
Les ports de plus en plus encombrés rendent les manœuvres d’accostage difficiles voire délicates. Le propulseur d’étrave est un moyen efficace pour faciliter ces manœuvres.
A quel type de bateau s’adresse-t-il ?
Pour beaucoup cet équipement est réservé aux grosses unités. C’est une erreur, un propulseur trouve sa place à bord à partir du moment où le bateau est équipé d’un moteur in-bord. Il existe des modèles qui peuvent convenir pour des unités, voile ou moteur, à partir de 8 m.
Comment ça marche ?
Une hélice, placée à l’avant, produit une force dirigée, perpendiculairement à la marche du bateau. Suivant son sens de rotation, cette force, dirigée vers bâbord ou vers tribord, permet d’assurer le pivotement de l’étrave. Ce principe reste simple, mais sa réalisation pose quelques problèmes. Pour être efficace, l’hélice doit rapidement prendre ses tours, présenter une faible inertie en inversion de marche. Deux points techniquement réalisables. Reste le rendement qui doit être sensiblement identique dans les deux sens ce qui est plus difficile à obtenir. Pour y parvenir au mieux, les constructeurs ont imaginé différents types d’hélices allant jusqu’à proposer des propulseurs équipés de deux hélices avec des pas différents.
Quel modèle choisir : rétractable ou tunnel ?
Un propulseur rétractable est positionné le plus à l’avant du bateau et son hélice, lorsqu’il est en position de travail (position basse), se trouve à la même profondeur que l’hélice de propulsion ; les deux conditions pour une efficacité maximum sont ainsi réunies. En contrepartie, l’installation est plus délicate, bien souvent elle est réalisée à la construction du bateau. Point non négligeable, lorsque l’on manœuvre dans un port, le propulseur a tendance à jouer le rôle d’aspirateur et à récupérer les détritus qui traînent, sans oublier les pendilles, ce qui peut poser problème lorsque l’on remonte le propulseur.
Le propulseur en tunnel a l'avantage d’être plus facile à installer, un point important qui permet aux chantiers de le proposer en option, et qui offre la possibilité de l'installer sur un bateau d’occasion. Néanmoins, ce système ne peut pas se monter sur les bateaux à carène trop plate, à moins de le décaler en arrière ce qui diminue son efficacité, comme son hélice plonge moins que sur un rétractable. Ainsi, pour obtenir le même rendement il faudra prendre une puissance plus importante.
Parlons puissance
Un certain nombre de facteurs entre en ligne de compte pour le calcul de la puissance (déplacement, fardage, motorisation, etc.). L’expérience montre que pour un bateau de 8 à 10 m, il faut s’orienter vers un propulseur de 55 Kgf, pour un de 10 à 12 m vers un de 78 Kgf et pour un de 12 à 15 m vers un de 95 Kgf.
4 points à prendre en compte
1. Le calcul de la puissance en fonction du bateau, ainsi que l’installation doivent être faits par un professionnel.
2. Un propulseur ne fait pas tout mais il est à même de contrer une partie de la pression de l’air sur la coque.
3. L’utilisation doit se faire par impulsions brèves (quelques secondes) pour maintenir ou ramener le bateau sur sa trajectoire.
4. Le moteur de propulsion doit toujours tourner lorsqu’on l’utilise pour pallier la consommation électrique importante du propulseur.
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