Les expéditions maritimes majeures à suivre en 2026

Culture nautique
Par Le Figaro Nautisme

Tours du monde en solitaire menés jusqu’aux confins des mers du Sud, plateformes scientifiques dérivant dans les glaces, navires de recherche repartant cartographier les zones les moins connues du globe : 2026 s’annonce comme une année charnière pour l’exploration maritime. Plus qu’une succession d’exploits, ces projets racontent une nouvelle relation à l’océan, mêlant aventure, connaissance et observation de long terme…

Tours du monde en solitaire menés jusqu’aux confins des mers du Sud, plateformes scientifiques dérivant dans les glaces, navires de recherche repartant cartographier les zones les moins connues du globe : 2026 s’annonce comme une année charnière pour l’exploration maritime. Plus qu’une succession d’exploits, ces projets racontent une nouvelle relation à l’océan, mêlant aventure, connaissance et observation de long terme…
15 des 26 skippers qui participeront à la prochaine édition de la Golden Globe Race 2026 avec l'équipe de la course, aux Sables d'Olonne.
15 des 26 skippers qui participeront à la prochaine édition de la Golden Globe Race 2026 avec l'équipe de la course, aux Sables d'Olonne.© Rob Havill / GGR 2026

2026, l’année où l’aventure maritime change de dimension

Certaines années se contentent de prolonger des tendances. D’autres marquent une rupture. 2026 appartient clairement à la seconde catégorie. Les grandes expéditions annoncées ne se limitent pas à battre des records ou à repousser quelques frontières symboliques. Elles dessinent un mouvement de fond : retour des itinéraires extrêmes, engagement solitaire assumé, mais aussi montée en puissance de projets scientifiques pensés pour durer des années, parfois des décennies.

Le point commun de ces initiatives est leur ancrage dans des zones longtemps considérées comme marginales ou hostiles. Océan Austral, Arctique, hautes latitudes sud : ces régions deviennent centrales, à la fois pour les navigateurs et pour les scientifiques. Pour les plaisanciers qui suivent ces aventures, l’enjeu dépasse largement le récit d’exploit. Il s’agit aussi de mieux comprendre les mécanismes qui gouvernent la météo, l’état de la mer et, à terme, les conditions de navigation à toutes les latitudes.

Le grand retour des tours du monde “sans concession”

Parmi les projets les plus emblématiques de 2026 figure le départ d’une nouvelle édition de la Golden Globe Race. Prévue à l’automne, cette course remet en avant un tour du monde en solitaire sans assistance moderne, dans un esprit volontairement proche des grandes épopées de la fin des années 1960. Navigation traditionnelle, moyens limités, isolement total : l’épreuve repose autant sur l’endurance mentale que sur la maîtrise du bateau.

Dans un registre radicalement différent mais tout aussi exigeant, certains projets individuels s’orientent vers des tours du monde menés sur des machines très rapides, conçues pour affronter des mers du Sud de plus en plus actives. Ces tentatives, souvent portées par des navigateurs expérimentés issus de la course au large, assument un choix clair : aller chercher les systèmes dépressionnaires plutôt que les contourner, accepter une navigation plus dure mais plus directe. Elles rappellent une évidence parfois oubliée : quelle que soit la technologie embarquée, le facteur humain reste déterminant lorsque la mer impose son rythme. A suivre impérativement en ce début d’année, la tentative de Guirec Soudée qui, sur un trimaran Ultime, tente de battre le record du tour du monde « à l’envers », contre vents et courants. Un exploit jamais réalisé sur un multicoque…

L’Océan Austral, nouveau centre de gravité des expéditions

En 2026, l’Océan Austral n’est plus seulement une zone de passage redoutée. Il devient un véritable objet d’étude et d’engagement. Plusieurs projets scientifiques majeurs y concentrent leurs efforts, avec une ambition commune : observer sur le long terme un océan clé dans la régulation climatique mondiale.

Le programme Polar Pod, porté par Jean Louis Étienne, illustre parfaitement cette évolution. Pensée comme une plateforme dérivante habitée, capable de faire le tour de l’Antarctique portée par les vents d’ouest, cette structure vise à collecter des données continues sur l’atmosphère, l’océan et la biodiversité. En parallèle, d’autres expéditions embarquées sur des voiliers ou des navires hybrides associent scientifiques et marins pour documenter l’état de ces mers encore peu observées.

Pour la communauté nautique, l’intérêt est loin d’être abstrait. Une meilleure connaissance de l’Océan Austral permet d’affiner les modèles météo, de comprendre l’évolution des états de mer extrêmes et d’anticiper certaines tendances qui influencent ensuite l’ensemble de l’hémisphère Sud.

L’Arctique entre dans l’ère de l’observation permanente

Si le Sud attire de plus en plus de navigateurs engagés, le Nord n’est pas en reste. L’année 2026 marque une étape clé pour l’Arctique avec la montée en puissance de projets conçus pour s’inscrire dans la durée. La Fondation Tara prévoit ainsi le déploiement de sa station polaire dérivante, un dispositif appelé à rester pris dans la glace pendant plusieurs années, avec une succession d’équipages scientifiques.

Cette approche tranche avec les missions ponctuelles du passé. L’objectif n’est plus seulement d’observer un instant donné, mais de suivre l’évolution de la banquise, des échanges air mer et des écosystèmes sur une longue période. Pour les navigateurs, même ceux qui ne projettent jamais de routes arctiques, ces données sont précieuses. Elles nourrissent la compréhension globale des circulations atmosphériques et océaniques qui influencent directement l’Atlantique Nord et les régimes de tempêtes. 

Les navires de recherche repartent explorer l’invisible

À côté des projets les plus médiatisés, 2026 est aussi une année dense pour la recherche océanographique classique. Plusieurs grands navires repartent en campagne pour explorer des zones encore mal connues, notamment dans l’Atlantique Sud et les grands fonds. Le Schmidt Ocean Institute programme de nouvelles missions axées sur la cartographie des reliefs sous-marins, l’étude des écosystèmes profonds et l’observation de phénomènes géologiques actifs.

Ces expéditions, moins spectaculaires au premier regard, jouent pourtant un rôle essentiel. Cartographier les fonds, comprendre la dynamique des courants et documenter la biodiversité permet d’améliorer la sécurité maritime, la prévision de certains phénomènes océaniques et la connaissance globale du milieu marin. Autant d’éléments qui, à terme, bénéficient aussi aux navigateurs de plaisance.

Ce que ces expéditions disent aux navigateurs d’aujourd’hui

L’accumulation de projets en 2026 ne relève pas du hasard. Elle traduit une prise de conscience collective : l’océan est à la fois un espace d’aventure, un terrain d’observation scientifique et un indicateur majeur des changements en cours. Tours du monde engagés, plateformes dérivantes, campagnes de recherche : tous participent à un même mouvement, celui d’une navigation plus consciente, mieux informée et plus attentive à son environnement.

Pour nous marins, plaisanciers ou simples lecteurs du Figaro Nautisme, ces expéditions sont bien plus qu’un spectacle lointain. Elles nourrissent une culture maritime moderne, où l’expérience du large se conjugue avec la compréhension des phénomènes naturels. En 2026, l’exploration maritime ne se contente plus de repousser les frontières géographiques. Elle éclaire aussi, très concrètement, la manière de naviguer aujourd’hui et demain.

Avant de partir en mer, pensez à consulter les prévisions météo sur METEO CONSULT Marine.

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Nathalie Moreau
Nathalie Moreau
Nathalie Moreau
Nathalie Moreau est l’atout voyage et évasion de l’équipe, elle est passionnée de croisières et de destinations nautiques. En charge du planning rédactionnel du site figaronautisme.com et des réseaux sociaux, Nathalie suit de très près l’actualité et rédige chaque jour des news et des articles pour nous dépayser et nous faire rêver aux quatre coins du monde. Avide de découvertes, vous la croiserez sur tous les salons nautiques et de voyages en quête de nouveaux sujets.
Gilles Chiorri
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Gilles Chiorri
Associant une formation d’officier C1 de la marine marchande et un MBA d’HEC, Gilles Chiorri a sillonné tous les océans lors de nombreuses courses au large ou records, dont une victoire à la Mini Transat, détenteur du Trophée Jules Verne en 2002 à bord d’Orange, et une 2ème place à La Solitaire du Figaro la même année. Il a ensuite contribué à l’organisation de nombreux évènements, comme la Coupe de l’America, les Extreme Sailing Series et des courses océaniques dont la Route du Rhum et la Solitaire du Figaro (directeur de course), la Volvo Ocean Race (team manager). Sa connaissance du monde maritime et son réseau à l’international lui donnent une bonne compréhension du milieu qui nous passionne.
Il collabore avec les équipes de METEO CONSULT et Figaro Nautisme depuis plus de 20 ans.
Sophie Savant-Ros
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Sophie Savant-Ros, architecte de formation et co-fondatrice de METEO CONSULT est entre autres, directrice de l’édition des « Bloc Marine » et du site Figaronautisme.com.
Sophie est passionnée de photographie, elle ne se déplace jamais sans son appareil photo et privilégie les photos de paysages marins. Elle a publié deux ouvrages consacrés à l’Ile de Porquerolles et photographie les côtes pour enrichir les « Guides Escales » de Figaro Nautisme.
Albert Brel
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Albert Brel
Albert Brel, parallèlement à une carrière au CNRS, s’est toujours intéressé à l’équipement nautique. Depuis de nombreuses années, il collabore à des revues nautiques européennes dans lesquelles il écrit des articles techniques et rend compte des comparatifs effectués sur les divers équipements. De plus, il est l’auteur de nombreux ouvrages spécialisés qui vont de la cartographie électronique aux bateaux d’occasion et qui décrivent non seulement l’évolution des technologies, mais proposent aussi des solutions pour les mettre en application à bord des bateaux.
Jean-Christophe Guillaumin
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Jean-Christophe Guillaumin
Journaliste, photographe et auteur spécialisé dans le nautisme et l’environnement, Jean-Christophe Guillaumin est passionné de voyages et de bateaux. Il a réussi à faire matcher ses passions en découvrant le monde en bateau et en le faisant découvrir à ses lecteurs. De ses nombreuses navigations il a ramené une certitude : les océans offrent un terrain de jeu fabuleux mais aussi très fragile et aujourd’hui en danger. Fort d’une carrière riche en reportages et articles techniques, il a su se distinguer par sa capacité à vulgariser des sujets complexes tout en offrant une expertise pointue. À travers ses contributions régulières à Figaro Nautisme, il éclaire les plaisanciers, amateurs ou aguerris, sur les dernières tendances, innovations technologiques, et défis liés à la navigation. Que ce soit pour analyser les performances d’un voilier, explorer l’histoire ou décortiquer les subtilités de la course au large, il aborde chaque sujet avec le souci du détail et un regard expert.
Charlotte Lacroix
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Charlotte est une véritable globe-trotteuse ! Très jeune, elle a vécu aux quatre coins du monde et a pris goût à la découverte du monde et à l'évasion. Tantôt à pied, en kayak, en paddle, à voile ou à moteur, elle aime partir à la découverte de paradis méconnus. Elle collabore avec Figaro Nautisme au fil de l'eau et de ses coups de cœur.
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Naviguant depuis son plus jeune âge que ce soit en croisière, en course, au large, en régate, des deux côtés de l’Atlantique, en Manche comme en Méditerranée, Denis, quittant la radiologie rochelaise en 2017, a effectué avec sa femme à bord de PretAixte leur 42 pieds une circumnavigation par Panama et Cape Town. Il ne lui déplait pas non plus de naviguer dans le temps avec une prédilection pour la marine d’Empire, celle de Trafalgar …
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Après une carrière internationale d’ingénieur, Michel Ulrich navigue maintenant en plaisance sur son TARGA 35+ le long de la côte atlantique. Par ailleurs, il ne rate pas une occasion d’embarquer sur des navires de charge, de travail ou de services maritimes. Il nous fait partager des expériences d’expédition maritime hors du commun.
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Titulaire d'un doctorat en Climatologie-Environnement, Cyrille est notre expert METEO CONSULT. Après avoir enseigné la climatologie et la géographie à l'université, il devient l'un des météorologues historiques de La Chaîne Météo en intégrant l'équipe en 2000. Spécialiste de la météo marine, il intervient également en tant qu'expert météo marine pour des courses de renommée mondiale, comme la Route du Rhum, la Solitaire du Figaro, la Transat Paprec...
Irwin Sonigo
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Irwin Sonigo
Capitaine 200 et ancien embarqué dans la Marine nationale, Irwin Sonigo a exploré toutes les facettes de la navigation. Des premiers bords sur un cotre aurique de 1932 à la grande plaisance sur la Côte d’Azur, en passant par les catamarans de Polynésie, les voiliers des Antilles ou plusieurs transatlantiques, il a tout expérimenté. Il participe à la construction d’Open 60 en Nouvelle-Zélande et embarque comme boat pilote lors de la 32e America’s Cup. Aujourd’hui, il met cette riche expérience au service de Figaro Nautisme, où il signe des essais et reportages ancrés dans le réel.