Où en est-on de la plaisance éco-responsable ?

Bateaux à moteur
Mercredi 8 septembre 2021 à 6h30

Une problématique écologique décennale enfièvre le monde maritime. La plaisance à moteur, ce serpent de mer, aspire à réconcilier plaisir en mer et durabilité. Les technologies « vertes » sont désormais au point pour suppléer aux moteurs thermiques. Tour d’horizon des innovations disponibles.

Une problématique écologique décennale enfièvre le monde maritime. La plaisance à moteur, ce serpent de mer, aspire à réconcilier plaisir en mer et durabilité. Les technologies « vertes » sont désormais au point pour suppléer aux moteurs thermiques. Tour d’horizon des innovations disponibles.

Triompher sur un bateau équipé d’un moteur thermique ? Désormais, il y a prescription. Le déclin de ces bêtes bruyantes et polluantes est annoncé, palpable, presque programmé par la multiplication des concurrents aux propulsions décarbonées. L’électricité est l’une des seules variations triomphantes : les batteries de l’hélice remplacent le réservoir de carburant, et un moteur électrique couplé à une hélice prend la place du moteur thermique. Au secours de la plaisance grâce à des avancées technologiques permanentes, l’industrie de l’automobile est particulièrement compétitive. BMW, qui pourvoit très largement ce secteur en est l’exemple accompli. Ses moteurs électriques fonctionnent au courant continu et sont utilisés depuis quelques décennies dans l’industrie ferroviaire et robotique. Pendant qu’Axio prend part au jeu du tout électrique en appareillant le Lanéva Boats franco-monégasque d’un moteur électrique alimenté exclusivement par l’énergie solaire, Oceanvolt se charge de propulser le Q30 de Q-Yachts, à la vitesse de huit nœuds, grâce à son moteur de 20 kW et de batteries de 60 kW. Sans oublier l’aîné Torqeedo, chef de file de l’électromobilité sur l’eau, qui offre des solutions tout-en-un aux plaisanciers qui souhaitent disposer de pods électriques. Les Pods Cruise, qui ont une autonomie de dix heures à trois nœuds et d’une heure à sept nœuds, sont associés à des batteries lithium-ion, un alternateur et des panneaux solaires.

Axio et Lanéva Boats

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Deux moteurs à flux axial ultra-compacts et performants, éprouvés dans le monde de l’aviation. Des cellules de batteries à haute densité, avec plus de 2 000 cycles mode charge/décharge à 1C/1C (1h charge / 1h décharge).

Longueur : 7,90 mètres - Largeur : 2,50 mètres- Batterie : 142 kWh - Prix : 350 000 euros H.T.

Magonis Wave

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Quatre systèmes de propulsion électrique pour répondre aux besoins de chaque propriétaire. Les moteurs, strictement hors-bord, sont confiés à deux spécialistes de la propulsion électrique : le Torqeedo Cruise de 4 à 10 kW (environ l'équivalent de 20 ch), ou les nouveaux Mag Power 18.0 et 30.0, avec respectivement 18 et 30 kW. Le premier (avec une puissance d'environ 40 ch) garantit la vitesse de 22 nœuds, le second une vitesse de pointe de 16 nœuds.

Longueur : 5,50 mètres - Largeur : 1,98 mètres - Prix : 33 485 euros H.T.

Ocean Volt et le Q30

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Propulsé par des pods électriques à une vitesse de croisière autour de 9 nœuds, le bateau revendique une autonomie de 42 milles avec le pack de batteries au lithium standard de 30 kW/h. Celle-ci monte à 80 milles avec le pack de batteries optionnel de 60 kW/h. À la vitesse de croisière d’environ 15 nœuds, l’autonomie chute respectivement à 22 et 40 milles.

Longueur : 9,30 mètres - Largeur : 2,20 mètres - Puissance maximale : 20 kW/h - Prix : 193 600 euros H.T.

Les Cruise Pod de Torqeedo

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Cruise Pod est le nom de la gamme de moteurs high-tech ultracompacts et ergonomiques de 5 à 20 CV pour bateaux à voile et à moteur. Comme leur nom l’indique, les Cruise FP (de l’anglais « Fixed Pod » ) sont fixes, ce qui est souvent souhaité sur les voiliers et d’usage sur certains bateaux à moteur. Torqeedo propose des pods avec hélices repliables pour les voiliers. Sur les bateaux à moteurs, ils sont équipés d’hélices Torqeedo à très haut rendement. Les pods de cette série ont une puissance de 2 à 10 kW, équivalente à une force de propulsion de 5 à 20 CV sur les moteurs thermiques.

Hynova 40

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L’Hynova 40 est équipé de moteurs électriques alimentés par un parc de batteries au lithium, chargées en continu par la pile à combustible à hydrogène. Selon les données du chantier, de 6 nœuds jusqu’à 8 nœuds, la pile à combustible fournit assez d’énergie pour maintenir les batteries chargées à 100 % et pour alimenter les moteurs électriques. Lorsque l’hydrogène est épuisé, les batteries chargées offrent une certaine autonomie. Au-delà de huit nœuds et jusqu’à la vitesse maxi de 26 nœuds, la consommation des moteurs dépasse la capacité de production de la pile à combustible ; ils doivent alors puiser dans celle des batteries pour compléter le besoin d’électricité. Dans ce cas, la capacité des batteries s’épuise rapidement, alors que la réserve d’hydrogène reste conséquente. Pour continuer à avancer, l’Hynova 40 devra de nouveau naviguer entre 6 et 8 nœuds, ou s’arrêter pendant une heure pour recharger ses batteries avec la pile à combustible avant de pouvoir repartir à haute vitesse.

« Vento », une nouvelle façon de penser la navigation des méga-yachts

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Redonner à la voile éolienne son caractère écologique et naturellement respectueux de l’environnement, quelle que soit sa taille : le projet NL 285 « Vento » est un manifeste pour la protection de l’environnement et un appel aux concepteurs et aux propriétaires à développer, en toute conscience et à 360°, des grands yachts authentiquement verts. S’appuyant sur des décennies d’expérience dans la conception de yachts de toutes formes et de toutes tailles, avec des projets extrêmement réussis pour des chantiers navals emblématiques comme Oceanco, Palmer Johnson, Perini Navi et CRN Ferretti, Nuvolari Lenard a décidé de briser le moule avec un concept radical qui intègre tous les paramètres de la voile pure et répondant aux besoins du propriétaire de superyacht d’aujourd’hui. « Vento » ne sera pas le énième « méga-yacht à voile assistée », mais un authentique et élégant voilier de 100 mètres qui utilisera le vent comme force propulsive naturelle. « Être conscient de l’environnement doit devenir une façon d’être, ainsi qu’une façon de penser », explique l’ingénieur Carlo Nuvolari. « Rien ne nous empêche de penser à un grand yacht véritablement écologique. Il n’est pas difficile d’obtenir des résultats majeurs, il suffit d’arrêter d’être traditionaliste et de prendre un risque, en revenant à l’essentiel : construire un voilier qui utilise vraiment les voiles et qui est vraiment efficace. »

Des designs efficaces aux finitions durables

L'industrie du yachting s'efforce donc de réduire son empreinte écologique grâce à de nouvelles technologies de pointe et au déploiement d'initiatives durables destinées à réduire la consommation de carburant et à préserver les océans pour les générations futures. Mais cette transition n’est pas exclusivement propulsée par l’essor admirable des moteurs électriques. Les finitions, la qualité de fabrication, témoignent elles aussi de la pluralité de l’approche et du style. La coque en carbone se distingue pendant que le contreplaqué et la fibre de lin, la roche volcanique et le basalte se disputent la vedette.

Roland Jourdain et son catamaran en biomatériaux

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© Robin Christol / Outremer

Roland Jourdain va lancer dans les prochains mois la construction d’un multicoque. C’est la première fois qu’un catamaran de cette taille – 18,28 mètres – intégrera autant de biomatériaux. Depuis sa création, Explore et ses fondateurs ont la vocation de faire évoluer nos usages et nos modes de consommation et ce bateau va permettre de sensibiliser les entreprises et le grand public à cette démarche. Avec son franc-parler, Roland explique son état d’esprit : « Parce que nous avons atteint les limites planétaires, il est urgent d'agir concrètement avec l'aide des technologies et d’y associer de nouveaux modes de consommation responsable. » Depuis une dizaine d’années, Roland planche avec ses équipes de Kaïros Environnement sur l’utilisation de la fibre de lin en remplacement de la fibre de verre. Dès 2013, il construit avec ces nouveaux matériaux un premier trimaran de 7 mètres – Gwalaz – qui sert encore aujourd’hui de plateforme de test. Cette expérience, ainsi que le travail sur des surfs, des paddles et d’autres bateaux rendent possible aujourd’hui la construction d’un multicoque de grande taille.

Les catamarans Sunreef

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Le lin et le basalte

Les catamarans éco de Sunreef ont été pensés à partir de composantes d’origine naturelle qui comprennent des structures à base de basalte et de lin. Ces deux matériaux sont utilisés dans la production des coques, des superstructures et du mobilier des yachts.

La fibre de basalte, plus résistante que la fibre de verre, ne présente aucune réaction toxique avec l’air ou l’eau. C’est également un matériau non combustible et antidéflagrant. La fibre de lin, autre élément important pour la plaisance responsable est sûre à produire et a une empreinte carbone minimale. Les propriétés mécaniques exceptionnelles et la résistance de la fibre de lin en font une alternative écologique parfaite à la fibre de verre.

Un design intérieur durable

La décoration intérieure durable des yachts repose sur l’utilisation des matériaux éco-responsables sans aucun compromis sur le luxe. Les catamarans Eco de Sunreef  Yachts minimisent l’usage de peaux d’animaux en proposant une variété de tissus naturels et des alternatives au cuir véritable. Des systèmes de revêtement de sol basés sur des technologies modernes sont proposés, comme des panneaux de bois dur ainsi que des planchers en teck recyclé ou récupéré provenant de vieux bâtiments, de bateaux ou d’autres structures en bois. Des matériaux à base de papier comprimé peuvent être utilisés pour les plans de travail afin de proposer des surfaces légères, solides et pratiques. Cette solution innovante permet non seulement d’obtenir une finition de luxe, mais elle est également très facile à réparer car les rayures peuvent être rapidement éliminées par l’application de chaleur.

Revêtements de pont durables

L’approvisionnement en matériaux écologiques pour les revêtements de pont des yachts éco-responsables et des superyachts est devenu aujourd’hui un défi important pour l’industrie de la construction navale. Les solutions de revêtements durables pour les ponts des catamarans Sunreef Yachts Eco comprennent notamment des ponts en teck équitable ou en liège pour proposer une alternative écologique et recyclable au teck traditionnel.

Voiles recyclables

Les yachts éco-responsables signés Sunreef proposent des voiles entièrement recyclables alliant performance accrue et respect de l’environnement. Le tissu de voile recyclé gagne une seconde vie, se transformant en sacs et accessoires durables.

Peintures antisalissures éco

Les peintures antisalissures non toxiques à base de silicone offrent une protection efficace contre les salissures marines tout en présentant une très faible rugosité de surface. Lisses, imperméables et résistantes, elles réduisent considérablement la traînée du yacht, ce qui se traduit par une performance accrue et un gain d’efficacité énergétique.

Retrouvez ce dossier et plein d'autres dans notre nouvel hors-série Yachting 2021 à lire ici !

L'équipe
Nathalie Moreau
Nathalie Moreau
Nathalie Moreau est l'atout voyage et évasion de l'équipe, elle est passionnée de croisières et de destinations nautiques. En charge du planning rédactionnel du site figaronautisme.com et des réseaux sociaux, Nathalie suit de très près l'actualité et rédige chaque jour des news et des articles pour nous dépayser et nous faire rêver aux quatre coins du monde. Avide de découvertes, vous la croiserez sur tous les salons nautiques et de voyages en quête de nouveaux sujets.
Gilles Chiorri
Gilles Chiorri
Associant une formation d’officier C1 de la marine marchande et un MBA d’HEC, Gilles Chiorri a sillonné tous les océans lors de nombreuses courses au large ou records, dont une victoire à la Mini Transat, détenteur du Trophée Jules Verne en 2002 à bord d’Orange, et une 2ème place à La Solitaire du Figaro la même année. Il a ensuite contribué à l’organisation de nombreux évènements, comme la Coupe de l’America, les Extreme Sailing Series et des courses océaniques dont la Route du Rhum et la Solitaire du Figaro (directeur de course), la Volvo Ocean Race (team manager). Sa connaissance du monde maritime et son réseau à l’international lui donnent une bonne compréhension du milieu qui nous passionne. Il collabore avec les équipes de METEO CONSULT et Figaro Nautisme depuis plus de 20 ans.
Sophie Savant Ros
Sophie Savant Ros
Sophie Savant-Ros, architecte de formation et co-fondatrice de METEO CONSULT est entre autres, directrice de l'édition des « Bloc Marine » et du site Figaronautisme.com. Sophie est passionnée de photographie, elle ne se déplace jamais sans son appareil photo et privilégie les photos de paysages marins. Elle a publié deux ouvrages consacrés à l'Ile de Porquerolles et photographie les côtes pour enrichir les « Guides Escales » de Figaro Nautisme.
François Tregouet
François Tregouet
Depuis toujours, François est passionné de voile en général et de multicoques en particulier. En croisière ou en course, de l’Europe à l’Australie, il ne les délaisse que lorsque le règlement l’exige : Mini-transat, Fastnet, Giraglia… Jamais rassasié de nouveautés, il a assisté à la plupart des salons sur les cinq continents. Depuis 2018 il se consacre entièrement à la rédaction et à l’information, notamment pour Figaro Nautisme.
Albert Brel
Albert Brel
Albert Brel, parallèlement à une carrière au CNRS, s'est toujours intéressé à l'équipement nautique. Depuis de nombreuses années, il collabore à des revues nautiques européennes dans lesquelles il écrit des articles techniques et rend compte des comparatifs effectués sur les divers équipements. De plus, il est l'auteur de nombreux ouvrages spécialisés qui vont de la cartographie électronique aux bateaux d'occasion et qui décrivent non seulement l'évolution des technologies, mais proposent aussi des solutions pour les mettre en application à bord des bateaux
Charlotte Lacroix
Charlotte Lacroix
Charlotte est une véritable globe-trotteuse ! Très jeune, elle a vécu aux quatre coins du monde et a pris goût à la découverte du monde et à l'évasion. Tantôt à pied, en kayak, en paddle, à voile ou à moteur, elle aime partir à la découverte de paradis méconnus. Elle collabore avec Figaro Nautisme au fil de l'eau et de ses coups de cœur.
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Max est tombé dedans quand il était petit ! Il a beaucoup navigué avec ses parents, aussi bien en voilier qu'en bateau moteur le long des côtes européennes mais pas que ! Avec quelques transatlantiques à son actif, il se passionne pour le monde du nautisme sous toutes ses formes. Il aime analyser le monde qui l'entoure et collabore avec Figaro Nautisme régulièrement
Denis Chabassière
Denis Chabassière
Naviguant depuis son plus jeune âge que ce soit en croisière, en course, au large, en régate, des deux côtés de l’Atlantique, en Manche comme en Méditerranée, Denis, quittant la radiologie rochelaise en 2017, a effectué avec sa femme à bord de PretAixte leur 42 pieds une circumnavigation par Panama et Cape Town. Il ne lui déplait pas non plus de naviguer dans le temps avec une prédilection pour la marine d’Empire, celle de Trafalgar …
Michel Ulrich
Michel Ulrich
Après une carrière internationale d’ingénieur, Michel Ulrich navigue maintenant en plaisance sur son Targa 35+ le long de la côte atlantique. Par ailleurs, il ne rate pas une occasion d’embarquer sur des navires de charge, de travail ou de services maritimes. Il nous fait partager des expériences d’expédition maritime hors du commun.
Eric Mas
Eric Mas
Eric Mas est l'un des fondateur de METEO CONSULT – La Chaîne Météo. Éminent spécialiste de météo, Eric est également un marin passionné qui a routé les plus grands skippers sur toutes les eaux du globe : VDH lors du premier Vendée Globe, Philippe Jeantot, Jean Maurel, Michel Desjoyeaux, Francis Joyon, et tant d'autres. Actuellement il participe au projet de Lalou Roucayrol sur son multi 50.