Convertisseur 12 V 230 V à bord : à quoi sert un onduleur sur un bateau ?

Equipements

Appareil photo, caméra, ordinateur portable, GPS, téléphone, outillage autonome ont tous deux points communs : ils sont alimentés par des accus et livrés en standard avec un chargeur 230 volts. Sur un bateau, l’un des moyens pour les recharger est d’utiliser un système qui convertit la tension 12 volts (ou 24 volts) des batteries en 230 volts. C’est le convertisseur encore appelé onduleur qui remplit cette fonction. L’autre solution est un adaptateur dédié.

Appareil photo, caméra, ordinateur portable, GPS, téléphone, outillage autonome ont tous deux points communs : ils sont alimentés par des accus et livrés en standard avec un chargeur 230 volts. Sur un bateau, l’un des moyens pour les recharger est d’utiliser un système qui convertit la tension 12 volts (ou 24 volts) des batteries en 230 volts. C’est le convertisseur encore appelé onduleur qui remplit cette fonction. L’autre solution est un adaptateur dédié.
Convertisseurs et chargeurs
Convertisseurs et chargeurs© Albert Brel

L’adaptateur dédié

La majorité des appareils rechargeables sont proposés avec un chargeur 230 volts permettant de remettre à niveau leur batterie. Lorsque l’on dispose d’une source 230 volts, cela ne pose pas de problème. Dans le cas contraire, par exemple sur un bateau, il n’est pas possible de les recharger. Certains produits sont proposés en standard ou en option avec un chargeur 12 volts. C’est la solution, mais cet adaptateur est dédié à un appareil, par exemple, à une V.H.F. ou à un récepteur radio. Autre point, ces adaptateurs sont conçus à l'origine pour être utilisés sur la prise allume-cigares d'une voiture. Sur une voiture, lorsque le moteur tourne, la tension de la batterie est maintenue et stabilisée entre 13 et 13,5 volts. Sur un bateau, elle peut varier de 12,5 volts à 15 volts. En pratique, 12,5 volts ne sont pas suffisants pour assurer un rendement optimum et 15 volts peuvent lui être nuisibles. La solution est d’utiliser un convertisseur qui transforme le 12 volts (ou 24 volts) des batteries en 230 volts.    

Convertisseur sous banquette
Convertisseur sous banquette© Albert Brel

Convertisseur : un large choix

Lorsque l’on recherche un convertisseur, on peut être surpris par le choix proposé, les prix à puissance égale et les termes utilisés que ce soit dans les rayons des accastilleurs, des magasins spécialisés en électricité/électronique voire dans ceux proposant des accessoires pour les voitures ou pour le caravaning. En premier, les termes, les plus couramment utilisés sont : sinusoïdaux, pur sinus, quasi-sinus, carrés, trapézoïdaux, etc. Ceux-ci définissent la forme d’onde qu’ils délivrent. Les convertisseurs sinusoïdaux ou pur sinus délivrent un signal identique à celui fourni par le réseau électrique terrestre ce qui n’est pas le cas des autres appellations. Alors, pourquoi les mettre sur le marché ? En premier lieu, le prix est la raison principale. Fabriquer un modèle sinusoïdal fait appel à des techniques de pointe ce qui n’est pas le cas des autres technologies qui sont plus simples à fabriquer et, de ce fait, à puissance égale, beaucoup moins onéreuses. A titre indicatif, un modèle sinusoïdal de 1200 watts est proposé à 500 euros, un de même puissance dans une autre forme d’onde (quasi-sinus, trapézoïdal, etc.) l’est à 200 euros. 

D’autre part, si on trouve les deux technologies c’est tout simplement parce que tous les appareils n'ont pas besoin d'être alimentés avec une tension sinusoïdale pour fonctionner correctement. En pratique, qui peut le plus peut le moins, tous les équipements peuvent être alimentés par un convertisseur sinusoïdal à condition que sa puissance soit suffisante. Le pseudo-sinusoïdal est plus limitatif et peut, dans certains cas, entraîner des dysfonctionnements (déformations de l'image) ou des rayures sur l'écran (télévision) ou encore des bruits intempestifs sur le son. Pour les appareils peu sensibles (chargeurs d’accus, outillage, électroménager, four à micro-onde, réfrigérateur portable), ce qui importe c’est la puissance, la forme d’onde est secondaire. On peut donc pour ces applications se contenter de convertisseurs pseudo-sinusoïdaux. Pour les appareils sensibles, il faut s’orienter vers un convertisseur sinusoïdal, c’est le cas des ordinateurs et de la majorité des appareils qui font appel à de l’électronique.

Convertisseur et batteries
Convertisseur et batteries© Albert Brel

La bonne puissance

Bien lire les notices, en principe, deux puissances sont indiquées. La puissance nominale qui correspond à la puissance que l’on peut utiliser en condition normale et la puissance instantanée que le convertisseur peut fournir au démarrage généralement 2 à 3 fois supérieure à la nominale. Pour déterminer la puissance du convertisseur, il faut faire la somme des puissances des appareils qui peuvent être sous tension en même temps et connaitre le rendement du convertisseur. Ce dernier peut varier de 80% à 90% suivant sa qualité. Par exemple, pour alimenter une machine à café d’une puissance de 850 watts en prenant un rendement de 85%, il faut un convertisseur de 850/0.85 = 1000 watts, ce qui correspond à un courant prélevé sur les batteries de 1000/12 = 83 ampères.    

 

L’installation à bord

Compte tenu du courant prélevé sur les batteries qui peut être important suivant la puissance du convertisseur, ce dernier doit être installé au plus près de celles-ci. Le câble entre les batteries et le convertisseur doit avoir une section en fonction du courant consommé. Comptez 3 ampères par mm². Par exemple pour notre machine qui prélève 83 ampères sur les batteries, il faut au minimum, un câble entre les batteries et le convertisseur de 83/3 = 27 mm². La liaison à la sortie du convertisseur doit être protégée par un fusible ou mieux un disjoncteur. Lorsque l’on n’utilise pas le convertisseur, il est conseillé de ne pas le laisser allumer sa consommation à vide n’est pas négligeable. Celle-ci, dénommée No Load dans les notices, est de l’ordre de 0.5 à 1 ampères soit 12 à 24 ampères par 24 heures. La sortie 230 volts peut être réservée à un appareil, par exemple, une cafetière, un four à micro-ondes, arrivée sur une prise dédiée ou être reliée via un bouton rotacteur au réseau 230 volts du bord. Ce rotacteur permet de sélectionner : borne de quai, groupe électrogène ou convertisseur. Que choisir ? Si le convertisseur est dédié à un appareil, sa sortie 230 volts (protégée) doit être reliée directement à ce dernier. La section du câble (convertisseur/utilisation) est fonction de la puissance de l’appareil à alimenter. Par exemple une machine à café de 850 watts (1000 watts en tenant compte du rendement) demande un courant de 1000/230 = 5 ampères. Soit un câble de 2.5 mm². En résumé pour cette installation dédiée, on a entre les batteries 12 volts et le convertisseur un câble très court de 27 mm² et entre le convertisseur et la cafetière (230 volts) un de 2.5 mm². Lorsque l’on arrive sur une prise dédiée, elle doit être signalée pour éviter d’y brancher un appareil trop puissant pour le convertisseur. La solution d’envoyer via un rotacteur qui permet de sélectionner la source 230 volts (quai, groupe, convertisseur), est séduisante. Lorsque l’on est sur la position convertisseur, elle permet de disposer du 230 volts sur tout le réseau de prises 230 volts du bateau. Mais, elle peut s’avérer dangereuse si on branche un appareil dont la puissance est supérieure à celle du convertisseur, par exemple, un chauffage.

© Albert Brel

Bien choisir son convertisseur

Il doit être choisi en fonction de son utilisation en prenant une marge de sécurité. Pour connaître la consommation en ampères de l’appareil connecté une bonne approche est de divisé par 10 la puissance de ce dernier. Par exemple, une puissance de 500 watts consomme 50 ampères, en tenant compte du rendement. Reste la forme d’onde. Comme nous l’avons déjà évoqué, le sinus est réservé aux appareils sensibles (téléviseur, ordinateur), en fait, tous ceux qui comportent de l’électronique. Pour les moins sensibles (éclairage, petit outillage, fer à sonder, etc.), on peut se contenter de pseudo sinus. Dans tous les cas, il faut tenir compte de la puissance maximum. Par exemple, un four à micro-onde de 800 watts consomme de 1200 à 1300 watts.

Bien lire les notices

Bien souvent dans les catalogues, les informations données se limitent à la forme d’onde, la puissance, la température de fonctionnement. Ce n’est pas suffisant, n’hésitez pas à demander la fiche technique complète, elle doit mentionner : la forme d’onde, les puissances nominale et instantanée, les protections (entrée, sortie), le type de refroidissement (direct ou ventilateur), la consommation à vide, le rendement, etc.

En conclusion

Un convertisseur est un équipement utile à bord, mais il ne faut pas en déduire que vous disposez du courant alternatif 230 volts comme lorsque vous êtes branché à la borne de quai. Son utilisation se limite à l’alimentation ponctuelle d’équipement de confort comme un four, une cafetière, un éclairage voire du petit outillage ou de l’électronique. Sa consommation en énergie en fonction de sa puissance et qui est puisée sur les batteries, peut être importante.

 

 

L'équipe
Nathalie Moreau
Nathalie Moreau
Nathalie Moreau
Nathalie Moreau est l’atout voyage et évasion de l’équipe, elle est passionnée de croisières et de destinations nautiques. En charge du planning rédactionnel du site figaronautisme.com et des réseaux sociaux, Nathalie suit de très près l’actualité et rédige chaque jour des news et des articles pour nous dépayser et nous faire rêver aux quatre coins du monde. Avide de découvertes, vous la croiserez sur tous les salons nautiques et de voyages en quête de nouveaux sujets.
Gilles Chiorri
Gilles Chiorri
Gilles Chiorri
Associant une formation d’officier C1 de la marine marchande et un MBA d’HEC, Gilles Chiorri a sillonné tous les océans lors de nombreuses courses au large ou records, dont une victoire à la Mini Transat, détenteur du Trophée Jules Verne en 2002 à bord d’Orange, et une 2ème place à La Solitaire du Figaro la même année. Il a ensuite contribué à l’organisation de nombreux évènements, comme la Coupe de l’America, les Extreme Sailing Series et des courses océaniques dont la Route du Rhum et la Solitaire du Figaro (directeur de course), la Volvo Ocean Race (team manager). Sa connaissance du monde maritime et son réseau à l’international lui donnent une bonne compréhension du milieu qui nous passionne.
Il collabore avec les équipes de METEO CONSULT et Figaro Nautisme depuis plus de 20 ans.
Sophie Savant-Ros
Sophie Savant-Ros
Sophie Savant-Ros
Sophie Savant-Ros, architecte de formation et co-fondatrice de METEO CONSULT est entre autres, directrice de l’édition des « Bloc Marine » et du site Figaronautisme.com.
Sophie est passionnée de photographie, elle ne se déplace jamais sans son appareil photo et privilégie les photos de paysages marins. Elle a publié deux ouvrages consacrés à l’Ile de Porquerolles et photographie les côtes pour enrichir les « Guides Escales » de Figaro Nautisme.
Albert Brel
Albert Brel
Albert Brel
Albert Brel, parallèlement à une carrière au CNRS, s’est toujours intéressé à l’équipement nautique. Depuis de nombreuses années, il collabore à des revues nautiques européennes dans lesquelles il écrit des articles techniques et rend compte des comparatifs effectués sur les divers équipements. De plus, il est l’auteur de nombreux ouvrages spécialisés qui vont de la cartographie électronique aux bateaux d’occasion et qui décrivent non seulement l’évolution des technologies, mais proposent aussi des solutions pour les mettre en application à bord des bateaux.
Jean-Christophe Guillaumin
Jean-Christophe Guillaumin
Jean-Christophe Guillaumin
Journaliste, photographe et auteur spécialisé dans le nautisme et l’environnement, Jean-Christophe Guillaumin est passionné de voyages et de bateaux. Il a réussi à faire matcher ses passions en découvrant le monde en bateau et en le faisant découvrir à ses lecteurs. De ses nombreuses navigations il a ramené une certitude : les océans offrent un terrain de jeu fabuleux mais aussi très fragile et aujourd’hui en danger. Fort d’une carrière riche en reportages et articles techniques, il a su se distinguer par sa capacité à vulgariser des sujets complexes tout en offrant une expertise pointue. À travers ses contributions régulières à Figaro Nautisme, il éclaire les plaisanciers, amateurs ou aguerris, sur les dernières tendances, innovations technologiques, et défis liés à la navigation. Que ce soit pour analyser les performances d’un voilier, explorer l’histoire ou décortiquer les subtilités de la course au large, il aborde chaque sujet avec le souci du détail et un regard expert.
Charlotte Lacroix
Charlotte Lacroix
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Charlotte est une véritable globe-trotteuse ! Très jeune, elle a vécu aux quatre coins du monde et a pris goût à la découverte du monde et à l'évasion. Tantôt à pied, en kayak, en paddle, à voile ou à moteur, elle aime partir à la découverte de paradis méconnus. Elle collabore avec Figaro Nautisme au fil de l'eau et de ses coups de cœur.
Max Billac
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Max est tombé dedans quand il était petit ! Il a beaucoup navigué avec ses parents, aussi bien en voilier qu'en bateau moteur le long des côtes européennes mais pas que ! Avec quelques transatlantiques à son actif, il se passionne pour le monde du nautisme sous toutes ses formes. Il aime analyser le monde qui l'entoure et collabore avec Figaro Nautisme régulièrement.
Denis Chabassière
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Naviguant depuis son plus jeune âge que ce soit en croisière, en course, au large, en régate, des deux côtés de l’Atlantique, en Manche comme en Méditerranée, Denis, quittant la radiologie rochelaise en 2017, a effectué avec sa femme à bord de PretAixte leur 42 pieds une circumnavigation par Panama et Cape Town. Il ne lui déplait pas non plus de naviguer dans le temps avec une prédilection pour la marine d’Empire, celle de Trafalgar …
Michel Ulrich
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Après une carrière internationale d’ingénieur, Michel Ulrich navigue maintenant en plaisance sur son TARGA 35+ le long de la côte atlantique. Par ailleurs, il ne rate pas une occasion d’embarquer sur des navires de charge, de travail ou de services maritimes. Il nous fait partager des expériences d’expédition maritime hors du commun.
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METEO CONSULT est un bureau d'études météorologiques opérationnel, qui assiste ses clients depuis plus de 30 ans. Les services de METEO CONSULT reposent sur une équipe scientifique de haut niveau et des moyens techniques de pointe. Son expertise en météo marine est reconnue et ses prévisionnistes accompagnent les plaisanciers, les capitaines de port et les organisateurs de courses au large depuis ses origines : Route du Rhum, Transat en double, Solitaire du Figaro…
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Titulaire d'un doctorat en Climatologie-Environnement, Cyrille est notre expert METEO CONSULT. Après avoir enseigné la climatologie et la géographie à l'université, il devient l'un des météorologues historiques de La Chaîne Météo en intégrant l'équipe en 2000. Spécialiste de la météo marine, il intervient également en tant qu'expert météo marine pour des courses de renommée mondiale, comme la Route du Rhum, la Solitaire du Figaro, la Transat Paprec...
Irwin Sonigo
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Irwin Sonigo
Capitaine 200 et ancien embarqué dans la Marine nationale, Irwin Sonigo a exploré toutes les facettes de la navigation. Des premiers bords sur un cotre aurique de 1932 à la grande plaisance sur la Côte d’Azur, en passant par les catamarans de Polynésie, les voiliers des Antilles ou plusieurs transatlantiques, il a tout expérimenté. Il participe à la construction d’Open 60 en Nouvelle-Zélande et embarque comme boat pilote lors de la 32e America’s Cup. Aujourd’hui, il met cette riche expérience au service de Figaro Nautisme, où il signe des essais et reportages ancrés dans le réel.