque de l'infecter et de libérer le venin.  

Aspirer le venin : VRAI et FAUX

Ce conseil est valable pour les piqûres avec la présence d’un dard, comme celles d’abeille par exemple, même si ce geste reste à haut risque. Pour la méduse, la brûlure n’est pas localisée à un endroit précis, les vésicules microscopiques sont disséminées sur la peau, il est donc impossible de les voir et d’aspirer le venin. 

Désinfecter avec de l’alcool : FAUX

Désinfecter la plaie avec de l’alcool est totalement inutile, l’action aura pour unique effet, la libération du venin et donc l’aggravation de la brûlure.

Rincer avec de l’eau douce : FAUX

Il ne faut surtout pas rincer ces cellules urticantes à l’eau douce. Lorsqu’on met de l’eau salée d’un côté d’une membrane et de l’eau douce de l’autre côté, le sel va passer du milieu salé au milieu non salé pour équilibrer. Ainsi, lorsque vous mettez de l’eau douce sur une brûlure de méduse les vésicules vont se rompre et tout le venin va se déposer sur votre peau.  

Appliquer 1 à 2 gouttes d'huile essentielle de lavande : FAUX

Les huiles essentielles sont très à la mode en ce moment, mais ce que les gens ne savent pas c’est qu’elles sont allergisantes et photosensibilisantes (réaction de la peau à la lumière du soleil), donc il ne faut surtout pas en appliquer après une piqûre de méduse. 

Alors, les bons gestes à avoir en cas de piqûre ? 

"Il faut sortir de l’eau rapidement, car en cas de malaise vous risquez de vous noyer. Dès votre arrivée sur la plage, allez chercher l’aide d’un docteur, d’un sauveteur ou appelez quelqu’un qui peut vous amener voir un médecin. Si jamais vous voulez essayer de soulager la douleur par vous-même, vous pouvez rincer la plaie avec de l’eau de mer et frotter délicatement avec du sable. Attention à ne pas toucher la brûlure avec votre main, car les cellules urticantes risquent de se transférer. Si jamais des filaments de méduse sont restés collés, vous pouvez les enlever également avec du sable." 

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Si jamais vous voulez essayer de soulager la douleur par vous-même, vous pouvez rincer la plaie avec de l'eau de mer et frotter délicatement avec du sable.© Pixabay

Après une piqûre de méduse quel est le risque d’avoir une cicatrice ?

"Il y a certaines méduses qui font de telles brûlures qu’elles engendrent des nécroses sur la peau, dans ce cas précis, la piqûre est une brûlure au second degré. Cette dernière mettra des semaines à cicatriser et la marque de la brûlure sera toujours présente. Dans tous les cas, les piqûres de méduses laissent des taches brunes sur la peau. Il faut donc bien protéger la plaie du soleil, avec un vêtement ou de l’écran-total, pour empêcher au maximum la dépigmentation."

Une piqûre de méduse peut-elle être mortelle ? 

"Certaines méduses très dangereuses en Australie, peuvent entraîner la mort de la personne piquée. Dans nos régions, les méduses ne sont pas très dangereuses mais si vous allez en Asie du sud est quelques spécimens ont une piqûre mortelle !"

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Eric Mas
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Eric Mas est l'un des fondateur de METEO CONSULT – La Chaîne Météo. Éminent spécialiste de météo, Eric est également un marin passionné qui a routé les plus grands skippers sur toutes les eaux du globe : VDH lors du premier Vendée Globe, Philippe Jeantot, Jean Maurel, Michel Desjoyeaux, Francis Joyon, et tant d'autres. Actuellement il participe au projet de Lalou Roucayrol sur son multi 50.
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Geoffroy Langlade est le directeur des contenus chez Figaro Nautisme. Il est également réalisateur et producteur de programmes tv & web dans le domaine du sport, de l'art de vivre et du nautisme. C’est également et surtout, un fan de motonautisme avec plus de 500 tests de bateaux à moteur ou yachts à son actif, à travers le monde, de Cannes à La Rochelle en passant par Istanbul ou Miami. Un métier passionnant qui lui permet de naviguer sur quelques unes des plus belles unités de la planète…
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Norbert Conchin est originaire de Paris mais très vite il prend le large pour découvrir le monde. Un premier voyage aux Antilles sur un Ketch puis un tour du monde dans la Marine lui donne le goût de la navigation. Il prend le chemin des côtes normandes pour exercer sa passion de la voile et de la régate. Décidé à vivre de sa passion, il travaille à partir de 1996 pour différents supports de la presse nautique avant de collaborer au Figaro Nautisme depuis 2017.
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Sophie Savant-Ros, architecte de formation et co-fondatrice de METEO CONSULT est entre autres, directrice de l'édition des « Bloc Marine » et du site Figaronautisme.com. Sophie est passionnée de photographie, elle ne se déplace jamais sans son appareil photo et privilégie les photos de paysages marins. Elle a publié deux ouvrages consacrés à l'Ile de Porquerolles et photographie les côtes pour enrichir les « Guides Escales » de Figaro Nautisme.
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Albert Brel, parallèlement à une carrière au CNRS, s'est toujours intéressé à l'équipement nautique. Depuis de nombreuses années, il collabore à des revues nautiques européennes dans lesquelles il écrit des articles techniques et rend compte des comparatifs effectués sur les divers équipements. De plus, il est l'auteur de nombreux ouvrages spécialisés qui vont de la cartographie électronique aux bateaux d'occasion et qui décrivent non seulement l'évolution des technologies, mais proposent aussi des solutions pour les mettre en application à bord des bateaux
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Après une carrière internationale d’ingénieur, Michel Ulrich navigue maintenant en plaisance sur son Targa 35+ le long de la côte atlantique. Par ailleurs, il ne rate pas une occasion d’embarquer sur des navires de charge, de travail ou de services maritimes. Il nous fait partager des expériences d’expédition maritime hors du commun.
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Guillaume Fourrier est un vrai passionné de la mer. Il pratique la pêche en mer depuis l'âge de 13 ans et a aujourd'hui à son actif près de 20 records de France, d'Europe et du Monde pour la prise de gros spécimens. Originaire de Boulogne-sur-Mer, il a sillonné les eaux de la façade Atlantique mais également celles de la Méditerranée. Il a également trempé ses lignes sur des contrées exotiques comme la Nouvelle-Calédonie, où il séjourna plusieurs mois à la recherche de gros poissons du lagon. Il pêche aujourd'hui en Normandie, son nouveau port d'attache.