Entame tonique pour la première étape de La Solitaire du Figaro Paprec
Le début de course n’a rien eu d’un long fleuve tranquille. Les concurrents, qui ont enchaîné les virements de bord le long du chenal du Havre, ont dû ensuite composer avec le courant, une mer parfois chaotique et un trafic maritime toujours très dense dans la Manche. Les marins ont atteint la pointe de Barfleur aux alentours de minuit, face au courant, ce qui les a forcés à se prêter au jeu du rase-cailloux. Ce dernier n’a pas souri à Louise Acker (Région Bretagne – CMB Océane), qui a talonné. La navigatrice a rejoint le port de Cherbourg par ses propres moyens et a été contrainte d’abandonner sur cette première étape. Les autres concurrents, emmenés par Alexis Loison, ont pu bénéficier de la renverse de courant peu après avoir passé Cherbourg. Le passage du raz Blanchard s’est opéré dans une mer hachée peu avant 6h ce matin. Après une matinée tonique, les marins, qui sont sortis du rail des cargos, essaient de s’accorder un peu de repos pour recharger les batteries avant d’affronter le passage d’un front la nuit prochaine.
Les marins entameront ensuite la descente vers Gijón toujours dans un flux de sud, qui les empêchera de faire route directe vers l’Espagne. Ils devront donc choisir entre une route sud-ouest ou sud-est, ce qui laissera place à un peu de jeu en fonction de leur préparation et des modèles météo. « Les routages s’étalent sur plus de 100 milles nautiques en latéral au nord de la Bretagne d’ouest en est. J’ai hâte de voir les options qui vont se dessiner et comment les choses vont évoluer demain », conclut le Directeur de Course.
De leur côté, les huit duos inscrits sur le Défi Paprec, qui ont également rencontré des conditions difficiles la nuit dernière, font eux aussi route vers Wolf Rock. A 15h45, Hugo Le Clech et Arthur Meurice (Mieux) étaient en tête, devant Pier Paolo Dean et Tiphaine Rideau (DeanRacingTeam) et Normandy Offshore Program by Paprec (Pierrick Letouzé/Lola Billy).
Chloé Le Bars (Endoreizh) : « Je prends du temps pour me reposer un peu après une nuit bien agitée. J’ai une petite voie d’eau par la trappe de mon foil. J’ai vidé 20 seaux depuis le départ. Comme le bateau est plus à plat, l’eau rentre beaucoup moins. Les conditions sont enfin chouettes avec une quinzaine de nœuds. Je suis sous le vent du plus gros du paquet, il y en a encore un peu sous mon vent mais après mon départ un peu loupé, ça me va. Je tente un positionnement sous la flotte pour essayer de revenir. On devrait avoir un envoi de gennaker en fin de journée, j’espère que l’angle sera bon pour pouvoir bien composer avec le paquet du dessus. La météo ne fait pas trop rêver pour la suite mais on va faire avec ».
Hugo Dhallenne (YCSL – Primatice – SLB Pharma) : « La suite de la course va être tonique avec le passage d’un front. Je suis à ma troisième sieste de 20 minutes. Il faut que j’arrive à les enchaîner pour reprendre des forces. Depuis deux heures, notre route nous permet de mettre les écoutes au taquet, le pilote sur marche et d’aller dormir un peu, il faut juste être vigilant à l’approche du rail des cargos et des algues. ».