Le Vendée Globe reste « le summum du défi », selon Titouan Lamazou

Vendée Globe
Lundi 2 novembre 2020 à 15h31

Vainqueur du premier Vendée Globe il y a 30 ans, le Français Titouan Lamazou a renoué peu de temps après avec sa vocation d'artiste et d'écrivain. A 65 ans, il raconte pour l'AFP, depuis Tahiti (Polynésie française) où il est installé, une course qui reste "le summum du défi".

Titouan Lamazou à bord d'Ecureuil d'Aquitaine, vainqueur du premier Vendée Globe en 1990 ©Jacques Vapillon
Vainqueur du premier Vendée Globe il y a 30 ans, le Français Titouan Lamazou a renoué peu de temps après avec sa vocation d'artiste et d'écrivain. A 65 ans, il raconte pour l'AFP, depuis Tahiti (Polynésie française) où il est installé, une course qui reste "le summum du défi".

Comment a évolué le Vendée Globe en trente ans ?

 

"La principale différence, ce sont les progrès de la communication numérique. A l'époque, les organisateurs avaient peur qu'on parte en mer et que tout le monde nous oublie. Les bateaux étaient équipés de systèmes pour faire de la vidéo qu'on enregistrait sur cassettes et disquettes. Ils voulaient instaurer des points de passage proches des terres pour qu'on jette nos cassettes dans des pochons sur des bateaux, mais on a refusé. J'ai fait 1,5 cm de film en trois mois. Comme on utilisait le service radio pour entrer en contact avec la terre et que ça ne marchait pas très bien, les taiseux comme moi pouvaient toujours prétexter un problème technique. Aujourd'hui, les skippers sont presque obligés de faire du direct à la télé tous les jours, mais ils ne sont pas partis pour faire de la com'! Déjà en 1989, je disais qu'il fallait laisser une part d'imaginaire dans la tête des gens. Parfois ça n'a pas grand intérêt de communiquer, trop de com' tue la com'. Le Vendée Globe est devenu une machine de communication très efficace."

En quoi la première édition était-elle différente ?

"Ça reste la même course. Ce sont toujours des mecs qui partent en mer tout seuls sur un bateau de 18 mètres avec comme règle première, un bateau uniquement mu par la force du vent et de l'équipage. Mais à l'époque, ça avait un côté plus loufoque et plus charmant, car les bateaux n'étaient pas homogénéisés comme aujourd'hui. On avait une identité propre, c'était une flotte extrêmement diverse. Les skippers se connaissaient tous, ils étaient potes dans la vie et sont devenus concurrents sur mer. L'autre différence, c'est qu'il n'y avait pas encore les "portes des glaces", ces points de passage dans les mers du Sud pour éviter les icebergs. On partait des Sables et puis c'était "démerdez-vous, vous franchissez tous les méridiens et puis vous revenez aux Sables en passant par le Cap Horn". On faisait à peu près ce qu'on voulait. Quand Loïck (Peyron, ndlr) a essayé de me dépasser dans le Sud, il est descendu très, très bas et s'est retrouvé bloqué par des chapelets d'icebergs. Aujourd'hui, il y a des points de passage pour éviter aux skippers de se payer un iceberg, alors qu'à l'époque on pouvait mourir en mer. Cela dit, même quand vous vous retrouvez en pleine tempête dans les Quarantièmes Rugissants, vous êtes toujours au milieu de la tempête, quelle que soit l'époque".

L'engouement du public et des skippers est-il toujours le même ?

"Il y a trente ans, les gens ont découvert la course quasiment le jour du départ. Il y a eu un entrefilet dans L'Equipe, et puis au fur et à mesure, le Vendée Globe est remonté en Une et ça a été un immense succès. Aujourd'hui, j'ai l'impression que ce succès n'est pas altéré du tout, malgré tout le tralala de la communication. Les atouts dont disposent les skippers en termes de connaissance de la météo ou de position des concurrents sont plutôt une contrainte, selon moi, qu'une aide. Le Vendée reste un monument pour les skippers. C'était le summum du défi il y a trente ans et ça reste le summum du défi".

L'équipe
Nathalie Moreau
Nathalie Moreau
Nathalie Moreau est l'atout voyage et évasion de l'équipe, elle est passionnée de croisières et de destinations nautiques. En charge du planning rédactionnel du site figaronautisme.com et des réseaux sociaux, Nathalie suit de très près l'actualité et rédige chaque jour des news et des articles pour nous dépayser et nous faire rêver aux quatre coins du monde. Avide de découvertes, vous la croiserez sur tous les salons nautiques et de voyages en quête de nouveaux sujets.
Gilles Chiorri
Gilles Chiorri
Associant une formation d’officier C1 de la marine marchande et un MBA d’HEC, Gilles Chiorri a sillonné tous les océans lors de nombreuses courses au large ou records, dont une victoire à la Mini Transat, détenteur du Trophée Jules Verne en 2002 à bord d’Orange, et une 2ème place à La Solitaire du Figaro la même année. Il a ensuite contribué à l’organisation de nombreux évènements, comme la Coupe de l’America, les Extreme Sailing Series et des courses océaniques dont la Route du Rhum et la Solitaire du Figaro (directeur de course), la Volvo Ocean Race (team manager). Sa connaissance du monde maritime et son réseau à l’international lui donnent une bonne compréhension du milieu qui nous passionne. Il collabore avec les équipes de METEO CONSULT et Figaro Nautisme depuis plus de 20 ans.
Sophie Savant Ros
Sophie Savant Ros
Sophie Savant-Ros, architecte de formation et co-fondatrice de METEO CONSULT est entre autres, directrice de l'édition des « Bloc Marine » et du site Figaronautisme.com. Sophie est passionnée de photographie, elle ne se déplace jamais sans son appareil photo et privilégie les photos de paysages marins. Elle a publié deux ouvrages consacrés à l'Ile de Porquerolles et photographie les côtes pour enrichir les « Guides Escales » de Figaro Nautisme.
François Tregouet
François Tregouet
Depuis toujours, François est passionné de voile en général et de multicoques en particulier. En croisière ou en course, de l’Europe à l’Australie, il ne les délaisse que lorsque le règlement l’exige : Mini-transat, Fastnet, Giraglia… Jamais rassasié de nouveautés, il a assisté à la plupart des salons sur les cinq continents. Depuis 2018 il se consacre entièrement à la rédaction et à l’information, notamment pour Figaro Nautisme.
Albert Brel
Albert Brel
Albert Brel, parallèlement à une carrière au CNRS, s'est toujours intéressé à l'équipement nautique. Depuis de nombreuses années, il collabore à des revues nautiques européennes dans lesquelles il écrit des articles techniques et rend compte des comparatifs effectués sur les divers équipements. De plus, il est l'auteur de nombreux ouvrages spécialisés qui vont de la cartographie électronique aux bateaux d'occasion et qui décrivent non seulement l'évolution des technologies, mais proposent aussi des solutions pour les mettre en application à bord des bateaux
Charlotte Lacroix
Charlotte Lacroix
Charlotte est une véritable globe-trotteuse ! Très jeune, elle a vécu aux quatre coins du monde et a pris goût à la découverte du monde et à l'évasion. Tantôt à pied, en kayak, en paddle, à voile ou à moteur, elle aime partir à la découverte de paradis méconnus. Elle collabore avec Figaro Nautisme au fil de l'eau et de ses coups de cœur.
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Max est tombé dedans quand il était petit ! Il a beaucoup navigué avec ses parents, aussi bien en voilier qu'en bateau moteur le long des côtes européennes mais pas que ! Avec quelques transatlantiques à son actif, il se passionne pour le monde du nautisme sous toutes ses formes. Il aime analyser le monde qui l'entoure et collabore avec Figaro Nautisme régulièrement
Norbert Conchin
Norbert Conchin
Norbert Conchin est originaire de Paris mais très vite il prend le large pour découvrir le monde. Un premier voyage aux Antilles sur un Ketch puis un tour du monde dans la Marine lui donne le goût de la navigation. Il prend le chemin des côtes normandes pour exercer sa passion de la voile et de la régate. Décidé à vivre de sa passion, il travaille à partir de 1996 pour différents supports de la presse nautique avant de collaborer au Figaro Nautisme depuis 2017.
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Michel Ulrich
Après une carrière internationale d’ingénieur, Michel Ulrich navigue maintenant en plaisance sur son Targa 35+ le long de la côte atlantique. Par ailleurs, il ne rate pas une occasion d’embarquer sur des navires de charge, de travail ou de services maritimes. Il nous fait partager des expériences d’expédition maritime hors du commun.
Eric Mas
Eric Mas
Eric Mas est l'un des fondateur de METEO CONSULT – La Chaîne Météo. Éminent spécialiste de météo, Eric est également un marin passionné qui a routé les plus grands skippers sur toutes les eaux du globe : VDH lors du premier Vendée Globe, Philippe Jeantot, Jean Maurel, Michel Desjoyeaux, Francis Joyon, et tant d'autres. Actuellement il participe au projet de Lalou Roucayrol sur son multi 50.