
L’adaptateur dédié
La majorité des appareils rechargeables sont proposés avec un chargeur 230 volts permettant de remettre à niveau leur batterie. Lorsque l’on dispose d’une source 230 volts, cela ne pose pas de problème. Dans le cas contraire, par exemple sur un bateau, il n’est pas possible de les recharger. Certains produits sont proposés en standard ou en option avec un chargeur 12 volts. C’est la solution, mais cet adaptateur est dédié à un appareil, par exemple, à une V.H.F. ou à un récepteur radio. Autre point, ces adaptateurs sont conçus à l'origine pour être utilisés sur la prise allume-cigares d'une voiture. Sur une voiture, lorsque le moteur tourne, la tension de la batterie est maintenue et stabilisée entre 13 et 13,5 volts. Sur un bateau, elle peut varier de 12,5 volts à 15 volts. En pratique, 12,5 volts ne sont pas suffisants pour assurer un rendement optimum et 15 volts peuvent lui être nuisibles. La solution est d’utiliser un convertisseur qui transforme le 12 volts (ou 24 volts) des batteries en 230 volts.

Convertisseur : un large choix
Lorsque l’on recherche un convertisseur, on peut être surpris par le choix proposé, les prix à puissance égale et les termes utilisés que ce soit dans les rayons des accastilleurs, des magasins spécialisés en électricité/électronique voire dans ceux proposant des accessoires pour les voitures ou pour le caravaning. En premier, les termes, les plus couramment utilisés sont : sinusoïdaux, pur sinus, quasi-sinus, carrés, trapézoïdaux, etc. Ceux-ci définissent la forme d’onde qu’ils délivrent. Les convertisseurs sinusoïdaux ou pur sinus délivrent un signal identique à celui fourni par le réseau électrique terrestre ce qui n’est pas le cas des autres appellations. Alors, pourquoi les mettre sur le marché ? En premier lieu, le prix est la raison principale. Fabriquer un modèle sinusoïdal fait appel à des techniques de pointe ce qui n’est pas le cas des autres technologies qui sont plus simples à fabriquer et, de ce fait, à puissance égale, beaucoup moins onéreuses. A titre indicatif, un modèle sinusoïdal de 1200 watts est proposé à 500 euros, un de même puissance dans une autre forme d’onde (quasi-sinus, trapézoïdal, etc.) l’est à 200 euros.
D’autre part, si on trouve les deux technologies c’est tout simplement parce que tous les appareils n'ont pas besoin d'être alimentés avec une tension sinusoïdale pour fonctionner correctement. En pratique, qui peut le plus peut le moins, tous les équipements peuvent être alimentés par un convertisseur sinusoïdal à condition que sa puissance soit suffisante. Le pseudo-sinusoïdal est plus limitatif et peut, dans certains cas, entraîner des dysfonctionnements (déformations de l'image) ou des rayures sur l'écran (télévision) ou encore des bruits intempestifs sur le son. Pour les appareils peu sensibles (chargeurs d’accus, outillage, électroménager, four à micro-onde, réfrigérateur portable), ce qui importe c’est la puissance, la forme d’onde est secondaire. On peut donc pour ces applications se contenter de convertisseurs pseudo-sinusoïdaux. Pour les appareils sensibles, il faut s’orienter vers un convertisseur sinusoïdal, c’est le cas des ordinateurs et de la majorité des appareils qui font appel à de l’électronique.

La bonne puissance
Bien lire les notices, en principe, deux puissances sont indiquées. La puissance nominale qui correspond à la puissance que l’on peut utiliser en condition normale et la puissance instantanée que le convertisseur peut fournir au démarrage généralement 2 à 3 fois supérieure à la nominale. Pour déterminer la puissance du convertisseur, il faut faire la somme des puissances des appareils qui peuvent être sous tension en même temps et connaitre le rendement du convertisseur. Ce dernier peut varier de 80% à 90% suivant sa qualité. Par exemple, pour alimenter une machine à café d’une puissance de 850 watts en prenant un rendement de 85%, il faut un convertisseur de 850/0.85 = 1000 watts, ce qui correspond à un courant prélevé sur les batteries de 1000/12 = 83 ampères.
L’installation à bord
Compte tenu du courant prélevé sur les batteries qui peut être important suivant la puissance du convertisseur, ce dernier doit être installé au plus près de celles-ci. Le câble entre les batteries et le convertisseur doit avoir une section en fonction du courant consommé. Comptez 3 ampères par mm². Par exemple pour notre machine qui prélève 83 ampères sur les batteries, il faut au minimum, un câble entre les batteries et le convertisseur de 83/3 = 27 mm². La liaison à la sortie du convertisseur doit être protégée par un fusible ou mieux un disjoncteur. Lorsque l’on n’utilise pas le convertisseur, il est conseillé de ne pas le laisser allumer sa consommation à vide n’est pas négligeable. Celle-ci, dénommée No Load dans les notices, est de l’ordre de 0.5 à 1 ampères soit 12 à 24 ampères par 24 heures. La sortie 230 volts peut être réservée à un appareil, par exemple, une cafetière, un four à micro-ondes, arrivée sur une prise dédiée ou être reliée via un bouton rotacteur au réseau 230 volts du bord. Ce rotacteur permet de sélectionner : borne de quai, groupe électrogène ou convertisseur. Que choisir ? Si le convertisseur est dédié à un appareil, sa sortie 230 volts (protégée) doit être reliée directement à ce dernier. La section du câble (convertisseur/utilisation) est fonction de la puissance de l’appareil à alimenter. Par exemple une machine à café de 850 watts (1000 watts en tenant compte du rendement) demande un courant de 1000/230 = 5 ampères. Soit un câble de 2.5 mm². En résumé pour cette installation dédiée, on a entre les batteries 12 volts et le convertisseur un câble très court de 27 mm² et entre le convertisseur et la cafetière (230 volts) un de 2.5 mm². Lorsque l’on arrive sur une prise dédiée, elle doit être signalée pour éviter d’y brancher un appareil trop puissant pour le convertisseur. La solution d’envoyer via un rotacteur qui permet de sélectionner la source 230 volts (quai, groupe, convertisseur), est séduisante. Lorsque l’on est sur la position convertisseur, elle permet de disposer du 230 volts sur tout le réseau de prises 230 volts du bateau. Mais, elle peut s’avérer dangereuse si on branche un appareil dont la puissance est supérieure à celle du convertisseur, par exemple, un chauffage.

Bien choisir son convertisseur
Il doit être choisi en fonction de son utilisation en prenant une marge de sécurité. Pour connaître la consommation en ampères de l’appareil connecté une bonne approche est de divisé par 10 la puissance de ce dernier. Par exemple, une puissance de 500 watts consomme 50 ampères, en tenant compte du rendement. Reste la forme d’onde. Comme nous l’avons déjà évoqué, le sinus est réservé aux appareils sensibles (téléviseur, ordinateur), en fait, tous ceux qui comportent de l’électronique. Pour les moins sensibles (éclairage, petit outillage, fer à sonder, etc.), on peut se contenter de pseudo sinus. Dans tous les cas, il faut tenir compte de la puissance maximum. Par exemple, un four à micro-onde de 800 watts consomme de 1200 à 1300 watts.
Bien lire les notices
Bien souvent dans les catalogues, les informations données se limitent à la forme d’onde, la puissance, la température de fonctionnement. Ce n’est pas suffisant, n’hésitez pas à demander la fiche technique complète, elle doit mentionner : la forme d’onde, les puissances nominale et instantanée, les protections (entrée, sortie), le type de refroidissement (direct ou ventilateur), la consommation à vide, le rendement, etc.
En conclusion
Un convertisseur est un équipement utile à bord, mais il ne faut pas en déduire que vous disposez du courant alternatif 230 volts comme lorsque vous êtes branché à la borne de quai. Son utilisation se limite à l’alimentation ponctuelle d’équipement de confort comme un four, une cafetière, un éclairage voire du petit outillage ou de l’électronique. Sa consommation en énergie en fonction de sa puissance et qui est puisée sur les batteries, peut être importante.
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